VARIOLE
pas accompagnée de fièvre. La défervescence s'est faite brusquement lors de son début, et ce n'est qu'après trois ou quatre jouî*s,'^ au septième jour de la maladie, qu'on la voit reparaître.
La seconde période fait alors place à la troisième, dite de suppuration. Les vésicules ou, plus exactement, les pustules s'enflamment, leur contenu devient franchement purulent. Ces phénomènes inflammatoires s'accompagnent de gonflements et de douleurs. En même temps, la fièvre s'élève (fièvre secondaire ou de suppuration) et s'accompagne de malaises divers. La marche régionale de la suppuration est la même que celle de l'éruption.
La quatrième et dernière période, dite de dessiccation, commence vers le onzième jour. Le début en est marqué par la disparition de la fièvre secondaire. Mais la dessiccation des pustules du visage commence dès le neuvième jour. Sur le visage, il se forme une véritable croûte jaunâtre par la rupture des éléments ; dans les autres régions, les pustules se dessèchent sans se rompre. La chute des «routes ne commence guère avant le vingtième jour, pour durer deux ou trois semaines. La cicatrice qui succède à la croûte est variable, suivant que la croûte tombe d'ellemême ou qu'elle a été grattée ; dans ce dernier cas, qui se produit surtout à la face, la cicatrice est irrégulière, mamelonnée, L'épiderme définitif n'apparaît qu'après une série de desquamations de la cicatrice. La convalescence est habituellement très simple et rapide.
Tel est le tableau de la variole discrète, peu sujette aux comphcations. Le pronostic n'en serait donc pas grave sans les cicatrices qu'elle laisse à sa suite. Plus bénigne est la varioloïde, caractérisée par la longue durée de la période d'invasion, bénignité des symptômes concomitants et surtout par le défaut de développement des éléments éruptifs. La pustulation ne se produit que sur un petit nombre d'éléments et n'aboutit pas à la rupture, d'où absence de cicatrices. Dans une autre catégorie doivent être rangées les varioles graves, dont la gravité résulte de deux causes différentes : la confluence et la tendance hémorragique.
Entre les varioles confluentes proprement dites et la variole discrète décrite ci-dessus, doit prendre place la variole dite cohérente. Dans cette forme, les pustules de la face se rejoignent secondairement après leur développement et se confondent, donnant ainsi lieu à une continence secondaire. Ce sont pour ainsi dire des degrés inférieurs de la variole confluente. Cette dernière forme ne se caractérise qu'au moment de la période d'éruption. La défervescence ne se produit pas alors comme dans ,'la variole discrète, et les malaises persistent. L'éruption ne se fait plus par macules isolées, mais une rougeur diffuse envahit toute la face, bien que le doigt, en parcourant cette rougeur, y donne la sensation de papules confluentes (peau de chagrin). Puis de petites vésicules apparaissent et se confondent de façon à former de vastes ampoules, la suppuration apparaît ensuite et la fièvre , qui avait subi un léger abaissement, remonte. Le visage tuméfié, gonflé, devient hideux ; les paupières gonflées et collées cachent les yeux. La confluence se produit également sur les muqueuses, la gorge, le pharynx et même le larynx sont atteints ; il y a une salivation et une dysphagie intenses. La confluence épargne le tronc, mais se produit sur les extrémités. L'état général est grave, la température est élevée ; il y a habituellement de la diarrhée et un véritable état typhique. Lorsque la dessiccation apparaît, il se forme sur le visage d'énormes croûtes qui emprisonnent du pus. La température reste élevée jusqu'à la troisième semaine. La chute des croûtes commence vers le vingtcinquième jour, mais elles se reforment et ne peuvent guérir qu'en laissant des cicatrices diff'ormes et étendues. La mort est d'ailleurs la règle dans cette forme, soit qu'elle se produise au moment de la confluence, soit qu'elle soit consécutive à une véritable septicémie, à la période de suppuration, ou plus tardivement encore. La
tendance hémorragique de la variole, qui la constitue sous une forme spéciale (variole hémorragique ou variole noire) peut apparaître à des moments diff'érents de la maladie. La variole peut être hémorragique d'emblée; la maladie présente alors une période d'invasion marquée par des accidents très accentués ; le rash est habituellement scarlatiniforme, puis l'on voit apparaître des taches purpuriques, et des hémorragies se produisent au niveau des diverses muqueuses et dans divers organes. L'éruption varioleuse proprement dite apparaît vers le quatrième jour; elle est toujours discrète et évolue mal ; son apparition n'est précédée d'aucune améhoration de l'état général, ni suivie d'aucun soulagement. Cependant la température reste peu élevée relativement, sauf à l'approche de la mort, qui est la règle. La variole peut être secondairement hémorragique. Après une éruption mal venue et qui s'interrompt, on voit les hémorragies se produire par diverses voies ; les vésicules elles-mêmes se remplissent de sang. Là encore la mort est la règle.
