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TIGE

Coupe transversale d'un tronc de chêne de six

mensions que ceux qui apparaissent au printemps, et ils ont, en outre, des parois plus épaisses ; il est par là facile d'établir une distinction entre les couches annuelles du bois secondaire. Le nombre des couches annuelles étant, en général, égal au nombre d'années qu'a vécu une tige, on peut déterminer l'âge de celle-ci en comptant le nombre de couches concentriques de bois que présente sa section transversale.

Le liber dans une tige âgée, écrasé entre l'écorce et la masse du bois, forme une série de feuillets serrés les uns contre les autres. Le phellogène cesse généralement de se cloisonner au bout d'un petit nombre d'années. Il est alors remplacé par une autre assise qui se différencie à un niveau plus profond. Cette nouvelle assise repousse vers l'extérieur tous les tissus précédemment formés, et s'éteint à son tour pour être remplacée par une troisième assise plus profonde encore. Il s'établit de la sorte, à la périphérie de la tige, une couche d'épaisseur variable formée de tissus morts à laquelle on donne le nom derhytidome. Cerhytidome, vulgairement appelé écorce, peut persister dans toute son étendue ou bien se détacher par fragments plus ou moins grands. La structure secondaire s'observe chez toutes les plantes dicotylédones, on la trouve également chez la plupart des Gymnospermes ; elle est rare chez les Monocotylédones, et n'existe qu'exceptionnellement chez les Cryptogames vasculaires. Chez les Monocotylédones pourvues de formations secondaires , tels que les Dragonniers et les Yuccas , les couches génératrices ont un mode de fonctionnement très spécial : Le phellogène prend naissance dans le péricycle et donne un phelloderme parenchymateux qui va sans cesse en s'épaississant ; ce phelloderme en voie continue de cloisonnement engendre sur place, dans ses parties profondes, les faisceaux libéro-ligneux.

Organogénie. — La tige se différencie de très bonne heure chez l'embryon ; en effet, aussitôt les premiers cloisonnements effectués, on voit que l'embryon se présente sous forme d'un massif homogène de petites cellules. Or, cet ensemble de cellules n'est autre que la petite tige ou tigelle; ce n'est que plus tard que s'organisera la radicule, après qu'à l'extrémité libre de la tigelle auront apparu les protubérances qui marquent l'origine des cotylédons.

Dans l'intervalle des cotylédons, chez les Dicotylédones, ou à la base du cotylédon unique, chez les Monocotylédones, proémine, plus ou moins rapidement selon la plante considérée, un petit cône végétatif qui se couvre de petites feuilles et forme avec elles le gemmule ou bourgeon terminal de la future plante. Les bourgeons axillaires prennent naissance dans le bourgeon terminal, ils se forment à la surface du corps végétatif et jamais sous l'écorce — ils sont par conséquent exogènes ; les bourgeons les plus jeunes se trouvent au voisinage même du point végétatif. Au point de vue de leur origine, les bourgeons axillaires peuvent naître : 4^ aux dépens de la feuille axillante et de l'axe ; 2° aux dépens de l'axe seul. Les premiers sont concrescents avec la feuille et avec l'axe, les seconds peuvent se confondre avec l'axe sur une certaine étendue. Le plus grand nombre des bourgeons feuilles et de nombreux bourgeons à fleurs sont susceptibles d'émettre des ramifications dès leur base et alors qu'ils sont à peine développés eux-mêmes ; ces ramifications successives,

Section longitudinale d'une tige de palmier.

désignées sous le nom de bourgeons multiples, ont pour rôle d'assurer la ramification de la plante lorsque les bourgeons axillaires sont arrêtés dans leur évolution. Les bourgeons axillaires se forment par cloisonnement d'un groupe de cellules épidermiques et d'un groupe de cellules corticales sous-jacentes ; leurs faisceaux Ubéro-ligneux sont unis sans discontinuité avec ceux de la tige. L'accroissement longitudinal de la tige et de ses ramifications se fait par l'intermédiaire de cellules dites initiales qui, en se cloisonnant, donnent un tissu appelé méristème, qui se différencie à une certaine distance du sommet pour donner les divers tissus primaires. Chez les Cryptogames vasculaires, le sommet de la tige n'est en général occupé que par une seule initiale. Les Phanérogames ont typiquement trois groupes d'initiales destinées à former respectivement l'épiderrae, l'écorce et le cylindre central. Les racines que portent certaines tiges sont endogènes comme le sont les radicelles par rapport à la racine principale.

