VASE - VASO-MOTEURS
logue, mais c'est de Pair comprimé à 2, 3 ou 4 ^atmosphères qu'on insuffle dans la vase pour la. soulever.
Les écluses de chasse (V. Ecluse), très efficaces à Tégard du sable et de la vase encore en suspension, sont à peu près sans action sur cette dernière dès qu'elle est déposée. On a, en eifet, constaté que, tandis qu'un arrêt dans le courant suffit pour déterminer le dépôt, une reprise du premier, même considérablement accru, ne remet pas la matière vaseuse en marche. Il se produit comme une agrégation de ses éléments et il tant l'arracher du fond, la faire remonter, pour qu'elle soit à nouveau entraînée. Bien plus, le sable qui se dépose à sa surface y est maintenu par une sorte d'adhérence et résiste, lui aussi, au courant. Les bacs à râteau, dus à l'ingénieur Masq*uelez, obvient à cet état de choses. Ils se composent d'un fort bateau à l'arrière duquel est disposé un vannage armé de griffes et de deux ailes mobiles, qui labourent et rabottent [le fond. De véritables copeaux de vase sont ainsi poussés en avant, roulés et soulevés, puis, repris par le courant ou le reflux, prennent le chemin de la mer.
Désastreuse pour la navigation, la vase est, pour l'agriculture, un bienfait, car elle procure un engrais dont l'action, plus lente, à la vérité, que celle du fumier, est aussi, en maints cas, plus intense et plus durable, et c'est à elle que les terres d'alluvion doivent leur fertilité (V. Alluvion et Colmatage). Les vases d'eau douce sont appliquées, mélangées à la chaux vive ou stratifiées avec des terres végétales, sur les sols légers, sihceux ou calcaires, ou encore, séchées, sur les sols tourbeux. Les vases de mer, toujours plus énergiques, modifient avantageusement, quand elles sont riches en argile, les terres légères et siliceuses. L. S.
BiBL, : A. DE Lapparent, Traité de géologie, t. I, pp. 248 et suiv. — Charpentier de Cossigny, Hydraulique agricole ; Paris, 1889. in-8. — Flamant, Hydraulique; Paris, 1891, in-8.
VAS ELI NE. I. Chimie. — La vaseline, qu'on appelle aussi quelquefois graisse minérale ou pétroléine, est retirée des pétroles. Les pétroles, qui sont fournis en abondance par des sources situées surtout aux Etats-Unis et au Caucase, sont des mélanges de carbures de volatilité très différente : les plus volatils de ces carbures sont gazeux à la température ordinaire ; les moins volatils, qui constituent les goudrons, ne distillent pas à 400*^ et sont seulement décomposés à la température du rouge. Pour préparer la vasehne, on arrête la distillation du pétrole brut quand le thermomètre marque environ 350^, c.-à-d. quand il reste encore quelques carbures volatils distillant entre 350** et 400^ et les carbures non volatils. Le résidu de la distillation constitue la vaseline brute. Pour purifier cette vaseline, il faut lui enlever les matières brunes et fluorescentes dont elle est souillée. Dans ce but, on la chauffe pendant longtemps à une douce température avec de l'argile ou du noir animal ; puis on filtre et on recommence le même traitement un certain nombre de fois. La vaseline ainsi obtenue est, soit parfaitement blanche, soit faiblement colorée en Jaune (vaseline blonde). Elle est translucide, douée d'une légère fluorescence ; elle n'a ni odeur, ni saveur ; elle est onctueuse au toucher. Sa densité est comprise entre 0,83 et 0,86; elle fond entre 30^ et 32°. Elle est insoluble dans l'eau et très peu soluble dans l'alcool ; mais elle se dissout bien dans l'éther, le sulfure de carbone, le chloroforme. Comme la plupart des produits tirés du pétrole, elle dissout le soufre, l'iode, le phosphore, les phénols. Elle est constituée au point de vue chimique par un mélange de carbures plus ou moins condensés ; elle n'est par suite ni acide ni basique, mais complètement neutre ; de plus, elle est inaltérable sous l'influence des agents atmosphériques. Cette double propriété la fait, dans la plupart des cas, préférer pour la préparation des pommades à l'axonge qui peut rancir.
La vaseline est quelquefois falsifiée au moyen de corps gras, de cire et même de savon. On reconnaît la présence de corps gras au moyen de la soude qui saponifie les
graisses et laisse la vaseline inattaquée. La cire élève le point de fusion et la densité ; le point de fusion atteint alors 40°, la densité dépasse 0,86. La présence du savon se reconnaît simplement par un traitement à l'eau chaude qui dissout le savon et laisse la vaseline insoluble.
IL Thérapeutiqui:. — La vaseline sert au pansement des plaies ; comme elle est dépourvue de propriétés irritantes et ne rancit pas, elle est très utile pour enlever les croûtes et les squames de certaines dermatoses ; le mélange à chaud avec une partie égale d'emplâtre simple est précieux dans l'eczéma. Elle remplace avantageusement l'axonge dans une foule de pommades et d'onguents. Enfin la vaseline a même été recommandée à l'intérieur dans les catarrhes bronchiques, le croup, la coqueluche, l'asthme, et, de plus, dans la constipation et la dysenterie.
VASICHTA, l'un des auteurs quasi divins du lïUj-Veda. Probablement, héros d'une des familles sacerdotales les plus importantes du brahmanisme. Un des textes juridiques les plus anciens porte son nom. Il est un des brahmanes qui jouent le plus grand rôle dans l'épopée et la théologie orthodoxe.
VASISHTI. Fleuve de VInde (V. ce mot).
VASISTAS (Arch.). Châssis mobile, le plus souvent de fer et vitré, à feuillure et aménagé dans un vantail de porte ou de croisée, afin de pouvoir être ouvert indépendamment de tout l'ensemble de ce vantail et de permettre ainsi de faire entrer par petites quantités de l'air dans une pièce. Fixé au moyen de pivots, de paumelles ou de charnières, le vasistas se ferme ordinairement à l'aide d'un loqueteau auquel est attaché un cordon de tirage. Les vasistas reçoivent différents noms de leur mode de fonctionnement, ainsi : vasistas à soufflet, en abattant, à coulisse, etc. On appelle aussi vasistas une petite ouverture pratiquée dans une porte et permettant à une personne de communiquer ou de passer un menu objet, mais non à cette personne de franchir la baie ; les portes de cellules de prison sont munies de semblables vasistas.
VASITE (Miner.) (V. Epidote).
VAS LES. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Parthenay, cant. de Ménigoute ; 3.083 hab.
VASLET (Pierre), sieur de Reilhac, né en 1698, mort à Brigueil (Charente) en 4734. Avocat en parlement, il a laissé une description historique de Brigueil, accompagné d'une courte chronique contemporaine. Publiée pour la première fois à Confolensen 1846, par le D*" de Lagarde, cette chronique l'a été de nouveau à Limoges en 1892, par l'abbé Lecler (Arch. histor. du Limousin, IV).
VASO-MOTEURS (Nerfs) (Anat. etPhysiol.). Les nerfs vaso-moteurs oni pour fonctions de modifier le cahbre des petits vaisseaux sanguins en déterminant, soit la contraction, soit le relâchement de leur tunique musculaire. En changeant ainsi le calibre des canaux, ils modifient nécessairement le cours du sang; aussi Henle qui, en 1840, découvrit les muscles des artères, vit en même temps l'importance de leurs fonctions et il écrivait alors cette phrase typique : «Le mouvement du sang dépend du cœur, mais sa distribution dépend des vaisseaux ». Toutefois, la découverte des nerfs présidant à cette contraction, bien qu'entrevue par Stilling, ne fut réalisée expérimentalement qu'en 1851 par Claude Bernard et confirmée l'année suivante par Brovvn- Séquard. Quand on excite le filet sympathique cervical chez le lapin, on voit les vaisseaux de l'oreille se contracter énergiquement, devenir presque invisibles ; quand la même excitation porte sur un petit filet nerveux qui réunit le nerf facial au lingual, la corde du tympan, on voit par contre les artérioles de la glande salivaire sousmaxillaire devenir turgescentes, battre avec des mouvements violents ; ces deux expériences, les premières en date, démontrent l'existence de deux systèmes nerveux antagonistes, l'un vaso-constricteur, l'autre vaso-dilatateur. On avait cru au début pouvoir localiser les nerfs vaso-dilatateurs dans les nerfs du système cérébro-spinal et les filets vaso-constricteurs dans le système grand syra-
VASO-MOTEURS — VASSIF
pathique, mais cette conception dualiste a dû être abandonnée. Les filets vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs se trouvent le plus souvent dans un même tronc nerveux, quittant la moelle par les racines antérieures; on peut néanmoins, par différents moyens, mettre en action à volonté l'un des deux systèmes vaso-moteurs, par la chaleur notamment : si la patte d'un animal est chauffée, l'excitation du sciatique donnera lieu à une vaso-constriction; si elle est refroidie, à une vaso-dilatation. Les courants fréquents, tétanisants, provoquent la constriction ; les iîourants espacés tous les cinq secondes, par exemple, donnent de la vaso-dilatation, etc.
