VEGA
de Belén, qui ne parurent qu'un an plus tard, expurgés par le Saint-Office ; à la même époque, il écrit la Venerocion de las reliquias, et en 4643 des Contemplativos discursos. Il était à un moment pénible de sa vie : en 4612 il avait perdu son fils Carlos ; au commencement de 4643 mouraient sa femme, dona Juana, et une fille nouvellement née, Feliciana, et malgré ces deuils, il lui fallait suivre la cour lors du voyage entrepris par Philippe m, en septembre, à TEscurial, à Ségovie, Burgos et Lerma, chez le duc, son ministre favori. En 4644, Lope résolut de se faire prêtre ; en mars il reçut les ordres mineurs à Madrid, puis alla recevoir les ordres majeurs à Tolède, et revint à Madrid. L'année suivante le duc de Sessa l'emmenait comme chapelain dans son voyage à la frontière de France pour y remettre Anne d'Autriche et recevoir Isabelle de Bourbon, destinée à l'infant don Philippe. Cependant Lope n'avait pas renoncé au théâtre. L'année même de son ordination, où il publiait des Rimas sacras, un de ses amis éditait la quatrième partie des Comedias et, en 4645, presque en même temps que deux Coloquios en l'honneur de la Vierge, le poêle imprimait la sixième partie de ses œuvres dramatiques. Il est à remarquer qu'il n'a pas paru, du moins dans une édition approuvée par Tau(eur, de troisième et de cinquième partie des Comedias.
En 4646, vers le 24-26 juin, Lope de Vega quitte subitement Madrid pour se rendre à Valence. Le prétexte apparent était d'y voir un de ses fils naturels, Fernando Pellicer, devenu franciscain sous le nom de Fray Vicente. Il semble bien qu'en réalité Lope allait rejoindre une actrice, qu'il appelait la Loca, peut-être Jerônima de Burgos, et qui revenait de Naples avec la troupe de comédiens du comte de Lemos. Ce fut sans doute un caprice passager, car à la fin de cette même année le poète, de retour à Madrid, contractait une liaison adultère, de notoriété publique, avec dona Marta de Nevares Santoyo, femme d'un petit propriétaire campagnard, Roque Fernandez de Ayala. Lope eut de dona Marta une fille, Antonia Clara, qui naquit le 4 2 août 4647. Dona Marta devint veuve en 1648-49 ;un peu plus tard, elle perdit subitement la vue et après avoir été folle quelque temps, elle mourut entre 4630 et 4633. Lope a raconté lui-même, avec quelques déguisements poétiques, Thistoire de ses amours avec Marta, qu'il a chantée sous le nom d'Amarilis, dans une églogue imprimée en 1633. Poète et littérateur jusque dans ses effusions amoureuses, lui-même autorisait sa fille Marcela à recueillir ses lettres à dona Marta et à les remettre au duc de Sessa qui récoltait avec un soin pieux tout ce qu'écrivait son ami et son protégé. Malgré celte conduite peu sacerdotale, Lope, grâce au duc, avait été nommé, en 1646, procureur fiscal de la chambre apostolique de l'archevêché de Tolède, et, tout en imprimant de 4617 à 4623 les parties sept à dix-neuf de ses comédies, il écrivait en 4617 le Triunfo de la Fé en los Reynos del Japon {pdirn en 1648). Juge des concours poétiques institués à Madrid en 1620 et 1622, en Thonneur de la béatification et de la canonisalion de saint Isidore, il publiait le recueil des pièces couronnées à la Jiista poética, la relation des fêtes et deux comédies de circonstance que lui-même avait composées : La ninez de san Isidro et La juventud de san Isidro. Entre temps, en 4621, il avait donné au public un poème en octaves en quatre chants, Filoména, accompagné de divers autres Rimas, prosas y versos. Puis, en 1623, c'était la Circe, con otras rimas y prosas, en 4624, el Orfeo, publié sous le pseudonyme de Juan Ferez de Montalban. En 1625 fut éditée la vingtième partie des comédies, la dernière parue du vivant de Lope. Cette même année, il entrait dans la congrégation des prêtres originaires de Madrid, destinée à secourir et à enterrer les ecclésiastiques pauvres, et dont il devint premier chapelain en 1628. Il composait dans la même période des recueils de poésies pieuses, les Triunfos divinos et