Formes d'adaptation. — Les tiges chez la majorité des plantes ont pour but de soutenir les feuilles au-dessus du sol, mais chez quelques plantes elles ont d'autres fonctions qui sont en rapport avec des besoins particuliers, créés par un mode spécial de vie, on dit que ce sont des formes d'adaptation. Ces tiges, plus ou moins modifiées dans leur aspect et dans leur structure, ont reçu différents noms :

Rhizomes. On donne ce nom à des tiges qui, au lieu de se développer à la surface du sol, rampent obliquement ou horizontalement dans son intérieur. Les rhizomes sont caractérisés par leur teinte brune qui rappelle celle de la racine ; ils portent des feuilles généralement réduites à l'état de petites écailles brunâtres et émettent de nombreuses racines adventives. Fréquemment, le rhizome est la seule partie vivace de la plante. D'après le mode de végétation, le rhizome peut être dé/ini ou indéfini :

4° Il est dit défini lorsque son bourgeon terminal ou turion se relève au printemps et se développe en une tige aérienne ; pendant que cette tige épanouit ses feuilles et ses fleurs, un bourgeon situé à sa base s'allonge en un rameau souterrain horizontal, dont l'extrémité se relèvera l'année suivante à son tour pour former une nouvelle tige aérienne. Il suit de là que l'ensemble du rhizome est composé d'une série d'axes de générations successives ; la ramification est dite en sympode. Le rhizome du Sceau

Rhizome du Sceau de Salomon.

de Salomon (Polygonatum multiflorum L.), plante très commune de nos bois, offre ce mode de végétation. 2° Dans le rhizome indéfini, le bourgeon terminal reste toujours à l'intérieur du sol; les bourgeons axillaires donnent, les uns des rameaux aériens, les autres des rameaux souterrains. Chez la plupart des Fougères de notre pays, la tige principale et ses ramifications sont entièrement souterraines. La structure des rhizomes diffère notablement de celle des tiges aériennes : l'épiderme, subérifié.

TIGE — TIGNÉ

ne possède généralement pas de stomates ; chez les plantes dépourvues de racines comme les Corallorhiza, certaines de ses cellules peuvent s'allonger en poils absorbants analogues aux poils radicaux ; l'écorce est beaucoup plus développée que la moelle et contient de bonne heure un liège très épais ; l'appareil de soutien (sclérenchyme et coUenchyme) est presque nul, et le nombre, ainsi que le calibre des éléments du bois, est toujours très réduit. Les rhizomes ont pour fonctions d'accumuler les matières de réserve destinées à l'évolution de nouvelles pousses.

Tubercules. Chez les Pommes de terre {Solanum tubeîvsuni L.), les extrémités des rameaux qui rampent sous le sol se renflent et se remplissent d'amidon. On donne à ces parties le nom de tubercules ou de rhizomes tuberculeux. A leur surface les feuilles restent rudimentaires ; accolées à leur bourgeon axillaire, elles sont situées dans de petites cavités appelées les yeux de la Pomme de terre.

Les tubercules chezla Betterave, laCarotte, le Radis, etc. , proviennent de l'hypertrophie des bases confondues de la tige et de la racine primaires. La tuberculisation peut également s'opérer dans des tiges aériennes, soit à la base des branches, comme chez certaines Orchidées épiphytes, soit sur toute leur longueur, comme chez beaucoup de Cactées (Echinocactus, etc.).

Tiges rampantes. Quelques végétaux possèdent des tiges qui, par leur manque de rigidité, ne peuvent se tenir dressées et rampent alors sur le sol ; ces tiges, appelées stolons ou coulants, ne portent que des feuilles rudimentaires très espacées les unes des autres. Les tiges rampantes sont fixées au sol par de nombreuses racines latérales ; elles présentent en général une symétrie bilatérale très nette.

