VAUBAN — VAUCELLES
denarde, d'Ypres, et, après la paix des Pyrénées, profitant de six années de calme, s'employa à construire de nouvelles forteresses et à en améliorer d'anciennes. Il épousa, à la même époque, Jeanne d'Aulnay. La reprise des hostilités, en 4667, le retrouva sur la brèche. Sous les yeux de Louis XIV, il conduisit les deux sièges de Tournai et de Douai, et celui de Lille, qui n'exigea que dix-huit jours de tranchée, coopéra, en 1668, à la prise de Dole, fut chargé dans le même temps par Louvois, qui s'était déclaré hautement son protecteur, de fortifier toutes les places de Flandre récemment reconquises, et déploya à ce travail une telle ardeur que lorsque éclata en 4673 la guerre contre les Hollandais, la frontière du Nord offrait une ligne de défense à peu près imprenable. Le siège de la ville Maëstricht, qui capitula après treize jours de tranchée ouverte, mit le comble à sa célébrité. En 4674 il fut nommé brigadier des armées du roi, en 4675 maréchal de camp^ succéda en 4677 à Clerville, qu'il avait depuis longtemps éclipsé, comme commissaire général des fortifications, et, durant les dix années de paix à peu près ininterrompues que procura le traité de Nimègue (1678), entoura la France, du nord au sud, sur ses frontières de terre et de mer, d'une véritable ceinture de forteresses. Concurremment, il s'occupa à des travaux civils, dirigea notamment la construction de l'aqueduc de Maintenon et perfectionna le canal de Riquet. Rappelé en 4688 dans les camps, il conduisit encore les sièges de Philippsbourg, où il eut à lutter contre ses propres fortifications, de Mannheim, de Frankendal, fut chargé en 4689 de veiller à la conservation de Dunkerque, de Bergues, d'Ypres, et, en 4694, à peine guéri d'une terrible maladie contractée dans les marais, enleva coup sur coup, en présence du roi, Mons et Namur. La paix de Ryswick (4697) marqua, de fait, le terme de sa carrière : appelé en d699 à faire partie de l'Académie des sciences de Paris comme membre honoraire, il fut compris, en 4703, malgré une vive résistance de sa part, parmi les dix maréchaux de France qui venaient d'être créés, ce qui, ne lui permettant plus de servir sous les ordres d'un général, lui interdisait de diriger aucun siège, et il ne s'occupa plus guère dès lors qu'à mettre en ordre l'immense collection de matériaux, de projets, de plans, sur les fortifications, la stratégie, la levée des troupes, etc., qu'il avait recueillis ou conçus au cours de sa vie si laborieuse. Il mourut à l'âge de soixante-quatorze ans, ayant travaillé à plus de 300 places de guerre anciennes, en ayant créé 33 nouvelles, ayant conduit 53 sièges et s'étant trouvé à 440 actions de vigueur. Ses restes, transportés et inhumés au château de Bazoches, furent dispersés lors de la Révolution ; mais son cœur, retrouvé, fut transféré en 4808 à l'Hôtel des Invalides, oîi il est déposé sous son buste.
Voltaire appelle Vauban le premier des ingénieurs et le meilleur des citoyens; Fontenelle voit en lui un Romain dérobé par le siècle de Louis XIV aux plus heureux temps de la République et Saint-Simon le déclare le plus honnête homme de son siècle, le plus simple, le plus vrai, le plus modeste. Ces éloges sont mérités. Vauban a été à la fois un constructeur et un preneur de places fortes d'un rare génie. Sa fortification n'offre, il est vrai, à l'œil, ainsi que l'a très justement fait remarquer Carnot, qu'une suite d'ouvrages connus avant lui, mais elle présente dans la manière de disposer ceux-ci des combinaisons profondes, des chefs-d'œuvre multipliés d'industrie, des résultats sublimes, qui en font un art tout nouveau (V. Fortification, t. XVn, p. 847), et si les parallèles, déjà appliquées par les Turcs au siège de Candie, n'ont pas été, contrairement à ce qu'on a prétendu, inventées par lui, il leur a donné, du moins, une perfection qui a amené, avec une série d'autres innovations qu'il serait trop long d'énumérer, toute une révolution dans les procédés d'attaque (V. Siège, t. XXIX, p. 4484). Il s'est, d'autre part, toujours efforcé, dans ses opérations, d'épar-
