‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 369 sur 633 · VARSOVIE — VARUS · texte numérisé non relu

VARSOVIE — VARUS

Jean) qui renferme un drapeau pris aux Turcs par Sobiesld et un superbe tableau de Palinanova. Au S.-O. du Palais- Royal, une grande artère, qui prend les noms de rue Sénatoriale et de rue Electorale conduit à la porte de Wola ; elle est bordée par V Hôtel de ville, rebâti en 4863, le Grand-Théâtre, le palais Zamoyski, la banque polonaise et l'église de Saint-Borromée. Enfui, auN.-O., une autre rue conduit de la place Sigismond au quartier juif, au seuil duquel s'élève le palais Krasinski, entouré du jardin du même nom. C'est un des plus beaux édifices de Varsovie, dans le style italien, à trois étages, bâti à la fin du xvii^' siècle, et restauré après l'incendie de 1782; en face se trouve la cathédrale russe, rebâtie en 4857 dans le style Renaissance.

Au S. de Varsovie, et près du château Lazienki, le parc Lazienki, semé de lacs, de canaux, et de ruines factices, est un lieu de réunion pendant la belle saison.

Histoire. — C'est en 4224 qu'on trouve pour la première fois mention de Varsovie. Résidence des ducs de Mazovie^ la ville fut entourée de remparts en 4339, elle tomba en 1596 entre les mains de la Pologne. Elle en devient la capitale de fait quand le roi Sigismond II Auguste l'eut choisie comme résidence (1550). En 1573, la première élection royale et ensuite toutes les élections postérieures eurent lieu dans la plaine voisine de Wola. En 1655, la ville fut conquise par Charles-Gustave, roi de Suède; reconquise le 1^'^ juil. 1656 par Jean-Casimir, elle fut reperdue après un combat de trois jours (28-30 juil.) et réunie à la Pologne quatre ans après. Très embellie par les rois de la période saxonne, disputée pendant la guerre de succession (1735-38) par Auguste II et Stanislas Leszczynski, elle fut occupée par les Russes entre 1764- 1774 et en 1793. Ils en furent chassés par l'insurrection des 17 et 48 avr. 1794, mais ils y rentrèrent le 5 nov., après l'assaut du faubourg de Praga par Souvorov. Après le troisième partage de la Pologne, Varsovie resta prussienne jusqu'à l'entrée des Français (28 nov. 1806). D'après le traité de Tilsitt (7 juil. 1807), elle devint la capitale du grand-duché de Varsovie, donné au roi de Saxe (V. ce mot). Les Russes la réoccupèrent le 8 fév. 1813, et le congrès de Vienneenfitlacapitale du royaume constitutionel de Pologne. La révolution polonaise de 1830 commença le 29 nov. par le soulèvement de Varsovie; mais l'année suivante (18 sept.), la ville dut se rendre au feld-maréchal Paskevitch. EUe fut, en 1863, le siège du gouvernement révolutionnaire secret.

ÎI. Gouvernement. — Gouvernement de la Pologne russe, borné au N. par les gouvernements de Plock et de Lomza, à l'E. par celui de Siedlce, au S. par ceux de Radom, de Petrokov et de Kalisz, à i'O. par la Prusse. Sa superficie est de 17.520 kil. q. et sa population montait, en 1897, à 1.933.689 hab. (110 par kil. q.). C'est donc, après celui de Petrokov, le gouvernement le plus peuplé de la Pologne et de la Russie. Cette prospérité s'explique par ce fait que la production du sol, contenant 61 % de terres labourables, dépasse, même dans les mauvaises années, les besoins des habitants. Le rendement en céréales est de 5,6 pour 1 , la pomme de terre de 5,2 pour 1 ; les forêts (16 o/o du sol) sont aussi une importante source de liehesses. Enfin, le faible relief du sol et la présence de cours d'eaux navigables (le Boug et la Vistule) facihtent les communications. Sous le rapport industriel, le gouvernement occupe également le premier rang après celui de Petrokov; en 1891, il ne comprenait pas moins de 1.632 étabhssements industriels, occupant 36.000 ouvriers, et comportant une production annuelle de 50 millions de roubles. La population compte 76 ^/o de catholiques polonais, 16 7o de juifs, 7 *^/o d'Allemands et 5*^/o de Russes. Le gouvernement est divisé en 14 districts : Varsovie, Blonie, Gostynin, Groizy, Kutno, Lowicz, Nieszawa, Novominsk, Plonsk, Pultusk, Radimin, Skierniewice, Sochatchev, Wloclawek.