Tiges volubiles et tiges grimpantes. Les liges volubiles ont une consistance qui ne leur permet pas de se tenir verticalement, mais elles jouissent de la propriété de pouvoir s* enrouler en hélice autour d'un support. L'enroulement s'effectue d'ordinaire dans un sens défini pour une plante déterminée, tantôt de gauche à droite, enroulement dextrorsum, comme dans le Houblon, tantôt de droite à gauche, enroulement sinistrorsum, comme dans le Liseron. L'enroulement se fait par l'extrémité de la tige douée d'une certaine sensibilité au contact; la région enroulée s'endurcit, s'épaissit et arrive à exercer une pression très forte sur son support. — Les tiges grimpantes s'accrochent à l'aide d'organes spéciaux. Le Lierre se maintient à l'aide de crampons qui ne sont autres que des racines modifiées ; le Pois et la Vigne s'attachent au moyen de vrilles qui, chez le premier, sont des feuilles transformées et, chez le second, des branches arrêtées dans leur élongation. Les tiges volubiles et les tiges grimpantes présentent souvent de curieuses anomalies de structure dues au fonctionnement très irrégulier de leurs assises génératrices ; la tige des Bauhinia, par exemple, se fend en un grand nombre de cordons qui se tordent en forme de câble et restent séparés les uns des autres sur une grande étendue.

Tiges submergées. Les tiges qui vivent dans l'eau sont dépourvues de stomates et possèdent de nombreux corps chlorophylliens dans leurs cellules épidermiques. L'écorce et la moelle sont creusées de grandes lacunes ou chambres aérifères, formées soit par écartement, soit par destruction des cellules ; ces cavités allègent les tiges et leur permettent de flotter dans l'eau. La vie aquatique diminue le nombre des vaisseaux et entraîne ainsi une réduction considérable de l'appareil de soutien.

Tiges spinescentes. Certains rameaux peuvent par sclérification se transformer en épines, tantôt simples comme chez rAubépine( Crate^Ms oxyacanthaL. ),taintùirdimi^ées comme chez le ¥ évier (Gleditschia triacanthos L.). Cette différenciation s'observe surtout chez les plantes qui vivent dans les terrains secs ; l'humidité de l'air l'empêche en général.

Tiges creuses et chaumes. Chez beaucoup de plantes

nerbacées, la moelle se résorbe de bonne heure, de sorte que le centre de la tige est occupé par une grande cavité partagée au niveau des nœuds par des sortes de planchers formés par les faisceaux qui se rendent aux feuilles. La tige creuse des Graminées porte le nom de chaume.

Tiges foliacées. Les tiges foliacées ou cladodes (V. ce mot) des Cactées, du petit Houx, de l'Asperge, remplissent le rôle des feuilles et en offrent la structure.

Physiologie. — La fonction principale de la tige est de conduire aux feuilles le liquide puisé dans le sol par les racines (V. Sève) et d'apporter aux racines le liquide élaboré par les feuilles. Ce transport est accompli par les faisceaux libéro-ligneux. Quand la tige a de la chlorophylle, elle a, comme les feuilles, un rôle de nutrition (V. Assimilation) ; chez les plantes à feuilles peu développées commme les Prèles, l'acnon chlorophyllienne s'effectue en grande partie dans l'écorce de la tige. La tige peut être un organe de réserve, tantôt dans ses parties aériennes (tige de la canne à sucre), tantôt et le plus souvent dans ses parties souterraines (tubercules de la Pomme de terre). W. Russell.

BiBL. : Van Tieghem, Traité de botanique. — Belzunc, Anatomie et Physiologie végétales. — J. Costanïin, Einde comparée des tiges aériennes et souterraines chez les Dicotylédones, dans Annales des Se. nat., 1883. — W. Russell, Recherches sur les bourgeons multiples., dans Annales des Se. nai., 1892. — Seignette, Anatomie et Physiologie des tubercules, dans Revue générale de botanique, 1889, I. — BoxNiER et Leclerc duSablon, Cours de botanique, 1901.

TI6EAUX. Com. du dép, de Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rozoy ; 187 hab.

TIGELLE (Bot.) (V. Graine).

