VARUS -. VASA
Enfin, lorsque les trois légions dont se composait l'armée de Varus furent arrivées dans la forêt de Teutoburg, la trahison éclata. De toutes parts surgirent les Germains, menés au combat par le jeune chef des Chérusques. Le premier jour, les troupes de Varus résistèrent vaillamment, et le soir elles campèrent en plein bois ; le lendemain matin, elles reprirent leur marche, mais assaillies sans répit durant tout le jour, elles ne se défendirent qu'à grand'peine ; le troisième jour, arrivées à la lisière de la forêt, elles débouchèrent en plaine et furent cernées par des bandes innombrables d'ennemis. Varus, dès qu'il vit la défaite certaine, se jeta sur son épée ; son corps, retrouvé par les Germains, fut mutilé : sa tête fut portée, comme un trophée de victoire, au roi des Marcomans, Marobod, qu'Arminius voulait entraîner dans sa révolte ; mais Marobod, redoutant la puissance romaine, l'envoya à Rome où elle put être déposée dans le tombeau de famille du malheureux Varus. Tous les soldats romains, qui ne tombèrent pas sur le champ de bataille, furent les uns massacrés, les autres vendus comme esclaves. Trois aigles légionnaires furent prises par les Germains. Depuis la bataille de Cannes, Rome n'avait pas subi une pareille défaite. Lorsque Auguste apprit ce désastre, il tomba dans une douleur profonde ; on raconte que pendant longtemps il s'écria : « Varus, Varus, rends-moi mes légions ».
BiBL. : Geffroy, Rome et les Barbares ; Paris, 1874. ~ MoMMSEN, Rômische Geschichte, t. V, trad. française; Paris, 1887, t. IX. — Knohe, Die Kriegszûge des Germanicus^ 1887. .— C. ScHUCHHARDT, Rœmisclie germanische Forschungen in Nordwestdeutschland, 1900.
VARVANNES. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Tôtes ; 217 hab.
VARVINAY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Commercy, cant. des Vigneulles-lès-IIattonchâtel ; 243 hab.
VARZAY. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. et cant. (S.) de Saintes ; MO hab.
VARZI N. Village de Prusse, prov. de Poméranie, présid. deKœshn, cercle de Rummelsburg ; 1.269 hab. Château et parc du prince de Rismarck, avec de belles forêts de 3.654 hect. Fabr. de papier; scieries à vapeur.
VARZY. Ch.~l. de cant. du dép. de la Nièvre, arr. de Clamecy ; 2.615 hab. (1.655 aggl.). Stat. dechem. de fer. Petit musée d'archéologie ; école normale d'instituteurs. Eglise Saint-Pierre duxiv*^ siècle, un beau type de l'époque avec une chaire Renaissance et un triptyque de 1535. Maison des xm® et xv® siècles. Patrie des Dupin.
VAS. Comitat de Hongrie, à la frontière de la Styrie. Superficie, 5.035 kil. q. ; 415.725 hab. (en 1900). Le comitat est plat et très fertile; fabr. de draps; tanneries ; 617 communes et 2 villes. Ch.-l. : Szombathely.
VAS (Gereben), romancier hongrois, de son vrai nom Joseph RADÂKovics, né à Fuged en 1823, mort à Vienne en 1868. Il fit des études juridiques, devint journaliste et publia de nombreux romans. Ses peintures du bon vieux temps avant la Révolution sont très réussies, il a créé une littérature essentiellement populaire où la langue n'est jamais torturée et où la gaité jailht avec une abondance extrême. On peut citer parmi ses meilleurs romans : Un Sous-Préfet (1858) ; Aux grandes époques les grands hommes (1859); le Bon Vieux Temps (1857); les Ouvriers de la nation (1857); les Récits villageois et les Soirées du village. Parmi ses tableaux tirés de la vie sociale : les Parents querelleurs (1860): les Aristocrates de deux sous (1865) ; la Vie des Jurâtes (1866). J. K.
BiBL. : B. VÀLi, la Vie et les Œuvres de Vas Gereben; Budapest, 1883 (en hongrois).
VASA (Anat. ) (Fas aberrans de Ilaller). Petit diverticule du canal de la xjueue del'épididyme terminé en doigt de gant (V. Epididyme et Testicule). — Vasa aberrantia. Nom donné à des conduits bihaires atrophiés et que le parenchyme hépatique a abandonnés. C'est Weber qui les découvrit en 1848, dans le sillon de la veine ombilicale, la niche de la vésicule biliaire, etc. Ils sont là comme une
partie des conduits biliaires qui auraient manqué leur place au milieu des acini glandulaires du foie. — Vasa breviora. Les vaisseaux courts de l'estomac (vasa sphénogastriques). — Vasa vasorum. Petits vaisseaux qui se distribuent dans les parois mêmes des artères et des veines. Ch. D.
