‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 383 sur 633 · VAUDOIS — VAUDREUIL · texte numérisé non relu

VAUDOIS — VAUDREUIL

La langue et la versification en ont été étudiées par Griitzmacher {Archiv., t. XVI) et W. Fœrster {Gœttingische gelehrte Anzeigen, 4888). A. Jeanrov.

BiBL. : Jean-Paul Perrin. ministre, Histoire des VcUidois; Genève, 1619, in-8. — Jean I.éger, Histoire générale des Eglises évangéliques des Vallées de Piémont "oii Vau~ doises ; Leyde, iti69, in-fol. -— Histoire de Vexécation de Cabrières et de Mérindol; Paris, 1615, in-t. - Antoine MoNASTiER, Histoire de l'Eglise vaiidoise de]mis son origine; Toulouse, 1847, 2 vol. in-8. — Alexis Mu^ton, l'Israël des Aljoes, Histoire des Vaiidois et de leurs colonies ; Paris, 1879, 4 vol. in- 18. — Alexandre Bérard, les Vaudois, leur histoire sur les deux versants des Alpes ; Lyon, 1892, in-8. — li^ni. Comba, Histoire des Vaudois ; l^âris, 1901, in-8.

Poésies vaudoises. — J.-H. Todd, The Boohs of the Va wdois; Londres et Cambridge, 18'j5. — P. Mever, Hevue critique, 1866,1, p. 36.

VAUDONCOURT. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Montmédy, cant. de Spincourt; 150 hab.

VAUDONCOURT. Com. du dép. des Vosges, arr. de Neufchâteau, cant. de Bulgnévilie ; 197 hab.

VAUDONCOURT (Frédéric-François-Guillaume de), général français, né à Vienne (Autriche) en 1772, de parents français, mort en 1845. Après avoir passé son enfance à Berlin où son père était examinateur des cadets du corps de Tartillerie, il vint en France en 1782. La Révolution le trouva employé au ministère de la guerro. Il s'engagea en 1791 aux volontaires de la Moselle et, en 1793, à l'âge de vingt et un ans, il fut nommé général sur le champ de bataille, mais dut se contenter du grade de capitaine d'étatmajor au siège de Mayence , sa nomination n'ayant pas été confirmée. Il obtint cependant le grade de général de brigade dans l'artillerie pendant la campagne de 1796 en Italie et continua à servir pendant la République et sous FËmpire dans ce pays d'où il ne sortit que pour faire la campagne d'Austerlitz et celle de Russie. Prisonnier des Russes pendant la retraite de la Grande Armée, il rentra en France en 1814., Lieutenant général pendant les Cent- Jours, il fut mis en jugement parla seconde Restauration. Condamné à mort par contumace, il se retira d'abord en Angleterre, puis près du prince Eugène, à Munich. Ayant prolité de l'amnistie de 1825 pour rentrer en France, il fut mis à la réforme et combattit pendant les journées de Juillet dans les rangs du peuple. Historien exact et impartial, il a publié de nombreux ouvrages dont les principaux sont : Campagnes (TAnnibal en Italie, suivies d'un Abrégé de la tactique des Romains et des Grecs (Milan, 1812, 3 vol. et atlas); Mémoires pour servir a l'histoire de la guerre entre la France et la Russie en 1812 (Londres, 1816), etc. Vaudoncourt fut le fondateur du Journal des Sciences militaires,

VAUDOU. Culte africain que les nègres ont importé en Amérique. Les vaudous formaient aux Etats-Unis, parmi les noirs, une société secrète placée sous l'invocation d'un être tout-puissant qui a pour symbole une couleuvre et pour représentant un grand prêtre ou une grande prêtresse dont le pouvoir est absolu. Un curieux procès, terminé par l'acquittement des vaudous, a eu lieu, en août 1863, devant la cour prévôtale de la Nouvelle-Orléans, et a permis de connaître l'organisation et les mystères de la société secrète; on a reconnu que, pendant la guerre qui devait émanciper les nègres, l'influence des vaudous s'est exercée dans le sens de la tranquillité et a empêché une insurrection servile dans la Louisiane.

VAUDOUÉ (Le). Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de La Chapelle-la-Keine; 372 hab.

VAUDOY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rozoy ; 750 hab.