Les suites et le pronostic de la variole sont donc très diff'érents suivant les formes. Parmi les complications, nous ne mentionnerons que les conjonctivites et les otites qui peuvent avoir des suites si graves pour le fonctionnement des organes ; nous mentionnerons également les complications du côté du cœur (myocardites), du poumon (bronchites et pleurésies), les orchites, les inflammations ■ de la moelle épinière,les ostéomyélites, etc. — Le diagnostic de la variole est d'ordinaire assez facile. Cependant au début, au moment du frisson, l'on peut songer à l'érysipèle, à la pneumonie, à la scarlatine etc., mais la marche de la maladie et l'absence de signes positifs d'auscultation, etc. , permettent de prévoir la nature de F affection, sur tout en temps d'épidémie. Au moment de la production des rash, s'il en survient, le diagnostic doit être fait avec la maladie éruptive dont ils aff'ectent le type, mais la localisation en est différente, et la marche de la fièvre donne également des indications précieuses. La néphrite aiguë provoque, comme la variole, une rachialgie intense, mais elle s'en différencie rapidement par les troubles rénaux et urinaires, par l'absence d'éruption et la marche de la fièvre. Lorsque l'éruption apparaît, l'on peut être embarrassé au début pour distinguer une papule de rougeole d'une papule de variole, cependant la marche de la fièvre durant les jours qui précèdent est différente dans les deux maladies. C'est là, à vrai dire, un élément dont la connaissance échappe souvent au médecin, et l'on peut être obligé d'attendre plusieurs heures l'apparition des vésicules pour établir un diagnostic ferme. Lorsque la vésicuiisation est produite, le diagnostic doit être fait entre la varicelle et la variole (surtout la varioloïde). Mais habituellement ce diagnostic est très facile, la varicelle a un développement plus rapide, ses bulles sont claires, oblongues et n'aboutissent pas à la suppuration.
La variole est une affection qui frappe tous les âges. Les causes d'affaiblissement en favorisent l'apparition. Il existe contre elle une véritable immunité, soit naturelle, soit acquise par suite d'une atteinte antérieure, soit surtout à la suite de la vaccination (V. ce mot). Les vieillards ne sont pas à l'abri de la variole et doivent être revaccinés s'il y a lieu. La variole natt toujours à la suite d une contagion, soit directe, soit indirecte ; le pus, les croûtes desséchées semblent en être les agents habituels. La variole est d'ailleurs contagieuse à toutes ses périodes même pendant la période d'invasion. Elle est endémique dans les grandes villes, mais elle subit de temps en temps de véritables recrudescences épidémiques. Les lésions que provoque la variole dans les divers tissus, en dehors de la peau qui présente aux points d'éruption les divers degrés de l'inflammation, sont assez peu caractéristiques. Il n'y a pas lieu d'y insister ici. La nature intime de la variole et ses rapports avec la vaccine nous sont encore complètement inconnus. Dans la variole, comme dans la scarlatine, les recherches bactériologiques ont
permis d'isoler surtout des bactéries pyogènes, qui semblent jouer un grand rôle dans la marche de l'aiFection, niais ce rôle n'est que secondaire et n'est pas encore précisé. L'agent primitif de la contagion nous est totalement inconnu.
