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III. Météorologie (V. Atmosphère, t. IV, p

IV. Musique. — Onentendpar variaiion les différentes manières de présenter une même mélodie sous une forme ornée et embellie d'agréments de toute sorte. Mais quelque compliquées et multipliées que puissent être les variations dues à l'imagination du compositeur, il est de règle que l'on doive toujours pouvoir y reconnaître l'air primitif, le thème c[m a servi de canevas. Il faut également si, dans un morceau varié, on fait entendre plusieurs variations successives, que chacune se distingue par un caractère spécial d'ornementation qui la différencie des autres. Quant aux procédés qui servent dans la pratique musicale à varier une mélodie, on peut en indiquer brièvement les principaux. C'est ordinairement par Femploi des valeurs diminuées que l'on procédera d'abord : procédé qui suppose en même temps l'emploi de notes de passages et de fragments de gammes ou d'arpèges. On pourra de la sorte superposer au rythme primitif qui n'est pas essentiellement modifié, plusieurs petits rythmes accessoires diversement combinés. C'est ainsi que les quatre noires d'une mesure, par exemple, seront réunies par une note de passage intermédiaire, ce qui donnera huit croches, par des doubles croches ou d'autres groupes admettant ces deux valeurs, par des figures de trois notes (triolets), etc. Le nombre de ces combinaisons est infini, d'autant plus qu'on les emploiera simultanément. Les différentes sortes de syncopes, Lintercalation de silences, les retards et autres artifices de contrepoint seront encore des éléments de variété. Tout ceci suppose que l'harmonie ne change pas. Si l'on veut la modifier, on aura une nouvelle source d'effets particuliers. Un des plus classiques en ce genre consiste à changer de mode, en passant du majeur au mineur ou inversement. Mais il est inutile d'entrer à ce sujet dans de plus amples détails.

Tous ces genres de variations portaient autrefois chez nous le nom plus explicite de diminutions (V. ce mot), et, dans l'exécution des airs, on en faisait un usage, constant, ordinairement à l'improviste. Car le plus souvent c'était affaire au virtuose de composer les variations,, qu'il les écrivît à loisir ou qu'il les improvisât sur-le-champ. Aussi malgré l'apparente multiplicité des moyens, la monotonie de ces ornemeuts restait assez grande. Plus tard, les maîtres prirent la peine d'écrire eux-mêmes leurs variations : l'air varié est une des formes favorites de la sonate ou de la symphonie chez Haydn, Mozart ou Beethoven. Mais si les airs variés des deux premiers maîtres, malgré leur élégance et leur ingéniosité piquante, ne modifient point le caractère expressif du thème, la variation beethovénienne prend un caractère tout autre. Prodigieusement amplifiée, elle revêt l'aspect d'un développement véritable en ce sens que, parti d'un même point de départ pour chaque variation, le compositeur arrive à donner une expression tout à fait originale à chaque présentation du thème dont le sentiment se modifiée sans cesse. Comme on Ta dit justement, la mélodie peut être alors comparée

à un personnage unique dont on aurait plusieurs fois reproduit les traits, variant suivant les passions exprimées,. Ce procédé était déjà indiqué dans les œuvres de S. Bach, particulièrement en ses chorals variés. Beethoven l'a mis constamment en œuvre. Il suffira de citer les variations du douzième quatuor, par exemple, ou l'adagio varié de la neuvième symphonie pour voir quelle différence il y a de la variation ainsi entendue à ce que les virtuoses comprennent trop souvent sous ce nom : simple travail d'amphfication qui n'a d'autre but que d'éblouir l'auditeur par des prodiges d'agilité ou de mécanisme.

Un procédé très rarement employé, s'il n'est même pas entièrement de l'invention de l'auteur, est celui qu'a mis en œuvre Vincent d'Indy dans son poème symphonique Istar. Il consiste à faire entendre en quelque sorte les variations avant le thème, de telle façon que, à peine soupçonné tout d'abord, le motif se précise de plus en plus jusqu'au moment où il apparaît avec sa forme définitive. Ce mode de procéder est susceptible d'applications extrêmement intéressantes et pourrait être heureusement imité. H. Quittard.

