‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 376 sur 633 · VAUCELLES — VAUCLUSE · texte numérisé non relu

VAUCELLES — VAUCLUSE

VAUCELLES-et-Beffecourt. Ùoth. du dép. de TAisne, arr. de Laon, cant. d'Anizy-le-Château ; 134 hab.

VAUCENGE. Rivière de France (V. Loire [Haute-]).

VAUCHANIPS.Com. du dép. duDoubs, arr. de BaumelesDames, cant. de Roulans ; 72 hab.

VAUCHAMPS.Gom. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. de Montmirail ; 300 hab.

VAUCHASSIS.Com. du dép. de l'Aube, arr. deTroyes, cant. d'Estissac; 609 hab.

VAUCHELLES. Corn, du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Noyon ; 494 hab.

VAUCHELLES. Corn, du dép. de la Somme, arr. et cant. (N.) d'Abbeville ; 719 hab.

VAUCHELLES~LÈs-AuTHiES. Corn, du dép. de la Somme, arr. de Doullens, cant. d'Acheux ; 283 hab.

VAUCHELLES-LÈs-DoMÂRï. Com. du dép. de Somme, arr.de Doullens, cant. de Domart ; 215 hab.

VAUCHÉRIE (Bot.). Genre d'Algues Siphonées àthalle rameux, non massif, hétérogame, remarquable par sa simplicité et son unité de substance, le corps tout entier d'une Vauchérie étant une simple cellule, et ses tronçons fragmentés continuant à croître comme s'ils étaient encore réunis. Ce thalle, d'un vert foncé, porte des capsules ovoïdes ou globuleuses, sessiles ou pédicellées, sohtaires ou plus ou moins nombreuses contenant les organes de fructification. L'oogone ovoïde a une membrane qui s'ouvre en se gélifiant. L'anthéridie recourbée en corne produit un grand nombre d'anthérozoïdes mobiles à deux cils qui pénètrent dans l'oogone au moment où celui-ci expulse une partie de sa substance mucilagineuse. L'œuf aussitôt formé s'entoure d'une membrane qui se cutinise, puis passe à l'état de vie latente, et plus tard germe en donnant naissance à

Vauchérie. — Germination. Formation des spores.

un nouveau thalle. Si les circonstances ne sont pas favorables, les Vauchéries peuvent se reproduire parunenkystement de tubes qui se sectionnent en cellules destinées à se développer en autant de thalles nouveaux au retour de la végétation. — Habitat : rivières, mares, où ces Algues forment des touffes d'un beau vert. Henri Fournier.

VAUCHIGNON. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Nolay; 120 hab.

VAUCHONVILLIERS. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar-sur-Aube, cant. de Vandeuvre-sur-Barse ; 260 hab.

VAUCHOUX. Com. du dép. de la Haute-Saôii's arr. de Vesoul, cant. de Port-sur-Saône; 152 hab.

VAUCHRÉTIEN.Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. d'Angers, cant. de Thouarcé ; 809 hab.

VAUCIENNES. Coim. du dép. delà Marne, arr. et cant. d'Epernay; 282 hab.

VAUCIENNES. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Senlis, cant. de Crépy-en-Valois ; 600 hab.

VAUCLAIX. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Clamecy, cant. de Corbigny; 445 hab.

VAUCLERC. Com. du dép. de la Marne, arr. de Vitry-le-François, cant. de Thiéblemont-Farémont ; 116 hab.

VAUCLERC-et-ia-Vallée-Foulon. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Craonne ; 68 hab.

VAUCLUSE. Com., du dép. duDoubs, arr. de Montbéliard, cant. de Maîche ; 253 hab.

VAUCLUSE. Com. du dép. de Vaucluse, arr. d'Avi-

gnon, cant. de L'Isle~sur-la-Sorgue ; 702 hab. Petite église du x« siècle (mon. hist.). Château ruiné du xin« siècle, appelé à tort château de Pétrarque. Nombreuses papeteries. Ce village doit sa renommée à la fontaine célèbre qui donne son nom au département.

VAUCLUSE (Fontaine de). La célèbre fontaine, qui a donné son nom au dép. de Vaucluse, est formée par les eaux qui s'engouffrent dans les nombreux « avens » ou abîmes creusés dans le terrain du vaste plateau compris entre Vaucluse et Sisteron. Elle jaillit, à 90 m. d'alt., à l'extrémité S.-O. de la chaîne des montagnes de Vaucluse, au fond d'un cirque que domine une vaste masse rocheuse d'environ 200 m. de hauteur. Incliné de 15 centim. par mètre, sur une longueur de 200 m. , le lit de la rivière, au sortir de la caverne, est obstrué de blocs énormes sur lesquels ses eaux roulent et rebondissent bruyamment et avec une vitesse vertigineuse. Au pied de la cascade naît la limpide Sorgue chantée par Pétrarque (V. Vaucluse [Dép.] ). J. M.

