THEUX — THEVENOT
et prit une part active aux discussions constitutionnelles ; il appuya d'abord la candidature du duc de Leuchtenberg au trône de Belgique, puis celle du prince Léopold de Saxe- Cobourg. Il fit partie de la première législature comme représentant de Tarr. de Itasselt, et vit son mandat renouvelé sans interruption jusqu'à sa mort. Chef du parti catholique, il détint à plusieurs reprises les portefeuilles de l'intérieur et des affaires étrangères, et signa en cette dernière qualité le traité de i839 qui abandonnait définitivement à la Hollande une partie des provinces de Limbourg et de Luxembourg. Or le discours du trône avait annoncé que les droits de la nation seraient défendus « avec persévérance et courage». La volte-face du ministère, qui s'explique d'ailleurs par l'état de l'Europe à ce moment, fut accueillie en Belgique par une indignation générale, et de Theux fut obligé de se retirer quelque temps après. Il redevint ministre de l'intérieur en 1846- 1847, puis rentra dans l'opposition ; il siégeait enfin comme ministre d'Etat sans portefeuille dans le cabinet Malou, depuis 1871, lorsqu'il mourut. Orateur sobre, digne et doué d'un rare esprit de suite, de Theux était aussi un diplomate plein de réserve et d'habileté ; son autorité dans les débats parlementaires était très grande, ses adversaires le respectaient, et il exerçait sur son parti une influence d'autant plus réelle qu'il n'en abusait pas. E. H.
TH EVE. Rivière de France (V. Oise, t. XX, p. 310, et Seine-et-Oise, t. XXIX, p. 912).
THÉVENARD (Antoine- Jean-Marie, comte), amiral français, né à Saint-Malo le 7 déc. 1733, mort à Paris le 9 févr. 1815. Entré à quatorze ans dans la marine, il se fit remarquer de bonne heure par de remarquables travaux sur l'art naval, donna en 1757 le plan de frégates d'un nouveau type, qui furent très admirées, puis, vers la même époque, des deux premières canonnières construites en France, et, devenu en 1784, après avoir rapidement franchi tous les grades, chef d'escadre, puis élu en 1785 membre de l'Académie des sciences de Paris, succéda, le 16 mai 1791, comme ministre de la marine, à Flèurieu. Il résigna ces fonctions dès le 17 sept., mais il resta, pendant la Révolution, au service de la France et commanda successivement les ports de Brest, de Toulon et de Rochefort. En 1810, il entra au Sénat et reçut le titre de comte. En 1814, Louis XVIII l'appela à la pairie. Ses principaux écrits se trouvent réunis sous le titre : Mémoires relatifs à la marine (Paris, 1800, 4 vol.).
T H EVE NET (François-Marius), homme politique français, né à Lyon en 1845. Avocat renommé du barreau lyonnais, il devint député du Rhône en 1885. Membre du parti radical, il s'occupa beaucoup de questions de législation commerciale et industrielle et ne tarda pas à acquérir une grande influence. Le 22 févr. 1889, il devenait ministre de la justice et des cultes dans le deuxième cabinet Tirard et il prenait une part très importante à la répression du boulangisme. Réélu député le 22 sept. 1889, il perdit son portefeuille, lors delà chute du ministère le 17 mars 1890, et fut élu sénateur du Rhône en 1892, lors de l'attribution à ce département du siège de sénateur inamovible devenu vacant par la mort de Testelin. Au Sénat, il continua à s'occuper, avec autorité, des matières juridiques. Son attitude militante au cours de l'affaire Dreyfus fit qu'il ne fut pas réélu au renouveUement triennal de 1900.
THÉVENIN (Charles), peintre français, né à Paris en 1764, morten 1838. Elève de Vincent, il obtint, en 1791, le premier grand prix de peinture ; doué d'un flair remar quable, possédant au suprême degré le sens de l'actualité, qui lui vaudra, bien plus que son talent froid et guindé, la notoriété, la fortune et les honneurs, il expose en 1793 une Prise de la Bastille traitée avec la plus scrupuleuse exactitude ; le succès fut ce qu'il devait être, très grand, mais il s'adressait au sujet plus qu'à la peinture. Pendant plusieurs années, le jeune peintre exploite la mine féconde des tableaux populaires anecdotiques ; puis, le
vent ayant tourné, il tourne avec lui, se fait peintre militaire et expose, en 1798, Augereau au pont d'Arcole; cette toile fut achetée par la Convention qui l'offrit au général. Après une incursion dans la peinture académique, revenu au genre militaire, il donne : le Passage du mont Saint-Bernard, composition sans grande valeur, mais qui, flattant Napoléon, est admirée par ordre et remporte en 1810, également par ordre sans doute, le prix décennal ; les Apprêts du passage du mont Saint- Bernard; la Bataille d'iéna; l'Attaque et la Prise deRatisbonne. La rentrée des Bourbons surprit le peintre au moment où il allait exposer la Reddition d'Ulm, qui figure aujourd'hui à VersaiUes ; il s'empressa de cacher la toile en son grenier et glorifia les Bourbons comme il avait glorifié Napoléon après avoir glorifié le peuple ; il fut fait membre de l'Institut en 1825, après avoir obtenu toutes les récompenses. Il éprouva le plus piteux des échecs lorsqu'il exposa, en 1827, sa grande toile V Audience donnée par Henri IV aux professeurs du Collège royal après la reddition de Paris ; malgré cela, Thévenin fut nommé conservateur des estampes à la bibliothèque Richelieu et on lui confia la décoration d'une chapelle à Saint-Etienne du Mont. Jules Mazé.