BiBL. : MathémA-Tiques. — Acta eru(ii(orwm, 1697 (Mémoire de Bernoulli sur le problème des isopérimètres). — EuLER, Methodus inveniendi lineas curvas maximi minimive proprietate gaudentes. — Œuvres de Lagrange, t. I et II. — Les Nouveaux exercices de Cauchy-Sarrus, dans Savants étrangers, 1848, t. X. — Les traités de Jel- LETT, de MoiGNO et Lindelôf-Legendre, dans Acad. des sciences, 1786. — Jacobi, Journal de math, pures et appliquées, t. III. — Delaunay, id., t. IV. — Hesse, Journal de Crelle, t. LIV. — Tous les traités d'analyse un peu étendus.

VARICE (Pathol.). Inflammation chronique des veines avec dilatation permanente consécutive. La dilatation passive par compression ou obstacle quelconque à la circulation, sans inflammation, ne peut, être considérée comme une varice. Mais la dilatation simple, cylindroide, sans allongement, avec inflammation minime, comme dans la grossesse, constitue le premier degré de la varice. Au deuxième degré, la veine s'allonge, devient tortueuse, s'épaissit par places et reste béante à la coupe. Au troisième degré, la tunique moyenne, surtout atteinte par l'inflammation, n'est plus reconnaissable, et la veine est devenue un canal rigide et calcifié. D'après leurs formes, on distingue les varices en cylindroides, serpentines ou cirsoides, ampullaires, etc. Généralement superficielles, elles se rencontrent surtout dans le domaine des saphènes interne et externe, à la jambe. Il peut exister, en même temps, des varices profondes, intra-musculaires (Verneuil). Au niveau des varices, la peau perd sa mobihté et devient le siège d'une inflammation et d'un érythème plus ou moins intenses; la vitalité de la région diminue et la moindre plaie peut y donner naissance à une ulcération ; de là la fréquence des ulcères variqueux (V. Ulcère), dont la production est d'ailleurs favorisée par un trouble trophique consécutif à la lésion des nerfs déterminée par l'altération des vasa nervorum (Quénu). Dans le voisinage des varices, les muscles mêmes et les os s'altèrent, ces derniers se recouvrant d'hyperostoses variées.

Les varices s'observent surtout de trente à quarante ans et peuvent atteindre toutes les régions du corps, mais se présentent surtout vers la partie inférieure du rectum sous forme d'hémorroïdes (V. ce mot), sur les veines du cordon spermatique (V. Varicogèle), et, le plus souvent, aux membres inférieurs, chez les individus de grande taille, chez ceux que leur profession obhge à rester debout, la vis à ter go s'exerçant avec difficulté ; des dispositions anatomiques, étroitesse des anneaux aponévrotiques, etc., peuvent jouer un rôle; les jarretières, les ceintures trop serrées, la grossesse, etc., sont des causes augmentant la stase sangiiine; ajoutons-y les phlébites anciennes, les compressions par des tumeurs, etc. Mais pour^qu'il y ait varice, c.-à-d. dilatation avec inflammation, il faut l'intervention de troubles de la nutrition.

VARICE — VARIETES

comme ceux résultant de l'arthritisme, de la phlébosclérose, etc. La tendance héréditaire aux varices paraît due elle-même à l'arthritisme.

Symptômes» Les varices superficielles forment des cordons flexueux, moniliformes, à renflements, de coloration bleuâtre, et augmentant par la station verticale, les efforts, les compressions en aval ; elles s'accompagnent d'œdème et souvent de douleurs plus ou moins vives. Les varices profondes déterminent de l'œdème, de la coloration bleu foncé de la peau, des engourdissements et de la douleur. Les complications les plus graves sont l'ulcère variqueux, l'hémorragie à la surface de l'ulcère, la phlébite aiguë, les phlegmons; selon Verneuil, le coup de fouet, autrefois attribué à la rupture du plantaire grêle, est dû à la rupture d'une varice profonde.