Le traitement de la variole est avant tout un traitement prophylactique. Nous n'avons pas à insister ici sur le rôle de la vaccination et de la revaccination. Tous ceux qui approchent les varioleux doivent être revaccinés, s'ils ne l'ont été depuis fort peu de temps. Les objets qui servent au malade doivent être d'ailleurs soigneusement désinfectés, et il doit être isolé. Le malade sera établi dans une chambre largement aérée ; il sera alimenté de bouillon et de lait. Dès que le diagnostic sera établi, il sera bon de donner un ou deux bains tièdes ; le linge sera changé souvent. Il faut éviter la constipation. Le traitement médicamenteux prescrit par Ducastel consiste en injections d'éther (2 ou 3 centim. c. par jour) et en ingestions de 45 à 20 centigr. d'opium (chez les adultes). On donne en outre quelques gouttes de perchlorure de fer. Talamon emploie les pulvérisations d'éther au sublimé, pulvérisations d'un emploi un peu délicat. L'emploi des bains est très indiqué dans la variole : bains tièdes antiseptiques dans les formes ordinaires ; bains froids dans les formes hyperthermiques. Les soins antiseptiques delà bouche, du nez, etc., sont aussi d'une importance capitale. D^ M. POTEL.
VARIOLISATION (Thérap.) (V. Inoculation).
VARIOLITE (Pétrogr.). Type globulaire très curieux de roches hypocristallines, qui occupe le bord des épanchements d'eupliotides (V. ce mot), et que Michel Lévy considère comme le terme vitreux de cette série. Elle n'en est d'ailleurs, vraisemblablement, bien que complètement distincte, d'aspect du type granitoide, qu'une transformation, et elle se trouve constituée par une pâte d'un vert foncé, à texture fluidale et perUtique, dans laquelle sont accumulés des sphéroïdes de la grosseur d'un pois à celle d'une noisette, composés, comme la pâte elle-même, de fibres d'oHgoclase, de granules pyroxéniques et de lamelles d'actinote. La masse renferme 55,29 % de silice, la pâte enveloppant les globules n'en offrant que 45 'Vo et ceux-ci, d'après Delesse, 57,22 "/o. La variolite se rencontre principalement dans les Alpes dauphinoises et les hautes Alpes (variolite de la Durance et variolite du Drac).
VARIOLOÏDE (Pathol.) (V. Variole).
VARISCOURT. Corn, du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Neufchâtel-sur- Aisne ; 400 hab.
VARIUS RuFus (Lucius). A part les dates approximatives de sa naissance et de sa mort (74-44 av. J.-C), on ne sait presque rien de ce poète latin, sinon qu'il fut, au dernier siècle de la Répubhque romaine, un des précurseurs, aujourd'hui bien obscur, de Virgile dans l'épopée, avec les Helvius Cinna, les Térentius Varron, les Aulus Furius, etc. A en croire Horace, il excellait dans les peintures belliqueuses de l'épopée militaire. Il avait d'abord écrit un panégyrique Sur la mort de César. Probablement aussi, Varius Rufus célébra les exploits d'Agrippa et d'Auguste. Mais, en somme, ce ne sont là que des éloges individuels, de courte haleine, et non de véritables épopées comparables aux travaux d'Ennius et de Virgile.
BiBL, : Otto RiBBECK, Scenicœ Romanorum poesis fragmenta, 1852.
VARIZE. Corn, du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Ghâteaudun, cant. d'Orgères ; 372 hab.
VARLAAM, métropolite de Moldavie (V. Barlaam).
VARLET (V. Valet).
VARLET DE La Grange (Charles) (V. La Grange).
VARLOPE (Techn.) (V. Rabot).
VARiVlONZEY. Com. du dép. des Vosges, arr. de Mirecourt, cant. de Charmes ; 50 hab.
VARNA, VOdessos des anciens. Ch.-l. d'un distr. de la principauté de Bulgarie, sur la côte 0. de la mer Noire, point terminus de la ligne Roustchouk- Varna (424 kil.);