THEVENIN (Jeanne-prançoise), comédienne française (V. Devienne).
THEVENOT (Melchisédech), voyageur français, né à Paris vers 1620, mort àlssy le 29 oct. 1692. Il fit quelques voyages en Europe, se rendit à Gênes avec une mission oflicielle (1645), assista au conclave à Rome en 1652, fut nommé garde de la Bibliothèque du roi en 1684, et put donner cours à ses goûts qui le portaient à entretenir des relations avec les explorateurs des régions lointaines ; il continua de recevoir chez lui les savants qui se réunissaient chez Montmor. C'est dans ces réunions que prit naissance l'Académie des sciences. Il a rassemblé, dans ses publications, les renseignements provenant, tant de ses recherches personnelles que des conversations qu'il avait recueillies ; il a fait imprimer les Relations de divers voyages curieux, compilées d'après des auteurs européens et orientaux, avec cartes géographiques et figures d'histoire naturelle (Paris, 1663-72, 4 parties en 2 tomes in-fol.), complétées après sa mort au moyen d'une cinquième partie qu'il avait préparée ; Piecueil de voyages (Paris, 1681 , in-8); une dissertation sur VArt de nager (Paris, 1695, in-8) est une publication posthume. Le catalogue de sa bibliothèque a été imprimé à Paris en 1694. Cl. Huart.
THEVENOT (Jean de), voyageur français, né à Paris le 16 juin 1633, mort àMianèh, en Perse, le 28 nov. 1667 ; neveu du précédent. Après avoir visité successivement l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne et l'Italie, il se rendit à Constantinople, en partit le 30 août 1656 pour parcourir l'Asie Mineure, se rendit ensuite en Egypte, remonta le Nil de Rosette à Boulak, fut dépouillé, au retour d'une excursion aux environs de Suez, par des pirates arabes et maltais, puis, se sentant fatigué, il rentra en Italie sur un vaisseau anglais qui sortit vainqueur d'un combat contre trois corsaires espagnols. Reparti de Paris le 16 oct. 1663, il s'embarqua à Marseille, passa par Saïda, Damas, Alep, Mossoul, descendit le Tigre jusqu'à Bagdad, séjourna cinq mois à Ispahan, visita Bender-Abbas , Chiraz et Persépolis, navigua de Bassora à Surate, et parcourut l'Inde (1666). Il retourna à Ispahan l'année suivante pour rentrer en Europe par l'Arménie et l'Asie Mineure; sa santé, déjà fort ébranlée, s'altéra complètement en Azerbaïdjan; il se traîna jusqu'à Mianèh, entre Tébriz et Téhéran, où il mourut. Il savait les langues orientales, et on lui attribue l'introduction du café en France. On a de lui un Voyage au Levant (Paris, 1664 et 1665, in-4); suite du même voyage ; Voyage contenant la relation de VHindoustan (1684, in-4). Après sa mort, le sieur deLuisandre et François Pétis firent paraître les Voyages de M. Thévenot, tant en Europe qu'en Asie et en Afrique (Paris, 1689, 5 vol. in-12 ; Amsterdam, 1705, 1723 et 1725). Cl. Huarï.
THÉVENOT ^ THIANT
THEVENOT (Coulon de), tachygraphe français (V. Coulon).
THÉVENOT d'Aunet (Léonie-Denise-Marie), femme de lettres française (V. Burd [M"'^]).
THÉVENOT DE MoRANDE, pamphlétaire (V. Morânde).
THEVESTE (V. Tebessa).
THEVET-Saint- Julien. Corn, du dép. de l'Indre, arr. et cant. de La Châtre ; 993 hab.
THÉVET (André), voyageur et écrivain français, né à Angoulême en 4502, mort à Paris le 23nov. 1590. Entré jeune dans l'ordre des cordeliers, il obtint de ses supérieurs, en 1549, l'autorisation de visiter l'Italie, passade là à Constantinople, puis parcourut l'Asie Mineure, la Grèce, la Terre Sainte, et, de retour en France en 1554, repartit dès l'année suivante pour le Brésil, où il ne demeura que quelques mois. Il devint par la suite aumônier de Catherine de Médicis, puis fut nommé, avec des appointements considérables, historiographe et cosmographe du roi. Il a laissé de nombreux ouvrages : Cosmographie du Levant (Lyon, 1554; plus, édit.); les 5mgularités de la France antarctique (Paris, 1556 ; plus, édit.) ; Cosmographie universelle (Paris, 1571, 2 vol.); Vrais portraits et vies des hommes illustres (Paris, 1584, 2 vol.; 2^ éd., 1670, 8 vol.); Cosmographie moscovite, édit. par le prince A. Galitzin (Saint-Pétersbourg, 1858), etc. La plupart de ces écrits sont émaillés de grossières erreurs, qui ont fait taxer leur auteur de mauvaise foi ou d'extrême crédulité. C'est le P. Thévet qui a introduit en France, en 1556, le tabac (V. ce mot, t. XXX, p. 821).