Les excitations vaso-motrices partent des différents centres nerveux ; le plus important est sans conteste le ou plutôt les centres bulbaires^ mais il existe également d'autres centres dans l'axe nerveux, dans la moelle et dans le cerveau lui-même ; enfin il est bien établi aujourd'hui que les petits ganglions sympathiques disséminés dans tout l'organisme sont de vrais centres vaso-moteurs qui peuvent suppléer à l'action des centres supérieurs. Sur un chien sans moelle, Gley a montré que l'on pouvait encore modifier la pression sanguine en injectant des substances qui sont excitantes des vaso-constricteurs.
On connaît, en effet, des substances qui provoquent la vaso-dilatation, telles le nitrile d'amyle ; d'autres vasoconstrictives comme Fergotine. Nous donnons ici les deux types les plus connus, mais il en existe beaucoup d'autres qui sont très utilisés en thérapeutique.
Le rôle des vaso-moteurs est considérable ; c'est par eux que se fait la répartition du sang dans les territoires organiques, que l'apport des matériaux, d'une part, l'entraînement des déchets, de l'autre, sont influencés. En modifiant la pression sanguine, ils exercent une action prépondérante quoique non exclusive sur les sécrétions, sur tous les phénomènes d'absorption ; enfin, ils sont les agents régulateurs de la température, en assurant l'irrigation plus ou moins intense des téguments, suivant les variations thermiques internes ou externes. On conçoit combien la pathogénie d'une série d'affections est liée aux perturbations vaso-motrices. Les révulsifs si utilisés n'ont d'autre but que de provoquer une vaso-dilatation déritative à l'extérieure, contre-balancée par une vaso-constriction au point malade. Les congestions ont souvent, sinon toujours, comme point de départ un trouble vaso-moteur, soit que ce trouble ait pour cause un réflexe d'origine périphérique, refroidissement brusque, soit un réflexe d'origine centrale, action cérébrale ou médullaire ou encore une action toxique s'exerçant sur les centres vaso-moteurs, les paralysant ou les excitant; les maladies infectieuses agissent souvent par ce mécanisme, les produits solubles sécrétés par les microbes portant leur action sur les centres vaso-moteurs.
Le mode d'action des nerfs vaso-moteurs n'est pas encore élucidé, au moins en ce qui concerne les nerfs vasodilatateurs. Pour les vaso-constricteurs, aucune difficulté; ces nerfs font contracter les fibres musculaires des artérioles, comme tous les filets nerveux provoquent la contraction des fibres des muscles striés ou lisses. Mais il est plus difficile de comprendre comment une excitation nerveuse peut provoquer le relâchement de cette même fibre musculaire. Avant de donner la théorie la plus plausible^ il nous faut insister sur le phénomène de la vaso-dilatation : supposons qu'une artériole, dans les conditions ordinaires de tonus, présente un diamètre de 10 dixièmes de millim., si on excite un vaso-constricteur, le diamètre sera réduit à 6 dixièmes par exemple ; si on excite un vasodilatateur, le diamètre sera porté à 44 dixièmes; enfin, si on sectionne les nerfs qui se rendent à ce vaisseau, le diamètre sera intermédiaire entre celui du tonus normal, 10, et celui de la vaso-dilatation, 14; il sera de 12 environ. La vaso-dilatation n'est donc pas une simple paralysie du nerf puisqu'elle fait plus que la section de ce nerf. Nous admettrons que les vaisseaux reçoivent une double
incitation tonique, l'une centrale qui est supprimée par la section et amène la dilatation passive, l'autre périphérique ayant son siège dans les cellules nerveuses disséminées soit dans la paroi des vaisseaux, soit à proximité. Cette incitation tonique persiste après la section des nerfs, mais elle est supprimée, inhibée par l'action des vaso-dilatateurs, d'où l'agrandissement maximum constaté alors. C'est en fait ce que Claude Bernard expliquait par le phénomène de l'interférence : l'incitation vaso-motrice inhibant le tonus vaso-constricteur et l'annihilant, comme dans certaines conditions spéciales deux faisceaux lumineux peuvent se détruire. J.-P. Langlois.
BiBL. : VuLFiAN, Leçons sur les vaso-inoteurSf 1875. — Dastre et MoRAT, le Système vaso-moteur, 1884. — Gley, les Troubles vasculaires, Traité de pathologie générale,
VASOUY. Com. du dép. du Calvados, arr. de Pontl'Evêque, cant. de Honfleur; 122 hab.
VASQUE (Archit.). Bassin peu profond, en forme de large coupe circulaire et presque plate, fait de pierre, de marbre, de verre ou de métal, le plus souvent posé sur un piédouche et recevant, à la partie intermédiaire d'une fontaine, l'eau tombant par jet ou par nappe delà partie supérieure, eau qui se déverse parfois de cette première vasque dans une seconde vasque d'un plus large diamètre et tombe enfin dans le bassin de la fontaine (V. Fontaine, t. XVn,§ Travaux publics, p. 732, fig.7, unehontaine de la place de la Concorde, à Paris).
VASQUEZ DE CoRONADO (Francisco et Juan), voyageurs espagnols (V. Coronado).
VASQUINE(Cost.) (V. Costume).
VASSAL, VASSALITÉ (V. Féodalité).
VASSALL-Fox, baron Holland (V. Hollând).
VASSEL. Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. de Clermont-Ferrand, cant. de Vertaizon ; 237 hab.
VASSELAY. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Saint-Martin-d'Auxigny ; 814 hab.
VASSELIN. Com. du dép. de l'Isère, arr. et cant. de La Tour-du-Pin ; 408 hab.
VASSELOT (Jean- Joseph-Marie- Anatole Marquet de), sculpteur français, né à Paris le 16 juin 1840. Rédacteur au ministère de l'intérieur (1861), il entra en 1865 à l'Ecole des beaux-arts où il fut élève de Lebourg et Bonnat. De 1864 à 1865, il fut secrétaire d'ambassade du Siam. En 1869, il épousa la petite-fille de W^^ de Villelume (M^^® de Sombreuil). Il s'engagea pendant la guerre de 1870 et gagna la médaille militaire. Il débuta en 1866 au Salon par un buste de Liszt. Parmi ses autres œuvres, citons : Chloé (au musée du Luxembourg), le Christ au tombeau (1870), au Sacré-Cœur de Montmartre; Athlète grec (1878), le Travail, Gillette (1883), Un Mineur, Joueur de flûte, Mgr Lamazon (1888), dans l'église d'Auteuil, une de ses meilleures œ.uvres avec les statues de Lamartine (1886), érigée à Paris, et de Henri Mattin (1887), à Saint-Quentin. On lui doit encore de nombreuses statues {Scribe, à l'Hôtel de Ville) et deux cents bustes {Balzac, au Théâtre-Français ; général Boulanger, à Saint-Cyr; Musset, Gambetta, Rochefort, V Impératrice d'Autriche, Ristori,l2i Patti). Marquet de Vasselot a aussi écrit dans diverses revues et publié les ouvrages suivants : Histoire du portrait en France (1880) ; Histoire des sculpteurs français de Charles VIII à Henri III (1888).
VASSENS. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Coucy-le-Château ; 326 hab.
VASSENY. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Soissons, cant. de Braisne ; 233 hab.
VASSIEUX. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Die, cant. de La Chapelle-en-Vercors ; 660 hab.