VAUDOYER (Les). Famille d'architectes français. Antoine-Laurent-Thomas, né à Paris le 20déc. 1756, mort à Paris le 27 mai 1846. Elève de An t. -F. Peyre, dit Peyre le Jeune, prix de Rome en 1783, il reconstitua de fait, en 1793, dans un atelier du Louvre, avec Julien- David Le Roy, l'école d'architecture de l'ancienne Académie royale, qui devint, en 1795, la Commission

d'architecture, laquelle présida aux études d'architecture de l'Ecole académique, puis de l'Ecole des beaux-arts jusqu'à la réorganisation de cette dernière école en 1863.' Il publia avec Pierre Louis van Cléemputte, Détournelle, Allaîn et Pierre Baltard, la Collection des grands prix d'architecture (Paris, 1791-1805, 120 pi. in-foL). En 1804, il fut chargé d'installer l'Institut de France dans les bâtiments de l'ancien Collège des ftuatre-Nations, et il fit, en 1806, la salle publique, encore conservée dans ses grandes dispositions, des séances solennelles des Académies. Il avait succédé, en 1823, à son maître, Ant.-Fr. Peyre, comme membre de la section d'architecture de l'Académie des Beaux-Arts.

Lc'on Vaudoyer, fils du précédent, né à Paris le 7 juin 1803, mort à Paris le 9 févr. 1872. Elève de son père, d'Hipp. Lebas et de l'Ecole des beaux-arts, Léon Vaudoyer remporta le grand prix e.i 1825.

VAUDRECOURT. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Chaumont, cant. de Bourmont ; 96 hab.

VAUDREMER (Joseph-Auguste-Emile), architecte français, né à Paris en 1829. Elève de Adhémar, Blouet, Gilbert, prix de Rome, architecte en chef des édifices rehgieux de Paris. La ville de Paris lui doit la maison d'arrêt et de correction de la Santé où il s'inspira des principes posés par ses maîtres Blouet et Gilbert pour la construction des édifices pénitentiaires ; l'important groupe scolaire de la rue d'Alésia, le lycée Molière pour les jeunes tilles , à Passy , et le lycée Buffon , pour les garçons , boulevard Pabteur , enfin l'église Saint-Pierre de Montrouge, de style latin, peut-être l'œuvre maîtresse de Vaudremer, l'église Notre-Dame d'Auteuil, dont le clocher élancé est un ressouvenir des édifices religieux du Poitou, de FxVngoumois et du Périgord. Il faudrait encore citer, une grande chapelle funéraire à Saint-Brice (Seineet-Oise) , le palais épiscopal de Beauvais. Membre de l'Institut de France (Ac.idémiedes Beaux-Arts), où il succéda en 1879 à Louis Duc, on doit à cet architecte la restauration et les agrandissements du Conservatoire national des arts et métiers (ancien prieuré Saint-Martindes-Champs), les plans et la grosse construction de la cathédrale de Marseille, etc. Léon Vaudoyer avait ouvert, en 1832, un atelier d'architecture qui compta parmi ses élèves Auvray, G. Davioud, Henri Dubois, Espérandieu, Hugc, Jules Lisch, etc.

VAUDRÉMONT. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Chaumont, cant. de Juzennecourt; 219 hab.

VAUDREUIL (Louis-Philippe de Rigaud, marquis de), marin et homme politique français, né à Rochefort le 28 oct. 1724, mort à Paris le 14 déc. 1802. Fils d'un chef d'escadre, petit-fils d'un gouverneur du Canada, il entra jeune dans la marine, combattit contre les Anglais, devint chef d'escadre en 1777. Il se distingua par la prise de Saint-Loi is du Sénégal en 1778 et la part qu'il prit aux combats d'avr. et mai 1780. Gouverneur de Saint-Domingue, il combattit sous les ordres de Grasse contre l'amiral anglais Rodney (1782). Il s'entendait mal avec son chef qui le traduisit devant un conseil de guerre où Vaudreuil se défendit de telle manière qu'on lui donna raison (1784). Promu lieutenant général, il fut député de la noblesse de Castelnaudary aux Etats généraux de 1789. Royaliste déterminé, il fut de ceux qui protégèrent la famille royale pendant la nuit du 5 oct. Puis il émigra. Revenu en France sous le Consulat, il ne joua plus aucun rôle. .