THEVETIA. Genre de plantes Dicotylédones, de la famille des Apocynacées, dont l'espèce type, le Th, ahouai, est un arbrisseau du Brésil, à suc laiteux et très vénéneux. Les graines fournissent, par expression, une huile limpide, incolore, d'une saveur analogue à celle de l'huile d'amandes fraîches. Elle n'est pas toxique. Du tourteau, on a retiré un glucoside, la thévétine, ayant pour formule C^'^H^^O^^. C'est une poudre blanche, cristalliline, inodore, de saveur très amère, soluble à 14** dans 122 parties d'eau, dans l'alcool, l'acide acétique cristallisable, insoluble dans l'élher. L'acide sulfurique concentré la dissout en se colorant en rouge brun, puis en violet. Les acides dilués la dédoublent en glycose et en thévérésine r/^H'^0^~, poudre blanche, amorphe, peu soluble dans l'eau bouillante, soluble en forte proportion dans l'alcool. Lathévétine et la thévérésine sont des poisons narcotiques fort énergiques.
THÉVÉTINE(V. Thevetia).
THEVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Cherbourg, cant. de Saint-Pierre-Eglise ; 350 hab.
THEVRAY. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Bernay, cant. de Beaumesnil ; 442 hab.
THEWREWK (Emile de Ponor), savant hongrois, né à Pozsony le 10 févr. 1838. Il fit ses études à Pest et devint professeur au lycée de Bude; nommé, en 1872, à la chaire de philologie latine de l'Université de Budapest, il représente depuis trente ans les études latines en Hongrie. Un grand sens critique s'allie chez Thewrewk à la maîtrise de la forme. Après avoir donné quelques travaux sur la langue magyare (A helyes magyarsdg elvei) et des traductions en vers, notamment celle d'Anacréon, Thewrewk se consacra tout entier à l'édition de Festus dont le premier volume, contenant le texte, remplace d'ores et déjà l'édition d'Osfried Miiller {Sexti Pompei Festi de verborum significatu quœ supersunt cum Pauli epitome; Budapest, 1889). Le second volume donnera l'appareil critique. En attendant, Thewrewk a publié le facsimilé du manuscrit de Naples, sous le titre: Codex Festi Farnesianus XLII tabulis expressus (Budapest, 1893). On lui doit également l'édition de la grammaire tzigane de l'archiduc Joseph : Bomano csibakéro sziklaribe (1888) et de nombreux articles dans la Revue philologique hongroise qu'il fonda, avec Heinrich, en 1877. J. K.
THEY. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Vezelise ; 36 hab.
THEY-sous-MoNTFORT. Com. du dép. des Vosges, arr. de Mirecourt, cant. de Vittel ; 300 hab.
THEYS. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. de Goncelin ; 1.933 hab.
THÉZA. Com. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. et cant. (E.) de Perpignan ; 383 hab.
THÉZAC. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saintes, cant. de Saujon ; 450 hab. Restes d'une église du xii® siècle (mon. hist.). Quatre châteaux.
THÉZA RD (Léopold), jurisconsulte et homme politique français, né à Dissais (Vienne) le 22 juin 1840. Entré en 1865 dans l'enseignement du droit comme agrégé chargé de cours, il a été nommé, en 1871, professeur titulaire de code civil à la Faculté de Poitiers. Par deux fois maire de cette ville (de 1881 à 1888 et de ^895 à 1897), Thézard est sénateur républicain de la Vienne depuis le 4 janv. 1891, son mandat lui ayant été renouvelé aux dernières élections du 28 janv. 1900. On lui doit, outre de nombreux opuscules et articles de législation : Répétitions écrites sur le droit romain (1864 à 1880, 4 édit. in-18) ; Traité des privilèges et hypothèques (188i, in-8) ; Jeanne d'Arc, tragédie (Poitiers, 1891, in-12), etc.
THÉZAC. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Tournon-d'Agenais ; 353 hab.
THÉZAN. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Narbonne, cant. de Durban ; 891 hab.
THÉZAN-lès-Béziers. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Murveil ; 1.521 hab.
THÈZE. Rivière du dép. du Lot (V. ce mot, t. XXÏt, p. 577).
THEZE. Ch.-l. de cant. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau ; 502 hab.
THÉZÉE. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. deBlois, cant. de Saint-Aignan ; 1.389 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.
THÉZEY-Saint-Martin. Com. du dép. de Meurthe-et- Moselle, arr, de Nancy, cant. de Nomeny ; 351 hab.
THÉZIERS. Com. du dép. du Gard, arr. de Nîmes, cant. d'Aramon ; 552 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
THÉZILLIEU. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Belley, cant. de Haute ville; 621 hab.
THIAIS. Com. du dép. de la Seine, arr. de Sceaux, cant. d'Ivry-sur-Seine ; 2.771 hab.
THIAN-Chân. Montagne de l'Asie centrale (V. Asie et Turkestan).
THIANCOURT. Com. du territ. de Belfort, arr. de Belfort, cant. de Délie ; 162 hab.
THIANGES. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Nevers, cant. de Decize ; 449 hab.