III. Grand-Duché. — On désigne sous ce nom l'Etat que Napoléon P^ forma, après Tilsitt, de territoires po-^ louais enlevés à la Prusse, et qu'il destinait à devenir le noyau de la Pologne reconstituée. Cet Etat, dont le souverain fut le roi Frédéric-Auguste de Saxe, appartenait à la Confédération du Rhin et comprenait au début 102.000 kil. q. et 2.200.000 hab. répartis entre six départements (Posen, Kalisz, Plock, Varsovie, Lomza et Rrom» berg). En 1809, il fut envahi par les Autrichiens qui occupèrent un instant la capitale. Mais la paix de Vienne l'augmenta d'une partie de la Galicie qui forma quatre départements (Cracovie, Radom, Lubhn et Siedlce. Le grand-duché comptait alors 154.176 kil. q., avec 3 millions 780. 000 hab., et avait une armée de 40.000 hommes qui prit part à la campagne de Russie ; il disparut avec les revers de Napoléon (1813).

VARUS (Pathol.) (V. Pied bot, t. XXVI, p. 873).

VARUS {Publius Attius) , partisan de Pompée. Avant le début de la guerre civile entre César et Pompée, Varus avait été préteur, puis propréteur en Afrique. Il se trouvait dans le Picenum à la tête de forces assez considérables, lorsque César passa le Rubicon ; il essaya même d'arrêter la marche du conquérant des Gaules, mais il fut abandonné de presque tous ses soldats, et il se hâta de rejoindre Pompée en Apulie. Lorsque Pompée eut quitté l'Italie, Varus gagna l'Afrique, où il avait conservé beaucoup d'amis. Grâce à l'alliance du roi de Numidie, Juba P'", il vainquit près d'Utique un lieutenant de César, Curion ; mais en 48, il fut supplanté, à la tête des Pompéiens d'Afrique, par Scipion ; il ne garda que le commandement de la flotte. Il infligea quelques échecs aux navires de César près d'Had^i-umète. Après la défaite des Pompéiens à Thapsus, Varus fit voile vers l'Espagne; vaincu dans un combat naval en face de Carteia, il fut tué peu de temps après à la bataille de Munda (45 av. J.-C). J. T.

VA RU S, gouverneur romain de la Germanie. — Publius Quintilius ou Quinctilius Varus fut consul en 13 av. J.-C; quelques années plus tard, il fut chargé du gouvernement de la Syrie ; il s'y montra très avide ; parti de Rome pauvre, il y revint fort riche au bout d'un an. En 9 ap. J.-C, il fut chargé par Auguste, dont il était le neveu par alliance, du commandement des légions de Germanie. Drusus, puis Tibère venaient d'étendre la domination romaine jusqu'à l'Elbe ; ils avaient reçu la soumission plus ou moins sincère des principales tribus germaniques, Chauques, Bructères, Chérusques, Chattes. Des camps de légions avaient été installés dans la région du haut Weser et jusque sur la rive gauche de l'Elbe. Mais la paix n'était qu'apparente, et bien peu de Germains étaient résignés à la domination romaine. Varus ne le comprit pas ; c'était un homme indolent et médiocre. Il crut pouvoir traiter la Germanie comme il avait traité la Syrie. Au lieu de tenir ses légions en haleine et d'inspirer la crainte aux peuplades germaniques par une activité militaire incessante, il passa son temps à prononcer des sentences du haut de son tribunal ; il administra ce pays mal dompté comme une province depuis longtemps conquise et pacifiée. Ce fut alors qu'un jeune guerrier, Arminius, chef des Chérusques, ourdit un complot contre les Romains. Il avait servi dans les troupes de Rome ; il avait même acquis le droit de cité et le rang de chevaUer. Pour mieux capter la confiance de Varus, il se montra fréquemment devant lui ; il encouragea les Germains à feindre de s'intenter les uns aux autres de nombreux procès ; Varus les jugeait, et ces guerriers le remerciaient de mettre fin, par ses sentences, à des conflits qu'ils avaient jusqu'alors tranchés les armes à la main. Lorsque Arminius eut gagné à son projet de nombreux Germains, il fit courir le bruit qu'une peuplade éloignée s'était soulevée. Varus, qui campait alors prèsdu Weser, accueillit cette nouvelle et se mit aussitôt en marche vers le Rhin. Tout d'abord Arminius et les principaux chefs germains l'accompagnèrent avec leurs guerriers ; mais bientôt ils disparurent.

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