VASSIF-Effendi, historien et homme d'Etat ottoman. Il commença sa fortune avec le grand- vi^ir Mouhsin-Zadé, sous le sultan Moustafa III, perdit son protecteur et traîna une existence malheureuse sous Abd-ul-Hamid P^, puis obtint, sous Sélim III, les places de nichandji et d'his-
VASSIF — VATICAN
toriographe de l'Empire ; en cette dernière qualité^ il fut chargé de continuer les annales officielles, et écrivit le récit de la fin du règne de Mahmoud I^^, à partir de 1752, de ceuK d'Osman II, de Moustafa III et d'Abd~ul~Hamid, ainsi que le commencement de celui de Sélim III jusqu'en 1802 ; mais le. volume imprimé à Constantinople s'arrête à la première année d'Abd-ul-Hamid ; le reste est inédit. Caussin de Pcrceval en a extrait le Précis historique de la guerre des Turcs contre les Russes (il 69 -7 4) (Paris, 1822). Cl. HuART.
VASSILKOV. Ville de Russie, gouv. de Kiev, ch.-l. de distr., sur la Stoughna ; 17.795 hab. (le tiers juif). Manufactures de tabacs, chandelles, savon^ brasserie. Fondée au X® siècle, elle était le lieu d'exil des épouses disgraciées ; au xi^ siècle, saint Théodore y vécut en anachorète. Vassilkov fut occupée par les Polonais au xiv^ siècle et reprise par les Russes en 1686.
VASSI WIONT-et-Chapelatne. Com. dudép. delaMarne, arr. d'Epernay, cant. de Fère-Champenoise ; 150 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VASSINCOURT. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Rar-le-Duc, cant. de Revigny; 346 hab.
VASSOGNE. Com. du "dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Craonne ; 132 hab.
VASSONVILLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Tôtes; 310 hab.
VASSY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. d'Avallon, cant. de Guillon ; 269 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
VASSY. Ch.-l. de cant. du dép. du Calvados, arr. de Vire ; 2.212 hab.
VASSY-sur-Blaise (Haute-Marne) (V. Wassy).
VAST (Le). Com., du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Saint-Pierre-ÉgHse ; 782 hab.
VASTEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. do Beaumont ; 539 hab.
VASTHl, favorite d'Assuérus, répudiée pour avoir refusé de se montrer aux convives du roi dans un festin de cour. Josèphe explique sa réserve par les coutumes orientales et laisse entendre qu'Assuérus était ivre.
VASTO (Marquis del) (V. Ayalos [Alphonse II d']).
VASTO d'Aimone (Histonium des Romains). Ville maritime de la prov. de Chieti (Italie centrale), capitale du cercle de Vasto, sur la mer Adriatique, au S. de Punta délia Penna ; 13.883 hab. Stat. de la ligne Ancône-Bari. Musée d'antiquités. Culture d'oliviers ; pêcheries.
VASTRES-GiGAS (Ichtyol.) (V. Arapâima).
VASTRES (Les). Com. du dép. delà Haute-Loire, arr. du Puy, cant. de Fay-le-Froid ; 1.205 hab.
VASZARY (Claude), cardinal-primat de Hongrie, né à Keszthely le 12 févr. 1832. Il fit ses études dans sa ville natale, entra, en 1854, dans l'ordre des bénédictins et enseigna dans les lycées de cet ordre; en 1885, il fut élu abbé mitre de Pannonhalma ( Martinsberg ) , la maison mère des bénédictins hongrois. Après la mort de Simor, il fut nommé (27 oct. i891) archevéque-primat d'Esztergom (Gran). Nommé cardinal en 1893, Vaszary n'accepta qu'après le vote les lois politico-ecclésiastiques du cabinet Wekerlé. Historien et orateur remarquable, Vaszary s'est fait connaître surtout par ses livres classiques et une Etude sur la bataille de Varna (1864).
V ATA BLE (François Watebled, dit), né à Gamaches en Picardie, mort à Paris le 16 mars 1547. Il fit ses études à Paris où il reçut les leçons de son compatriote Lefèvre d'Etaples et peut-être aussi celles d'Aléandre. Il se tourna surtout du côté des langues orientales. Comme Lefèvre, comme son ami Gérard Roussel, il appartenait au petit cercle de bihliens qui se réunissait autour de Briçonnet, évêque de Meaux, et il assista en 1533 aux prêches de Roussel. Mais les supplices dont furent victimes les premiers réformés le rendirent timide ; il fut cependant censuré par la Sorbonne. Lorsque François P'' créa le Collège des trois langues, il le nomma professeur d'hébreu (avec Guidacerius) ; il le resta jusqu'à sa mort,
quoi qu'il pût difficilement obteriir qu'on lui payât son traitement. Il produisit peu : on n'a de lui que des notes sur l'Ancien Testament, publiées par Robert Estienne dans la Bible latine de 1545. H s'occupa surtout de former des élèves (on compte parmi eux Calvin et Ramus). Le roi le fit abbé de Bellozane.
BiBL. : Abel Lkfranc, Hist. du Collège de France.
VATAN. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Indre, arr. et à 20 kil. N.-O. d'Issoudun, sur le Pot ou Pouzon, ait., 135 m. ; 2.459 hab. (1.782 aggl.). Belle église des xii^ et XVI® siècles. Carrières de pierre, fabr. d'instruments de musique.
VATATZÈS (Jean), empereur de Nicée (V. Jean III Vatatzès).
VATEL, maître d'hôtel du grand Condé, qui se suicida en 1671 . M'^^ de Sévigné a raconté sa mort dans une page célèbre : Condé avait oifert au roi à Chantilly un souper splendide que Vatel devait organiser ; quelques défauts dans le service et la crainte de voir manquer la marée mirent Vatel au désespoir ; il monta à sa chambre et se perça de son épée.
VATERIA (Fa^maL.) (Bot.). Genre de Diptérocarpées, composé d'une douzaine d'arbres de l'Asie tropicale, à feuilles entières, coriaces, stipulées. Fleurs à calice court, imbriqué, à 5 pétales et 15 étamines ou plus, à ovaire triloculaire ; fruit capsulaire, graine à cotylédons épais. L'espèce principale, V. indica L., le Pacnoe de Rheede, fournit comme les autres espèces un suc oléo-résineux, sot'te de dammar blanc, dense, à cassure vitreuse, brûlant avec une lumière claire et une odeur agréable. On en fait un onguent. Les amandes fournissent une substance grasse, employée comme stomachique et tonique, et contre les coliques, la diarrhée, le choléra, etc. D^ L. Hn.
VATHIMÉNIL. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. de Gerbéviller ; 349 hab.
VATHY. Ch.-l. de l'île de Théaki ou d'Ithaque, pro^. de Céphalonie, îles Ioniennes, au fond d'une baie au S.-E. du golfe de Molo ; 4.490 hab. Entourée de rochers élevés de trois côtés, elle a un aspect rude ; au milieu du port émerge un îlot couvert de maisons. A 2 kil. N.-O., se trouve la grotle ouverte dans la paroi du mont Saint- Etienne, où Ulysse fut transporté par les Phéaciens.
VATHY. Capitale de l'île de Samos (V. ce mot^.