TH I ANGES (La Marquise de), fille aînée du duc de Mortemart, sœur du duc de Vivonne, de l'abbesse de Fontevrault et de M^"® de Montespan. Mariée en 1655 au marquis de Thianges, elle l'abandonna pour vivre seule, dès que M"^^ de Montespan fut devenue officiellement favorite. Elle vécut jusqu'à sa mort, entourée d'honneurs : « Les enfants du roi et de sa sœur, écrit Saint-Simon, la visitaient continuellement, ainsi que tout ce qui était de plus distingué à la cour... Elle ne mourut qu'en 1693, dans un magnifique logement de plain-pied et contigu à celui de Monseigneur ». Plus qu'aucune autre, elle a rendu célèbre au xvii^ siècle l'esprit à la Mortemart : « On prétend, dit encore Saint-Simon, qu'elle avait encore plus d'esprit que M"^*^ de Montespan... C'était la personne du monde qui demeurait le moins court, qui s'embarrassait le moins et qui, très souvent, embarrassait le plus la compagnie ». Elle eut trois enfants. M'"® de Nevers, M""^ Sforce et le marquis de Thianges.
THIANT. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. deValenciennes, 1.789 hab.
THIARD — THtBAUDIN
THIARD DE BissY (Henri Pons de), prélat français, né au château de Pierres, en Bourgogne, en 1657, mort en 1737. Il commença ses études au collège des jésuites de Dijon, puis vint à Paris et fut reçu successivement licencié et docteur en théologie à la Sorbonne. S'étant signalé par des prédications contre les protestants de Metz, il fut nommé, en 1687, évêque de Toul. Ses démêlés dans son diocèse avec le duc de Lorraine appelèrent sur lui les faveurs du roi. Après avoir refusé, en 1697, l'archevêché de Bordeaux, il reçut, en 1704, l'évêché de Meaux et l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Le cardinalat lui fut conféré en 1715, et, en 1724,1e roi lui donna le Cordon bleu. Ennemi déclaré du jansénisme et partisan résolu des doctrines ultramontaines, il a été couvert d'éloges par ses amis et violemment attaqué par ses adversaires. Ses écrits sur la bulle Unigenitus durent être tenus secrets et placés sous scellés aussitôt après sa mort, comme contraires aux lois de l'Etat. On a de lui des Mandements et des Instructions pastorales, un Traité théologique adressé au clergé du diocèse de Meaux (1722), et quelques autres opuscules. C'est le cardinal de Bissy qui fit bâtir, à Paris, le marché Saint-Germain.
BiBL. : Calmet, Histoire de Lorraine, t. lîl. — ToussAiNT-DuPLESSis, Histolre de l'Eglise de Meaux, t. I. — Seguy, Oraison funèbre du cardinal de Bissy ; Paris (1737).
THIASOS (Antiq. gr.) (V. Dionysos).
THIAT. Com. du dép. de la Haute-Vienne, arr. de Bellac, cant. du Dorât; 747 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.
THIAUCOURT. Ch.-l. de cant. du dép. de Meurtheet-Moselle, arr. de Toul; 1.265 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
THIAUDIÈRE (Edmond), littérateur français, né à Gençay (Vienne) le 17 mars 1837. Descendant d'une famille poitevine alliée à celle de Voltaire, il fut reçu avocat en 1857 par la Faculté de Poitiers, mais n'a jamais exercé. Collaborateur sous l'Empire de divers journaux littéraires et politiques et fondateur en 1876 de la Revue des idées nouvelles, il a publié des poésies : Sauvagerie (1866, in- 18) ; les Légendes bouddhiques (1875, in-18) ; des romans : V Apprentissage de la vie (1861, in-18); Un Prêtre en famille {\S6Â!, in-18); la Petite-Fille du curé (1880, in-18); la Maison fatale (1883, in-18); des allégories et satires politiques présentées comme des traductions d'auteurs futiles anglais et allemands, telles que : la Dernière Bataille (1873) ; Voyage enBubaterbro, au pays des jolis bœufs (1874, in-18); Voyage de lord Humour dans Vile de Servat-Abus en pays des Rétrogrades (4876, in-8), enfin divers recueilsde pensées sous le titre collectif de Notes d'un pessimiste, la Proie du néant (1885, mA6);la Complainte de l'être {iSS9, in-32) ; la Décevancedu vrai (1892, in-32) ; la Soif des justes (1897, in-18); V Obsession des désirs (1898, in-32) ; la Fierté du renoncement (1900, in-32). M.Tx.
THIAUDIÈRE de Boissy (V. Botssy).
THIAVILLE. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville. cant. de Baccarat; 593 hab. Stat. du chem de fer de l'Est
THIBAUD. Rois de Navarre (V. Navarre, t. XXIV, p. 857).
