‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 364 sur 633 · VARENNES — VARESE · texte numérisé non relu

VARENNES — VARESE

VARENNES. Corn., du dép. de la Somme, arr. de Doullens, caat. d'Acheux ; 416 hab.

VARENNES. Corn, du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Montauban, cant. de Villebrumier ; 526 hab.

VARENNES. Corn, du dép. de la Vienne, arr. de Poitiers, cant. de Mirebeau ; 366 hab.

VARENNES. Corn, du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre, cant. de Ligny-le-Châtel ; 366 hab.

VARENNES-en-Argonne. Ch.-l. de cant. du dép. delà Meuse, arr. de Verdun-sur-Meuse; 1.309 hab. (1. 293 aggl.). Fabr. de biscuits et de massepains. Varennes est célèbre par larrestation do Louis XVI (V. ci-dessous). On y voit encore la maison de poste où le roi descendit de voiture

Fuite et arrestation de Louis XVI à Varennes. — Au lendemain même de la prise de la Bastille (V. ce mot) , un parti s'était formé à la cour pour en traîner Louis XVI à gagner la frontière du Nord et à lutter ouvertement contre la Révolution, avec l'appui de FAutriche, maîtresse des Pays-Bas méridionaux, si l'armée française se refusait à obéir à ses chefs, tous nobles ou peu s'en fallait. 11 préféra user de diplomatie et de subterfuges : « il manqua l'occasion », comme il l'avouait deux ans plus tard. Il laissa Vémigration (V. ce mot) lui préparer les voies. Mirabeau (V. ce nom) lui conseillait de ne pas quitter, de sa personne, le territoire du royaume ; mais, dès oct. 1790, le projet était formé de partir en secret pour Montmédy, au milieu du camp du marquis de Bouille (V. ce nom) et à portée des secours que promettait l'empereur. Les agissements du comte d'Artois et des émigrés, les scrupules sincères et la tactique du roi à l'égard de la Constitution civile du clergé, les pamphlets même de ses partisans, qui le déclaraient « prisonnier » depuis sa rentrée à Paris, tirent soupçonner ses intentions, et lorsque enfin, le 18 avr. 1791, il voulut, publiquement, se rendre à Saint-Cloud pour y faire ses Pâques des mains d'un prêtre approuvé par Rome, il fut retenu de force par le peuple, et sa voiture dételée. Sa captivité ne pouvant plus faire doute pour personne, il s'empressa, cinq jours après, de faire adresser à toutes les cours une circulaire où il proclamait l'entière liberté de ses actes, le caractère irrévocable de son^ serment à la Constitution, etc., etlalecture qui en fut faite de sa part à l'Assemblée fut saluée par des cris d'amour et d'enthousiasme. Le roi comptait déguerpir huit jours après. Il écrivit de sa main un factum très étudié, où il exposait ses griefs politiques et personnels. Il jugea ensuite plus prudent d'attendre encore, et c'est dans la nuit du 20 au 21 juin seulement qu'il s'enfuit, avec les siens, tous déguisés. Le comte de Fersen sert de cocher; M"^® de Tourzel, gouvernante des enfants de France, les accompagne. Le voyage s'effectue dans une énorme berline, encombrée de bagages et de nécessaires. Le chemin choisi (par Châlons) est mauvais ; le marquis de Bouille eût préféré celui de Reims : Louis XVI a, paraît-il, redouté d'être reconnu dans la ville du sacre. Mais son effigie n'est que trop populaire : il commet d'ailleurs, en route, mainte imprudence. Pendant que le comte de Provence, par une voie plus courte et sans autant d'apparat, réussissait, avec le comte d'Avaray, à passer la frontière franco-autrichienne, le roi, la reine, son fils, sa fille, sa sœur furent reconnus par le maître de poste Drouet, et détenus à Varennes, dans l'auberge où ils relayaient, par la garde nationale. Le départ du roi avait été connu dès le 21 juin au matin; le lendemain, à 9 heures et demie du soir, l'Assemblée était informée de l'arrestation, due sans doute en partie aux imprudences et à la lenteur des fugitifs, mais aussi à l'indiscipline de l'armée, au manque de décision de Bouille, enfin aux soupçons partout éveillés et à l'énergique résolution des citoyens armés. Trois commissaires, Barnave, Petion et Latour-Maubourg (V. ces noms), furent délégués à Varennes à l'effet de ramener Louis XVI dans sa capitale, où il rentra le 25 au soir, suivi d'une escorte innombrable, dans un morne silence.