TIGELLINUS (Sophonius), favori de Néron. Tigellinus, né en Sicile, devint l'un des favoris de Néron, en flattant ses vices et ses passions les plus odieuses. Elevé, après la mort de Burrhus, à la préfecture du prétoire, Tigellinus encouragea toutes les cruautés de Néron. Ce fut à son instigation que les membres les plus influents du Sénat furent condamnés à mort. De 62 à 68, l'histoire de Tigellinus se confond avec celle de Néron ; l'impopularité du favori fut peut-être plus violente encore que celle du prince. En 68, au moment où Néron fut déclaré ennemi public, Tigellinus l'abandonna ; il se retira à Sinuessa en Campanie. Ce fut là que lui fut apporté, enfévr. 69, un ordre d'Othon qui lui enjoignait de se tuer. J. Toutâin.

TIGERNACH, ou mieux O'BRAEIN Tigiiearnâcu, chroniqueur irlandais, mort en 1088. Abbé de Clonmacnoise, puis de Roscommon, il écrivit des annales des événements irlandais dont la chronologie est mise en rapport avec ceux des événements historiques européens, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque où il vivait. Cette chronique latine dont il n'existe que cinq ou six manuscrits est fort estimée à cause de la saine critique de l'auteur. Elle a été imprimée par le D^ O'Conor dans ses Rerum Hibernicarum Scriptores.

TIGERY. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. et cant. deCorbeil; 392 hab.

TiGLiQUE (Acide). Form. j 5£; ; ; ; ; ; g;J2<

L'acide tiglique se trouve avec l'acide crotonique dans l'huile de croton, et avec l'acide angélique dans l'essence de camomille. Il est identique à l'acide méthylcrotonique qu'on obtient de la façon suivante : dans la combinaison C^^H^IO^ de l'acide iodhydrique avec l'acide angélique, on verse une solution de nitrate d'argent ; l'iode se précipite sous forme d'iodure d'argent. On filtre ; on verse de l'éther dans la liqueur limpide et on agite : une notable partie de l'acide angélique s'est transformée en acide tigUque. L'acide tiglique ou méthylcrotonique fond entre 50<* et 65° et bout vers i 95*^.

TIGNAC. Com. du dép. del'Ariège, arr. de Foix, cant. d'Aix-les-Thermes ; 164 hab.

TIGNÉ. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Saumur, cant. de Vihiers; 937 hab.

77 — TIGNECOURT — TIGRE

TIGNÉCOURT. Gom. du dép. des Vosges, arr.de Neufchâteau, cant. de Lamarche; 370 hab.

TIGNES. Corn, du dép. delà Savoie, arr. deMoûtiers, cant. de Bourg-Saint-Maurice; 641 hab.

TIGNET(Le). Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Grasse, cant. de Saint- Vallier; 467 hab.

TIGNIEU-Jameyzieu. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La-Tour-du-Pin, cant. deCrémieu; 4.133 hab. Fabrique de velours.

TIGNY-NoYELLE. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. de Montreuil; 305 hab.

TIGOURARIN. Région du Sahara (V. Gourara).

TIGRANE. Nom de plusieurs rois d'Arménie. Gest un nom perse, Tigrdna, « armé de flèches ». Les historiens arméniens connaissent un roi Dikràn, contemporain à'Aï-dahak, dans lequel ils voudraient voir le roi mède Astyage ; cette personnalité peut avoir une base historique, car Xenophpn, dans la Cyropédie, mentionne un Arménien Tigrane comme contemporain de Cyrus. Le Diliran des auteurs arméniens appartenait, selon eux, à la dynastie des Haïk; l'impudence peu commune avec laquelle les Arméniens inventent l'histoire de leurs héros ne permet pas d'ajouter la moindre créance à leurs légendes (V. Arménie) .

Tigrane 11 le Grand, né vers 424 et mort en 36 av. J.-C, était d'une branche collatérale des Arsacides parlhes ; son père l'avait donné comme otage à Arsaces, Mithridate II, mais il fut relâché contre la cession de 70 districts (9o av. J.-C). Bientôt après son avènement, Tigrane combattit les Romains comme alhés de son beaupère, Mithridate Eupator, roi du Pont (V. ce mot). Profitant des dissensions des princes séleucides, il s'empara en 85 de la S3Tie, puis annexa en 76 une partie de l'Asie Mineure. Ainsi renforcé, il se tourna contre les Parthes, leur enleva la Mésopotamie, l'Adratène et l'Atropatène et s'assura dorénavant le titre de roi des rois que portèrent ses successeurs. Mithridate s'étant réfugié chez Tigrane, Clodius lui demanda l'extradition du roi du Pont, qu'il refusa. C'est alors que LucuUus lui déclara la guerre et le défit, le 6 oct. 69, près de la ville de Tigranoserta qu'il avait fondée. Une sédition de l'armée romaine arrêta ses progrès. Mais en ijiô, Pompée vint assiéger Tigrane dans Artaxata. Le roi, qui avait aussi à lutter contre plusieurs de ses fils, traita moyennant la rançon de 6.000 talents d'argent, et conserva la Grande- Arménie. La Petite-Arménie fut livrée à Déjotarus, et le fds de Tigrane fut emmené prisonnier. A partir de ce temps, Tigrane jouit d'une tranquillité relative : en 55, il s'associa son fils Artavasdes.