Joseph-Uj/acinthe-François-de-Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil, frère du précédent, né à Saint-Domingue le 2 mars 1740, mort le 17 janv. 1817. Entré dans l'armée, il servit pendant la guerre de Sept ans dans l'étatmajor de Soubise. A la paix, il commença à jouer un grand rôle à la cour à cause de sa richesse et de son e'sprit. Cousin et peut-être amant de la charmante comtesse de Polignac, il participa aux bénéfices qu'elle tirait de sa faveur auprès de Marie-Antoinette. C'est d'abord 30.000

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livres de pension, puis un domaine, puis sa promotion de maréchal de camp, puis la charge de grand fauconnier, puis le cordon bleu, et encore le gouvernement de la citadelle de Lille. Vaudreuil ne s'arrêta pas en si beau chemin. Devenu l'intime ami du comte d'Artois, il l'accompagna en 1782 au siège de Gibraltar. A son retour, il régente la cour, fait nommer ou disgracier des ministres, pousse Galonné et se fait donner sur le Trésor des avances énormes : une fois 4.200.000 livres, une autre fois 600.000 livres. Il protège les peintres, les gens de lettres, et c'est lui qui fait représenter de force le Mariage de Figaro à la Comédie-Française. Dès 1787, il passe en Angleterre avec les Polignac. Revenu à Paris en 1788, il trama quelques intrigues, et plus tard il accompagnait le comte d'Artois dans sa fuite en Flandre, puis en Suisse. A Baie, il retrouva M"^® de Polignac et resta auprès d'elle. Ils errent en Itahe. Vaudreuil est mêlé à tous les complots échafaudés pour le rélablissement de la monarchie, il participe à la campagne de 1792 dans l'armée des princes. En 1793, il perd sa chère comtesse, et, en 1795, il consent, à plus de cinquante ans, à épouser sa cousine, à Londres. 11 s'établit à Twickenham (1799), devient aux trois quarts anglais et se dégoûte presque de la politique. La première Restauration le ramène à Paris : il devient lieutenant général, pair de France, gouverneur du Louvre et membre de l'Institut. Il vota la mort du maréchal Ney, et jusqu'à sa mort ne joua plus qu'un rôle effacé. Léonce Pingaud a publié la Correspondancti intime du comte de Vaudreuil et du comte d* Artois pendant V émigration (Paris, 1889, 2 vol. in-8), avec une fort intéressante biographie de Vaudreuil. VAUDREUILLE. Com. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Villefranche, cant. de Revel; 216 hab.

VAUDREVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Montebourg ; 474 hab.

VAUDREY. Com. du dép. du Jura, arr. de Dole, cant. de Montbarrey ; 495 hab.

VAUDRI COURT. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, cant. de Houdain; 416 hab.

VAUDRICOURT. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. d'Ault ; 400 hab.

VAUDRIMESNH. Com. du dép. de la Manche, arr. de Coutances, cant. de Saint-Sauveur-LendeUn ; 491 hab.

VAUDRINGHEWI. Com. du dép. du Pas-de-Calais, w. de Saint-Omer, cant. de Lumbres; 417 hab.

VAUDRIVILLERS. Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. de Baume-les-Dames ; 82 hab.

VA U DRY. Com. du dép. du Calvados, arr. et cant. de Vire ; 1.307 hab. Exploit, de granit.

VAUFREY. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Saint-Hippolyte ; 337 hab.

VAUGELAS (Claude-Favre, baron de Perorges, seigneur de), grammairien français, né à Meximieu (Ain) le 6 janv. 1595, mort à Paris en févr. 1650. Son père, Antoine Favre, président du Sénat de Savoie de 1610 à 1624, était un lettré : il fut l'un des fondateurs de l'Académie florimontane et publia des Quatrains moraux. Son fils hérita de la pension que lui servait la France et vint de bonne heure à Paris ; mais, s'étant attaché à Gaston d'Orléans, cette pension lui fut supprimée ; il vécut dès lors dans une gêne qui ne fit que s' accroître, et il mourut insolvable. Il fut l'un des premiers membres de l'Académie française et devint, vers la fin de sa vie, précepteur des princes de Carignan, fils de Thomas-François de Savoie. — Les Remarques sur la langue françoise, que Vaugelas publia en 1647 (à Paris, chez la veuve Jean Camusat), sont un des livres qui ont exercé sur notre langue la plus profonde et la plus durable influence. Non point que ce livre soit original; au contraire, Vaugelas proclame et répète à satiété qu'il n'est que le secrétaire de l'usage : « Je ne suis, dit-il, qu'un simple tesmoin qui dépose ce qu'il a veii et ouï ». La raison même ne peut rien contre

