‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 381 sur 633 · VAUDEVILLE - VAUDOIS · texte numérisé non relu

VAUDEVILLE - VAUDOIS

Leur origine n'est pas très bien connue : d'après certains historiens, ils descendent de chrétiens qui, dès le iii^ siècle, s'étaient réfugiés dans les Alpes pour fuir la persécution des empereurs ; la grande majorité des auteurs estime au contraire que les Vaudois sont des disciples de Pierre Valdo. — Pierre Valdo, né à Vaux, vint se fixer à Lyon où il fit fortune dans le commerce ; vivement impressionné par la mort subite d'un de ses amis (1170), il distribua ses biens aux pauvres, prêcha l'évangile qu'il traduisit en langue vulgaire et créa une secte qu'on appela les Pauvres de Lyon. Cette secte avait adopté les principes suivants : tous les chrétiens doivent connaître les Saintes Ecritures ; les laïques ont les mêmes droits que les prêtres et ont le devoir d'instruire et d'évangéhser leurs frères. Cette doctrine, considérée comme une hérésie, fut vivement combattue par l'archevêque de Lyon et condamnée en 1179 par le concile général de Latran. Les Pauvres de Lyon ou Vaudois se réfugièrent dans le Dauphiné et dans les vallées du Piémont. En 1209, l'évêque de Turin demanda contre les Vaudois le secours de l'empereur Othon IV; en 1220, le comte Thomas P^ entra à Pignerol et menaça d'amende toute personne qui donnerait asile aux Vaudois ; les conciles et les papes ne cessèrent de fulminer contre eux : Grégoire IX, par une bulle de 1231, déclara leurs enfants infâmes jusqu'à la seconde génération. Malgré tout, ils conquéraient de nouveaux adhérents, mais ils devinrent bientôt les martyrs de l'Inquisition.

En 1487, une bulle d'Innocent VIII suscitait contre eux une véritable croisade, proclamant que quiconque tuerait un hérétique obtiendrait le pardon de ses péchés et jouirait, comme légitime propriétaire, des biens dont il le dépouillerait. Le commandement de cette armée fut confié à un archidiacre de Crémone, nommé Cattanie. La résistance des Vaudois fut héroïque, ils parvinrent à repousser leurs adversaires. De l'autre côté des Alpes, Cattanie, soutenu par le roi de France, fit massacrer les Vaudois de Fressinières et de Vallouise. La cruauté des inquisiteurs détermina Louis XII à intervenir, il obtint du pape Alexandre VI une bulle absolvant les Vaudois (1501). — En 1532, après le synode d'Angrogna, les Eglises vaudoises adhérèrent à la Réforme, et, l'année suivante, le synode de Saint-Martin consacra leur union avec les Eglises réformées. Elles allaient être exposées à toutes les persécutions dirigées contre les luthériens. Des inquisiteurs furent envoyés dans leurs vallées ; le Parlement d'Aix (4 mai 1545) ordonna aux seigneurs des terres occupées par les Vaudois d'obliger leurs vassaux à abjurer ou à quitter le pays. Presque tous restant fidèles à leur foi, le baron d'Oppède, premier président du parlement d'Aix, rassembla une bande de mercenaires et ordonna l'extermination des bourgs de Cabrières et de Mérindol. Trois mille Vaudois furent massacrés, brûlés dans les églises ou dans des granges, enfumés dans les grottes où ils s'étaient réfugiés ; six cent cinquante furent exécutés après un simulacre de jugement. Cette horrible boucherie souleva en FYance une grande indignation. Le roi Henri II fit poursuivre devant le parlement de Paris les principaux coupables : le baron d'Oppède fut acquitté, seul l'avocat général Guérin fut condamné à mort (sept. 1551).

Pendant la seconde moitié du xvi® siècle, les vallées du Piémont furent parcourues par des moines qui, appuyés par Charles-Emmanuel, tentèrent de convertir les Vaudois. Ils ne parvinrent pas à obtenir ce résultat, aussi un Conseglio de propaganda flde et extirpandis hœreticis défendit aux non catholiques d'ouvrir des écoles, les condamna ensuite à l'exil, recourut enfin contre eux aux violences et aux massacres. Un édit du 25 janv. 1655 ordonna aux Vaudois de se faire catholiques dans le délai de vingt jours, sous peine de mort et de confiscation des biens. C'est à cette époque que commença cette longue suite d'horribles supplices qui ont été décrits par le pas-

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