‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 394 sur 633 · VELARIUM — VELAZQUEZ · texte numérisé non relu

VELARIUM — VELAZQUEZ

poids, il necoiiYrail que les spectateurs et laissait les rayons du soleil pénétrer sur l'arène . La manœuvre en étant assez périlleuse, elle était confiée à des soldats de marine. Le velarium était ordinairement fait de laine, de lin, et à partir de César, de coton. On en vit aussi en soie brodée et rehaussée d'or. Le plus ordinairement, il était simplement teint en pourpre ou en safran. Le premier qui ait donné l'exemple de couvrir ainsi les théâtres fut Q. Catulus, en l'an 79 av. J.-C, lors des jeux qui furent donnés pour la dédicace du Capitole. Cette nouveauté fut si appréciée du peuple que l'usage s'en généralisa. Il n'était pas sans exception, toutefois, puisque l'affiche ne manquait pas de signaler comme un attrait de plus qu'il y aurait un velarium. Jules César fit plus encore : il voila tout le Forum et la Voie sacrée, depuis sa maison (la Regia, près de l'arc de Fabius) jusqu'au Clivus Capitolinus.

VELARS-suR-OucHE. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. (0.) de Dijon; 526 hab. Stat. dechem. de fer.

VELAS LATmAs. Ancien nom des W^s Mariannes Qf . cq mot).

VELAS CO (Acisclo -Antonio Palomino y), peintre espagnol (V. Palomino).

VELASCO (Don Bernardino-Fernandez de), diplomate espagnol (V. Câstille [Connétable de]).

VELASQUEZ de Cardenas (V. Cardenas v Léon).

VELATE (Col de) (V. Pïrénées, t. XXVII, p. 4015).

VELATES (Paléont.) (V. Nérita).

VELAUX. Com. du dép. des Bouches-du-Rhône, arr. d'Aix, cant. de Berre ; 789 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.~M. Huileries et savonneries.

VELAY. I. Géographie (V. Loire [Haute-]).

IL Histoire. — Aux époques gauloise et romaine, la capitale du Velay était Revessio (ou Saint-Paulien) ; ce n'est qu'au v® siècle après l'invasion des Barbares que Anicium (ou Le Puy) remplaça Revessio. Les habitants, les Vellaurii, étaient de même souche que les Arvernes. Le Velay gravita vers le Languedoc et non vers l'Auvergne : au xii^ siècle, les comtes de Toulouse en furent suzerains ; la souveraineté directe appartenait aux évêques du Puy qui la défendaient difficilement contre les barons d'alentour, tels que les vicomtes de Polignac. En 1271, le Velay fut rattaché à la couronne avec le Languedoc, gardant jusqu'à la Révolution ses Etats particuliers.

BiBL. : Fr. Mandet, Histoire du Velay ; Le Puy, 1860. — P. Le Blanc, Auvergne et Velay, Variétés liist'oriques et biographiques ; Le Puy, 1885.

VELAZQUEZ Rodriguez de Silva (Diego), peintre espagnol, né à Séville en 1599, mort à Madrid en 1660, 11 était issu d une famille noble, d'origine portugaise, mais étabhe déjà depuis un siècle à Séville. Après avoir étudié quelque temps les lettres, Velazquez manifesta son désir d'être peintre ; ses parents ne s'y opposèrent point. Il entra donc comme élève dans l'atelier de Herrera le Vieux oii il ne resta que peu de temps, rebuté, disent les biographes, par les rudesses et les violences du maître. Il reçut ensuite les leçons de Pacheco, l'auteur de VArte de la pintura, dont l'enseignement dogmatique, timide et mesuré, était tout le contraire de celui du fougueux Herrera. Mais l'élève sut de bonne heure faire preuve d'indépendance et d'initiative. Il n'écouta point son maître qui n'avait d'autre idéal que l'imitation du style des Italiens, et se traça un plan d'études qu'il suivit rigoureusement. Il ne dessina et ne peignit qu'à l'aide du modèle et de l'observation directe de la nature. De là ce rendu httéral et serré qu'on remarque dans ses premières études : nature morte ou figures d'expressions variées. Divers musées conservent (juelques-uns de ces essais, bien hésitants encore, où le jeune artiste s'efforce uniquement de traduire ses modèles dans leur plus étroite vérité textuelle. Puis vinrent les premières compositions. Elles apparaissent de 1618 à 1623 : c'est V Adoration des rois, du musée du Prado, datée 1619, rappelant Rîbera par la dureté de l'effet et par l'opacité des ombres ; c'est le Vendeur d'eau, VAguador

