VARIÉTÉS -- VARIOLE
trand, il continua durant quelque temps les errements de son prédécesseur et joua aussi un certain nombre d'opérettes : le Carnet du diable, le Carillon, le Pompier de service, Mademoiselle George, mais il ne se confina pas dans un seul genre, ne négligea pas la revue de fin d'année, très prisée jadis aux Variétés, et obtint surtout d'éclatants succès avec plusieurs comédies pour la plupart de caractère satirique, dont grand fut le retentissement : le Nouveau Jeu et le Vieux Marcheur, de Henri Lavedan ; le Voyage autour du code, de Georges Diival et Maurice Hennequin; la Veine, d'Alfred Capus ; Education de prince, de Maurice Donnay, etc. Voici 142 ans que le théâtre des Variétés a été fondé par la Montansier. Et si l'on remarque qu'il y aura bientôt un siècle qu'il occupe, sans interruption, avec un succès presque constant, le local dans lequel il fut installé en 1807, on constatera qu'il est, de tous les théâtres de Paris, le seul qui ait eu une telle fortune.
VARI6N0N (Pierre), géomètre français, né à Caen en 1654, mort à Paris le ^22 déc. 1722. Fils d'un architecte, on le destinait à l'état ecclésiastique et il étudiait la philosophie lorsque la lecture d'un Euclide, tombé entre ses mains, décida de sa vocation. Il vint en 1686 à Paris, où l'amitié de l'abbé de Saint-Pierre, qui lui abandonna une rente de 300 livres, lui permit de s'adonner en toute indépendance à ses études favorites, publia dès l'année suivante son Projet d'une nouvelle mécanique, qui eut» un grand succès, et, en 1688, fut admis à l'Académie des sciences, en même temps qu'il était nommé professeur de mathématiques au collège Mazarin. L'un des mathématiciens les plus célèbres de la fin du xvii^ siècle, il s'est appliqué surtout à généraUser, et, en mécanique, notamment, il a démontré, en partant de la théorie des mouvements combinés, la nécessité de l'équilibre partout où il existe, bien qu'on n'en connaisse pas exactement la cause. Le même esprit devait le porter à accueillir avec enthousiasme la géométrie, alors toute nouvelle, des infiniment petits et, de fait, il fut le premier qui en fit une étude approfondie. Outre l'ouvrage précité, il a écrit ; Nouvelles conjectures sur la pesanteur (Paris, 1690); Eclaircissements sur l'analyse des infiniment petits (Paris, 1725,posth.,) ; Nouvelle mécanique ou statique (Paris, 1725, 2 vol.) ; Traité du mouvement et de la mesure des eaux courantes et jaillissantes (Paris, 1725, posth.). lia fait paraître, d'autre part, dans le recueil de l'Académie des sciences, un nombre considérable de mémoires originaux sur l'équilibre des liquides, la pesanteur, les mouvements accélérés, les cycloïdes, la résolution des équations, etc. L. S.
BiBL. : FoNTRNELLE, Eloge de P. Varignon^ dans Méin. acad. se, 1722.
VARIGNIEZ (Jeau de), diplomate fr, (V. Blâinville).
VARILHES. Ch.-l. de canl. du dép. de l'Ariège, arr, de Pamiers ; 1.588 hab. (1.145aggl.). Stat. du chem. de fer du Midi.
VARI MONT. Com. du dép. de la Marne, arr. de Sainte- Menehould, cant.Jde Dommartin-sur-Yèvre ; 107 hab.
VARIN (Ch. VoiRiN, dit), auteur dr. français(V. Voirin).
VARINFROY. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Senlis, cant. de Betz; 147 hab.
VARIOLAIRE (Bot.). On désigne quelquefois, sous le nom de Variolaria, des Lichens dont les apothécies, avortées, sont transformées en sorédies. La plupart rentrent dans les Pertusaria (V. ce mot). Les plus connus sont le F. dealbatakdi., puis le F. amara Por., ou Pertusaria communis DC, formant une croûte blanchâtre sur les hêtres, chaînes, châtaigniers, et encore désigné sous le nom de F. pertusaria Ach. [Lichen fagineus L.). Ces Lichens renferment un principe amer, le picrolichénine ou variolarine, qui leur communique des propriétés fébrifuges.
