IV. Technologie (V. Cuir
V. Histoire religieuse. — Veau d'or, ou simulacre d'un taureau, constitué par une forme intérieure (bois ou matière plastique) plaquée d'or, plutôt que par une masse métallique versée dans un moule. Les Hébreux, rassemblés au pied du Sinai, auraient profité de l'absence de Moïse pour imposer à Aaron l'obligation de leur donner un dieu visible, auquel ils offriraient leurs hommages. Cette défection fut sévèrement châtiée {Exode, ch. xxxii). Après la mort de Salomon, Jéroboam, roi des Dix-Tribus, aurait renouvelé ce culte, en l'installant solennellement dans les villes de Dan et de Béthel (1 Rois, xii, 26, suiv.). Les critiques modernes admettent que les Israélites honoraient jadis Yahvéh (Jéhovah) sous différentes formes, notamment celle d'un taureau. Une législation plus spirituaiiste s'attaqua à cette pratique et finit par la faire tomber dans le discrédit. Le récit de V Exode transporte dans un passé lointain une exclusion qui ne pouvait être que le résultat d'une haute réflexion philosophique et rehgieuse. M. Vernes.
VEAU CE. Corn, du dép. de l'Allier, arr. de Gannat, cant. d'Ebreuil, au-dessus de la gorge oùjcoule la Veàuce ; 468 hab. Curieuse église des xi® et xii® siècles. Beau château du xv^, sur un rocher à pic.
VEAUCHE. Com. du dép. de la Loire, arr. de Montbrison, cant. de Saint-Galmier ; 2.130 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Verrerie à bouteilles.
VEAUCHETTE. Com. du dép. de la Loire, arr. de Montbrison, cant. de Saint-Rambert ; 296 hab.
VEAUGUES. Com. du dép. du Cher, arr. et cant. de Sancerre; 1.067 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.
VEAUNE. Rivière du dép. de la Drôme (V. ce mot).
VEAU NES. Com. du dép. delà Drôme, arr. de Valence, cant. de Tain; 282 hab.
VEAUViLLE-LÈs-BAONs. Com. du dép. de la Seine- Inférieure, arr. et cant. d'Yvetot; 516 hab.
VEAUVILLE-les-Quelles. Com. du dép. de la Seine- Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. d' Our ville ; 254 hab.
VÈBRE. Ruisseau du dép. de la Drôme (V. ce mot).
VÈBRE. Rivière des dép. de V Hérault et du Tarn (V. ces mots).
VÈBRE. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. de Cabannes; 410 hab.
VEBRET. Com. du dép. du Cantal, arr. de Mauriac, cant. de Saignes ; 1 .125 hab. Château gothique de Cousans.
VEBRON. Com. du dép. de la Lozère, arr. et cant. de Florac ; 906 hab.
VECCHIETTA (Lorenzo di Piero), sculpteur et peintre italien, né à Sienne en 1482, mort en 1540. Il joignait à son double talent une habileté remarquable comme fondeur. On lui doit d'intéressants ouvrages de peinture, dont l'un décore, dans sa ville natale, l'hôpital de la Scala, et de belles statues de Saint Pierre et de Saint Paul, au baptistère de Saint -Jean.
VECCHIO DI San Bernardo (Francesco Menzocchi, dit il), peintre italien (V. Menzocchi).
VECELLI ou VECELLIO (Tiziano), peintre italien (V. Titien).
VECHT. Nom de deux fleuves des Pays-Bas (V. ce mot et Rhin).
VECHTE (Antoine), orfèvre français, né à Vire-sous- Bil (Côte-d'Or) en 1799, mortà Avallon en sept. 1868. Fils d'un menuisier, il fit son éducation de ciseleur comme ouvrier bronzier dans l'atelier de Soyer. S' étant établi, il exécuta des boucliers et des plats en fer qu'un marchand lui achetait pour les revendre sous le nom de Benvenuto Cellini. Il devint un des premiers orfèvres de son temps par sa personnalité. Il a exécuté pour le duc de Luynes Neptune et Galatée, vase d'argent VQ^oviS%ë,^m^VEpée du comie de Paris (1838), une coupe, V Harmonie dans l'Olympe (1848), une statuette équestre de la Baronne Nathaniel de Rothschild Al passa dix ans en Angleterre et produisit
les vases de V Amour et Psyché et du Combat des dieux contre les géants, un bouclier représentant V Apothéose de Milton (1855), etc. On cite comme l'un de ses chefsd'œuvre une couverture de Bible représentant la Vierge entourée des quatre évangélistes (1867), exécutée pour le duc d'Aumale. Il a exercé sur son art une influence plus grande que Froment-Meurice.
