VARIOLE - VARNHAGEN
elle possède une rade ouverte, mais est la plus importante place de commerce entre les embouchures du Danube et le Bosphore; 28.474 hab. (Bulgares, Turcs et Grecs). Les ouvrages fortifiés ont disparu depuis 4878. Varna est le port d'exportation de toutes les marchandises de la Bulgarie orientale, principalement des céréales (430 millions de kilogr. représentant 47 millions) ; l'importation s'élève à 47 millions : elle consiste en matières textiles, en cuir, en métaux. Les services de navigation réguliers sont assurés par le Lloyd autrichien et par une compagnie bulgare. A peu de distance de la ville, sur la colMne, au miheu des vignes de Monastir (ancien couvent), s'élève la résidence dite princière d'Euxinograd. — Le 40 nov. 4444, les Hongrois, commandés par Wladislaw, furent écrasés à Varna par Mourad III ; en 4640, les Cosaques prirent la ville ; en 4773, Varna résista aux Russes ; en 4828, elle succomba après un siège de trois mois ; en 4854, ce fut le port d'embarquement des troupes anglofrançaises pour la Crimée.
VARNBULER (Friedrich - Gottiob -Karl , baron de), homme d'Etat wurttembergeois, né à Meiningen le 43 mai
4809, mort à Berlin le 26 mars 4889. Fils du ministre des finances, Karl, baron de Varnbuler, il fit ses études de droit à Berlin, dirigea de 48i9 à 4853 une fabrique de machines à Vienne, entra en 4845 dans la seconde Chambre où il se signala par la connaissance des questions économiques. Dans la crise de 4848, il défendit les intérêts de la noblesse ; en 4864, le roi Charles le nomma ministre des affaires étrangères et de la maison royale. Sa politique antiprussienne en i ^66 lui conciha les sympathies générales de la population ; il signa le 43 août le traité de paix avec la Prusse et quitta son poste en 4870. Elu au Reichstag en 4873, il y resta jusqu'en 1884 ; il y fit partie de la commission des tarifs douaniers et s'y signala par sa compétence.
VARNEVILLE.Com.dudep.de la Meuse, arr. deCommercy, cant. de Saint-Mihiel ; 346 hab.
VARNEVILLE-Bretteville. Com. du dép. do la Soinoînférieure, arr. de Dieppe, cant. de Tôtes ; 407 hab.
VARNEY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Bar-le- Duc, cant. de Revigny ; 130 hab.
VARNHAGEN von Ense (Karl-August), littérateur allemand, né à Dusseldorf le 24 févr.'4785, mort à Berlin le 40 oct. 1858. Venu à Hambourg avec son père en 4794, il étudia la médecine, la philosophie et la littérature ancienne à Berlin (4800) : l'influence de Schlegel et de Fichte le poussa dans cette voie. En 4809, il entra dans l'armée autrichienne et fut blessé à Wagram. Aide de camp du prince Bentheim, il l'accompagna à Paris, en
4810, à la cour impériale. En 4842, il quitta le service de l'Autriche lors de la campagne de Russie, se rendit à Berhn et entra au service russe auprès du général Tettenborn (4843) ; il prit part aux campagnes de l'Allemagne du Nord et de France et publia : Geschichle der ïkunburger Ereignisse (4843). Entré dans la diplomatie, il accompagna, en 4844, Hardenberg au Congrès de Vienne, puis à Paris (1815), et fut nommé ministre résident à Carlsruhe. En 1849, il revint à Berlin et se consacra à la littérature ; en 4829, il fut envoyé en mission extraordinaire à Cassel. Poète sans originalité, Varnhagen von Ense est un prosateur de mérite dans ses livres d'histoire biographique où il s'attache peut-être trop au piquant de l'anecdote. D'abord romantique, il s'est consacré plus tard à la biographie et à la critique dans ses nombreux ouvrages. En 4804, il publia avec Chamisso un Musenalmanach. Ses principales œuvres sont : Deutsche Erzâhlungeri (4845); Vermischie Gedichte (4846); Biogr. Denkmale (4824-1830); Biogr aph. der Koenigin von Preussen, Sophie Charlotte (4837) ; Lehen des Gênerais Bulow vonDenncwitz (4853), et de nombreuses biographies. En relations épistolaires avec ses principaux contemporains, sa femme eut sur lui une grande influence ; sa nièce, Ludmilia Assing, a publié aprèssa mort plusieurs
VARNHAGEN ~ VAHRON
volumes de sa correspondance avec Humboldt, Metternich, Heine, Chamisso, etc. On a publié ses œuvres choisies en 19 vol. à Leipzig en 1887. — Sa femme, Rachel, née Levin, sœur du poète Ludwig Robert, née à Berlin le 49 mai 4771, morte à Berlin le 7 mars 1833, réunissait dans son salon à Berlin, à Paris, en Hollande, à Prague, un cercle choisi d'érudits et d'artistes; elle n'épousa Ense qu'en 1814 (elle le connaissait depuis '1808); pendant les guerres contre Napoléon, elle soignait avec dévouement les blessés, de même que les malades du choléra de 1831 . Son mari a publié après sa mort un certain nombre de ses écrits et de ses lettres.