VAUCLUSE (Dép. de). Situation, limites, superficie. — Le dép. de Vaucluse, situé dans la région S. -E. de la France, doit son nom à la fontaine de Vaucluse, lune des plus grandes sources du monde, origine delà belle rivière de la Sorgue. H a pour coordonnées extrêmes : 43«39' et 44^26' lat. N., 2M8' et 3«25'30^' long.E., son ch.-l., Avignon, se trouvant sous 43^57' 5^' lat. et2«28M4'^ long. Il a pour bornes : à l'O., le dép. du Gard et (très peu) celui de l'Ardèche dont il est séparé par le cours du Rhône ; au N., le dép. de la Drôme ; à l'E., celui des Basses-Alpes ; au S.-E., sur 4 kil. seulement, de l'autre côté de la Durance, celui du Var ; au S., celui des Bouchesdu-Rhône, dont le sépare le lit d'icelle Durance. Grâce à ce Rhône, à cette Durance , et en cela différent de la plupart de nos circonscriptions départementales, il a des frontières naturelles sur une partie notable de son pourtour : 159 kil. (ou bien près de la moitié du périmètre total), dont 93 tracés par le grand torrent et 63 par le grand fleuve ; presque partout ailleurs, sauf sur de courts espaces, et par le hasard d'une rivière, d'un ruisseau, d'un faîte, ses frontières sont purement conventionnelles. Séparé de la Méditerranée par le seul dép. des Bouches-du-Rhône, de l'Italie par un seul également, celui des Basses-Alpes, il l'est de l'océan Atlantique par cinq, qui sont Gard, Aveyron, Lot, Lot-et- Garonne, Gironde ; par quatre, Ardèche, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Allier, du dép. du Cher, qui occupe le centre de figure de la France ; par six, Drôme, Loire, Allier, Nièvre, Yonne, Seine-et-Marne, du dép. de la Seine et de Paris ; et de la Manche par deux de plus, Seineet-Oise et Seine-Inférieure. En somme, son ch.-l. Avignon est, à vol d'oiseau, à 55 kil. de la Méditerranée, à 500 kil. de l'Atlantique, à 700 de la Manche (estuaire de la Seine), à 350 du centre de la France (considéré comme se trouvant à Saint-Amand-Mont-Rond), à 575 S. -S.-E. de Paris (742 par chemin de fer). Cette ville capitale est à peu près sous le même parallèle que Mont-de-Marsan, Condom, Lectoure, Montauban, Albi, Saint- Affrique, le Vigan, Uzès, Forcalquier, Castellane, Puget-Théniers ; et plus ou moins sous le même méridien que Sedan, Sainte- Menehould,V^assy, Bar-sur-Aube, Dijon, Beaune, Chalonsur-Saône, Mâcon, Trévoux, Lyon, Vienne, Valence, Montéhmar. Orange, Arles. 110 kil., c'est la plus longue ligne qu'on puisse tracer sur le territoire de Vaucluse, de N.-O. en S.-E., du premier contact du Rhône au premier contact de la Durance avec le département. La longueur d'O. en E. est le plus communément de 60 kil. ; la largeur varie de 40 à 60 ; le pourtour approche de 350 kil. q., sans prendre compte des crochets insignifiants ; enfin, l'aire est de 3.578 kil. q., d'après les calculs définitifs des bureaux de la Guerre : en quoi c'est l'un de nos plus petits territoires, trois seulement étant moindres, la Seine, le territoire de Belfort, le Rhône ; la moyenne de la circonscription française allant à 616.000 ou 617.000 hect.,

VAUCLUSE

on voit que Vaucluse ne répond môme pas tout à fait aux trois cinquièmes du département moyen, et il ne comprend guère que le 150® du sol national. N'empêche qu'avant de devenir le territoire de Vaucluse, pendant une sorte d'interrègne où le pays n'appartenait plus au pape et ne relevait pas encore de la France, les «Etats généraux » du Comtat le partagèrent en quatre départements : Eygues ou Aygues, Auzon, Ouvèze, Vaucluse. — A noter que, par une des plus rares stupidités de délimitation administrative dont la France puisse se vanter, Vaucluse n'est pas tout en Vaucluse et qu'il possède, à faible distance il est vrai, un territoire de 12.480 hect. encastré dans le dép. de la Drôme : c'est là le cant. de Valréas, sur la rive dr. de l'Eygues. « Cette irrégularité provient de ce que la ville de Valréas, acquise du dauphin de Vienne par le pape Jean XXII, faisait partie du Comtat-Venaissin », qui a formé le plus gros du dép. de Vaucluse.

Relief du sol. — Département d'un relief simple et magnifique : au N. le massif du Ventoux, au centre les plateaux de Vaucluse, au Midi les monts du Lubéron, à l'O. le plus beau fleuve de France, au Midi son plus grand torrent, et, non loin de sa capitale, la plus fameuse de toutes nos fontaines !

Le Ventoux est un avant-mont des Alpes, et son avancement en promontoire au-dessus de la vaste plaine du Comtat ou plaine d'Avignon en fait, d'en bas, une majestueuse montagne de premier plan, et en haut un merveilleux belvédère, en même temps qu'un site véritablement élu pour un observatoire météorologique — ce qu'il est depuis 1887 — et l'on y arrive par une route en lacets de 22 kil. à la pente admirablement ménagée, le long de laquelle on passe par les « végétations » les plus diverses, et, comme on l'a dit, de la flore et de la température des plaines de la Lombardie à celles de l'Europe Scandinave, et de lieux où la moyenne de l'année est de 13° à une cime où elle n'est plus que de 2*^. « La quantité de chaleur annuelle mesurée sur le sommet du Ventoux est inférieure, on a peine à le croire, à celle de Saint-Pétersbourg dont la moyenne annuelle varie entre S'^ et 4° : c'est presque la température du Cercle polaire au niveau de la mer, et il faut aller en Suède ou sur les confins de la Laponie pour la rencontrer. » Les flancs de ce mont manquent de torrents, de sources, malgré l'abondance des pluies (de 150 à 200 centim. par an), parce que la craie, extraordinairement fissurée (tellement qu'on a pu comparer le Ventoux à une montagne de macadam), absorbe immédiatement toute humidité, tant la pluie que la neige, qui y tombe fréquemment et persiste sept mois sur douze sur le sommet (1.911 m.). En dépit de cette sécheresse, de cette stérilité et malgré le plus que terrible mistral auquel le mont a dû son nom de « Venteux », on réussit à reboiser les pentes déchirées, couturées, bouleversées, en chênes trufiiers et autres chênes, en hêtres, en cèdres, en pins, sylvestres ou non : c'est le pin, surtout le sylvestre, qui monte le plus haut, jusqu'à 1.000, 1.200 m., et à cette élévation, « il ne se développe qu'avec une extrême lenteur ; la force du mistral paralyse sa végétation; à plusieurs reprises, de petites forêts d'arbres séculaires ont été déracinées et brisées par cette âpre bise du nord, qui souffle périodiquement en tourmentes pendant des semaines entières ». Là où manquent les arbres de la vieille ou de la jeune forêt, des moutons paissent, dont on estime la chair, et des abeilles, dont on vante le miel, puisent au calice des fleurs.