VATICAN. Palais du Vatican. — A l'E. du Janicule, entre cette colHne et le mont Mario actuel, s'étend ce que l'on appelait dans l'antiquité Vager Vaticanus^ qui se compose d'une petite plaine aux bords du fleuve se relevant à quelque distance en une colline d'une faible élévation. Selon les étymologistes anciens, ce nom de Vaticanus tirerait son origine du mot Vaticinium, oracle, parce que beaucoup de devins auraient habité de ce côté. D'autres parlent d'une ville étrusque nommée Vaticum, qui aurait existé là jadis. Quoi qu'il en soit, la colline et Vager du Vatican ne furent jamais dans l'antiquité enserrés entre les murs de la ville. Un quartier s'y éleva néanmoins autour des fameux jardins impériaux créés par Caligula et qu'après l'incendie de Rome Néron éclaira avec des chrétiens enduits de poix en guise de torches. Caligula y construisit un cirque. Puis la basilique de Saint-Pierre y fut bâtie par Constantin. Mais la coUine vaticane demeura longtemps un des centres les plus résistants du paganisme. Les papes n'y établirent pas d'abord leur demeure. Cependant, dès la fin du v^ siècle, ils y eurent une petite résidence, bâtie par le pape Symmaque, et où, entre autres personnages illustres, séjourna Charlemagne lors de son couronnement. Au xii® siècle, Célestin II, puis Innocent IH le firent réparer. Ce ne fut qu'après leur retour d'Avignon que les papes s'y fixèrent d'une manière définitive. Le véritable créateur du palais actuel est Nicolas V, qui résolut d'en faire le plus grand palais du monde. Il ne put réaliser lui-même qu'une faible partie de ses plans. Sixte IV construisit la chapelle Sixtine (1473) ; Innocent VIII, le pavillon du Belvédère, relié au palais par
VATICAN
Bramante, sous Jules II, par une vaste cour. Cette cour fut divisée en deux parties, la cour du Belvédère et le jardin de la Pigna, par la construction de la bibliothèque sous Sixte-Quint. Là prirent place également les appartements privés du pape. De Bramante aussi sont les loges de la cour Saint-Damase. A Paul III est due la chapelle Pauline. Le Bernin, sous Lrbain VIIl, bâtit Tescalier Royal ; la salle à croix grecque, la salle Ronde, la salle des Muses, furent bâties sous Pie VI ; Pie VII, pour donner plus d'espace au Musée de sculpture, construisit le Braccio Nuovo; Pie IX, enfin, a fermé le quatrième côté de la cour Saint- Damase en déplaçant la Scala pia qui y conduit.
Tel qu'il est aujourd'hui, le Vatican est un assemblage, une superposition de palais plutôt qu'un ensemble harmonieux. Il ne tire guère son effet que de sa situation pittoresque. Bâti sur les flancs et au sommet de la colline, il ne faut pas monter moins de deux cents marches pour parvenir aux appartements du cardinal vicaire, et, d'autre part, il est possible d'arriver en voiture jusqu'à la cour Saint-Damase située à mi-hauteur. On a prétendu que le Vatican ne contenait pas moins de 11.000 chambres. Mais ce chiffre parait exagéré au moins des neuf dixièmes. Toujours est-ilque le Vatican, avec les appartements pontificaux, les appartements des dignitaires et des personnes de service, les logements des gardes suisses et les corps de garde de la garde noble, ses salles d'apparat, avec sa bibliothèque, ses archives, ses musées divers, ses vastes cours, ses nombreuses chapelles, sa manufacture de mosaïque; est un véritable monde, habité par une nombreuse population et rempli de richesses artistiques et même scientifiques de premier ordre. Autour du Vatican s'étendent de vastes jardins renfermant deux habitations dans le style italien, le Casino du Pape, construit en 1560 par Pirro Ligorio, et le Casino de Léon XIII, bâti par le pape actuel qui en fait sa résidence d'été. Au point de vue de la loi italienne, le Vatican est exterritorialisé. Nous allons à présent passer une revue rapide des parties les plus intéressantes de ces palais. La chapelle Sixtine, précédée de la trop riche salle royale, est célèbre par ses fresques. L'ensemble de la décoration a été conçu par Michel- Ange, auteur de la fausse architecture qui donne au plafond de cette salle l'aspect d'un cintre coupé par des figures assises formant pendentifs. Ces figures, justement admirées, représentent des sybilles et des prophètes. Au plafond, divisé en neuf compartiments, on voit successivement le Père éternel planant dans l'espace et séparant la lumière des ténèbres, la création de la terre et du soleil, des plantes et des arbres, du monde aquatique, la création de l'homme puis celle de la femme, la tentation et la fuite hors du paradis terrestre, le sacrifice d'actions de grâces de Noé, le déluge, avec les épisodes les plus émouvants et les plus variés, enfin l'ivresse de Noé. Tout le fond de la salle est occupé par le célèbre Jugement dernier, et cet ensemble constitue le plus puissant effort décoratif qu'ait jamais réalisé la peinture. Les fresques des côtés, dont plusieurs sont des chefs-d'œuvre, figurent : à droite, des scènes tirées de l'histoire de Jésus-Christ; à gauche, des sujets se rapportant à l'histoire de Moïse. Elles sont dues au Pérugin, à Pinturicchio, à Botticelli, à Cos. Rosselli, à L. Signorelli, etc. La comparaison s'impose naturellement avec les chambres de Raphaël, salles de réception décorées par l'ordre de Jules II et de Léon X. Elles constituent l'œuvre capitale de Raphaël, mais beaucoup ont été achevées par ses élèves. Les voûtes sont décorées de sujets généralement allégoriques ; là sont les fresques célèbres de V Incendie du Bourg, delà Dispute du Saint- Sacrement (ou plutôt la Glorification de la foi), de VEcole d'Athènes, du Parnasse., de Saint Pierre délivré de ses chaînes, à'Héliodore chassé du temple, de la Bataille de Constantin. D'un genre tout différent sont les Loges ou Galeries qui entourent la cour de Saint-Damase. Là, la décoration est surtout gracieuse. Les stucs et les ornements peints sont dans le goût antique tel qu'on
le connaissait alors par les peintures récemment découvertes aux thermes de Titus. Aux voûtes sont peintes à fresque de petites scènes tirées de l'Ecriture sainte, d'après les compositions de'Raphaël. Elles ont été exécutées par Jules Romain et d'autres disciples du maître. Parmi les ensembles décoratifs les plus remarquables du Vatican, nous n'aurions garde de passer sous silence les charmants appartements Borgia. Abandonnés depuis le xvi® siècle, ils ont été restaurés de 1889 à 1897. Les salles sont au nombre de six ; les peintures qui les ornent comptent parmi les meilleures du Pinturicchio. Des stucs, des médaillons les encadrent avec un goût exquis.
Les archives du Vatican sont, comme on se le figure aisément, parmi les plus riches du monde. Rome étant le centre où aboutit durant tant de siècles la diplomatie du monde entier, elles sont aussi d'une grande variété. Elles occupent vingt-cinq pièces et comprennent les Registres des papes, les br^efs depuis Innocent III, la Correspondance avec les nonces et les cours étrangères. Longtemps interdites aux investigations des savants, les Archives du Vatican leur sont ouvertes aujourd'hui, grâce à une mesure libérale du pape Léon XIll. Il en est de même de la Bibliothèque, qui, moins fermée que les Archives, demeura cependant jusqu'à nos jours difficilement accessible, gardée qu'elle était par des savants trop jaloux. Composée de plusieurs fonds importants que nous ne pouvons énumérer ici, elle possède environ 26.000 manuscrits, dont 4.000 en grec, 19.000 en latin et 2.000 en langues orientales. Les livres et manuscrits sont dissimulés dans des armoires basses, de sorte que le lecteur et l'écrivain ne s'y sentent pas comme ailleurs épouvantés à l'aspect des ouvrages qu'ils ne liront jamais ou saisis par le sentiment de la vanité de leur propre travail à la vue de la multitude des livres composés avant les leurs. Au premier rang de ces manuscrits, il convient de citer le fameux Virgile orné de miniatures, le palimpseste de la République de Cicéron, Dante, Térence, etc., etc.
Musées. — Le musée des antiquités chrétiennes est d'un intérêt relativement secondaire. Les objets antiques qu'il renferme proviennent en général des catacombes. Il possède un assez grand nombre de petits tableaux des xiii^, xiv^ et xv^ siècles. La plus grande curiosité est assurément la belle peinture antique des Noces Aldobrandines, ainsi que plusieurs autres peintures trouvées à Ostie, à l'Esquilin, etc.
La galerie de peinture se distingue moins par le nombre que par la valeur des œuvres qui y sont exposées. Beaucoup figuraient antérieurement dans diverses églises d'où elles furent enlevées par les Français. Rendues en 1815, Pie VU les garda au Vatican. Parmi toutes ces toiles excellentes, nous citerons, en particulier : la Communion de saint Jérôme, du Dominiquin ; la Vierge de Foligno, par Raphaël ; la Transfiguration, également de Raphaël ; une Résurrection du Pérugin, ainsi que la Vierge sur un trône, par le même ; une belle Mise au tombeau, du Caravage.