l'usage, qui est « le roi et le tyran » des langues ; or l'usage fait beaucoup de choses par raison, d'autres sans raison, beaucoup contre raison. Il ne faudrait pas croire néanmoins que Vaugelas obéisse, en fait de langue, à une tendance démocratique qui eût été alors un anachronisme : il se hâte de distinguer le bon usage du mauvais- et de restreindre singulièrement la conception qu'il faut se faire du premier ; le bon usage, dit-il, c'est celui « de la plus saine partie de la cour et de la plus saine partie des autheurs du temps ». Telles sont les autorités qu'il ne cesse de consulter et dont il enregistra les arrêts après trentecinq ans d'observation et non sans avoir plusieurs fois remanié son livre. Les qualités qu'il poursuit avant tout sont la pureté, la netteté, la douceur, la sobriété, la simphcité, la variété. Pour y atteindre, il recommande d'éviter avant tout les mots bas, vulgaires ou trop techniques pour être entendus de tous, et lesprovincialismes. Il proscrit avec une grande énergie les archaïsmes; quoiqu'il regrette « certains beaux mots », il se résigne à la tyrannie de l'usage et condamne, non seulement les mots vieillis, mais ceux qui commencent à vieillir ; il n'est guère moins hostile aux néologismes, car il croit notre langue assez riche ; il tolère toutefois qu'on l'enrichisse par voie de dérivation. En fait de syntaxe, les tournures qu'il recommande sont les plus brèves et celles qui laissent le moins de place à l'équivoque. Les principes de Vaugelas sont ceux mêmes de nos écrivains classiques, et les qualités qu'il recommande sont devenues les leurs : on ne saurait donc lui faire une trop large place dans l'histoire de notre langue. Il faut reconnaître toutefois qu'il n'a guère fait que suivre et fortifier des tendances qui se faisaient jour dans les cercles et les salons (où les questions grammaticales étaient fort à la mode), et d'autre part que son livre n'est pas à l'abri de tout reproche : d'abord il est mal composé : les répétitions comme les lacunes y sont nombreuses, et un index est indispensable pour s'y retrouver. Mais surtout Vaugelas est timide et exclusif : entre deux tournures également claires et logiques, il se croit obhgé de choisir ; il paraît n'avoir pas toujours été observateur perspicace, car plusieurs des faits qu'il donne comme certains sont contestés par des contemporains. Doué d'un esprit médiocrement analytique, il lui arrive, même quand il observe bien, d'interpréter mal et de fonder sur des faits exacts des règles arbitraires. Enfin, il ignorait totalement l'histoire de la langue et n'a pu démêler quelques-unes de ses tendances, auxquelles ses règles sont souvent opposées. Aussi peut-on lui reprocher d'avoir contribué à nous faire une syntaxe trop rigide et parfois irrationnelle. Ces défauts furent peu sensibles auxvii® siècle, qui fit de Vaugelas son oracle : « parler Vaugelas » était synonyme de bien parler. Au lendemain de l'apparition des Remarques, deux écrivains seulement protestèrent: Lamothe Le Vayer, qui y avait été pris à partie (Lettres touchant les Nouvelles Remarques sur la langue françoise, Paris, 1647), etScipionDupleix, alors âgé déplus de quatre-vingts ans, partisan zélé de la langue plus riche et plus libre du xvi® siècle {la Liberté de la langue françoise dans sa pureté ;?iins, 1651). Mais ces attaques restèrent sans écho et la soumission fut générale : Corneille corrigea ses pièces pour les mettre d'accord avec Vaugelas ; Patru, Thomas Corneille commentèrent les Remarques, et l'Académie les faisait encore réimprimer en 1704. — Vaugelas avait en outre laissé une traduction de Quinte-Curce, mainte fois remaniée, où il devait donner une application des règles qu'il avait posées et fournir un incontestable modèle de bon style ; Chapelain et Conrart en publièrent une copie (1653), et Patru une autre (1659). Les Remarques de Vaugelas ont été souvent réimprimées ; l'édition la plus commode est celle de A. Chassang (Paris, 1884, 2 vol. in-8), qui contient aussi les observations des principaux commentateurs. A. Jeânroy.

BiBL. : E. MoNcouRT, MéViode grammaticale de Vau-

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