Le Ventoux, de pente très raide au N., s'aplatit au S. et devient ce qu'on est convenu d'appeler les monts de Vaucluse, qui sont en réalité des plateaux coupés en deux par les précipices où passe la Nesque et arrêtés à la vallée du Coulon de l'autre côté de laquelle s'escarpe le Lubéron. Ces monts ou plateaux de Vaucluse, craie néocomienne, ont pour plus haut bombement la colline de Saint- Pierre (1.242 m.), à une quinzaine de kil. N.-N.-E. d'Apt, à la même distance S.-S.-E. de Sault, près du

viflage de Lagarde, à côté de la frontière du dép. des Basses-Alpes, sur le plan de terrain spécialement nommé plateau de Saint-Christol. Leur caractéristique est d'être « couverts d'une terre argileuse, quelquefois grise, le plus souvent colorée en rouge par l'oxyde de fer, principalement dans les environs de Sault », et surtout d'être criblés comme une écumoire par des avens ou puits naturels dont beaucoup de très grande profondeur ; le plus creux, connu jusqu'à ce jour, c'est l'aven de Jean-Nouveau, à 7.500 m. S.-S.-O. de Sault, à 830 m. d'alt. : il a 163 m. de précipice, absolument à pic. L'aven de Jean-Laurent en a 130, celui du Grand-Gérin 125. A n'en pas douter, c'est à ces gouffres d'absorption que puise le flot éternellement renouvelé de la fontaine de Vaucluse, et c'est par l'un d'eux que peut-être on descendra jusqu'aux réservoirs de cette reine des sources, ou plus exactement, comme on s'exprime aujourd'hui, des résurgescences. Notons à ce sujet ce que dit Martel, le débrouilleur de l'énigme de Jean-Nouveau et de tant d'autres : « Vaucluse est à une trop faible altit. (86 m.) et les avens s'ouvrent à une trop grande hauteur (700 à 1.400 m.), l'épaisseur des plateaux entre ces deux extrêmes est trop considérable, l'alternance des couches marneuses imperméables et des strates calcaires fissurées trop fréquente pour que l'accès direct de la surface du plateau aux réservoirs ignorés soit possible. Cependant, en déblayant le fond de certains avens obstrués par les pierres et autres débris, on atteindrait peut-être le but désiré et le réseau de conduite qui existe assurément, mais de semblables travaux seraient aussi coûteux que hasardeux... C'est surtout au fond de l'abîme de Jean-Nouveau que des fissures impénétrables actuellement présenteraient quelques chances, une fois agrandies ou déblayées, de mener beaucoup plus bas... Pour éviter des accidents, les habitants du pays ont comblé ou maçonné l'orifice de beaucoup d'abîmes... ».

Le Lubéron ou Léberon remplit le pays entre l'étroit sillon du Coulon au N. et l'ample vallée de la Durance au S. Fait « fondamentalement » de craie, ainsi que Ventoux et plateaux de Vaucluse, il est partagé, au S. d'Apt, en deux Lubérons par la dus de l'Aiguë brun, tributaire de la Durance : Lubéron, oriental qui culmine à 1 .125 m. ; Lul)éron occidental, qui ne monte qu'à 720 : en tout, près de 45 kil. de longueur d'E. en 0. avec faible largeur. Cette montagne est encore fort boisée, de vraie forêt ou de brousse et maquis.

Une quatrième et bien moindre montagne c'est au N. du territoire, à l'O. de Malaucène, de Vaison, donc à l'occident du Ventoux, la chaîne, extraordinairement déchiquetée, haute au maximum de 734 m., dont les découpures fantastiques ont fait la célébrité des « Dentelles de Gigondas » : on nomme ainsi les roches de déchiquetage « abracadabrant » qui commandent le bourg de Gigondas, lui-même dominant levai de l'Ouvèze, rive g. Quant à r« annexe » de Valréas, ses collines rocheuses montent do 200 à 500 m.

Régime des eaux. — Région moderne géologiquement parlant, sans aucunes roches primitives ou primaires, fait surtout de craie, d'oolithe, de collines tertiaires, d'alluvions quaternaires, le dép. de Vaucluse se signale, hydrographiquement, comme on l'a dit plus haut, par un beau fleuve, un immense torrent, une fontaine miraculeusement grande et belle, des pertes de rus, des puits naturels en nombre infini, et par un réseau bienfaisant de canaux d'arrosage tirés du Hhône, de la Durance, de la Sorgue et d'un certain nombre de rus et de sources. Toutes ses eaux gagnent, immédiatement ou non, la rive g. du Rhône.

Le Rhône est extérieur au département, nulle part il ne le traverse, il ne fait que le frôler, par la rive g., en bordure avec l'Ardôche et le Gard, pendant 63 kil., d'en amont de Pont-Saint-Esprit et du confluent de l'Ardèche jusqu'à la rencontre de la Durance, dans la direction S.-S.-E jusqu'au-dessus d'Avignon, puis vers le S.-S.-O.