La galerie des Arazzi est ainsi nommée de tapisseries exécutées d'après les cartons de Raphaël (actuellement au South Kensington de Londres) à Bruxelles, et non à Arras, d'où ce genre de travail est originaire. Ces tapisseries représentent des sujets tirés du Nouveau Testament. Elles sont fort endommagées, ce dont il ne faut pas s'étonner étant données les vicissitudes qu'elles traversèrent. Destinées à orner les murs de la chapelle Sixtine, elles y figurèrent en effet aux jours de fête. Leur première dégradation date du siège de Rome par les impériaux en 1 527 ; emportées par les vainqueurs, elles furent rendues à Jules III en 1553. Puis les Français s'en emparèrent en 1798. Un juif de Gênes les acheta pour les revendre à Pie VII en 1808. Plusieurs de ces tapisseries sont dues surtout à des élèves de Raphaël.
La galerie des Cartes tire son nom des cartes peintes à fresque sous Grégoire XII, en 1580, par Antoine Dante,
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et qui décorent ses murs. Mais de toutes les collections que renferme le Vatican, les plus importantes sont les galeries d'antiques, les plus vastes du monde. Une première collection, réunie par Jules II, Léon X, Clément VII et Paul III, fut en grande partie dispersée par Pie V. Le noyau des galeries actuelles a été constitué par Clément XIV. Pie VI, Pie VII, Grégoire XVI les développèrent.
Le musée égyptien se compose de neuf salles. Indépendamment des originaux égyptiens, un assez grand nombre de statues sont d'imitation romaine et proviennent de la villa d'Adrien, près de Tivoli. Une salle d'antiquités assyriennes est surtout remarquable par une série de bas-reliefs provenant des palais de Sennachérib.
Le musée étrusque (Museo Elrusco Gregoriano) est important par le nombre et la valeur des objets exposés. Malheureusement, fondé en 1736 par le pape Grégoire XVI, il date surtout d'une époque où les fouilles, destinées à découvrir des objets d'art, n'avaient pas le caractère scientifique qu'elles ont revêtu depuis. Bien entendu, une foule de vases considérés alors comme de' fabrication étrusque sont en réalité d'importation grecque. Ces antiquités ont été découvertes, de 1828 à 1836, à Vulci, à Chiusi, à Toscanella, etc. La série des terres cuites est particulièrement intéressante. Ce sont des plaques votives à relief, des sarcophages avec le buste des personnages en grandeur naturelle, des urnes cinéraires, des fragments de décoration architectonique, et surtout des bustes d'une vie intense, que l'on peut rapprocher de pièces analogues au musée étrusque de Florence et à la villa du pape Jules, à Rome. Le musée possède également des urnes cinéraires en albâtre, d'autres en pierre, en forme de maison. Quatre salles sont remplies par les vases, à figures noires et à figures rouges, par d'autres plus anciens encore et d'autres plus récents provenant de l'Italie méridionale, par des coupes estampées du genre dit d'Arezzo. Les bronzes, miroirs, armes, ustensiles de toutes sortes , sont également nombreux. Parmi les figures en bronze, on remarque un Guerrier avec une inscription ombrienne, le célèbre groupe de l'En/an^ à /'ms^aw, une statuette d'enfant avec la Bulla et une inscription étrusque. Quelques vitrines renferment des objets en or, en argent, des anneaux, des pierres gravées. Enfin, les murs sont en partie couverts de copies exécutées d'après les peintures funéraires des tombes de Corneto et de Vulci.
De toutes les sections antiques, la plus riche -est celle de la sculpture. Les originaux grecs y sont très rares, mais il y a beaucoup de copies excellentes ; la sculpture gréco-romaine y peut être étudiée d'une manière plus complète que partout ailleurs, et l'art d'un caractère proprement romain y est aussi largement représenté. On distingue trois musées de sculpture antique : le musée Pio-Clementino, le musée Chiaramonti et le Braccio Nuovo.
Le premier, musée Pio-Clementino, qui est le plus considérable, n'occupe pas moins de onze salles et galeries, dont plusieurs sont fort vastes : la salle à croix grecque, qui tire son nom de sa forme, et où l'on voit doux sarcophages en porphyre, dont l'un renfermait le corps de Constantia, fille de Constantin le Grand, et dont l'autre avait été destiné par le pape Anastase IV à recevoir ses cendres; la salle du Bige, ainsi nommée du magnifique char à deux chevaux que l'on y admire, mais dont une partie seule est antique ; là se trouvent aussi deux célèbres statues de Discoboles, dont l'une d'après un original en bronze de Myron ; la galerie des Candélabres, avec beaucoup de grands vases antiques en marbres précie^ux ; la salle Bonde, dont les sculptures les plus belles sont la fameuse Junon Barberini, et le Jupiter d'Otricoli, d'une expression pleine de force et de mansuétude, la plus grandiose image que l'on connaisse du maître de l'Olympe ; la salle des Muses, à coupole, ornée de seize colonnes, qui possède le groupe des neuf muses avec Apollon Musagète, d'après un original de Praxitèle, et des hermès de philo-
sophes, ainsi qu'un buste de Sophocle portant un reste d'inscription grecque qui a servi à identifier les portraits de ce poète ; la salle des Animaux, où divers groupes sont mêlés à des figures d'animaux de toutes sortes ; dans la galerie des Statues se trouvent la belle copie d'une œuvre de style archaïque, Pénélope endormie, d'un type plusieurs fois reproduit, un Apollon Sauroctone d'après Praxitèle, Ariane endormie, les Candélabres Barbarini, provenant de la villa d'Adrien, d'une grande élégance, ornés de bas-reliefs ; la salle des Bustes, tant d'empereurs romains que de dieux et de héros grecs ; le cabinet des Masques, dont le sol est couvert d'une belle mosaïque ornée de masques; la cour du Belvédère, dont les encoignures ont été transformées en 1775 en petites pièces où sont isolées plusieurs statues et groupes célèbres ; le Laocoon provenant des thermes de Titus, très admiré de Michel- Ange, œuvre alexandrine d'Agésandre et de ses deux fils Polydore et Athénodore, de Bhodes ; V Apollon dit belvédère, trop admiré jadis, trop décrié aujourd'hui, dont le modelé un peu mou a été certainement affaibli encore par des polissages et nettoyages exagérés ; V Antinous ou plutôt Mercure, très bonne copie d'un original grec en bronze de l'école de Lysippe ; un torse d'Hercvle, connu sous le nom de torse du Belvédère, signé de l'Athénien Apollonios, fils de Nestor, monument important de l'art gréco-romain, plein de vie et surtout de science dans la représentation du nu ; enfin le Méléagre, qui paraît être la réplique d'une statue de Scopas ou de son école ; nous mentionnerons aussi le sarcophage de L. Cornélius Scipion Barbatus, aïeul de Scipion l'Africain, dont l'inscription en vers saturniens est un document précieux pour l'histoire de la langue latine.
Le musée Chiaramonti contient un grand nombre de sarcophages appartenant à diverses époques et utiles pour l'étude de la sculpture romaine sous l'Empire, une statue colossale de ra^r^,unbas-reliefattiquedesrrozs Grâces, un bas-rehef béotien représentant un cavalier, une Pénélope en haut-relief, dans la même pose que le Pénélope du musée Pio-Clementino, mais d'un travail supérieur, original attique du v® siècle, etc. Enfin le Braccio Nuovo possède d'importantes mosaïques, VApoxyoménos, c opie d'une œuvre très, caractéristique de l'école de Lysippe, une Amazone blessée, d'après Polyclète, la statue colossale du ISil, un Doryphore, d'après Polyclète, beaucoup d'autres statues, des bustes en grand nombre, portraits de personnages grecs, d'empereurs romains, etc..
André Baudrillârt.