VECOUX. Com, du dép. des Vosges, arr. et cant. de Remiremont ; 1.105 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est. Filature et tissage mécanique de coton.
VECQUEMONT. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Corbie ; 250 hab.
VECQUEVILLE. Com. du dép. delà Ilaute-Marne, arr. de Wassy, cant. deJoinville; 618 hab.
V ECTE y R (Mathém.) . Les vecteurs ont surtout leur place dans la théorie des quaternions (V. ce mot). Cependant l'expression de vecteur a pénétré dans le langage mathématique et dans l'enseignement, en dehors même de la remarquable méthode d'Hamilton ; et bien des questions peuvent être traitées heureusement, soit en géométrie, soit en mécanique, avec la seule ressource des méthodes vectorielles. Mais il importe de dissiper une confusion qui tend à s'étabhr surtout en France depuis quelques années et dont la persistance serait funeste ; on voit souvent appliquer indifféremment le mot de vecteur ou celui de segment, pour désigner une droite limitée AB, ayant A pour origine et B pour extrémité. Or, tandis qu'un segment a une position précise, le vecteur au contraire peut être transporté où l'on voudra dans l'espace sans être altéré, pourvu qu'il conserve sa longueur, sa direction et son sens. Un vecteur est par conséquent la représentation symbolique complète d'un couple statique. C.-A. Laisant.
VECTIGAL (Dr. rom.) (V. Contrirutions).
VÉDA. Livre sacré des Hindous (V. Inde).
VEDÂNTA. Nom du système de philosophie orthodoxe le plus répandu dans l'Inde. Le mot signifie « fin du Veda », et a peut-être aussi d'autres sens. Cette philosophie se présente en tout cas comme s'appuyant essentiellement sur l'autorité du Véda, et comme étant l'exclusive systématisation des doctrines ésotériques, souvent vagues et contradictoires des Oupanichads. Elle veut former la partie « rationnelle » de la science brahmanique, par opposition à la partie ritueiliste. Elle y est d'ailleurs tout à fait fondée, et représente non seulement le courant le plus important de 1 a philosophie , mais encore un des faits dominants de la pensée hindoue depuis la plus haute antiquité. On peut assez approximativement caractériser cette doctrine en disant que c'est celle du « panthéisme idéaliste ». Mais les méthodes logiques sont trop différentes, chez les Hindous, de ce qu'elles furent en Grèce, pour que cette désignation ait la valeur d'une classification exacte. En tout cas, dès les plus anciennes Oupanichads, l'identité du moi (âtman) individuel et du moi mondial (âtman) ^ leur indistinction parfaite a été proclamée. Et elle reste encore un article de foi pour l'Hindou qui réfléchit de nos jours. Tat tvam asi : tu es cela, dit-on, en désignant le monde puis l'interlocuteur) .
Le Vedânta ayant ce caractère, il nous est difficile de donner ici, de son histoire, un aperçu suffisamment complet. Il semble que c'est sous l'action d'une école tout entière qu'il s'est constitué à Faide d'éléments presque tout entiers empruntés aux Oupanichads. Le plus ancien texte que l'on traite maintenant comme révélé, est appelé Brahma-Sûtras de Bâdarâyana. Il n'est pas possible d'admettre que celui-ci en soit l'auteur, vu qu'il y est cité nommément, en même temps que d'autres auteurs. Il est, déplus impossible d'assigner même une date à la rédaction que nous possédons. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'elle est bien antérieure au fameux commentaire de Çankara, qui vécut au viii® ou au ix^ siècle au plus tard. Celui-ci est le représentant, le fondateur peut-être du panthéisme absolu, de l'école non dualiste [advaita). Antérieurement à lui, il semble en effet que le Vedânta n'était
VEDANTA — VEGA
pas encore purgé de toute contradiction. C'est par une interprétation un peu forcée que Çankara fait rentrer dans un système cohérent certaines affirmations plutôt dualistes du Sûtra qu'il commente. Il a d'ailleurs existé avant Çankara, et il existe encore de nos jours une autre école du Vedânta, celle de Uâmanuja qui reconnaît la réalité de l'âme individuelle et la personnalité du Brahman, tout en admettant leur identité fondamentale. C'est une école de la « non dualité relative ». Or, elle semble sur bien des points représenter la doctrine du Sûtra et des Oupanichads. Quoi qu'il en soit, c'est sous la forme que lui a donnée Çankara que le Vedânta est devenu vraiment populaire dans l'Inde, au point d'être actuellement l'école philosophique la plus répandue.