VASA ou NIKOLAISTAD. Ville de Finlande, située dans le gouv, de Vasa, dans la prov. d'Ostrobothnie, sur le golfe de Rothnie; 10.297 hab. (en 1890), la plupart de langue suédoise. La ville, une des plus jolies du Nord, est le siège du gouvernement et de la cour d'appel de Vasa. Elle exporte des céréales (seigle dit « seigle de Vasa», avoine), beurre, viande et charcuterie, des bois et du goudron. Etabhssements industriels : minoterie, filature, fabriques de tissus, ateliers mécaniques, distilleries. L'enseignement est représenté par un lycée suédois etun finnois, une école de navigation, une école industrielle, etc. Fondée en 1606 au pied des falaises de Korzholm, la ville reçut ses premiers privilèges en 1611 ; entièrement anéantie par un incendie en août 1852, elle fut rebâtie sur l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui et reçut en 1855 le nom officiel de Nikolaistad. — Le gouvernement de Vasa, confinant au golfe de Rothnie, comprend la partie S. de l'Ostrobothnie, la partie N. du Satakunta et la partie N.-E. du Tavastland. Superficie : 41.711 kil. q., dont 3.402 kil. q. occupés par les lacs. Population : 417.192 hab. en 1890, dont 126.430 de langue suédoise. Le gouvernement compte sept villes : Vasa, Kaskœ, Kristinestad, Ny-Kàrleby, Jakobstad, Gamla Karleby, Jyvœskylae, avec une population totale de 21.963 hab. (en 1890). G. Lévy-Ullmann.
VASA. Dynastie royale de Suède, sortie d'une vieille famille seigneuriale de la prov. d'Upland, laquelle devait, dit-on, son nom à la terre de Vasa, sise dans la com. de Skeipptuna (loin de Stockholm). Ses armes représentaient, suivant l'opinion de Gustave P^', une gerbe (en suédois vase), javelle ou botte de paille : le nom primitif de la famille aurait donc été « vase ». Le premier membre qu'on en connaisse est Nils Kettilsson F, juge du district maritime de Frœtuna (dans le pays de Roslagen), bailH du château de Stockholm en 1355, écuyer en 1371. — Son fils, Kristiern Nilsson F, joua dans le soulèvement d'Engelbrekt un rôle considérable comme chef du parti de l'union Scandinave, fut en 1434 parmi les conseillers du royaume chargés d'examiner les points litigieux du différend entre la Suède et le roi Eric XIII de Poméranie, devint en 1435 riksdrots, c.-à-d. grand sénéchal du royaume et, malgré le serment de fidéHté alors prêté au roi Charles VIII Knutsson, ne tarda pas à comploter le rappel du roi Eric XIII; arrêté dans son domaine de Raefvelsta et emprisonné à OErebro en 1439, il dut faire abandon de la plus grande partie de ses fiefs. Vainement s'adressa-t-il, pour tirer vengeance de Charles Knutsson, au nouveau roi Christophe de Ravier e. Il mourut en 1442. — Eettil Karlsson F, petit-neveu du précédent, nommé en 1459 évêque de Linkœping, prit la tête du soulèvement contre Christian P^', roi de Danemark (1463) et, choisi par ses partisans pour grand centenier du royaume (févr. 1464), tenta vainement d'assiéger Stockholm, mais remporta une grande victoire à iïaelleskogen, dans le Vestmanland (avr. 1464) ; cependant la couronne ayant échu pour la seconde fois au roi Charles VIII, il souleva le pays contre ce prince et, remettant le siège devant sa capitale, l'obligea à abdiquer derechef (janv. 1465) et prit pour lui la charge d'administrateur du royaume ; en août 1466, il mourut à Stockholm, victime de la peste qui y régnait. — Erik Karlsson F, frère du précédent, assista son frère dans la lutte contre le roi Charles VIII, et, quand ce prince eut été appelé au trône pour la troisième fois (1469), reprit les hostihtés. Vainqueur à Arboga, il se fit proclamer grand centenier du royaume, mais ensuite complètement défait par Nils Sture au passage d'Ophœga sur le Dal-elf