gner le plus possible les vies humaines, surtout celles de la population civile des villes assiégées, et, dédaigneux des honneurs, il termina sa vie par un acte de courage civique qui devait lui aliéner la faveur de Louis XIV. Dans un ouvrage, fruit de longues méditations, la dîme royale^ qui ne parut qu'en 1707 et dont un arrêt du conseil du 44févr. ordonna la saisie, il énonce, comme idée fondamentale, que tout sujet doit contribuer aux besoins de l'Etat en proportion de ses facultés, et il propose purement et simplement le remplacement des tailles de toute sorte par un impôt sur le revenu. Ses autres écrits, exclusivement militaires, sont nombreux. Les plus importants sont le célèbre Traité de V attaque et de la défense des 'places (Paris, 4739, 2 vol. in-4 ; réimpr. 4829, 2 vol. in-8 et atlas) et le Traité des mines (Paris, 1740, in-8 ; 2^ éd., 4779). A citer encore : Essais sur la fortification (Paris, 4739, in-4 2) ; Traité des sièges (Berlin, 4747, in-8 ; 2^ éd., Paris, 4829) ; Communauté de principes entre la tactique et la fortification (Paris, 4825, iri-8) ; Mémoires inédits sur Landau et Luxembourg (Paris, 4841) ; Oisivetés de M. de Vauban (Paris, 4843-46, 4 vol. in-8), recueil incomplet des matériaux par lui mis en ordre pendant les dernières années de sa vie. Ses principaux traités ont, d'autre part, été réunis par le général de la Tour-Foissac sous le titre : Œuvres milûaires (Paris, 4779, 3 vol. in-8 ; 3« éd., 4796). L. S.
BiBL. : Fontenelle, Eloge de Vauban, dans Méyn. Acad. sciences^ ann. 1707. — D'Arçon, Considérations sur Vinfluence du génie de Vauban; Paris, 1780. — Carnot, Eloge de Vauban ; Paris, 1784. — Dembarrère, Eloge, historique de Vauban; Paris, 1784. — D'Antilly, idem; Paris, 1788. — Sauviac, idem; Paris, 1790. — Allent, Histoire du corps du génie; Paris, 1805. — De Chambray, Notice historique sur Vauban ; Paris, 1848.
VAUBECOURT. Ch.-l. de cant. du dép. de la Meuse, arr. de Bar-le-Duc; 802 hab. (782 aggl.). Fabr. d'instruments agricoles.
BiBL. : Bonnabelle, Notes sur Vaubecourt^ ses seigneurs et la commune actuelle; Bar-Ie-Duc, 1889.
VAUBEXY. Com. du dép. des Vosges, arr. de Mirecourt, cant. de Dompaire ; 430 hab.
VAUCANSON (Jacques de), mécanicien français, né à Grenoble le 24 févr. 4709, mort à Paris le 24 nov. 4782. Elevé au collège des jésuites de sa ville natale, il manifesta tout enfant des dispositions extraordinaires pour la mécanique et, dès qu'il put concevoir le mécanisme des horloges, en exécuta une en bois qui marquait les heures assez exactement. Vers 4735, il vint à Paris, après une courte résidence à Lyon, et, en 4738, présenta à l'Académie des sciences son célèbre joueur de flûte, bientôt suivi d'une série d'autres automates des plus ingénieux, qui excitèrent l'admiration générale : joueur de tambourin et de galoubet, canard barbotant, mangeant et digérant, aspic sifflant et s'élançant sur le sein de CÎéopâtre, etc. (V. Automate). Il fut nommé en 4744 par le cardinal de Fleury inspecteur des manufactures de soie et perfectionna, dans cette branche d'industrie, de nombreuses machines, notamment le métier à organsiner. En 4748, il fut admis à FAcadémie des sciences. Il légua sa collection de machines à la reine. Mais celle-ci en voulut gratifier l'Académie et, dans les difficultés qui s'ensuivirent, les pièces s'en trouvèrent dispersées. Les plus curieuses sont passées en Allemagne. Outre quelques mémoires dans le recueil de l'Académie, Vaucanson a publié : Mécanisme d'un flûteur automate (Paris, i738). L. S.
BiBL. :CoNDORCET,E^oge de J. de Vaucanson, dans les Mém. Acad. se, ann. 1782.
VAUCÉ. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Mayenne, cant. d'Ambrières ; 234 hab.
VAUCELLES (Abbaye de) (V. Crèvecoeur).
VAUCELLES. Com. du dép. du Calvados, arr. et cant. de Bayeux ; 234 hab.
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VAUCLUSE
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