Il est ici, comme partout à peu près, large, rapide, orgueilleux, souvent embarrassé « d'Iles » dont les unes sont propriété du dép. de Vaucluse, les autres domaine de l'Ardèche ou du Gard. Il coule avec violence sous les vingt et une arches du Pont-Saint-Esprit, long de 840 m., dont 616 sur les eaux du fleuve. Il laisse Mondragon à !2.500 m. à g., Mornas à i.oOO, Piolenc à 3 kil., la ville d'Orange à 6 kil. dans sa grande plaine d'Orange, antan fond d'un lac fluvial, et embrasse des îles allongées : île du Colombier, qui a 4.500 m. de bout à bout; île de la Piboulette, longue de près de 7.000, devant le bourg de Caderousse ; île d'Oiselet, longue de plus de 5.000, devant Châteauneuf-Calcernier ; île de la Barthelasse, longue de 7 kil., grande de 4.100 hect. Ces quatre îles sont vauclusiennes, et la dernière appartient à la ville d'Avignon ; des deux bras qui l'entourent, devant cette « ville du pape », l'un a 225 m. de largeur, l'autre 437 ; à 6 kil. en aval, le fleuve cesse d'effleurer le territoire, par 12 m. d'alt., pour séparer les Boucbes-du- Hhône du Gard, se fendre en delta et s'abîmer en Méditerranée, à raison de 460 m. c. par seconde en étiage, 8.000, 10.000, 12.000 en crue, 13.900 au grand maximum, à Beaucaire, 2.000 en moyen volume, et, si nous en croyons le comte Remacle {Revue des Deux Mondes, avr. Ï898), 3.093, à la hauteur moyenne de 2™, 66 audessus du 0 de l'étiage, à Arles. Donc grand fleuve, navigable et navigué malgré la force de ses courants et l'embarras de certains seuils de peu de profondeur. Il a deux étiages : en janvier, parce que les glaciers de son bassin sont comme de la pierre dure que nul soleil ne dissout ; en août, après la fusion annuelle de ces mêmes glaciers en Suisse, en Savoie et en Dauphiné. Ses tributaires vauclusiens se nomment Louzon, Lez, Eygues, Sorgue, Durance, desquels un seul n'appartient qu'à Vaucluse.

Du Louzon, rien ou peu de chose à dire : cours supérieur dans la Drôme ; 30 Idl. de tours et détours, bassin de 124 kil. q., crues énormes ravageant les deux rives. — Le Lez, issu de monts crayeux de 1.340 m., dans la Drôme, n'a dans Vaucluse que 15 à 16 kil. sur 67 ; il passe devant Bollène, Mondragon et s'achève près de Mornas; conque de 460 kil. q., étiage 1 m. c, volume normal 3, crues terribles» — L'Eygues ou l'Aygues , relève des Hautes-Alpes, encore plus de la Drôme, et, dans le bas de sa course sauvage, du dép. de Vaucluse, qui réclame 36 à 37 de ses 100 kil. en une conque de 1.100 kil. q. de montagnes déchirées. Elle commence par le border de sa rive g., au bas de coteaux de 300 à 400 m., dans une gorge, puis entre par ses deux rives et s'avance dans la plaine d'Orange, ville qu'elle laisse à 2 kil. à g. et à 6 kil. 0. de laquelle elle s'abîme dans le Rhône entre Mornas et Caderousse. Son ampleur moyenne, en plaine, est de 250 m., sans eau ou presque pendant la moitié de l'année ; module estimé à 10 m. c. ; crues, 870.

Bien autre est la glorieuse Sorgue, rivière inépuisable s'il y en a, qui n'a que 35 à 36 kil., mais dont le bassin atteint probablement 3.000 kil. q., plus ou moins : aire dont on ne sera sûr que quand des expériences concluantes auront déterminé l'étendue delà contrée dont les avens abreuvent sa fontaine de Vaucluse. D'après l'ingénieur Bouvier, qui s'occupa longtemps et passionnément de cette source si belle qu'aujourd'hui l'on traite communément de « vauclusiens » les puissants surgeons, cette étendue serait de 965 kil. q. D'après Martel, elle irait à 1.400 kil. q. de pays, entre le Venteux, les monts de Lure, qui continuent le Ventoux vers l'orient, et le Lubéron ; le fondateur de la spéléologie ajoute au bassin circonscrit par Bouvier le haut du val delà Nesque, et le val du Cou- Ion, mais il lui retranche quelques monts et vaux des environs de Forcalquier et de Sisteron . Un autre « calculateur », Marins Bouvier, avait conclu à 1.650 kil. q. ; on admet que les probabilités sont du côté de Martel. La fontaine de Vaucluse, dont un « sorguomètre » note depuis