On traite les varices par la compression (bas lacés, élastiques, etc.), par le repos et par l'hamamélis à l'intérieur. Lorsque la compression est trop douloureuse, on peut tenter le traitement opératoire, résection des varices entre deux ligatures, injections coagulantes ; on a renoncé aux cautérisations au fer rouge et à l'isolement. D^^ L. Haiin.

VARICELLE (Dermat.). La varicelle ou petite vérole volante est une fièvre éruptive, épidémique, inoculable, absolument différente de la varioloïde et de la variole, contre laquelle elle ne confère pas l'immunité. Surtout fréquente chez les enfants, très contagieuse, elle est généralement bénigne. Contractée par contagion, la varicelle présente une incubation de quinze jours environ ; inoculée, une incubation de trois à dix-sept jours. Les premiers symptômes sont de la fièvre et de la courbature, suivies au bout de vingt-quatre heures de l'apparition sur la peau de papules roses, se transformant rapidement en vésicules à liquide clair ou faiblement teinté, s'ombiliquant parfois et devenant des pustules qui se rompent, sèchent et laissent une croûte noirâtre analogue à celle qui succède à une pustule d'ecthyma (Dieulafoy) ; toute cette évolution prend trois jours au lieu de huit dans la variole. L'éruption est parfois accompagnée ou suivie d'un rash éphémère. Généralement localisée au tronc et aux membres et encore au cuir chevelu, elle peut envahir les muqueuses, et dans le larynx atteint de préférence les cordes vocales. L'éruption se fait par poussées successives. Il n'y a de fièvre que pendant les trois premiers jours et jamais de lombago comme dans la variole. Le pronostic est favorable, et la durée des accidents ne dépasse guère dix jours. —Comme traitement, purgatifs légers, diète lactée, et au bout de douze à quinze jours un bain. D^ L. Hn.

VARICOCtLE (Pathol.K Dilatation variqueuse des veines du cordon spermatique. Le varicocèle se rencontre surtout de quinze à vingt-cinq ans (chez le vieillard, on observe le varicocèle de l'épididyme). L'insuffisance de valvules des veines spermatiques et l'action de la pesanteur favorisent la production du varicocèle qui résulte d'ordinaire d'un excès de pression de la colonne sanguine (tumeurs inguinales et abdominales, lésions gênant la circulation, pression d'une pelote de bandage, constipation, efforts, excès génésiques,etc.), parfois d'un traumatisme. La disposition anatomique des veines spermatiques du côté gauche et la compression par l'S iliaque permettent de se rendre compte de la plus grande fréquence du varicocèle à gauche.

Symptômes. Le varicocèle se développe lentement, puis détermine de la pesanteur dans les bourses et des tiraillements le long du cordon, parfois une douleur qui s'irradie dans l'abdomen et dans les lombes. Il peut devenir gênant par son volume, mais détermine rarement l'atrophie du testicule. A la palpation, on reconnaît une tuméfaction élastique, se prolongeant dans le canal inguinal et donnant la sensation d'un paquet de ficelle ou d'un amas de vers de terre. Si le varicocèle est ancien, on trouve des cordons durs résultant de thromboses, de phlébolithes. Abandonné à lui-même, il tend à augmenter et finit par envahir les veines du scrotum. Le varicocèle

agit sur le moral et provoque chez le malade de la tristesse et même de l'hypocondrie.