de Séville, donné par Ferdinand VII à Wellington, et ce sont encore: une Vieille femme faisant frire des œufs, de la collection Francis Cook ; Jésus chex> Marthe, à la National Gallery ; les Pèlerins d'Emmaûs, Saint Pierre, un Vendangeur, appartenant à divers amateurs espagnols. Toutes ces peintures, sèches et dures d'exécution, sont autant d'œuvres de la jeunesse inexpérimentée de l'artiste ; il y faut noter surtout l'introduction comme modèles préférés des types populaires et familiers, choix qui convenait si bien à son tempérament réaliste, déjà tout épris de vérité. En 1618, Pacheco, pressentant sans doute le grand avenir réservé à celui qu'il appelait complaisamment son élève, lui donnait sa fille en mariage, alors que Velazquez n'avait que dix-neuf ans. De cette union, qui fut heureuse, naquirent deux filles. La plus jeune mourut en bas âge ; l'aînée devint plus tard la femme du peintre Mazo, l'élève préféré de Velazquez.

Sur les conseils de son beau-père, le jeune maître entreprit, en 1622, de se rendre à Madrid. Patronné par le chanoine Fonseca, ami de Pacheco, qui occupait une charge de cour, il fut présenté au comte-duc d'OHvarès, le favori et tout-puissant ministre de Philippe IV. Celui-ci demanda au roi d'accorder à son protégé l'honneur de faire son portrait. Mais un déplacement de la cour ne permit pas que cette démarche eût une suite immédiate. Velazquez employa alors ses loisirs à étudier les riches collections royales, visita TEscurial et Tolède, et fit quelques portraits, notamment celui du célèbre Gong or a, que lui demandait son beau-père. Il retourna ensuite à Séville où bientôt vint le chercher l'ordre pressant du comte-duc de rejoindre la cour à Madrid. Le portrait de Fonseca, qu'il fit d'abord comme essai, plut beaucoup au roi qui voulut bien demander à Velazquez de le peindre à cheval. Ce portrait, détruit par quelque incendie au palais, fut exposé publiquement tout un jour sur les marches de l'église San Felipe el Real et fut fort loué et admiré des courtisans et des connaisseurs. Une étude représentant le roi en buste, portant une armure d'acier bruni traversée d'une écharpe rose et où le jeune monarque ne paraît pas avoir plus de dix- huit ans, fait partie du musée du Prado et servit, croiton, pour l'exécution définitive de ce portrait équestre. Une autre représentation du roi, peint en pied, vêtu de noir et tenant une lettre à la main existe au même musée, qui permet de voir quels progrès Velazquez avait déjà accomplis depuis son départ de Séville. Au portrait du roi succéda celui de V Infant don Carlos; l'un et l'autre sont de la plus haute tenue, très phy^ionomiques et d'une grande distinction. Ces beaux portraits, exécutés de 1623 à 1625, enchantèrent PhiHppe IV, qui confirma la nomination de l'artiste dans son titre de « peintre de la Chambre » et lui assigna de nouveaux, mais encore bien modestes émoluments, supérieurs cependant à ceux des autres peintres attachés à sa personne. Jaloux de cette faveur naissante, ceux-ci prétendh'ent que Velazquez n'était point apte à entreprendre de grandes compositions et n'était capable que de peindre des tètes, des portraits. Philippe, prêtant l'oreille à ses insinuations, imagina alors d'ouvrir un concours pictural entre Vicente Carducho, Eugenio Caxès, Angelo Nardi et Velazquez sur le sujet de l'expulsion, ordonnée par son père, des derniers descendants des Maures. Une charge d'huissier de la chambre devait être le prix du concours. Velazquez l'emporta de haut sur ses rivaux. Sa composition, conçue d'après le thème imposé et qui a péri en I734„dans l'incendie de TAlcazar, ne nous est connue que par la description qu'en a donnée Palomino. Aucun artiste ne s'avisa plus dès lors de discuter la supériorité de Velazquez, déjà en possession du privilège de peindre seul les personnes royales. Et ces portraits, à quelque époque qu'ils appartiennent, sont autant de pages historiques, tant il a apporté de justesse d'observation et d'intensité de pénétration à rendre les traits physionomiques de ces tristes descendants de Charles-Quint. Entre 1628 et 1629, Velazquez terminait cette célèbre

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