VA ROGNE. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Yesoul ; 172 hab.
VAROIS-et-Chaignot. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. (E.) de Dijon ; 512 hab.
VAROLE ou VAROLIO (Costanzo), anatomiste italien, né à Bologne en 1543, mort à Rome en 1575. H fut professeur d'anatomie et de chirurgie à Bologne, et en 1573 devint le médecin du pape Grégoire Xltl et professeur à la Sapience. Varole a bien décrit le cerveau, et son nom a été donné à la partie appelée pont de Varole (V. Protubérance). On lui doit : De nervis opticis... (Padoue, 1572, in-8) ; De resoluHone corporis humani (Francfort, 1591, in-8).
VAROTARI. Famille de peintres italiens (V. Padovano).
VAROUVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Saint-Pierre-Eghse ; 296 hab.
VAR-PALOTA. Village de Hongrie (V. Palota).
VARRAINS. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. (S.) de Saumur ; 851 hab. Stat. de chem. de fer.
VARREDDES. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. et cant. de Meaux ; 914 hab.
VARRENTRAPP (Konrad), historien allemand, né à Brunswick le 17 août 1844. Après des études à Gœttingue, Berlin et Bonn, il fut nommé professeur en 1873 dans cette dernière ville, puis à Marbourg, et en 1890 à Strasbourg. H a écrit: Erzbischof Cliristian I von Mainz (1867) ; Hermann von Wied und sein Reformationsversuch inKœln (1878) ; Johannes Schulze (iHS9).
VARRON, écrivain romain (116-27 av. J.-C). — Varron (M. Terentiiis Varro), que ses contemporains surnommèrent « le plus savant des Romains », naquit probablement près de Réate en Sabine. Il fut élevé par un chevalier romain, L. Aelius Stilo, dont l'érudition était très vaste, et qui avait commenté les Chants Saliens ; il suivit aussi les leçons du philosophe académicien Antiochus. Il entra dans la carrière publique, mais on ne connaît pas exactement son cursus honorum. On sait qu'il fut tribun et édile ; qu'il exerça, sous la direction de Pompée, un commandement naval important dans la guerre contre les Pirates, puis dans la guerre contre Mithridate; qu'il se prononça contre César pour son ancien cbef, et qu'il fut en 49 av. J.-C. un des Heutenants de Pompée en Espagne. Vaincu par le dictateur, il n'en resta pas moins fidèle jusqu'au bout au parti qu'il avait choisi. Après Pharsaie et la défaite définitive des Pompéiens, il fut bien traité par César, qui lui confia même le soin d'organiser à Rome une bibliothèque publique. Lorsque le second triumvirat se forma en 43, Varron fut proscrit; mais, plus heureux que Cicéron, il échappa aux assassins. Un an plus tard, il obtint la protection d'Octave. Il abandonna désormais la politique, et consacra à l'érudition tout le reste de sa vie. Il mourut en 27 av. J.-C, âgé de quatre-vingt-dix ans. — Varron fut certainement le plus fécond des écrivains antiques. Il nous apprend luimême qu'à soixante-dix-huit ans il avait déjà écrit 490 volumes ; comme il ne cessa pas de composer des ouvrages jusqu'à ses derniers jours, on peut admettre le chiffre de 600 volumes indiqué au iv® s. ap. J.-C. par le poète Ausone. Les œuvres de Varron traitaient des sujets les plus variés ; nous savons qu'il avait écrit des tragédies, des épigrammes, de très nombreux discours, des traités de