« Tout ce qui est, selon le Vedânta, est en réalité un. » Il n'y a qu'un seul être, le brahman. De plus, le brahman n'est pas un être pensant personnel, mais c'est l'intelligence, la pensée elle-même. Et c'est ce brahman qui est à la fois cause matérielle et cause efficiente de tout l'ensemble des choses. Il n'y a rien en dehors de lui. Le monde extérieur n'existe pas substantiellement. Il est le produit de l'illusion (Mâyâ), autrement dit de l'ignorance (Avidijà) universelle, qui conditionne le brahman absolu, dont elle est une puissance. On ne peut dire de cette ignorance ni qu'elle est un être ni qu'elle est unnon-étre. En tout cas, c'est en s'entourant, grâce à elle, des conditionnements successifs que le brahman produit tout l'ensemble des phénomènes qui constitue l'univers . Tel un magicien par son pouvoir suscite des illusions infinies, tel le brahman suscite tous les êtres, purs phénomènes dus à l'ignorance, depuis le brahman inférieur, ou Dieu créateur personnel, jusqu'aux corps les plus grossiers, en passant par l'âme individuelle. — Le seul but de l'homme est donc la connaissance du brahman, et l'absorption en lui. Ce qui est à vrai dire la même chose que la suppression de l'ignorance et de l'erreur. C'est là le salut : l'individu qui connaît le brahman a supprimé en soi le monde et le désir du monde ; « la connaissance est la délivrance ». Si le sage continue à vivre, il ne vit plus que d'une vie sans intérêt. Désormais il est détaché du cercle infini des naissances et des morts. Et, à la fois, il s'abîme dans un » Nirvana » parfait, comme le dit une seule fois Çankara, et comme le répète après lui le Vedânta moderne.
Dans ce système, la théorie de l'âme individuelle, la cosmologie et la physique n'ont qu'un intérêt très secondaire. Les auteurs se contentent de montrer comment le brahman, qui est la pensée même, se matérialise progressivement sans changer de nature (car la cause n'est pas différente de l'effet), en s'enveloppant simplement des ténèbres toujours plus épaisses de l'erreur.
Dans les derniers siècles, le Vedânta est devenu de plus en plus radical, plusmoniste. En même temps, chose curieuse, le Vedânta est devenu éclectique. Déjà les théories de Çankara se ressentent de l'influence du bouddhisme que ce philosophe est réputé avoir définitivement confondu. Mais, il y a plus, le Vedânta Sdra de Sadànanda (xvi® ou xvu® siècle), l'un des livres les plus populaires de l'Inde moderne, nous montre des traces indéniables de l'influence des autres systèmes, en particulier du Sdnkhya et du Yoga (V. ces mots). Marcel Mauss.
BiRL. : Deussen, Das System des Vedânta; Leipzig, 1883. — G. Thibaut, The Vedânta Sûtras, dans Sacred Books ofthe East, vol. XXXIV et XXXVIII (V. surtout la préface). — Max Mûller, The six Systems of Indian Philosophy ; Longmans, 1899.
VÉDAS ou BÉDAS (Ethnogr.) (V. Ceylân).
VEDÈNE. Corn, du dép. de Vaucluse, arr. d'Avignon, cant. de Bédarrides; 1.655 hab. Papeterie. Filature et moulina ge de soie.