Concile du Vatican. — Le concile de Trente avait déclaré ({ue « dans le décret concernant le péché originel , son intention n'était pas de comprendre la bienheureuse et immaculée Vierge Marie Mère de Dieu ». Mais il s'abstint de parler de sa conception, et il confirma même les condamnations de Sixte iV interdisant les disputes sur ce sujet, qui divisait alors les théologiens, l'opinion contraire à rimmaculée-Gonception ayant été soutenue par les plus hautes autorités de l'Eglise au moyen âge, saint Bernard, saint Anselme de Ganterbery, saint Thomas d'Aquin, etc., même par des papes, et l'étant encore, fort énergiquement, par les dominicains (V. Marie, t. XXIII, pp. 93-96). — Le 2 janv. 1849, Pie IX publia une encyclique invitant les évêques à déclarer si la définition dogmatique de l'Immaculée-Conception était désirée par eux et par les fidèles. Plusieurs, et parmi eux l'archevêque de Paris, Sibour, contestèrent l'opportunité de cette définition ; mais la grande majorité émit un avis favorable. En effet, depuis le concile de Trente, le culte de Marie avait pris un développement toujours croissant, qui avait induit la plupart des fidèles à croire que l'entrée de la très sainte Vierge dans le monde avait été affranchie des conditions ordinaires, et à considérer comme scandaleuse l'opinion contraire. Pie IK confia l'examen de la question à une commission, qui rédigea un mémoire conforme à ses désirs. En automne 1854, il réunit à Borne cinquante-
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quatre cardinaux et environ cent quarante évoques, qui adoptèrent les conclusions du mémoire. Le 2 déc, le vicaire général en fit la proclamation solennelle. Six jours après, le pape se rendit, en procession pompeuse, à Saint- Pierre, et après le chant du Veni Creator, il récita un décret statuant que tout fidèle doit croire « que dès le premier moment de sa conception, en vertu d'une grâce particulière de Dieu tout-puissant, eu égard aux mérites de Jésus-Christ, Marie a été préservée de toute macule du péché originel (bulle Ineffabilis Deus).
Cet acte ne devait point émouvoir la masse des fidèles, en une génération accoutumée à entendre prêcher ce qu'il déclarait, et qui naturellement le tenait comme ayant été admis de tout temps. Même parmi le clergé et les laïques qui s'occupaient de théologie, il suscita peu de résistances publiques, seulement un sentiment douloureux d'oppression chez ceux qui avaient toujours professé un sentiment différent. Mais, en fait, il provoquait dans beaucoup de consciences une agitation fort troublante ; car malgré l'habileté des précautions avec lesquelles il avait été préparé et accompli, il montrait un pape définissant un dogme, en dehors d'un concile général, régulièrement constitué. La pensée de ceux qui s'intéressent à ces choses se trouvait ainsi saisie actuellement de la plus importante des questions qui concernent l'étendue de l'autorité à laquelle le siège de Rome prétend. ■— Cette agitation fut entretenue par divers actes de Pie IX, notamment par certaines conditions imposées par lui aux gouverpements avec lesquels il concluait des concordats, et surtout par le Syllabus qu'il adressa à tous les évêques catholiques, avec la bulle Quanta cura (8 déc. 4864). Ces documents résumaient les réprobations hautainement intransigeantes qu'il avait précédemment infligées aux opinions qui affirment l'autonomie de la conscience et de la science, et l'indépendance du pouvoir civil ; ils contenaient la condamnation formelle d'articles essentiels, inscrits aujourd'hui dans les lois de toutes les nations civilisées ; de sorte qu'on a dit que, depuis lors, pour être bon catholique, il faut cesser d'être bon citoyen. Cette condamnation solennelle était motivée par l'attitude de certains catholiques qui prétendaient conciher l'action de leur Eglise avec les revendications de l'Esprit moderne. Elle avait pour objet de les réduire à la soumission ou au moins au silence ; mais elle ne fit guère que susciter des contradictions bruyantes, qui mettaient en question l'autorité des papes. De là un conflitpermanent, que les ultramontains présentaient comme ne pouvant être supprimé que par des mesures radicales, et dont ils entreprirent de profiter, pour faire consacrer le triomphe de leurs doctrines favorites par la plus haute sanction dogmatique,
Pie IX, dont la combativité ne reculait devant aucun péril, et qui a toujours assumé superbement pour l'EgHse catholique la responsabilité de tous les actes accomplis en matière religieuse par les papes de tous les siècles et la succession de toutes leurs prétentions, devait accueillir favorablement tous les projets destinés à couronner l'édifice de la domination romaine par la proclamation du dogme de l'infaillibilité. La réahsation en fut préparée et conduite avec une extrême habileté. En 1867, Pie IX réunit à Rome un grand nombre d' évêques du monde entier, pour célébrer l'anniversaire centenaire du martyre de saint Pierre ; il leur fit part de son dessein d'assembler un concile général. Les évêques y ayant adhéré avec empressement, l;a bulle Mterni patris unigenitus Filius fut publiée le 29 juin 1868, convoquant un concile œcuménique qui devait être ouvert dans la basilique vaticane, le 8 déc. 1869, fête de l'Immaculée-Conception. — Cette bulle rappelait que « le Saint-Esprit a établi les évêques pour régir l'Eglise de Dieu » ; mais elle affirmait préalablement, que Jésus-Christ « a choisi entre tous le seul Pierre le constituant Prince des Apôtres, son vicaire sur la terre, chef, fondement et centre de l'Eglise, pour jouir d'une prérogative de rang et d'honneur, de la plénitude de Fau-
torité, puissance et juridiction souveraines... et que le pouvoir suprême de Pierre, sa juridiction, sa primauté, persévèrent et demeurent en vigueur absolument et très pleinement dans la personne des pontifes romains, ses successeurs ». Elle n'assignait aucun objet (déterminé à la convocation du concile ; mais elle indiquait, en termes généraux, la nécessité de résister à « l'horrible tempête subie par l'EgUse » et de parer aux « maux soufferts par la société civile elle-même ». Car l'Eglise cathohque et sa doctrine salutaire, sa puissance vénérable et la suprême autorité du Siège Apostolique étaient attaquées et foulées aux pieds par les ennemis acharnés de Dieu et des hommes » .
La convocation comprenait les patriarches, les archevêques, les évêques, les abbés et tous ceux qui, par droit ou privilège, étaient appelés à siéger et à donner leur avis dans les conciles généraux. Contrairement aux précédents, les* souverains cathoUques ne furent point invités à assister au concile, par eux ou par leurs ambassadeurs. On a donné deux raisons de cette innovation : 1° Les souverains ne font point partie du corps enseignant de l'Eglise; 2^ les temps ne sont plus les mêmes, par suite des principes erronés qui dirigent actuellement un grand nombre de. gouvernements. Il n'y a plus de goiivernements catholiques dans le vrai sens du mot. — Le 9 sept. 1868, des lettres apostoliques furent expédiées à tous les évêques du rite oriental qui ne sont point en communion avec le Siège de Rome, les invitant à assister au concile du Vatican. Cette invitation ne fut point acceptée, non plus que l'appel à l'unité adressé aux protestants.
Dès que la bulle d'indiction fut connue, il se produisit, même dans les esprits qui ne s'intéressent point ordinairement aux questions ecclésiastiques, par besoin rehgieux, un vif mouvement qui détermina la pubHcation d'un grand nombre d'écrits de genres fort différents et de valeur fort diverse : pour ou contre la célébration du concile, pour ou contre la définition projetée de l'infaillibilité : livres, brochures, lettres, articles de journaux et de revues. Parmi les ouvrages des catholiques opposants, il convient de rappeler ceux qui eurent alors le plus grand retentissement : le Pape et le Concile (Leipzig, 1869), publié sous le pseudonyme de Janus et composé par le célèbre théologien et historien Dœllinger, en collaboration avec Friedrich et J. Huber : il fut traduit en plusieurs langues; de la Paix religieuse et du Concile général (Paris, 1869, 2 vol.) ; le Pape et les Evêques (Paris, 1869) : ces deux ouvrages de Maret, évêque inpartibus de Sura, doyen de la faculté de théologie de la Sorbonne, contiennent sur l'histoire de la constitution de l'Eglise une étude fort savante aboutissant à la justification des vieilles maximes gallicanes. De Dupanloup, évêque d'Orléans, les Observations sur la controverse soulevée relativement à la définition de V Infaillibilité au prochain concile, présentant cette définition comme inopportune. Elles furent contredites avec talent par Deschamps, archevêque de Matines. Sous le titre : Monseigneur V évêque d'Orléans et Monseigneur Varchevêque de Matines, le P. Gratry, de l'Oratoire, publia des lettres oii il résumait, dans une claire et vive exposition, les principaux arguments des adversaires de l'infaillibilité. Non seulement il démontrait, par l'exemple d'Honorius, qu'un pape peut pactiser avec l'hérésie, mais il dénonçait les falsifications et les fraudes dont la papauté s'est servie pour s'élever à la plénitude de puissance, et il signalait, en termes fort énergiques, les dangers auxquels la nouvelle école catholique exposait l'Eglise et la religion.