THIBAUD EAU (Antoine-Clair, comte), homme politique et historien français, né à Poitiers le 23 mars 1765, mort à Paris le 8 mars 1854. Avocat au présidial de Poitiers (1787), il accompagna son père, nommé député aux Etats généraux, puis, en oct. 1789, revint à Poitiers établir un club ; la garde nationale de sa ville le délégua à la fédération de 1790. Procureur-syndic en 1791, il fut élu, le septième sur huit, représentant de la Vienne à la Convention. H vota la mort de Louis XVI, sans appel et sans sursis, et suivit en génénéral la politique des montagnards. Le 10 mai 1793, il est nommé, avec Creusé, représentant en mission près l'armée de La Rochelle. Il détourna son département de
prendre part au mouvement girondin. De retour à Paris, il publia, de concert avec Bourdon de La Crosnière : Recueil des actes héroïques et civils des républicains français (Paris, an II et suiv.) : c'étaient des livraisons destinées à être lues en public les décadis. Dans le Comité d'instruction publique , il rendit des services, participa à l'organisation du Muséum d'histoire naturelle et du Musée des arts. Au 9 thermidor, il se prononça contre Robespierre. Lorsque les 73 furent rappelés, il fit ajouter à la liste le nom de Thomas Paine (2 juin 1795). Il montra de la fermeté, comme secrétaire de la Convention, contre les derniers montagnards de prairial et de germinal an III, mais d'autre part s'éleva contre les sections royahstes qui voulaient faire ajourner la constitution de l'an III et qui furent écrasées au 13 vendémiaire (V. ce mot). Trente-deux départements l'élurent aux Cinq-Cents ; il opta pour celui de la Vienne. Il dénonça Babeuf. Demeuré neutre au 18 fructidor, journée dont il connut les préparatifs, inscrit d'abord sur la liste des déportations, il en fut rayé par l'influence de Boulay (de la Meurthe) : Jl ne fut pas réélu en l'an VI. Complice du coup d'État de Brumaire, il fut nommé préfet de la Gironde, puis conseiller d'État; son opposition, quoique discrète, le fit éloigner ; il reçut la préfecture des Bouches-du-Rhône et le grade de commandeur dans la Légion d'honneur, dont il avait critiqué l'institution. Il prit part à l'élaboration des codes. Comte de l'Empire en 1809, il démissionna à la rentrée de Louis XVIII, siégea comme pair de France pendant les Cent-Jours et par suite fut proscrit. Il vécut à Prague, puis à Vienne (1819), apprit l'allemand à l'âge de cinquante ans, fut autorisé en 1823 à résider à Bruxelles. Presque ruiné, il publia pour vivre : Mémoires sur la Convention et le Directoire (Paris, 1824, 2 vol. in-8), puis : Mémoires sur le Consulat (Paris iS^6, in-8) : ouvrage qu'il développa sous le titre : le Consulat et VEmpire, publication interrompue par l'éditeur Cotta (d'Augsbourg), au bout de six volumes, et qui devint : Eistoire générale de Napoléon. . . (Paris, 1827 et suiv. , in-8), et enfin : le Consulat et l'Empire, de il 99 à iSiè (Paris, 1835, in-8, 10 vol.). Revenu d'exil après juil. 1830, pourvu de 6.000 fr. de pension comme ancien conseiller d'Etat, il publia dans les Mémoires de tous,., un article sur le Congrès de Rastadt (1834), un roman, la Bohême (1834), Histoire des Etats généraux (1843, 2 vol. in-8). Rallié d'avance, quoique obscurément, au second Empire, il mourut sénateur. Il a laissé de nombreux manuscrits, dont le plus important a été publié en 1875 sous le titre : Ma biographie; mes Mémoires (1765-1792), in-8. H. Monin.
BiBL. : QuÉRARD, France littéraire^ t. IX, p. 416. — Mémoires de Thibaudeau (V. l'art.).
THIBAUDIN (Jean), général français, né à Moulins- Engilbert (Nièvre) le 13 nov. 1822. Sorti de l'Ecole de Saint-Cyr dans l'infanterie (1843), lieutenant en 1847, capitaine en 1853, colonel en 1871, général de brigade en 1877, il fut nommé général de division en 1882. Il servit d'abord en Afrique, fit dans les chasseurs à pied la campagne d'Italie; pendant la guerre de 1870, il combattit dans le 2® corps de l'armée du Rhin, sous Erossard, à Forbach, à Rezonville ; fait prisonnier à Metz (sans avoir signé d'engagement, comme les Allemands le prétendirent plus tard), il s'échappa, fut nommé (sous le nom de sa mère, Comagny) général à titre auxiliaire, combattit avec Bourbaki, et, après le désastre de l'armée de l'Est, passa en Suisse (1®^ fév. 1871). Il commanda ensuite le 32® de ligne à Angers et, en 1877, la 20® brigade d'infanterie ; en 1879, il devint directeur de l'infanterie au ministère de la guerre; en 1882, il prit le commandant de la 6® division du 3^ corps d'armée à Rouen. Il remplaça (31 janv. 1883), dans le ministère Fallières, au ministère de la guerre, le général Billot qui n'avait pas voulu signer les mesures d'exclusion
THIBAUDIN -- THIELMANN
contre les d'Orléans; mais, dès le 5 oct. 1883, il démissionna après avoir refusé de s'associer aux excuses du gouvernement vis-à-vis du roi d'Espagne Alphonse XII, après les manifestations parisiennes contre celui-ci. Il resta en disponibilité jusqu'au 1^^ mars 1885, où il fut nommé membre puis président du comité d'infanterie ; le 28 déc. 1886, il devint commandant de la place de Paris et fut placé dans le cadre de réserve en nov. 1887, à la suite de l'affaire de la femme Limouzin; en 1888, il fut mis à la retraite. Battu aux élections de 1885 dans la Nièvre, avec un programme radical, il le fut encore à celles de 1889 contre Brisson, à Paris, où il se présentait comme candidat boulangiste.
THIBAULT. Comtes de Champagne (V. Champagne, t. X, p. 419).