philosophie, de grammaire, de morale, des ouvrages d'histoire et d'érudition. De tout ce que Varron produisit, il ne reste aujourd'hui qu'un traité complet, le De Re rustica ; nous possédons en outre une partie du de Lingua latina (6 livres seulement sur 24, dont se composait l'ouvrage entier) ; et quant aux autres œuvres de Técrivain, nous ne connaissons avec quelque détail, soit par des fragments et des citations, soit par des allusions postérieures, que les Antiquilates rerum humanarum et divinarum, et les Saturœ Menippeœ. Le De Re rustica de Varron est le plus important de tous les traités d'agriculture que l'antiquité nous a laissés. Moins sec que l'ouvrage similaire de Caton l'Ancien, il est, d'autre part, bien supérieur à la compilation de Columelle. Ecrit sous la forme d'un dialogue, il est divisé en 3 livres, dont le premier est consacré à la culture des champs et des jardins, le second à l'élevage des troupeaux, le troisième à l'élevage des abeilles, à la chasse, à la pêche, à divers autres sujets analogues qui intéressent directement ou indirectement la vie rurale. Varron écrivit le De Re rustica à l'âge de quatre-vingts ans, et le dédia à sa femme Fundania. ■ — Le De Lingua latina était dédié à Cicéron ; c'était un traité complet sur la langue latine. Dans les six livres qui en restent (liv. V — X), Varron étudie l'étymologie et l'analogie ; ses observations sont souvent judicieuses ; mais toutes ses assertions ne sont pas exactes. — La perte de l'ouvrage intitulé Antiquitates rerum humanarum et divinarum est des plus regrettables ; car Varron y avait réuni en 41 livres tout ce qu'il savait sur l'histoire de l'ItaUe, de ses habitants et de Rome, sur la religion italique et la religion romaine, sur les cultes d'Italie et de Rome. Ovide, pour ses Fastes, saint Augustin, dans son traité De Civitale Dei, lui ont beaucoup emprunté. — Les Satires Ménippées (Saturœ Menippeœ), ainsi nommées par Varron lui-même en souvenir du philosophe cynique Ménippe, étaient, suivant toute apparence, de courts morceaux, où se mêlaient la prose et les vers et qui traitaient de toute espèce de sujets. Varron les composait dans une intention à la fois ironique et morale. 11 y était question de la vie courante, de la httérature, de la philosophie, de l'art ; les allusions politiques n'en étaient pas absentes, semble-t-il. Varron y employa parfois la forme du dialogue ; il y combattit toutes les extravagances, toutes les théories excessives ; il y prit la défense du bon goût et du sens commun. — Principales éditions des divers ouvrages ou fragments de Varron : le De Re rustica a été surtout édité dans la collection des Scriptores rei rusticœ : éd. Jenson (Venise, 1472) ; éd. Gesner (Leipzig, 1735); éd. Schneider (Leipzig, 1794-97). — Le De Lingua latina : éd. princeps (Rome, 1471); éd. Spengel (Berlin, 1826) ; éd. Ottfr. Millier (Berlin, 1833) ; éd. Egger (Paris, 1846). — Les fragments connus des Satires Ménippées ont été publiés par Fr. OEhler, Saturarum Menippearum reliquiœ (Leipzig, 1844). — De nombreux extraits de Varron ont été réunis et publiés par divers érudits sous le titre de Sententiœ Varronis : éd. De Vit (Padoue, 1843) ; éd. Quicherat, dans la Biblioth. de l'Ecole des Chartes (3^ série, 1. 1). J. Toutain.
BiBL. : RiTSCHL, Qaœstiones Varronianœ ; Bonn, 1845 ; PJieinisches Muséum, nouv. série, t. VI. — Teuffel, Gescliichte der rômischen Literatur; trad. fr., Paris, 1879-83. ^ — G. BoissiER, Varron; Paris, 1861.
VARRON (Publius Térentius), poète épique romain (82-37 av. J.-C), d'Atace (c'est le nom ancien de la rivière de l'Aude), dans la prov, de Narbonne. Il reprit le sujet des Ar go nautiques, traité par le poète alexandrin Apollonius de Rhodes, et, sans traduire absolument, s'inspira beaucoup du modèle, qu'il passe pour avoir parfois surpassé. On sait que son œuvre fut grandement estimée par Ovide, Properce et Stace. On admirait notamment ces deux beaux vers descriptifs, larges et harmonieux, que nous a conservés Sénèque le Rhéteur :
Desierant latrare canes urbesque silebant, Omnia noctis erant placida composta quiète.