Les autres rois d'Arménie, du nom de Tigrane, furent : Tigrane III, fils d'Artavasdes (20 ans av. J.-C.) : Tigrane IV (de 42 à 6 av. J.-C), Tigrane V (36), Tigrane VI, assez peu important ; Tigrane VIÏ, son neveu, mourut en combattant contre les Parthes; Tigrane Vlll, le dernier des Arsacides, se rendit en 412 à Jezdegerd, roi de Perse ; ayant partagé son royaume entre ses fils, Tigrane IX et Arsace, il vit l'empire d'Arménie absorbé par les Perses et les Romains. J. Oppert.

TIGRE. I. Zoologie. — Le Tigre est, avec le Lion, une des deux grandes espèces du genre Chat (Felis) (V. Chat), appartenant comme lui au sous-genre Uncia de Cope. Par son squelette, le Tigre diffère très peu du lion, mais, extérieurement, il est facile à distinguer par l'absence de crinière chez le mâle et son pelage d'un beau fiiuve doré marqué de raies noires interrompues et verticales sur la tète, le corps et la queue où elles forment des anneaux incomplets. Il habite toute l'Asie, depuis le N. de la Perse jusqu'à Malacca, ainsi que les îles Malaises (moins Bornéo), et jusqu'au N. de la Chine, la Corée et le S. de la Sibérie (vallée de l'Amour). On ne le trouve nia Ceylan ni au Japon. Dans le N. de la Chine et en Sibérie, il constitue une variété (Felis tigris longipilis) à pelage plus long, à teintes pâles et à raies

noires moins marquées et nuageuses. Une troisième variété, également différente du Tigre royal ou Tigre du Bengale, est le Tigre de Java, plus petit, plus brun, à moustaches plus longues. — C'est un Carnivore des plus redoutables, bien qu'il ne grimpe pas aux arbres : il guette sa proie à l'affût et l'emporte ou l'entraîne, serrée entre ses mâchoires, quel que soit son poids. En Perse et en Sibérie, il se nourrit surtout de sangliers ; dans l'Inde et la Malaisie, il fait la chasse aux antilopes, aux cerfs, aux buffles et aux jeunes de tous les animaux domestiques. Le paon est un de ses régals favoris. Il ne craint pas de s'attaquer à l'homme lui-même, surtout aux femmes et aux enfants isolés, qu'il vient enlever jusque sur le seuil des habitations. On a tué, dans l'Inde, des Tigres ayant jusqu'à 3 m. de long, dont 86 centim. seulement pour la queue. Ces puissants Carnivores, en vieillissant, prennent l'habitude d'attaquer l'homme, même sans être provoqués, et on les appelle des mangeurs dlwmme ; ils sont la terreur des districts où ils se sont fixés. Le nombre des personnes tuées par les Tigres accidentellement ou au cours des chasses qu'on leur fait est chaque année considérable (près de 900, pour l'Inde anglaise, en 4899). Malgré les dangers de cette chasse, c'est un des sports favoris des Anglais dans l'Inde. Le nom hindou de cet animal est Bagh ou Sher. En captivité, le Tigre vit longtemps et se reproduit ; la durée de la gestation est de 400 à 408 jours; le nombre des petits de 2 à 5; les yeux s'ouvrent au bout de peu de jours. On a pu produire des bâtards de tigre et de lion. Un jeune Tigre vaut de 4.500 à 2.500 fr., un beau Tigre royal adulte Jusqu'à 7.500 fr. — Les espèces fossiles sont très difficiles à distinguer du Lion (V. ce mot). E. Trouessart.

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