L'ouverture solennelle du concile eut lieu le 8 déc. 1869, jour indiqué par la bulle de convocation. Il s'y trouvait à peu près 750 Pères, nombre ainsi composé : 46 cardinaux, 32 chefs d'ordres religieux; France, 84 pères ; Autriche et Hongrie, 48 ; le reste de l'Allemagne, 19; Iles Britanniques, 35; presque tous les évêques de l'Italie, de l'Espagne, des Etats-Unis, du Pérou,
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du Brésil et des autres Etats de l'Amérique ; presque tous les vicaires apostoliques des pays de missions. Les évoques de la Pologne, de la Russie et du Portugal avaient été retenus par leurs gouvernements. La composition de cette assemblée assurait une majorité très grande et très docile à toutes les décisions -désirées par la cour de Rome. — Après avoir reçu l'obédience des cardinaux et des Pères, le pape leur rappela les maux de l'Eglise et la nécessité de l'union de tous les membres au chef, pour être invincibles à l'enfer. — Dans les premières sessions, on entreprit l'examen des erreurs modernes sur les points qui touchent à la foi. Cet examen fut interrompu par d'autres travaux, qui sont restés intérieurs et dont plusieurs n'ont point été terminés. Ils n'ont point été manifestés dans les séances publiques. Le travail relatif aux erreurs philosophiques, repris vers la fm de mars 4870, aboutit à la constitution Dei Filius, qui fut lue en séance publique, le 24 avr. (III® session), puis promulguée, après avoir été formellement approuvée par le pape. Tous les décrets et tous les canons de cette constitution avaient reçu l'adhésion de tous les Pères du concile, sans aucune exception. Ils comprennent 4 parties, dont les décisions sont sanctionnées par 18 anathèmes : I, de Dieu, créateur de toutes choses ; II, de la Réuélation; III, de la Foi; IV, de la Foi et de idi Raison.
Le grand événement du concile, celui qui suscita les luttes les plus vives, fut la définition de l'infaillibilité des papes. Les opposants avaient formé entre eux, en dehors des assemblées conciliaires, des réunions particulières par nation. Au commencement, ils étaient environ 449, quantité arithmétiquement faible, mais importante par les • qualités, c.-à-d. par la science et la situation ecclésiastique de ceux qui la composaient, et même, à un certain point de vue, par le nombre, puisqu'ils représentaient les Eglises les plus considérables : Darboy, archevêque de Paris; Dupanloup, évêque d'Orléans; Strossmayer, archevêque d'Agram ; Haynald, archevêque de Calocza ; Schwarzenberg, etc. Parmi eux, beaucoup repoussaient en principe l'infaillibilité, mais tous s'accordaient à en déclarer la définition inopportune et périlleuse. — Pour engager la lutte contre eux, les membres de la majorité ultramontaine adressèrent au concile un postulaium, lui demandant « d'affirmer par un décret, en termes formels et excluant toute possibilité de doute, que l'autorité du Pontife romain est souveraine et, far suite, exempte d'erreur, lorsqu'il prononce sur la foi et sur les mœurs, et qu'il enseigne ce qui doit être cru ou non, rejeté ou con-damné par les fidèles de Jésus-Christ ». A ce posiulatum était adjoint un mémoire prétendant exposer la tradition universelle sur l'infaillibilité du Pontife romain, et montrer que l'opinion contraire détruit l'unité de la foi. Finalement, il déclarait que la définition sollicitée, loin d'être inopportune, était devenue urgente à cause de l'agitation soulevée par les débats sur cette question. Le déni d'une réponse décisive entretiendrait un état de trouble funeste à la foi et à la paix. Ce postulatum fut signé par plus de 400 Pères. Les évêques italiens et espagnols ayant fait d'autres postulata dans le même sens, l'ensemble des signataires monta à 525. En ajoutant 40 cardinaux, 32 chefs d'ordre et plusieurs Pères faisant partie des commissions, on pouvait considérer le nombre des membres du concile réclamant l'introduction de la question comme s'élevant à 600. — Les évêques de l'opposition répondirent par un contre-postulatum demandant au pape personnellement que la question ne fût point traitée au concile. Le nombre de leurs signatures fut environ de i^lO) parmi lesquelles on comptait celles de 3i évêques français.
Le 7 mars, jour de la fête de saint Thomas d'Aquin, le schéma de l'inlaillibilité fut distribué aux Pères, à domicile. Aux termes du règlement modifié, une discussion écrite devait commencer le lendemain, pour être terminée le ^ 8 mars. Dans cet intervalle de dix jours, les
Pères pourraient présenter leurs observations écrites. Elles seraient étudiées avec soin par la commission de fide. Les principales objections et modifications résultant des écrits présentés seraient mises en ordre par la commission et imprimées pour être distribuées à chaque Père, à l'époque où commencerait la discussion orale et définitive. Cela ayant été fait, l'opposition se trouva réduite à se prononcer sur le fond de la question. Alors les gouvernements de l'Autriche et de la Bavière et le gouvernement français, redoutant les conséquences des innovations projetées, firent des représentations et même, dit-on, des insinuations de menaces. Au dehors, l'agitation des esprits croissait de jour en jour. Quelques Pères du concile en dénoncèrent les dangers et pressèrent le pape d'ordonner que le schéma de Primatu et Infaillibilitate Pontificis romani fût, sans aucun retard, proposé aux délibérations du concile. — La discussioE définitive fut introduite, le 43 mai 4870, par un rapport de Pie, évêque de Poitiers. Elle continua jusqu'au 4 juin, veille de la Pentecôte. On lui consacra 45 congrégations générales, et 60 orateurs parlèrent. 66 autres étaient encore inscrits, lorsque, sur la proposition de 300 Pères, les cardinaux présidents mirent aux voix la clôture. Elle fut votée à une grande majorité, malgré les protestations de la minorité. — Nous ne nous attardons pas à relater les plaintes des opposants sur l'acoustique de la basilique vaticane, qui ne permettait qu'à des orateurs doués d'une voix extraordinairement puissante de se faire entendre, ni sur les entraves que le règlement, plusieurs fois modifié dans ce but, mettait à la liberté de proposition et de discussion. En fait, elles paraissent avoir été sérieusement motivées ; mais il est vraisemblable que la plus parfaite sonorité de la salle et la plus complète franchise des délibérations n'auraient rien changé au résultat du concile.
Il restait à discuter ou, au moins, à voter les chapitres particuliers dont se composait le projet de constitution sur la Primauté et V Infaillibilité. Cette œuvre fut entreprise immédiatement après les fêtes de la Pentecôte. Le prœmium, le P^' et le lï*^ chapitre ne soulevèrent pas de grandes difficultés. Le ÏII^ chapitre, relatif à la primauté du Pontife romain, en suscita davantage. La discussion de ce chapitre occupa 5 congrégations générales ; 29 orateurs y prirent part. — La discussion du chapitre IV® [Infaillibilité) commença le 45 juin. Un grand nombre d'orateurs étaient inscrits. Après 10 congrégations générales, 59 seulement avaient parlé, lorsqu'on annonça (4 juillet) que tous les orateurs inscrits avaient renoncé à la parole. On a attribué ce fait à la chaleur qui rendait alors le séjour de Rome presque intolérable. Peut -être était-il dû aussi ou plutôt à l'impuissance reconnue par beaucoup, non seulement de se faire écouter, mais même de se faire entendre. Dans les congrégations suivantes, on vota sur les amendements au III® et au IV® chapitre. Ces amendements étaient rédigés et présentés par la commission. — Dans la congrégation générale du 43 juil., on recueillit les suffrages sur l'ensemble de la constitution. Ce scrutin n'était que préparatoire ; car le vote définitif ne devait avoir lieu que dans la session solennelle et publique qui devait clore tout débat, et dont l'époque n'était point encore fixée. Le résultat du vote préparatoire fut : Placet, 451 ; Non placet, 88 ; P lacet juxta modum, c.-à-d. oui, avec demande de modifications, 62. — La plus grande partie des Placet juxta modum appartenaient à la majorité ultramontaine. La modification qu'ils réclamaient principalement était une rédaction plus ferme et plus péremptoire de la définition de l'infaillibilité. En effet, la commission avait espéré ramener un grand nombre d'opposants par quelques concessions de rédaction ; et 454 membres de la majorité s'étaient unis à elle. Mais la plupart des membres de la minorité avaient persisté dans leur opposition. C'est pourquoi, lorsque dans la dernière congrégation
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générale (46 juillet) on vota sur les amendements proposés par les Placetjuxta modum, on adopta une formule ajoutant au texte primitif que les définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de V Eglise. Voici littéralement le texte finalement voté : « Nous enseignons et définissons, avec l'approbation du Saint Concile, que c'est un dogme divinement révélé, savoir : Que le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c.-à-d. lorsque, remplissant la charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être crue par l'Eglise universelle, jouit pleinement» par l'assistance divine qui lui a été promise dans la personne du bienheu^ reux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Eglise fût pourvue en définissant la doctrine touchant la foi et les mœurs ; et, par conséquent, que de telles définitions du Pontife romain sont irréformables d'elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Eglise. Que si quelqu'un, ce que à Dieu ne plaise, avait la témérité de contredire notre définition, qu'il soit anathème (Constitution Pastor Mteiiius).