« Les chiens avaient cessé d'aboyer et les cités étaient silencieuses ; tout était enseveli dans le paisible repos de la nuit. »
Varron, doué d'un talent assez actif et varié, composa d'après Alexandre d'Ephèse ou, selon d'autres, d'après Eratosthène, sous le titre de Chorographie, une description en vers du monde connu à cette date (Europe, Afrique septentrionale, Asie occidentale). Il paraît qu'il s'était également essayé en un antre genre d'épopée, V épopée historique, qui fut alors, elle aussi, en vogue. Tout jeune, avant d'apprendre le grec auquel il ne se mit qu'à trentecinq ans, il avait écrit sur les campagnes de Jules César dans les Gaules une relation en vers intitulée Bellum sequanicum. ïl reste de lui quelques fragments ( Poetœ latini minores de Wernsdortf; Helmstsedt, 1792, in-8.
VARROY (Henri-Auguste), homme politique et ingénieur français, né à Vittel (Vosges) le 25 mars 1826, mort à Epinal le 23 mars 4883. Il était ingénieur en chef des ponts et chaussées lorsque, en 1871, le dép. de la Meurthe l'envoya à l'Assemblée nationale. Devenu en 1876 sénateur de Meurthe-et-Moselle, il eut une grande part dans l'élaboration du programme de travaux de 1879 et fut deux fois ministre des travaux publics : d'abord du 28 déc. 1879 au 23 sept. 1880, dans le premier cabinet Freycinet, puis du 30 janv. au 7 août 1882, dans le second.
VARS. Corn. du dép. delà Charente, arr. d'Angoulême, cant. de Saint-Amand-de-Boixe ; 1.551 hab. *Stat. de chem. de fer.
VARS. Com. du dép. de la Corrèze, arr. de Brive, cant. d'Ayen ; 602 hab.
VARS. Com. du dép, des Hautes-Alpes, arr. d'Embrun, cant. de Guillestre ; 726 hab.
VARS. Com. du dép. delà Haute-Saône, arr. de Gray, cant. d'Autrey-lès-Gray ; 326 hab.
VARSOVIE. I. Ville, —Varsovie (en allemand Warschau, en polonais 11 arsraifa, en russe Varschawa).\i\k de l'Europe orientale, ancienne capitale de la Pologne et du grand-duché de Varsovie, actuellement chef-lieu de gouvernement et de district russe, située à 109 m. d'alt. par 52« 13^5'' lat. N. et 18^41' 34" long. E., sur une terrasse qui domine de 30 à 40 m. le cours de la Vistule. Sur la rive droite de ce fleuve s'étend le faubourg de Praga. La superficie totale de la ville est évaluée à 40 kil. q. environ, et sa population montait, en 1897, à 638.208 hab. La ville est heureusement située au cœur de la Pologne russe, au point de jonction de voies ferrées qui la mettent en communication avec Wilna-Pétersbourg, Smolensk-Moscou, Vienne, Bromberg et Terespol. Aussi est-elle devenue un important camp retranché, défendu par une citadelle et onze forts détachés. Le climat est assez tempéré, avec une moyenne* annuelle de H- 5^ et des extrêmes qui vont de + 28° à — 26°. La Yistule est libre de glaces pendant 305 jours environ. La population comprend environ 60 °/o de Polonais catholiques, 33°/o de juifs et 3 ^jo de Busses.
Grands SERVICES publics. Industrie. Commerce. — Varsovie est le siège : du gouverneur général de Pologne, en môme temps commandant des troupes stationnées dans le pays ; du gouverneur civil du gouvernement de Varsovie, d'une cour d'appel et d'une chambre judiciaire; d'un évoque orthodoxe et d'un évoque catholique ; au point de vue religieux, la ville est la métropole de la Pologne, et l'on y trouve, outre les autorités ecclésiastiques, 85 églises dont 5 orthodoxes et 2 réformées. Au point de vue intellectuel, elle se place au premier rang des villes polonaises et même russes. Son Université, fondée en ^1816, supprimée en 1832, réouverte en 1864, a une ancienne réputation, une population scolaire de 1.200 étudiants et une bibliothèque de 1.200 vohjmes. Un conservatoire de musique a été fondé en 1860 ; 6 gymnases, 1 école réale, 1 école pour les filles nobles (institut Marie) et 4 gymnases de filles distribuent l'instruction secondaire ; 1 école
ÇRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXX L
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normale d'instituteurs et 147 écoles d'instruction primaire ; 1 école de commerce et 1 école vétérinaire, l'instruction technique. Au point de vue artistique, Varsovie contient quelques belles galeries particulières, les collections publiques ayant été privées par les Russes de leurs plus beaux tableaux. Le Grand-Théâtre, reconstruit et ouvert enl894, contient deux scènes de premier ordre, l'une pour les opéras et ballets, l'autre pour les représentations dramaliques. D'importantes sociétés et établissements de bienfaisance fonctionnent dans la ville.