THIBAULT (Anne -Alexandre-Marie), ecclésiastique et homme politique français, né à Ervy (Aube) le 8 sept. 1747, mort à Paris le 26 févr. 1813. Curé de Souppes près Nemours, ami de l'économiste Dupont (dit de Nemours), il fut élu par le clergé du bailliage de Nemours aux Etats généraux de 1789. Il fut au nombre de ceux qui opérèrent entre le tiers état et le clergé un rapprochement favorable aux idées nouvelles ; le 25 mai, il proposa un projet de conciliation que firent échouer les prélats. Après l'union des ordres (27 juin), il fit partie du comité ecclésiastique, fut nommé secrétaire de l'Assemblée (12 oct.), protesta contre le régime censitaire de l'éligibilité. Il prêta le serment civique et fut élu évêque (constitutionnel) du Cantal. Cette ferme conduite lui valut plus d'un brocard de la part des écrivains contre-révolutionnaires, et le nom de l'ex-curé de Souppes revient souvent dans les Actes des apôtres. Il représenta son département à la Convention, le premier de la liste. Il vota pour la réclusion de Louis XVI tant que durerait la guerre, et pour son expulsion à la paix. Suspect à la Montagne, incriminé par Couthon de fédéralisme, il abdiqua ses fonctions ecclésiastiques. Il se rallia au parti thermidorien, discourut contre Lebon et Carrier, prit part à la répression des insurgés de germinal an III, mais sans compromission avec les royaUstes. Député aux Cinq-Cents par le Cantal (an IV), puis par le Loir-et-Cher (an VII), il appuya le coup d'Etat du 18 brumaire, collabora à la constitution de l'an VIII et, devenu tribun, témoigna une indépendance de caractère qui le fit éliminer en 1802. Il termina sa vie dans la retraite. H. Monin.
BiBL. : Moniteur, réimpression, t. XXXI, pp. 486-488.
THIBAULT (Michel-René), acteur français (V. Daubray).
THIBAULT (Jacques-Anatole), littérateur français (V. France [Anatole]).
THIBAULT DE Laveaux (Charles), littérateur français (V. Laveaux).
THIBAUT, ducs de Lorraine (V. Lorraine, t. XXII, p. 560 et 561).
THIBAUT (Anton-Friedrich- Justus), jurisconsulte allemand, né à Hameln le 4 janv. 1772, mort à léna le 28 mars 1840. Il professa aux universités de Kiel (1798) et d'Iéna(1802), soutint contre Savigny la nécessité d'un droit civil unique pour toute l'Allemagne (1814), publia System der Pandektenrechts (léna, 1803, 2 vol.; 9® éd., 1843) et de nombreux ouvrages juridiques.
THIBERVILLE. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Eure, arr. de Bernay ; 1.250 hab. Tissages de rubans, de fil et de coton.
BiBL. : A. FouRNiER, Histoire du canton de Thiberville; Bernay, 1888.
THIBET. Région de l'Asie centrale (V. Tibet).
THIBIE, Com. du dép. de la Marne, arr. de Châlonssur-Marne, cant. d'Ecury-sur-Coole ; 223 hab.
THIBIVILLERS. Com. du dép. de l'Oise, arr. deBeauvais, cant. de Chaumont ; 223 hab.
THIBOUST (Lambert), auteur dramatique français, né en 1827, mort à Paris en 1867. D'abord comédien, lau-
réat de tragédie du Conservatoire, il joua à l'Odéon, puis en province. Mais sa carrière d'auteur dramatique est beaucoup plus importante : il a signé seul ou en collaboration plus de cent pièces, toutes représentées, pour la plupart des vaudevilles, où sa gaieté communicative et sa verve personnelle sont très reconnaissables. Théophile Gautier donnait sa vraie place à son œuvre aimable et légère en disant : qu' « Aristophane eût amicablement tiré l'oreille à ce garçon joyeux ». Sa première pièce, l'Hôtel Lambert, fut jouée le 5 mars 1848 à l'Odéon. En 1850, V Homme au petit manteau bleu eut du succès. Ses principaux collaborateurs sont : Leprévost, Clairville, de Courcelle, Th. Barrière, Siraudin, Paul de Kock, etc. Son plus grand succès fut les Filles de Marbre (en collaboration avec Théodore Barrière), drame en cinq actes joué au Vaudeville en 1853. Parmi ses innombrables bouffonneries, les plus désopilantes sont : la Mariée du Mardi gras, vaudeville en trois actes qui fit courir tout Paris au Palais-Royal en 1860, et les Diables Roses (1863). On lit encore un petit acte plein de cœur : Je dîne chez ma mère (1855). Lambert Thiboust, qui a éparpillé des dons heureux dans une production hâtive et facile, mourut subitement à quarante ans d'un accès de rhumatisme au cœur.
THIBOUVILLE. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Bernay, cant. de Beaumont-le-Roger ; 567 hab.
THIÉBAUMÉNIL. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. et cant. (S.) de Lunéville ; 404 hab.
THIÉBAUT DE Berneaud (Arsène), agronome français, né à Sedan le 14 janv. 1777, mort à Paris en 1850. Il se signala de façon toute particulière, bien qu'âgé alors de seize ans seulement, à la bataille de Kaiserslautern (1793), où il fut très grièvement blesse, et un décret de la Convention décida qu'il avait bien mérité de la patrie. A vingt ans, il se fit auteur, débuta par une Exposition du tableau philosophique des connaissances humaines (Paris, 1802), qui fut imprimée aux frais du gouvernement consulaire, puis voyagea en Italie et en Grèce, et, à son retour en France (1808), entra à la Bibliothèque Mazarine, où il était encore lorsqu'il mourut conservateur adjoint. A part l'ouvrage précité et un Voyage à Vile d'Elbe (Paris, 1808), traduit dans la plupart des langues, ses écrits, fort nombreux, ont presque tous porté sur l'agriculture.