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tantôt 220 ans toutes les variations, n'a jamais émis moins de 4.500 litres par seconde (le 15 déc. 1884), mais il lui arrive d'en « vomir » 150.000 : ainsi le 26 oct. 1886 et du 9 au 13 nov. de 1886 aussi. Quand la source épanche ainsi 150 m. c. à la seconde, l'eau monte, dans le puits naturel de la fontaine, à 24 m. (ou un peu plus) au-dessus du zéro du sorguomètre. Le module est estimé à 17 m. c. et il en faut 18 pour que la rivière suffise à ses nombreuses usines. Vaucluse ne se meut pas toujours entre de pareils extrêmes : 1895, par exemple, s'est tenu entre un maximum de 53.300 litres en juin, et un minimum de 8.800 : pendant cinq mois, le débit a été inférieur aux 18 m. c. ci-dessus indiqués comme nécessaires au fonctionnement intégral de tous les engins de la Sorgue. Le seuil du puits de la Sorgue, en amont et tout près du bourg de Vaucluse, est à 105^^\55 d'alt. : à cette hauteur la fontaine commence à être une source-cascade ; dès que le niveau s'abaisse au-dessous de ce seuil, l'eau sort de sa « cheminée » par une foule d'interstices et fissures de la roche, et elle peut descendre suivant la longueur de la sécheresse, non seulement jusqu'au zéro du sorguomètre, qui est le niveau des eaux très basses du 17 sept. J869, mais plus bas encore. Le 26 et le 27 mars 1878, « un scaphandrier s'est laissé couler jusqu'à 23 m. au-dessous du zéro officiel, à 7 m. au-dessus du fond du gouffre : d'où 30 m. de ce fond au sorguomètre et 51"\55 jusqu'au seuil de la cascade... Quand l'eau est au plus bas, comme le puits n'est pas vertical, mais qu'il oblique vers l'arrière, l'abîme de Vaucluse dort, gouâ*re de 30 à 35 m. de tour, sous une voûte de la roche... qui fait partie d'une paroi sauvage, nue, blanche, de 200 m. d'élévation, fragment des monts de Vaucluse ». La Sorgue, superbe eau verte, ne reste pas longtemps dans son «bout du monde » ; dès qu'elle a passé sous un bel aqueduc du canal de Carpentras, elle entre dans la vaste plaine du Comtat et se divise, en amont de l'ïsle, en deux Sorgues, la Sorgue de l'ïsle et la Sorgue de Velleron, celle-ci prenant 5.400 litres des 13.000 de la Sorgue moyenne, cellelà 7.600; et toutes deux se fractionnent en une foule de sous-Sorgues et Sorguettes. La branche de l'ïsle baigne Thor, la branche de Velleron s'annexe Nesque et Lauzon, puis, réunissant ses deux bras, la rivière s'empare de la Grande-Levade , et de l'Ouvèze à Bédarrides ; enfin la Sorgue passe à Sorgues et s'évanouit dans le Rhône, ou plus exactement, dans le bras de g. de l'île de la Barthelasse, après avoir arrosé 2. 115 hect., et elle pourrait en fertiliser cinq fois plus, d'une onde d'ailleurs, trop fraîche et pure, qui ne vaut pas pour les champs l'eau bourbeuse des canaux dérivés delà Durance »; de même, elle n'utilise, dans ses 161 usines, que 1.726 chevaux-vapeur sur 5.232 disponibles.

Parmi sesaffluents, la Nesque, partie des Basses-Alpes, court d'abord, dans une fissure, sous le nom de Croc, au versant S. du Ventoux, au bas du ruban septentrional du plateau de Vaucluse ; elle n'augmente guère de l'amont à l'aval, ses flots étant bus à mesure par les fêlures du lit, au profit de la fontaine de Vaucluse ; elle passe en contrebas de Sault, et n'ayant guère d'eau qu'en grands orages, devant la vieille ville de Venasque , et passe de ses longs étranglements à la plaine du Comtat, où Pernes est sa dernière bourgade. Cours, 70 kil.; bassin 480 kil. q. ; étiage, zéro; volume normal, 130 lit seulement (îj ; crues, 75 m. c. — Le Lauzon, mieux l'Auzon, dit Auzon du Comtat ou Auzon de Carpentras, provient du Ventoux, versant méridional, de rus que boit le sol poreux, mais qui reparaissent en tout ou en partie par des fontaines au voisinage de Flassan ; c'est le torrent de Mormoiron, Mazan, Carpentras, Monteux, et, grâce aux fontaines ci-dessus, il participe quelque peu à l'irrigation de la plaine de Carpentras ; cours, 45 kil.; bassin, 150 kil. q. ; eaux normales, 2351itres; étiage, 195 ; crues, 30 m. c. — La Grande-Levade ressemble àl'Auzon de Carpentras par sa participation au versant S. du Ventoux, ses torrenticules originaires filtrant volontiers sous le sol ;

VAUCLUSE

ce cours d'eau de 38 kîl. en une région de 268 kil. q., peut sécher entièrement ; débit normal, 500 litres (?) ; crues, 150 m. c. — L'Ouvèze, tributaire majeur de la Sorgue, procède du dép. de la Drôme : sur ses 85 kil., il y en a M en Vaucluse, et 346 kiL q. sur 765 ; issu de l'oolithe et de la craie, ellepasse dans le département devant l'antique Vaison et, entre collines tertiaires, « s'y répand, en graviers plutôt qu'en flots, dans la plaine quaternaire; étiage absolu, zéro ; eaux basses, 1 m. c. ; bonnes eaux en saison pluvieuse, 10 ; crues, 750 ; irrigations, 1 .350hect. En somme, torrent dont il faut se méfier. Il reçoit le Toulourenc ou Thoulourenc et le Groseau : le Toulourenc, parti de la Drôme, se déroule entre la montagne de Bluye (1.064 m.) au N. et le Ventoux au S., en gorge profonde, absorbe la superbe fontaine de Notre-Dame-des-Anges, et, fort ordinairement de 2 m. c, avec étiage de 500 litres, arrive à rOuvèze à l'issue de 160 kil.q., au bout d'un voyage de 45 kiL, le tout à peu près exactement partagé entre Drôme et Vaucluse. — Le Groseau s'épanche, en un admirable site, au pied N. du Ventoux, d'une superbe fontaine, de 173 litres par seconde en étiage absolu, 300 en volume ordinaire; il arrose le vallon de Malaucène.