Au point de vue commercial, l'importance de Varsovie est attestée par l'existence de 10 grosses maisons de banque et de 60 banques de second ordre ; placée à l'extrémité de la Russie, la vilie reçoit une grande quantité de marchandises allemandes ou russes, et les exporte vers l'intérieurMe l'Empire; elle est pour la Pologne le centre du mouvement des laines. Au point de vue industriel, elle a fait de rapides progrès; en 1894, son activité se chiffrait par 368 fabriques, occupant 18.000 ouvriers et produisant annuellement plus de 27 millions de roubles ; les industries de métal tiennent le premier rang avec une production de 10 millions de roubles; viennent ensuite celles du tabac, de l'eau-de-vie et des allumettes.
Aspect de la ville. Principaux monuments. — Varsovie présente, comme toutes les cités russes et polonaises, quelques quartiers sales et mal bâtis ; mais son heureuse situation au bord du fleuve, les clochers qui la surmontent, les parcs et les églises qui la parsèment, l'élégance des quartiers neufs qu'on y a construits, lui donnent un aspect très décoratif et une animation fort agréable. On peut y distinguer plusieurs quartiers qui ont chacun leur physionomie.
1° Sur la rive droite de la Vistule s'étend le faubourg de Praga, irrégulier, sale, habité surtout par des juifs, dont les seuls monuments sont deux gares (Pétersbourget Terespol), une église grecque (1867) et le parc Alexandre. Ce faubourg est relié à la vilie par deux ponts qui sont des oeuvres d'art, le viaduc du chemin de fer dePéteisbourg (1876), en fer, à deux étages; au S. le pont Alexandre, également en fer, long de 512 m., construit en 4865 au prix de 15 millions defr.
2° Ce pont aboutit, sur la rive gauche, au Palais-Royal, qui se dresse au-dessus de terrasses aménagées en jardin. (Construit par les anciens ducs de Masse vie, rebâti par Sigismond m et Vladislas IV, il a été embelli par Auguste II et Stanislas Poniatowski. Bien que dépouillé d'une partie de ses richesses intérieures, ce monument présente à l'extérieur un certain développement architectural et contient des salles grandioses revêtues de marbre. C'est le centre de la ville et de la vie varsovienne. De la place Sigismond, située devant, se détachent quelques grandes artères traversant chacune un quartier distinct. Au S., les rues du Faubourg-de-Cracovie et du Nouveau-Monde, bordées de beaux magasins, de palais, de jardins, sont devenues le rendez-vous de la société élégante ; on y remarque la place Saxonne, avec Je monument élevé aux Polonais restés fidèles à la Russie en 1830; le palais Saxon, ancienne résidence des rois polonais de la période saxonne ; la place Alexandre avec l'avenue latérale Ujazdowska qui conduit aux palais Lazienki et du Belvédère : le premier, de style italien, bâti par le roi Stanislas Poniatowski à la fin du siècle dernier ; le second, habité autrefois par le grand-duc Constantin, actuellement résidence de l'empereur quand il vient à Varsovie. Dans le même quartier se trouvent encore un grand nombre de beaux monuments: les églises Saint-Joseph, de la Visitation, Sainte- Croix (1682-96), l'Université (ancienne résidence de Jean-Casimir), le palais du gouverneur. — La partie située au N. du Palais-Royal présente avec ce quartier un contraste frappant : c'est la vieille ville qui s'étend jusqu'à la citadelle Alexandrie et contient, au milieu de rues étroites et tortueuses, quelques églises curieuses au point de vue historique, entre autres la cathédrale {Saint-