VEDETTE (Artmilit.). La vedette est une sentinelle de cavalerie. DeBrack l'a définie: « le factionnaire achevai placé le plus près de l'ennemi. Il ne doit jamais mettre pied à terre ». L'instruction pratique du 24 déc. 1896 sur le service en campagne de la cavalerie dit que « les vedettes
sont des cavaliers détachés par les postes à une distance assez faible pour rester en communication avec eux par le geste ou par la voix, et chargés d'observer. Une vedette est dite simple ou double suivant qu'elle comporte un ou deux cavaliers. La première est la plus usitée ; elle laisse généralement son cheval au poste qui Va détachée et fait son service à pied. Il est avantageux de recourir aux vedettes doubles pour faciliter les communications, quand le poste ne trouve pas moyen de s'installer dans le voisinage immédiat. Dans ce cas, les deux cavaliers qui composent la vedette conservent leurs chevaux ; l'un d'eux observe et l'autre patrouille aux alentours dans les parties dérobées du terrain, ou bien tous deux mettent pied à terre, et l'un tient les chevaux pendant que l'autre observe. Le jour, l'emplacement des vedettes est choisi de manière à leur procurer des vues étendues dans les directions dangereuses. Elles doivent satisfaire à deux conditions : voir et ne pas être vues. Les vedettes ne fument pas ; à pied, elles ont toujours l'arme prête à faire feu ; elles ne s'assoient et ne se couchent jamais. Elles ne rendent pas d'honneurs. On peut consulter, sur le rôle des vedettes dans l'ancienne armée, l'ordonnance du 1®^ juil. 1727 et le service dans les camps. Cavalerie et dragons (1755-66), enfin les prescriptions de de Brack dans ses Avant-postes de cavalerie léqère, réédités à Paris en 1 873.
VÉDIQUE (Linguist.) (V.'Inde).
VÉDRINES-Saint-Loup. Com. du dép. du Cantal, arr. de Saint-Elour, cant. de Ruines; 516 hab.
VÉE. Rivière du dép. de VOrne (V. ce mot).
VEEL. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Bar-le-Duc; 173 hab.
VEEN (Othon van), peintre hollandais (V. Venius).
VEEN (Martin van), dit Heemskerke, peintre hollandais (V. Heemskerke).
VÉGA (Astron.)(V. Lyre).
VÉGA. Rivière du dép. de VIsère (V. ce mot).
VEGA (Garcias Lâso de La), conquistador espagnol (V. Garcilaso).
VEGA (Louis de), explorateur suédois (V. Palander).
VEGA (L.-F. de La), sculpt. espagnol (V. Fernandez).
VEGA Garpio (Lope Félix de), poète espagnol, né à Madrid le 25 nov. 1562, de parents nobles, originaires de la vallée de Carriedo, mort à Madrid le 27 août 1635. Lope de Vega fit ses études à Madrid et à Alcalâ. Poète et auteur dramatique d'une précocité extraordinaire, il dictait des vers à cinq ans, avant de savoir écrire, et il composa sa première comédie, El verdadero amante, entre douze et treize ans. Il eut pour premier protecteur, dans cette période de son existence, l'évêque d'Avila, D. Jerénimo Manrique. Ses études terminées, après une escapade d'écolier à Ségovie, il revint à Madrid vers 1578 et s'y éprit d'une vive passion pour une dame dont le nom est resté inconnu. Il a raconté lui-même, en le poétisant, cet épisode amoureux, dans son poème dramatique de Dorotea. En 1582 eut lieu une première rupture entre les amants. Lope s'en fut à Séville et à Cadix, et servit sous les ordres du marquis de Santa Cruz dans l'expédition aux lies Tercères (Açores). De retour à Madrid en 1584, il y renoua ses relations avec Dorotea, mais une seconde rupture ne tarda pas à se produire, et Lope se maria cette année même avec don a Isabel de Ampuero Urbina y Cortijas, fille d'un regidor de la capitale. Vers cette époque parurent dans divers recueils de romances les premières poésies qu'il ait publiées. A cette même date également, il devint premier secrétaire du duc d'Albe, don Antonio Alvarez de Toledo y Beaumont. En 1585, à la suite d'une satire et d'un duel, il fut emprisonné, puis forcé de s'exiler à Valence où il trouva accueil dans un cénacle d'hommes de lettres distingués, parmi lesquels Guillén de Castro. En 1588, il s'engagea pour l'expédition projetée en Angleterre, et ce fut à bord du galion le San Juan qu'il écrivit son poème dans le genre de l'Arioste, La hermosura de Angelica, imprimé seu-