THIÉBLEMÔNT-Farémont. Ch.-l. de cant. du dép. de la Marne, arr. de Vitry-le -François ; 305 hab.
THIÉBOUHANS. Com. du dép. du Doubs, arr. de Montbéliard, cant. de Maîche; 210 hab.
THIÉDEV1LLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Tôtes ; 208 hab.
THIEFFRAIN. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Barsur-Seine, cant. d'Essoyes; 249 hab.
THIEFFRANS. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Montbozon ; 294 hab.
THIÉFOSSE. Com. du dép. des Vosges, arr. de Remiremont, cant. de Saulxures-sur-Mozelotte ; 678 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
THIEL. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Moulins, cant. de Chevagnes ; 1.779 hab. Stat. de chem. de fer.
THIÈLE (AU. Zihï), Rivière de Suisse (V. ce mot).
THIELEN ou VAN THIELEN (Jean-Philip), surnommé BigoiUdts, peintre flamand, né à Malines en 1618, mort à Boisschot en 1667. Il fut élève de Rombouts et de Daniel Seghers. Il traita habilement les fleurs. Le roi d'Espagne lui fit des commandes. OEuvres à Anvers, Amsterdam, Lille, Madrid, Vienne, etc. Il eut trois filles, Anne- Marie, Françoise-Catherine et Marie-Thérèse qui l'imitèrent, la seconde avec un réel succès .
THIELMANN (Johann- Adolf, baron de), général prussien, né à Dresde le 27 avr. 1765, mort à Coblentz le 10 oct. 1824. Entré en 1782 dans l'armée saxonne, il combattit à léna contre et à Friedland pour les Français ; colonel en 1809, il tint tête aux Autrichiens en Saxe; lieutenant général (1810), il conduisit en Russie
THJELMANN — THIERRY
les cuirassiers saxons, se distingua à la bataille de la Moscova et fut fait baron. Gouverneur de Torgau, lorsqu'il reçut du roi de Saxe qui était resté neutre jusqu'alors, l'ordre de remettre la place à Napoléon (40 mai 4813), il donna sa démission et entra au service de la Russie pour laquelle il réorganisa, fin 4813, Tarmée saxonne; en avr. 4815, il passa au service de la Prusse. Mis à la tète du 3« corps, il arrêta à Wavre les forces de Grouchy et eut ainsi une part notable dans l'issue de la bataille de Waterloo. Il demeura commandant de corps d'armée prussiens. A. -M. B.
BiBL. : F. BÛLAU, Geheime Geschichten und rœlselhafte Menschen; Leipzig, 1864, t. X et XII. — Petersdorff, GeneralJ.-A. Thielmann,lS94.
THIELT. Ville de Belgique, ch.-l. d'arr. admin. de h Flandreoccidentale, arr. judiciaire de Bruges, à 27kil. S. de cette ville ; 40.000 hab. Stat. du chem. de fer deGand à Nieuport. Fabriques de coton, de laine, de lin ; fabriques et blanchisseries de toiles. Collège patronné. Thielt, qui est déjà qualifiée ville dans la charte de 4428, fut détruite une première fois par les Gantois en 4383, et de nouveau pendant les troubles politiques et religieux de 4575 à 4585. Les armoiries de Thielt sont : D'argent au chevron de gueules accompagné de trois clefs de sable posées en pal à la bordure dentelée de gueules.
THIEMBRONNE. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer, cant. de Fauquembergues ; 923 hab.
THIÉNANS. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Montbozon ; 449 hab.
THIÈNE (Saint Gaétan de) (V. Gaétan).
THIENNES. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (S.) d'Hazebrouck ; 4.049 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.
THIEPVAL. Com. du dép. de la Somme, arr. de Pé ronne, cant. d'Albert ; 276 hab.