« La fuite du roi fut un des rares événements de la

Révolution qui émurent toute la nation, qui furent connus et sentis de tous. A la première nouvelle, ce fut un sentiment de stupeur, puis un sentiment d'indignation et de colère, puis un sentiment de peur. La nation se sentit abandonnée, orpheline. Il lui parut que le roi avait emporté avec lui un talisman préservateur : la France se vit envahie, sans chef, perdue. Mais, ô les braves Français! les voilà qui se raidissent pour paraître calmes. Partout, à l'exemple de l'Assemblée, ils affectent fi ère et ferme contenance. Les municipalités donnent l'exemple du ralliement autour de la loi. On est debout, en armes, prêts à mourir pour la patrie. Arrive la nouvelle du retour du roi, on respire, on se croit sauvé » (Aulard). Le parti républicain, plus clairvoyant qu'écouté, ne cherche à s'organiser qu'à Paris. Il est honni par la bourgeoisie, décimé et dispersé à coups de fusil au Champ de Mars (17 juil.). Il ne s'agit que d'imposer à Louis XVI de meilleurs conseillers. Il ne s'est pas enfui, il a été « enlevé ». Il n'est pas coupable, ni même complice ; il est victime. Toutefois, il fut suspendu de ses pouvoirs pendant près de trois mois (21 juin-14 sept.). Un nouveau serment de Louis XVl à l'ensemble de la Constitution mit fin à cette république de fait, que la persistance de sa trahison ne mit guère plus d'un an à transformer en république de droit. H. Monin.

BiBL. : Aulard, Histoire politique de la. Révolution française^ 1900, ch, V, pp. 115-52, in-8. — Parmi les historiens de la Révolution, Louis Blanc est le plus détaillé, le plus anecdotique. — Quant aux sources imprimées, outre les Journaux et les Mémoires (ceux de Bouille entre autres, V. Maurice Tourneux, Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution; Paris, 1890, gr. in-8, pp. 237-246.

VARENNES-^le-Grand. Com. du dép. de Saône-et- Loire, arr. et cant. (S.) de Chalon-sur-Saône .; 1.091 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

VARENNES-lès-Macon. Com. du dép. de Saône-et- Loire, arr. et cant. (S.) de Mâcon ; 260 hab.

VARENNES-lès-Narcy. Com. du dép. de laNièvre, arr. de Cosne, cant. de La Charité ; 1.022 hab. Fabr. de limes.

VARENNES-lès-Nevers. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Nevers, cant. de Pougues-les-Eaux ; 1.863 hab.

VARENNES-Saint-Honorat. Com. du dép. de la Haute- Loire, arr. du Puy, cant. d'Allègre ; 232 hab.

VARENNES-Saint-Sauveur. Com. du dép. de Saôneet -Loire, arr. de Louhans, cant. de Cuiseaux ; 2.014 hab.

VARENNES-sous-Dun. Com. du dép. de Saone-et-Loire, arr. de Charolles, cant. de La Clayette ; 903 hab.

VARENNES-sur-Allier. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Allier, arr. de Lapalisse ; 3.117 hab. (1.740 aggl.). Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Manufacture d'ameublements. Pépinières; fabr. d'instruments agricoles. Château de Gayette, transformé en hospice (1694).

VARENNES-sur-Amance. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres ; 893 hab.

VARENNES-sur-Loire. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. (N.-E.) de Saumur ; 1.642 hab. Stat. de chem. de fer.

VARENNES-sur-Morge. Com. du dép. du Puy-de- Dôme, arr. de Riom, cant. d'Ennezat ; 410 hab.

VâRENNES-sur-Tèghe. Com. du dép. de TAllier, arr. de Lapalisse, cant. de Jaligny ; 745 hab.

VARÈS. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Marmande, cant. de Tonneins ; 592 hab.