VARIOLE (PathoL). La variole est une fièvre éruptive et contagieuse. Mais à la différence de ce qui se produit dans les autres fièvres éruptives, telles que la scarlatine et la rou-
geole, l'éruption est la plus importante de toutes les manifestations, et les diverses complications lui sont pour ainsi dire subordonnées. Nous décrirons d'abord la variole normale ou régulière, dite encore discrète. Après une incubation qui peut durer de huit à dix jours, quelquefois même quatorze jours, la maladie débute par un frisson, le plus habituellement unique. Il s'accompagne et est^ suivi d'une fièvre très marquée, allant de 39'^,5 à 40*^,5, avec une légère rémission matinale. Le pouls est très fréquent, de 110 à 120. Il n'est pas rare de constater une température de 41^ dès le second jour. Cette fièvre s'accompagne de trois phénomènes principaux : céphalée, rachialgie (douleur lombaire), vomissements, La rachialgie est un phénomène particulièrement caractéristique. La douleur occupe habituellement toute la partie inférieure de la région lombaire. Elle semble être la conséquence d'une congestion très marquée de la moelle, et elle s'accompagne souvent de parésie des membres inférieurs ou même de paraplégie. Les vomissements, d'abord ahmentaires, puis bilieux, s'accompagnent d'une vive douleur épigastrique. Tous ces phénomènes douloureux expliquent l'état de malaise et quelquefois d'angoisse où se trouve plongé le malade. En outre, les phénomènes précédents s'accompagnent de phénomènes de catarrhe assez accentués du côté du nez, des yeux et de la gorge. Il existe également un état de dyspnée souvent intense, et il n'est pas rare que le malade présente, soit d'une façon durable, soit pendant quelques heures, des phénomènes déiïrants. Il existe souvent de l'albuminurie durant cette première période. L'éruption boutonneuse caractéristique de la variole est souvent précédée de fausses éruptions ou rash, importants à connaître, car ils peuvent égarer le diagnostic. Ils peuvent être rangés en deux catégories, suivant qu'ils sont érythémateux ou hémorragiques. Erythémateux, s'effaçant sous la pression du doigt, ils peuvent revêtir l'aspect de l'éruption de la rougeole (c'est le cas le plus fréquent), dePérysipèle, de l'urticaire, etc. Hiémorragiques, ils persistent malgré la pression du doigt et peuvent revêtir le type scarlatinoîde ou purpurique. Les rash apparaissent du deuxième au quatrième jour de la maladie; ils peuvent durer encore lorsque l'éruption apparaît.
A cette première période, ou période d'invasion, fait suite la seconde période ou période d'éruption. Le début de cette période, qui se fait vers le quatrième jour, est annoncé par une sorte de détente de tous les phénomènes généraux : la fièvre tombe, la soif devient moins vive, la céphalée et la rachialgie disparaissent. L'éruption débute par la face, d'abord sur le front, puis gagne le pourtour de la bouche et du nez ; elle descend ensuite sur le tronc et finalement sur les membres ; le tout demande environ trente-six heures. Chaque point éruptif parcourt les trois phases suivantes : macule, papule, vésicule. Les macules sont des taches arrondies, s'eflaçant par la pression ; mais peu à peu elles deviennent saillantes, pour constituer la papule, puis on voit se dessiner en leur milieu une saillie qui se transforme en vésicule. Ces vésicules sont d'abord remplies d'un liquide clair, puis le pus apparaît à leur intérieur. En même temps elles s'ombiliquent, c.-à-d. se dépriment en leur centre. Cette ombilication si caractéristique ne se rencontre pas habituellement sur les éléments éruptifs de la face. L'éruption est dite discrète quand il existe entre les vésicules des intervalles de peau saine sur le visage. L'élément éruptif de la variole, lorsqu'il est arrivé à son point de maturité et qu'il est isolé, se présente donc sous l'aspect d'une vésicule ombiliquée à son centre, remplie d'un Hquide trouble, et entourée d'une zone rouge, surélevée elle-même au-dessus du tissu sain qui l'entoure.
L'éruption s'étend aux muqueuses (exanthème) et envahit la conjonctive, la muqueuse nasale, la bouche, la langue, quelquefois même le pharynx et le larynx.
Ainsi que nous l'avons dit, cette période éruptive n'est