Traitement. Palliatif, il se borne à des précautions hygiéniques (éviter les exercices violents, la station verticale prolongée, les excès, etc., faire de l'hydrothérapie) et à faire porter un suspensoir (en soie et à jour ou élastique). Le traitement curatif s'impose lorsque le varicocèle devient trop volumineux, que le testicule s'atrophie, en cas de névralgie testiculaire, de trouble mental, etc. Il consiste dans l'oblitération des veines par des injections coagulantes, l'électrolyse, l'acupuncture, etc. , la destruction par divers procédés, mais surtout par la ligature à ciel ouvert, simple ou double, et l'excision entre deux ligatures. D^ L. Hahn.

VARIÉTÉS (Théâtre des). La fondation de ce théâtre remonte au 44 avr. 4790, sous le titre de théâtre Montansier, du nom de sa fondatrice, Marguerite Brunet, dite Montansier, qui avait le génie des entreprises théâtrales et avait dirigé déjà une dizaine de théâtres de province (V. Montansier). En 4798, la Montansier abandonna la direction de son théâtre à une commission de cinq membres associés; le Si- juin 4807, les Variétés s'installèrent boulevard Montmartre, dans le local que le théâtre occupe epcore aujourd'hui; le décret de 4807, qui limitait à huit le nombre des théâtres, le laissa subsister.

Pendant près de vingt-cinq ans les Variétés restèrent presque dans les mêmes mains. César, Amiel et la Montansier (revenue en 4807) disparurent successivement, il est vrai, mais Brunet et Crétu conservèrent ensemble la direction, à laquelle, en 4828, chacun d'eux associa son fils. C'est seulement en 4830 qu'ils se retirèrent, laissant la place à un vaudevilliste, Armand d'Artois. Pendant cette longue période, la troupe ne cessa de rester l'une des meilleures de Paris. Quant aux auteurs, tous les vaudevillistes du temps passèrent par les Variétés : Désaugiers, Brazier, Scribe, Dupin, Mélesville, Etienne Arago, Duvert, etc. ; quelques-unes des pièces de ce temps sont restées célèbres : lOurs et le Pacha, Monsieur Vautour , les Bonnes d'enfants, etc.

C'est sous la direction d'Armand d'Artois qu'on vit Frederick -Lemaître créer, aux Variétés, le Kean d'Alexandre Dumas. A d'Artois succéda en 4837 un autre vaudevilliste, Dumanoir, qui eut lui-même pour successeur son confrère Bayard, le neveu de Scribe. Puis ce fut Jouslin de La Salle, puis Nestor Roqueplan. De nouveaux noms parurent successivement sur le théâtre : Bressant, Brindeau, Hyacinthe, Déjazet, Judith, etc. A partir de 4846, les Variétés subirent une assez longue crise, avec les directions successives de Thibaudeau, Morin et Carpier. Ce dernier fit cependant des efforts pour maintenir sa troupe d'une façon honorable, mais sa direction succomba dans une catastrophe, et les Variétés ne retrouvèrent leur prospérité qu'avec flippolyte Cogniard, en 1855.

Cogniard augmenta sa troupe de jeunes et nouvelles recrues et appela à lui Dupuis, Christian, Baron, M'"^^ Schneider et Alphonsine, qui tous étaient destinés à prendre bientôt une grande place dans le répertoire ; bientôt au vaudeville classique vint se joindre la grande opérette, dont on sait le triomphe éclatant avec la Belle Hélène, Barbe-Bleue et la Grande- Duchesse, dues au joyeux trio Meilhac-Halévy-Offenbach. Ce fut presque une transformation. La petite pièce à couplets n'était pourtant pas encore entièrement délaissée, mais elle ne devait pas tarder à disparaître devant l'opérette triomphante. En 4869, Eugène Bertrand succédait à Cogniard et poussait de plus en plus le théâtre dans cette voie. Il attirait à lui de nouveaux artistes pour le nouveau genre, Léonce, Cooper, Mj^^"" Céline Chaumont, Zulma Bouffar, Anna Judic, pour jouer les opérettes d'Offenbach, d'Hervé, de Ch. Lecocq, Serpette et autres. Lorsqu'en 4892, Fernand Samuel prit la direction des mains d'Eugène Ber-

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