VARESE. Ville de la Lombardie, ch.-l. d'arr. de la prov. de Côme, située à 382 m. d'alt., à 2 kil. du lac de ce nom, sur la ligne de Milan à Laveno; 7.163 hab. C'est le siège d'une industrie assez active (soieries, papiers, meubles) et la résidence estivale de nombreuses familles. On y remarque une église San Vit tore de 1600, un beau jardin public, dans le vieux style italien, et un grand nombre de belles villas. Un combat s'y est livré entre Garibaldi et les Autrichieas le 26 mai 1859. Dans le voisinage, la Madonna del Monte (iSSO) est un pèle-

VÀRESE — VARtAÎlON

rinage célèbre d'où Ton découvre un panorama magnifique.

BiBL. : Fischer, Varese; Munich, 1892.

VARESNES. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Noyon; 343 hab.

VÂRESSIA. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le- Saunier, cant. d'Orgelet; 55 hab.

VA RETZ. Com. du dép. de la Corrèze, arr. et cant. de Brive; 4.507 hab. Stat. de chem. de fer. Château féodal de Castelnovel.

■ VARGAS (Luis de), peintre espagnol, né à Séville en 1502, mort à Séville en 4568. Après avoir fait dans sa ville natale l'apprentissage de son art, Vargas, l'un des premiers parmi les artistes andalous, alla chercher, en Italie, les enseignements des maîtres. Il séjourna d'assez longues années à Rome, où il fut, croit-on, l'élève de Perino del Vaga, dont les élégances de dessin, le coloris et le style se retrouvent dans les premiers ouvrages de Vargas, principalement dans son chef-d'œuvre, à la cathédrale de Séville, la Génération temporelle de Jésus-Christ. Revenu dans sa patrie, Vargas produisit de nombreuses et importantes peintures, soit à l'huile, soit à frescjues. De ces dernières il ne subsiste plus que de bien faibles vestiges, tandis que la cathédrale, outre le célèbre tableau de la Génération ou de la Gamba, comme on le désigne habituellement, conserve encore une superbe Nativité ou Adoration des bergers^ datée 4555; Vargas a mêlé dans cette peinture, à son inclination vers un robuste réalisme, des réminiscences italiennes. Toutefois, il est bien de sa race et de son terroir, et le caractère de son œuvre demeure bien espagnol par son naturalisme. Son coloris, son mode de composition, marquent un progrès considérable sur les timides errements des peintres qui l'ont précédé, et on peut dire de lui qu'il a été un chef d'école, en introduisant en Andalousie des notions, alors toutes nouvelles, d'art et de sentiment, d'une sérieuse et véritable élévation. Il forma d'excellents élèves, notamment Antonio de Arfian et Luis Fernandez. P. L.

BiBL, : Pagheco, El arte de la pintura; Séville, 1649. — Pai.ominode Velasco, El museo pictorico; Madrid, 1724. — Cean Bermudez, Dicionsirio de los mas ilustres profesores; Madrid, 1880. — P. Lefort, la Peinture espagnole; Paris, 1894.

VARGAS (Rernard Perez de), chimiste espagnol (V. Pe- REZ de Vargas) .

VARGUE (Mécan.) (V. BARrrEL).

VARIABLE (Mathém.).Ce mot est universellement usité en mathématiques, soit substantivement, soit comme qualificatif. Une figure variable, en géométrie, est une figure qui se déplace ou se déforme, par opposition à une figure fixe. En algèbre, on oppose l'expression « variable » à celle de « constante » ; et le substantif alors n'est autre chose qu'une abréviation remplaçant l'expression « quantité variable ». Toute la théorie des fonctions repose sur cette idée fondamentale, et notamment sur la notion de continuité dans la variation. Une fonction peut dépendre d'une seule variable x, ou de plusieurs x,y,z,... n'ayant aucun lien entre elles. Ces quantités^, y,... sont les variables indépendantes, ou plus simplement les variables. On pourrait dire, et on a dit quelquefois, que les fonctions elles-mêmes sont des variables dépendantes, mais c'est un mode de langage qui paraît aujourd'hui abandonné, avec juste raison. C.-A. Laisant.

VARIANTE (Littér.). On appellevariantes les différences de texte que présentent souvent les manuscrits ou les diverses éditions d'un même ouvrage. Elles peuvent venir de l'auteur qui, dans les éditions successives de ses œuvres, corrige des fautes matérielles faites par le copiste, par le prote ou par lui-même dans son manuscrit, ou qui apporte au texte des changements d'ordre littéraire par la substitution d'une expression ou d'une tournure à une autre, par une addition ou au contraire une suppression. Certaines œuvres de nos classiques, les tragédies de Cor-

neille par exemple, comme le Ciâ, abondent eh variantes de ce genre. Vers 654 :

Une juste vengeance est sans peur de supplice,'

(Edit. 1637-44).