La Durance, extérieure au territoire par une rive, comme le Rhône, longe le département de sa rive dr., vis-à-vis du Var (très peu) et des Bouches-du-Rhône. Ce n'estpas le premier venu des torrents, mais, tout contrairement, un énorme, autant que fantasque courant dont le bassin de 15.051 kil. q. égale le sixième de celui du grand fleuve d'Avignon, une rivière sauvage qui parcourt 350 kil., dont 96 en contact avec le dép. de Vaucluse, où son aire de drainage est de 1,350 kil. q., soit le onzième de la conque totale. Son volume varie fort, suivant les semaines, les saisons, les années, et l'on ne peut attribuer de module constant à ce torrent qui est l'inconstance même. La Durance, en effet, sparsis inceria Druentia ripis, dit Ausone, la Durance, qui court à raison de 7 à 8 m. par seconde, dans ses grande crues, varie généralement suivant les années, du simple au triple, de 125 m. c. par seconde, module des années sèches, à 350, module des années humides; en prenant un exemple, 1884, année assez sèche où il ne tomba moyennement que 529 millim. de pluie dans le bassin, donna 158 m. c. en module; 1888, année pluvieuse avec 1.099 millim., en donna 429. On estime que l'étiage le plus bas est de 40 m. c. : ainsi, au mois d'août 1882, il n'y avait dans le lit du torrent, large de 150, 200 à 500, 800, 1.000, jusqu'à 1.200 m., que l'eau « d'un reste de fonte des neiges et des glaciers, sans quoi la Durance eût été complètement vide, non seulement en ce mois d'août, mais pendant trois mois ». Les plus grandes crues ont roulé probablement 5.750 m. c, le 28 oct. 1882, et 6.700 en 1886, au pont de Mirabeau, dernier étranglement du torrent qui, arrivé là, a reçu tous ses tributaires « valables » : d'où, entre le plus menu et le plus gros du torrent, le rapport de 1 à 167 ou 168 (celui de la Somme, rivière tranquille, n'étant que de 1 à 4). Donc, courant extraordinairement différent de luimême, suivant les saisons, les jours, presque les heures, la Durance arrive à toucher de sa rive dr. le sol de Vaucluse un peu, très peu au-dessus de la rencontre d'un fort bel affluent, le Ver don, par 250 m. au-dessus des mers; elle court quelque temps vers le S.-O., pais passe à l'O., ensuite au N.-O. Elle effleure ou avoisine plus ou moins dans le département, d'abord au pied méridional du Lubéron, puis en bordure de la plaine duComtat : Mirabeau, à 1 .500 m. ; Pertuis (étranglement de 200 m.), à 2.500 m. Cadenet, à 1.500 m. ; Lauris, Puget, Mérindol; le Cheval- Blanc (1.170 m. de largeur); Cavaillon , Caumont; le pont de Bonpas (46 travées en bois) ; son embouchure est en aval d'un pont de 534 m. en 23 arches pour le passage du chemin de fer de Paris à Marseille. Aucun de ses tributaires vauclusiens, Lèze, Merderic, Aiguebrun, Cou- Ion, n'a d'importance. La Lèze (^4 kil., 132 kil. q.) descend du Lubéron ; c'est le torrent (?e Pertuis, fort de 1801it.

en portée ordinaire, de 36 en étiage. — Le Merderic, également lubéronnais, parcourt 20 kil., draine 7.000 hect. et verse ^8 litres en étiage, 90 à l'ordinaire. — L'Aygue brun, c.-à-d. l'Eau brune, est fort remarquable en ce que, né au N. du Lubéron, il coupe en deux cette chaîne par la combe de Lourmarin ; il se continue et s'achève au S. après 20 kil. en 8.310 hect., étiage de 120 litres (?), débit ordinaire de 180. — Le Coulon, Caulon, ou encore Calavon, arrivé des Basses-Alpes , est d'une pauvreté de flots presque inconcevable : ses 899 kil. q. (dont 668 en Vaucluse), son cours de 95 kil. (dont 67 dans le département), se résument, parfois ou souvent, au confluent avec la Durance, par un débit de zéro, l'étiage ordinaire n'étant que de 80 litres, le volume normal de 230 ; mais ses crues peuvent monter à 740 m. c. C'est qu'il se détruit à mesure de son accroissement par des fuites à travers les graviers, les sous-roches urgoniennes, au profit évident de la fontaine de Vaucluse; étant données les conditions pluviométriques de la contrée, le Coulon débiterait, sur un sol consistant, 5, ou 6, ou 7 m. c. à la seconde, soit 217 à 300 fois ses 230 litres de portée coutumière. Entre Monts de Vaucluse au N., Lubéron au S., c'est le torrent de la ville d' Apt ; il mord (et surtout ne mord pas) les piles du pont Julien, arches romaines d'une admirable conservation, et reçoit le tribut (presque toujours illusoire) du Doua (16 kil.), de l'Urbane (17 kiL), de l'Imergue ou Limergue (20 kiL, 109 kil. q., 65 litres, étiage 10), de la Sénancole, qui coule au bas de la colline rapide où s'est bâtie Gordes — tous affluents de droite.

On n'ignore pas que la Durance est une des rivières du monde les plus utiles à l'irrigation : tant en Bouches-du- Rhône, par des canaux tirés de sa rive g., qu'en Vaucluse, par des, détournements sur la rive dr. ; elle arrose des dizaines de milliers d'hectares. Du côté vauclusien ses dérivations principales sont le canal de Cadenet, le Cabédan Neuf, le canal deCarpentras, le Cabédan Vieux, la Durançole. — Le Canal de Cadenet a pris en 1859 la suite des affaires du canal de Moulin de Pertuis, qui date du temps des comtes de Provence et qui fut acheté en 1859 et « retouché » en 1873 ; il prend 4.200 litres par seconde au grand torrent, dont 1.600 servent aux moulins de Pertuis et à l'arrosage de 1.600 hect. ; en dehors du territoire de Pertuis, il rafraîchit aussi ceux de Villelaure, de Cadenet, de Puyvert; longueur: du tronc principal, 23 kiL; des sous-canaux, 11 kil. ; des canal icules ou rigoles, 130; irrigation de plus de 2.000 hect. ; 27 chutes d'une puissance totale de 1.000 chevaux- vapeur, dont un quart seulement utilisés. — Le Cabédan Neuf date de 1770; il prend théoriquement 10 m. c. par seconde, que le torrent, saigné de tous côtés, n'est pas toujours capable de lui fournir; 4 m. c. lui appartiennent en propre, à lui, Cabédan Neuf, et au canal de l'Isle qui le prolonge dans la plaine d'Avignon, spécialement dans la plaine qui va de Cavaillon à l'Isle-sur-Sorgue ; 6 sont pris par le canal de Carpentras, œuvre superbe entreprise en 1857. — Ce canal de Carpentras a 89 kil. de longueur, 500 avec souscanaux et rigoles ; il passe près de Vaucluse, à l'E. de risle, à Pernes, à Carpentras, à Beaumes et finit à Travaillans, dans la rivière Eygues : capable de fertiliser 6.000 hect., il n'en féconde encore que 3.000 à 4.000, en un périmètre irrigable de 16.639, dont 10.109 en terres de tabouret 6.450 en garrigues, sorte de steppe dont il a commencé à faire une riche campagne. — Le Cabédan Vieux, datant de 1766, continue le canal de Saint- Julien, « lequel est probablement le plus ancien de tous ceux du pays »; long de 12 kil., il prend à la Durance 4.400 Htres par seconde ; il disperse ses rigoles dans la plaine de Cavaillon et se termine dans le Coulon. LaDurançole ou canal de l'Hôpital date du xin® siècle ; il a 10 kil. et, n'étant avivé que de 1 .600 litres en temps sec, n'arrose, d'en aval de Bonpas à Avignon, que 638 hect., en un périmètre arrosable de 11.000; il ne pourra jamais faire mieux, ayant sa prise plus bas que toute autre en Du-