lement en 4602. Après le désastre de la Gran Armada, Lope revint à Cadix, puis à Tolède, où il reprit ses fonctions auprès du duc d'Albe. On l'avait laissé reparaître à la cour, lorsqu'une nouvelle satire lui valut un second exil à Alba de Tormes, exil pendant lequel il perdit sa femme (vers 4592) et sa fille Teodora, Tunique enfant qui subsistât de leur union. C'est dans la période 4592-96 que Lope de Vega paraît avoir écrit son Arcadia, roman pastoral en prose et vers, où sont racontées les amours du jeune duc d'Albe, di!>simulé sous le nom du berger Anfriso. VArcadia fut publiée en 4598, la même année qu'un poème épique sur le fameux Francis Drake, intitulé LaDragontea. Deux ans avant, il avait été poursuivi en justice pour liaison coupable avec une dame, probablement dofia Antonia ou Marcela Trillo de Armenta. Ce fut peut-être à cette occasion qu'il quitta le service du duc d'Albe. Il devint alors secrétaire du marquis de Malpica, puis (4598) d'un jeune seigneur protecteur des lettres, le marquis deSarria, qu'il accompagna à Valence en 4599, lors de la célébration des mariages de Philippe lïï et de Marguerite d'Autriche, et de l'infante Isabelle- Claire-Eugénie avec l'archiduc Albert. Lope composa pour cette circonstance un auto, intitulé Las bodas del aima con el amor divino, et des poésies commémoratives : Las fiestas de Dénia. Cette même année il publia son poème de San Isidro. Malgré une ordonnance qui, de 4597 à 4600, avait prohibé les comédies, la période de 4588 à 4600 fut pour Lope de Vega celle de ses plus brillants succès au théâtre. En 4600, il quitta le marquis de Sarria et se rendit à Séville auprès de son oncle, l'inquisiteur don Miguel del Carpio. C'est une époque agitée de sa vie. 11 réside tantôt à Madrid, tantôt à Tolède, tantôt à Séville. En même temps, il a une liaison amoureuse avec une dame qu'il a appelée Lucinda, et qui fut, ou dona Antonia Trillo qu'il avait déjà aimée, ou plutôt dona Maria de Lujan, et de ces relations naissent deux filles, Mariana et Angela (vers 4604-3). A la fin de 1603, il publia un roman d'aventures, en prose et vers, El peregrino en su patria, où sont intercalés quatre autos et les titres des 233 pièces de théâtre déjà composées par l'auteur. A cette époque, il se brouille avec Cervantes, avec lequel il devait se réconcilier plus tard, puis se brouiller de nouveau. En 4604 on le retrouve à Grenade, en voyage avec sa Lucinda; mais cette année même, il rompt avec elle et se marie avec dona Juana de Guarda y Collantes et se fixe à Tolède ou il devait résider jusqu'en 4640. De ce mariage naquit en 4 605 un fils, Carlos Félix, mort à sept ans ; mais à peine remarié, Lope avait noué ou renoué une liaison avec Maria de Lujan, qui en 1605 lui donna une fille, Marcela (entrée en religion en 4624 , morte en 1688), et en 4606 un fils, Lope Félix, mort adolescent en 4634. En 1604 parut la première partie des Comedias del famoso poeia Lope de Vega Carpio ; l'édition princeps, dont on ne connaît pas d'exemplaire, fut imprimée à Valence, et réimprimée Tannée môme à Madrid, Valladolid et Saragosse. En 4605 paraissait un recueil poétique. Rimas, où Lope avait inséré son Arte nuevo de hacer comedias en este tiempo, où il dit avoir écrit déjà 483 pièces de théâtre. C'est à cette même date, à l'occasion d'un voyage à Madrid, qu'il entra en relations avec le duc de Sessa, don Luis Fernandez de Côrdoba, Cardona y Aragon, relations bientôt converties en une étroite affection entre le poète et son protecteur et qui se poursuivirent jusqu'à la mort de Lope.
En 4609 paraît la seconde partie des Comedias et un poème épique en vingt chants : Jerusalen conquis tada. Vers cette époque le sentiment religieux semble se développer chez Lopo : en 4608, il est déjà familier du Saint- Office de l'Inquisition ; en 1640, il entre dans la Confrérie des Esclaves du Très Saint Sacrement; en 4614, il écrit ses premiers boliloquios amorosos de un aima a Bios, et un petit livre de prose et de vers sacrés, les Pastores