Une juste vengeance est sans peur du supplice.

(Edit. 1648-56).

Pour la juste vengeance, il n'est point de supplice.

(Edit. 1660).

Les manuscrits des sermons de Bossuet, qui n'étaient pas destinés à la publication, et dont certains ont été prêches plusieurs fois, présentent de nombreuses variantes provenant de ce que la même idée s'y trouve souvent exprimée sous plusieurs formes différentes, dont aucune n'est effacée, et dont l'une est dans le texte, l'autre ou les autres en marge ou entre les lignes. Si ces variantes rendent fort difficile la tâche de l'éditeur, elles fournissent, d'autre part, à celui qui veut étudier la langue des grands écrivains, la meilleure leçon qu'on puisse imaginer; elles nous font voir les modifications successives de la pensée de Fauteur et ses efforts à la recherche de l'expression convenable.

Les variantes proviennent encore de fautes de copie ou d'impression, introduites dans le texte des éditions manuscrites ou imprimées et qui, une fois le manuscrit original perdu, ont été reproduites ou diversement corrigées par les copistes ou les éditeurs postérieurs. En dehors des erreurs involontaires, telles que fautes d'orthographe, substitutions d'un mot à un autre, omissions, transpositions, insertions dans le texte de gloses marginales ou interlinéaires, il y a les changements volontaires apportés au texte par le copiste ou l'éditeur, soit qu'il essaye de rétabfir un texte altéré, incompréhensible ou mutilé, soit qu'obéissant à des préoccupations littéraires ou doctrinales, il supprime ou modifie certains passages ou certaines expressions. Des exemples célèbres de ces éditions infidèles sont celle des Pensées de Pascal par Port-Royal en 4669 et celle des Sermons de Bossuet de Déforis en 4772, 1778, 4788. Ainsi aux erreurs mécaniques peuvent se joindre les remaniements volontaires, et si le texte original vient à disparaître, les copies faites par différents copistes ou éditeurs deviennent la source de variantes dont le nombre peut être fort grand. De la nécessité de faire un choix entre elles est née la critique des textes, dont les poèmes d'Homère ont été le premier objet, que les grammairiens latins, après ceux d'Alexandrie, ont pratiquée dans leurs recensiones des auteurs latins, et dont la méthode a été définitivement établie par les savants modernes, comme Bekker et Dindorf.

VARIATION. L Mathématiques. — Le calcul des variations, inventé par Euler et réduit en algorithme par Lagrange, est, au fond, une branche du calcul différentiel. Alors que le calcul différentiel étudie les changements de valeur que prend une fonction quand on modifie infiniment peu sa variable, le calcul des variations étudie les changements de forme que prennent les fonctions quand on modifie infiniment peu les circonstances qui les font naître. Or, on peut toujours supposer qu'un changement de forme d'une fonction est le produit d'un changement de valeur d un paramètre ou de plusieurs paramètres contenus dans une fonction plus générale dont celle-ci est un cas particulier. Ainsi on fait passer la forme sin ^ à la forme log X, par exemple, en considérant sin x et log x comme des cas particuliers de

^i — ^0 alors eu effet :

f{x,(x^) == sin^, /(^,ao) =log^,

en sorte que la différentielle d'une fonction sera sa différentielle proprement dite prise en regardant certaines va-

VARIATION --" VAHICE

riables paramétriques a, a'... comme constantes et d'autres ^,.x'... comme seules variables, tandis que sa variation sera sa différentielle prise par l'apport aux a, les ^ restant constants. Les différentielles proprement dites se désignent toujours avec la caractéristique d et les variations avec la caractéristique 8, ainsi :

dix ^^^ ^' jLi d<x

Il n'y avait donc rien de nouveau au fond dans la conception de Lagrange, mais ce qui était réellement nouveau, c'était l'application que Lagrange faisait du calcul différentiel à la recherche du maximum et du minimum des intégrales simples ou multiples, application assez importante pour mériter un chapitre spécial dans les traités d'analyse infinitésimale. Nous ne pouvons ici qu'y renvoyer.

H. LA.URENT.

IL Physique (V. Boussole et Mathématiques).

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