rancet, eL toute dérivation d'eau nouvelle étant naturellement à son détriment, puisque c'est en amont qu'on la concède.

Tout ceci pour la Darance. Pour le Rhône, il faut dire deux mots du canal de Pierrelatte, qui dépend surtout du dép. delà Drôme, où il puise 8 m. c. par seconde dans le fleuve; le tronc principal date de 1880-84. En Vauclusc, il passe à ou près Bollène, Mondragon, Mornas, Orange, Châteauneuf~du-Pape, et se termine dans la Sorgue, en aval de Bédarrides; longueur, 77 à 78 kil. ; sous-canaux, 150 kil. ; rigoles, 500 kil. ; périmètre arrosable, 20.000 hect.; terres arrosées, 1.000 hect. environ pour le moment.

D'après h Statistique des cours d'eau, usines et irrigations du dép. de Vaucluse, le territoire possède environ 460 usines, dont près de 250 moulins, 74 usines à soie, 48 moulins à garance, 14 papeteries, etc. La Sorgue anime environ 160 établissements, dont JO papeteries; le Coulon, malgré sa pauvreté, en compte 62, en général de petits moulins, et l'Ouvèze 23.

Climat. — Le dép. de Vaucluse, étage entre 20 m. (ou même moins) et 1 .94 1 , a naturellement une infinité de climats, de plus en plus froids à mesure que le sol s'élève ; mais, dans l'ensemble, ses plaines, ses vallées et vallons et la plupart de ses lieux habités et abrités jouissent de la charmante, de l'agréable température dite méditerranéenne ; sinon que souvent l'horrible mistral, le plus affreux des vents, y rend la vie dure : même à travers les heures les plus chaudes du soleil de midi, ce « maître » — - c'est ce que son nom veut dire — glace jusqu'à la moelle; sa violence est terrible, il pénètre les vêtements les plus épais. Dire que l'olivier, le grenadier, le jujubier, le laurier rose et la « plèbe » des arbustes méridionaux y croissent en pleine terre, c'est à la fois décrire et vanter le climat duComtat. Comme différences entre diverses contrées du département, « la vallée de FEygues, la plus septentrionale du pays, est une des moins froides, parce que le mistral, qui désole la vallée du Rhône, n'y souffle pas avec violence. La vallée duCoulon, bien moins protégée contre ce « fléau de la Provence », quoique plus méridionale que la vallée du l'Eygues, est peut-être plus froide, tandis que la belle vallée de la Durance, abritée par la longue et haute crête de Lubéron, est la partie la plus chaude du département ». La moyenne d'Orange est de 4 3^, 7, celle d'Avignon de 14^, 42, soit 3*^, 60 de plus que celle de Paris, avec 5^ pour l'hiver, 13°, 9 pour le printemps, 23°, 1 pour l'été, 14° 6 pour l'automne. On a \u, si modéré soit le climat dans l'ensemble, — 15° et + 40°. Dans quelques années nous connaîtrons beaucoup mieux le régime des températures vauclusiennes, en vertu des observations faites avec suite au sommet du Ventoux, à Avignon, à Orange, Apt, Carpentras et dans quinze stations météorologiques secondaires. Quant aux pluies, on admet provisoirement qu'il tombe en moyenne 570 millim. à Avignon, 750 dans la montagne; ce sont surtout des pluies d'automne, ensuite de printemps, beaucoup moins d'hiver, encore moins d'été. A Avignon, le nombre des jours de pluie est de 59 ; la neige y est rare et fond presque aussitôt tombée.

Faune et flore naturelles (V. Fuance, § Flore; France et Europe, § Faune).

Histoire depuis 1789. — Le département ne date pas de 1790, comme presque tous les autres, mais de 1793 seulement, où il fut formé : de la principauté d'Orange, pour moins d'un vingtième ; d'une partie de la Provence, pour les deux cinquièmes, et du Comtat-Venaissin pour le reste. On ne put le constituer qu'après des embarras, des troubles préliminaires, conflits entre le parti de la France, représenté par Avignon, et le parti du pape, jusqu'alors souverain légitime du Comtat. Après maints combats, maints sièges, eut lieu la réunion du Comtat à la France, le 14 sept. 1791, suivie d'une sorte de guerre civile et de «déchaînements » révolutionnaires; le dép. de Vaucluse sortit enfin des limbes. Il se signala en 1815 par la

^^^^ — VAUCLUSE

« terreur blanche » et l'assassinat du maréchal Brune, et en 1851 par sa résistance au coup d'Etat du 2 Décembre.