THIËRACHE (La). La dénomination de Thiérache, qu*on retrouve dans un grand nombre de bourgades de Tarr. de Vervins (Aisne) : La Capelle-en-Thiérache, Chaourse-en-Thiérache, Origny-en-Thiérache, Saint-Michel-en-Thiérache , et de Farr. d'Avesnes (Nord) : Floyon-en-Thiérache, Tesnières-en-Thiérache, etc., s'applique à une petite région naturelle, à un pays de plateaux de formation secondaire situés sur les confins septentrionaux du bassin parisien et adossés au massif schisteux d'Ardenne. Les plateaux thiérachiens, où dominent les marnes crayeuses recouvertes d'abondants dépôts tertiaires, s'inclinent vers FO.-S.-O et sont drainés par les sources de la Sambre, de l'Oise supérieure et de ses affluents, le Thon et la Serre ; ils sont sillonnés dans tous les sens par des vallées profondes et généralement encaissées ; les bois, les herbages, les vergers, qui laissent peu de place aux cultures, révèlent un sol humide, et donnent aux paysages de la Thiérache une variété d'aspect et une fraîcheur de végétation qui contrastent avec les amples ondulations crayeuses et monotones des pays voisins, le Porcien, le Vermandois et le Cambrésis, couvertes de champs de céréales et de betteraves . L'exploitation des bois, les industries laitières, la culture des arbres à cidre, la vannerie, caractérisent l'économie rurale de la Thiérache ; dans ua certain nombre de bourgs, des filatures et des tissages de laine se rattachent au groupe industriel de Fourmies et à celui de Reims. Dans les premiers siècles du moyen âge, la Thiérache était connue par son immense forêt, la*" Tarascia ou Teorascia sylva^ mentionnée au ix® siècle, qui recouvrait toute la contrée, depuis lesspurçes de la Sambre jusqu'à la vallée de la Serre ; ses massifs épais se rattachaient du côté de l'Est à VArduenna sylva citée par César, et, du côté du Nord, à la Carbonaria sylva mentionnée par Grégoire de Tours. La forêt était traversée par la grande voie romaine de Reims à Bavay par Minaticum (Nizy-le-Comte), Catusiacum (Chaourse) et Verbinum (Vervins); elle fut successivement défrichée par les moines de Saint-Denis,
seigneurs de Chaourse, les bénédictins de Saint-Michel près d'Hirson, de Fesmy, les bernardins de Foigny, les prémontrés de Thenailles et de Clairefontaine, les chartreux du val Saint-Pierre, etc. Les plus importants lambeaux de cette antique forêt sont : la forêt de Nouvion et la haie d'Aubenton»
Le Theoracensis pagus, mentionné au vii^ siècle, désignait un pays, au sens géographique du mot, sans limites piécises, plutôt qu'une circonscription administrative fixe. On le T&iromQàm^Varckidiaconé de Thiérache^ au diocèse de Laon, qui comprenait les doyennés d'Aubenton, Crécy, Guise, La Fère et Ribemont. A l'époque féodale, la Tiéraisse, mentionnée dans la Chanson de Raoul de Cambrai, comprenait le duché de Guise, les comtés de Marie et de Ribemont, la baronnie de Rozoy-sur-Serre, et une partie de celle de Pierrepont, dont l'ensemble ne présentait pas la moindre unité géographique. La Thiérache fit partie du gouvernement de Picardie ; aujourd'hui, elle est morcelée en cantons qui sont partagés entre les trois dép. de l'Aisne, des Ardennes et du Nord. E. Chantriot.
BiBL : PiEïTE, Notice sur la Thiérache, dans BuHet. Soc. Académ. de Laon, t. I, ann. 1852. — Rogine, Notes sur la géologie de la Thiérache, dans la Thiérache, buUet. de la Soc. archéol. de Vervins, t. 1 à VI, passim. ann. 1873-1878. — Ardouin-Dumazet, Voyage en France, 20" série, chap. vi. — E. Chantriot, la thiérache^ dansAnn. de géogr.^ 15 mai 1901.
f HIERGEVILLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Valmont ; 602 hab.
TH I ERN U. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Marie; 216 hab.
THIERRI I à lY, rois francs (V. Mérovingiens).
THIERRI DE Harlem, peintre hollandais (V. Bouts).
THIERRY d'Alsace, comte de Flandre {y. ce mot).
THIERRY (Jacques-Nicolas- Augustin), historien français, né à Blois le 40 mai 1795, mort à Paris le 22 mai 1856. Son père, qui exerçait les fonctions de bibliothécaire de la ville de Blois, obtint pour lui une bourse communale au collège, où il étudiasurtout les sciences physiques et la langue allemande. En 1811, âgé de moins de dixsept ans, le jeune homme entra à l'Ecole normale où il étudia les mathématiques et la physique et devint bachelier es sciences. En oct. 1813, il fut envoyé comme régent de cinquième au collège de Compiègne, qu'il quitta pendant l'invasion pour venir se fixer à Paris, en 1814. Abandonnant l'Université, il s'attacha à Saint-Simon, dont il déclarait être l'élève et le fils adoptif et avec lequel il publia des ouvrages ou des articles de sociologie, de politique et d'histoire. En ^1847, il se brouilla avec le maître et l'abandonna tout à fait. Il entra comme collaborateur au Censeur européen. Pour combattre les théories des nobles et montrer l'inanité de leurs prétentions, il étudia hâtivement l'histoire de France et publia, de 1817 à 1820, une série d'articles réunis plus tard dans ses Dix ans d'études historiques. De juil. 1820 à janv. 1821, il écrivit, dans le Courrier français, des Lettres sur l* histoire de France, avec une hardiesse qui le fit congédier. Dès lors, Thierry se consacra exclusivement aux études historiques. En 4825, il publia la Conquête de l'Angleterre par les Normands. L'année suivante, il perdit la vue et vécut désormais dans la retraite, tristement, soigné avec sollicitude par son entourage, assisté d'amis dévoués. L'Académie des inscriptions lui accorda une pension en 1826 et le prit parmi ses membres en 1830. Thierry se rendit alors auprès de son frère Amédée, préfet de Vesoul, où il résida quatre ans et où il se maria. En 4835, il fit paraître les Récits des temps mérovingiens, dédiés au duc d'Orléans qui le fit nommer bibliothécaire du Palais-Royal. L'Académie lui décerna en 4844 le grand prix Gobert et le lui laissa toute sa vie, comme une sorte de majorât littéraire. Devenu veuf en 4844, il mena une vie encore plus monotone, pencha peu à peu vers la dévotion et modifia dans ses ouvrages les passages hostiles à l'Eglise catholique.
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