Avant la session publique où devait être solennellement promulguée la constitution sur la primauté et l'infaillibilité du Pontife romain, la plupart des membres de la minorité s'éloignèrent de Rome. 53 d'entre eux : 22 Français, dont 3 archevêques, 45 Autrichiens-Hongrois, 6 Allemands, 4 Américains, 2 Italiens, 4 Anglais, 4 Istrien, 4 évêques in parlibus, adressèrent à Pie IX une lettre énonçant les motifs de leur départ. Quelques-uns même firent une dernière démarche auprès de lui, au moment où il se préparait à se rendre au concile pour la session solennelle. — Cette session avait été indiquée pour le mardi, 49 juil. ; elle fut avancée d'un jour. Le lundi, 48 juil. 4870, le pape se rendit à la basilique vaticane, et la constitution Pastor Mternus fut lue devant lui. Puis le secrétaire du concile dit à l'assemblée : Révérendissimes Pères, le décret qui vient d'être lu vous plaît-il ? Ensuite le sous-secrétaire appela tous les pères successivement. 532 répondirent : Placet. 2 seulement, l'évêque de Capuzzo et celui de Little Rock, répondirent : Non placet. Le pape sanctionna le vote, en disant : « Les décrets et canons contenus dans la constitution qui vient d'être lue ont reçu l'adhésion de tous les Pères, à Vexception de deux, et Nous, vu l'approbation du Saint Concile, Nous définissons les uns et les autres, tels qu'ils ont été lus, et, d'autorité apostolique, Nous les confirmons ». — On a accusé Pie IX d'avoir usé d'un artifice de langage, en ne comptant que 2 opposants, quoique le départ, l'abstention de beaucoup d'autres, leurs lettres à lui adressées et leurs démarches auprès de lui, fussent des actes d'opposition aussi ou plus probants qu'un vote négatif. — La majorité était ainsi composée : 42 cardinaux, 6 patriarches, 6 primats, 77 archevêques, 362 évêques, 40 abbés et généraux d'ordre. Les adversaires du concile prétendent que parmi les 362 évoques se trouvaient 4 70 Italiens, dont 443 appartenaient aux Etats pontificaux, et près de 400 vicaires apostoliques essentiellement révocables et, par conséquent, plus asservis encore à la cour de Rome que les évêques des Etats pontificaux, les cardinaux et les généraux d'ordre. En la dernière session il n'y eut, comme on l'a vu précédemment, que 534 votants. Primitivement, d'après la liste officielle, le nombre total des Pères était de 754 ; mais ce nombre avait été diminué par 47 décès et des congés accordés. Ces causes paraissent insuffisantes pour expliquer une diminution de 220 pères. — La constitution Pastor œternus reçut le titre suivant : Constitutio dogmatica prima de Ecclesia Ckrisii édita in sessione quarta sacrosancti œcmnenici Concilii Valicani. Nous en avons résumé les principales dispositions au mot Eglise catholique romaine (t. XV, p. 624).
Vers la fin de cette quatrième session, la guerre entre la France et la Prusse avait été déclarée (4 5 juil.). L'état
de guerre devait commencer le 49, c.-à-d. le lendemain de la promulgation de la constitution sur la primauté et l'infaillibilité. C'est pourquoi le pape fit proclamer une permission générale. Les travaux du concile ne devaient point être interrompus. Les évêques qui restaient à Rome devaient les continuer, jusqu'à ce que leurs collègues vinssent les rejoindre, à une époque qui serait fixée ultérieurement. — Le 22 sept., les troupes italiennes étaient à Rome. Le 20 oct., une bulle annonça la suspension du concile, dont elle ajournait la reprise à un temps plus opportun, qui serait indiqué par l'autorité apostolique. En conséquence, le concile du Vatican, dont la clôture n'a pas été prononcée, n'est point terminé : théoriquement, il n'est que suspendu.
En d'autres temps, les actes du concile du Vatican auraient vraisemblablement suscité des mouvements et des résistances qu'il eût été difficile de comprimer; Mais lorsque l'acte décisif s'accomplit, l'attention publique était complètement détournée des questions ecclésiastiques et anxieusement concentrée sur les suprêmes questions que la guerre soulevait; pendant près d'une année, elle ne s'occupa que des événements militaires et de leurs conséquences. Lorsque la paix fut conclue, les esprits restèrent agités longtemps encore par le contre-coup des émotions éprouvées et des blessures reçues pendant la lutte. L'occasion était perdue. Beaucoup de ceux qui peut-être eurent voulu résister durent; constater que l'assistance des gouvernements et des peuples, nécessaire à une entreprise nationale, leur ferait défaut. La plupart se turent ; quelques-uns même se soumirent à des rétractations qui étonnèrent ceux qui connaissent les lois de la pensée et de la conscience. Cela suffisait à la victoire de la cour de Rome, qui ne pouvait espérer rien de mieux que la soumission ou le silence de ces vieux adversaires. — Cependant cette victoire ne fut pas acquise sans pertes. Elle a fourni aux protestants un argument puissant, en leur permettant de montrer, par des exemples contemporains, que l'Eglise romaine, malgré ses prétentions à l'invariabilité, est en état permanent de gestation et d'enfantement de dogmes nouveaux. Même chez les catholiques, la résistance, tardivement organisée, a abouti à la formation d'Eglises qui rassemblent maintenant plus de 420.000 âmes et dont l'existence sérieuse depuis trente années et le développement intime semblent bien attester la vitalité. Quoique peu nombreuses encore et renonçant volontairement aux excitations qui poussent les masses au confessional, aux pèlerinages et aux dévotions hystériques, elles se considèrent comme le germe de la régénération du catholicisme, et elles croient voir cette espérance se réalisant déjà dans les mouvements qui détachent de Rome et mènent vers elles beaucoup de sujets de Fempire d'Autriche. Du côté de l'Eglise orientale, l'accueil qu'a reçu chez elle la communication des actes du concile du Vatican indique manifestement que ces actes ont augmenté et rendu infranchissable la distance qui la sépare de Rome. En Russie, les dogmes nouveaux ont motivé Fannexion à l'Eglise orthodoxe du diocèse de Chelm comprenant 300.000 uniates.
Cette notice ne contient que l'histoire externe du concile du Vatican. Les matières qui ont été touchées par les discussions et les décisions de ce concile sont traitées, avec les développements nécessaires, aux mots : Appellations ECCLÉSIASTIQUES (t. IIÏ) ; Canon (t. IX, p. 58, 2^ col.) ; Constitution pontificale (t. XII, p. 638) ; Déclaration DU CLERGÉ DE France (t. XIII, pp. 4075 et suiv.) ; Eglise
CATHOLIQUE ROMAINE (t. XV) ; FrANCE ECCLÉSIASTIQUE
(t. XVII, p. 4055, 4^6 col.) ; Gallicanisme (t. XVIII) ; Pragmatique sanction de Bourges (t. XXVII, pp. 537 et suiv.) ; Utrecut (Eglise janséniste d'). E.-H. Vollet. BiBL. : Palais du Vatican. — Pistolest, IlVaticano illustrâto, 1829.— E. Mûntz, l'Art à la cour des Papes, 1878.— GoYAN, Fabre, Peraté, le Vatican^ Paris, 1895, gr. in-8. — Catalogues, portraits par Stovenson, senior et junior ; Ferrare. ~ Visco.\ti, Museo Pio-Clementino, 1782-1807,