Parmi les hommes de quelque célébrité qui y ont vu le jour dans l'ère tout à fait moderne on note : le peintre Duplessis (1725-1802), né à Avignon; le médecin Calvet (1728-1810), né à Avignon ; l'abbé Maury, célèbre orateur politique (1746-1817), né à Valréas; le général de Monnier (1758-1816), le défenseur d'Ancône, né à Cavaillon; le compositeur Blaze (1763-1 833), né à Cavaillon; le général Robert (1772-1831), néàMénerbes; Castil-Blaze, critique musical (1784-1857), né à Cavaillon; l'écrivain Blaze de Bury (1813-88), né à Avignon; le fameux chimiste Raspail (1794-1878) né à Carpentras ; le compositeur Félicien David (1794-1877), né à Cadenet; le grand inventeur Philippe de iGirard (1775-1845), né à Lourmarin; le médecin Guérin (1775-1850), né à Avignon; le poète et dramaturge Adolphe Dumas (1805-61), né à Bonpas; le célèbre agronome de Gasparin (1783-1862), né à Orange; l'écrivain Agénor de Gasparin (1810-71), né à Orange; le critique Armand de Pontmartin (1811-90), né à Avignon; le poète provençal Aubanel (1829-86), né à Avignon. 0. Reclus.

Divisions administratives actuelles. — Arrondissements. — Le dép. de Vaucluse comprend 4 arrondissements : Avignon, Apt, Carpentras, Orange ; ils sont subdivisés en 22 cantons et 150 communes. On en trouvera plus loin le détail.

Justice, Police. — Le département ressortit à la cour d'appel de Nîmes. Avignon est le siège des assises. Il y a 4 tribunaux de première instance (1 par chef-Heu d'arr.), 1 tribunal de commerce à Avignon ; une justice de paix par canton.

Le nombre d'agents chargés de constater les crimes et délits était, en 1894, de 194 gendarmes (37 brigades),

10 commissaires de police, 48 agents de police, 182 gardes champêtres, 139 gardes particuliers assermentés, 57 gardes forestiers. Il y eut 2.055 plaintes, dénonciations et procès-verbaux.

Finances. — Le département possède 1 directeur et

1 inspecteur des contributions directes à Avignon, 1 trésorier-payeur général à Avignon, 3 receveurs particuliers à Apt, Carpentras et Orange, 3 percepteurs de ville, dont

2 à Avignon et 1 à Apt ; 1 directeur, 1 inspecteur, 3 sous-inspecteurs de l'enregistrement ; 4 conservateurs des hypothèques (1 par arr.). Le recouvrement des contributions indirectes est assuré par 1 directeur et 1 inspecteur àAvignon,l receveur principal entreposeur à Avignon,

3 receveurs entreposeurs à Apt, Carpentras et Orange. Instruction purlïque. — Le dép. de Vaucluse relève

de l'Académie d'Aix. L'inspecteur d'Académie réside à Avignon. Il y a 4 inspecteurs primaires. L'enseignement secondaire se donne : aux garçons dans 1 lycée, à Avignon, et dans 4 collèges communaux, à Apt, Carpentras, Orange et Pertuis ; aux filles dans 2 coUèges de filles, à Avignon et à Carpentras. Il existe 2 écoles primaires supérieures de garçons à L'Isle-sur-la-Sorgue et à Valréas. Des cours complémentaires pour les garçons existent à Cavaillon et à Vaison, et pour les filles à L'Islesur-la-Sorgue.

11 y a 1 école normale primaire d'instituteurs à Avignon et 1 école normale primaire d'institutrices à Digne (communes aux dép. de Vaucluse et des Basses-Alpes). L'enseignement professionnel est représenté par 1 école pratique d'agriculture à Avignon et 1 chaire d'agriculture à Avignon.

Cultes. — Le département forme pour le culte catholique le diocèse d'Avignon (archevêché), qui a pour suffragants les évêchés de Nimes, Valence, Viviers et Montpellier. Le département compte (au 1^^ nov. 1894): 3 vicaires généraux, 9 chanoines, 29 curés, 144 desservants, 47 vicaires. — Le culte réformé relève de l'Eglise consistoriale de Lourmarin et compte 6 pasteurs calvinistes et 3 pasteurs luthériens pour environ 5.000 fidèles. Le culte Israélite compte 1 rabbin et 1 ministre officiant pour environ 600 fidèles.

VAUCLUSE 7^'*

Armée. -- Le dép. de Vaiicluse appartient à la 15^ région militaire (Marseille). La 30^ division d'infanterie a son siège à Avignon. Au point de vue du recrutement et de la mobilisation, le département forme la 6^^ subdivision (Avignon) du 15^ corps d'armée. Le dép. de Vaucluse possède 4 école du génie à Avignon.

Divers. — Le département ressortit à la 45^ légion de gendarmerie (Marseille), à la division minéralogique du S.-E. (arr. de Marseille), à la 6"" inspection des ponts et chaussées, à la 42« région agricole (S.-E.), à la 44^ conservation des forêts (Valence). Le département possède 4 chambre de commerce à Avignon et 4 chambres consultatives d'agriculture (4 par arr.).

Démographie. — Mouvement de la population. — Le recensement de 4896 a constaté, dans le dép. de Vaucluse, une population totale de 236.343 hab. Voici, depuis le commencement du siècle, les chiffres donnés par les recensements précédents :

Il résulte de ces chiffres que la population du dép. do Vaucluse a augmenté rapidement depuis le commencement du xix^ siècle jusque vers 4860, et qu'elle a diminué ensuite d'une façon constante jusqu'en 4894, époque à partir de laquelle elle paraît commencer à se relever de nouveau. Pour 4.000 hab. recensés en 4801, on en comptait 4.262 en 4886. Le mouvement d'augmentation a été très égal (Avignon excepté) dans les différentes parties du département (en diminution dans l'arr. d'Apt), comme on peut s'en rendre compte en comparant les recensements de 4804 et 4896, arrondissement par arrondissement :

ARRONDISSEMENTS

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