‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 40 sur 633 · TILLEMONT — TILLEUL · texte numérisé non relu

TILLEMONT — TILLEUL

TILLEMONT (Louis-Sébastien Le Nain de), historien français, né à Paris le 30 nov. 1637, mort à Paris le 40 janv. 4698. Son père, qui mourut quelques semaines après lui, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, était maître des requêtes au Parlement de Paris. Elevé à Port-Royal, il reçut la tonsure en 46o6, mais, par humilité sans doute, ne se laissa ordonner prêtre qu'en 4676. Les opinions jansénistes de Tillemont ne lui permirent point de travailler en parfaite tranquillité. Il vécut successivement à Beauvais, chez le chanoine Godefroi Hermant, ami du grand Arnauld; puis à Paris, avec son condisciple Thomas du Fossé, puis à la campagne près de Chevreuse ; de 4677 à 4679, nous le trouvons installé à Port-Royal des Champs ; enfin, après la dispersion des solitaires, il se retira dans le petit domaine de Tillemont, non loin de Vincennes. Quelques voyages, dont l'un fut consacré à visiter Arnauld en Hollande, interrompirent seuls l'uniformité du reste de sa vie. Usé par le travail et les austérités, il mourut à soixante ans, laissant des ouvrages appréciés par les savants. Si Tillemont n'a aucun souci d'art dans l'exposition, rebute parfois le lecteur par la rudesse de son style sec et incolore, du moins sa science profonde, l'honnêteté presque touchante de son érudition, lui garderont toujours un rang honorable parmi les historiens. Il a laissé une Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de l'Eglise (Paris, 1694-4738, 6 vol. in-4) ; des Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles avec une chronologie et des notes (Paris, 4693-4742, 46 vol. in-4); enfin une Vie de saint Louis. V Histoire ecclésiastique^ dont Tillemont avait commencé à s'occuper au sortir de l'adolescence, devait, dans la pensée de l'auteur, faire corps avec V Histoire des empereurs ; pour échapper aux tracasseries de la censure, il sépara les deux ouvrages, et, quand il eut trouvé un censeur moins exigeant, commença à publier les Mémoires, La Vie de saint Louis a été éditée seulement de nos jours, par J. de Gaulle, pour la Société de V Histoire de France (Paris, 4847-54, 6 vol. in-8). Ce patient érudit a laissé encore d'autres ouvrages inédits, entre autres, une Histoire des rois de Sicile de la maison d'Anjou; enfin, il a collaboré à plusieurs ouvrages de Godefroi Hermant, de Lombert et de Thomas du Fossé. Ch. P.-D.

BiBL. : Tronchay, Idées de la vie et de l'esprit de Le Nain de Tillemont ; l>iixncy, 1706, in-12 et Cologne, 1711, iii-12.

TILLENAY. Com. dudép. de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. d'Auxonne ; 440 hab.

TILLET(Du). Famille française, originaire de FAngoumois, dont les principaux personnages sont : Jean, sieur de La Bussière, mort à Paris le 2 oct. 4570, grelfier au Parlement de Paris, connu par ses publications, entre autres : Discours sur la majorité du roi (1560, in-4') ; Mémoires et recherches pour l'intelligence de Célat et les affaires de France (1577, in-fol.) ; Recueil des rois de France (1580, in-fol.) ; Sommaire de l'histoire de la guérite faite contre les Albigeoib (1590, in-12). — Jean, mort à Paris le 19 nov. 1570, frère du précédent, évêque de Saint-Brieuc (1553) et deMeaux (1564), auteur de divers traités de théologie et d'une Chronicon de regibus Francorum (1543, in-fol.). — Louis, frère des précédents, d'abord curé, se convertit au protestantisme, puis revint au catholicisme pour de nouveau se faire calviniste sous l'influence de Calvin avec qui il fut fort lié et entretint une Correspondance intéressante qu'on a publiée (Paris, 1850, in-8). — Guillaume-Louis, né le 20 févr. 4730, mort le 22 déc. 4794, évêque d'Orange (4774), député du clergé aux Etats généraux (4789), fut arrêté en 4793, à cause de sa fidélité à Louis XVI et fut maintenu en prison jusqu'au 27 sept. 4794.

TILLETIA (Bot.). Genre de Champignons Ustilaginés, à sporidées terminales verticillées, parasite de l'ovule du froment, auquel il se substitue sans altérer l'ovaire, dé-

terminant la maladie qu'on appelle la carie. Les branches du thalle qui remplissent l'ovaire de la plante infestée se couvrent d'innombrables rameaux courts et grêles dont chacun renfle son sommet en une spore sphérique à exospore réticulée. Les spores se confondent en une masse gélatineuse agglutinée jusqu'au jour où, la dessiccation survenant, elles se trouvent disséminées sous forme de poussière charbonneuse. Les spores conservent deux ans leur faculté germinative. On peut tuer cette dernière en immergeant une douzaine d'heures dans une solution de sulfate de cuivre à un 4/2 «/o les graines de céréales qui sont suspectes de contamination. On les remue plusieurs fois pendant ce temps, et on peut les semer ensuite après dessiccation. D^ Henri Fournier.

TILLETT (Benjamin), ^socialiste anglais, né à Bristol en 4859. Après avoir exercé divers métiers et avoir servi dans la marine militaire, puis dans la marine marchande, il s'établit dans les docks de Londres, et fort au courant des misères des travailleurs, forma la grande Union des Travailleurs des Docks, qui ne tarda pas à devenir une association florissante et qui joua un grand rôle dans les grèves. Candidat à Hradford pour la Chambre des communes en 4892 et 4895, il fut battu, mais à peu de voix, par les libéraux. Benjamin Tillett, une des personnahtés les plus curieuses du monde démocratique, ayant voulu étendre sa propagande aux travailleurs étrangers et organiser des grèves, notamment à Hambourg et à Anvers fut expulsé de ces deux villes après avoir subi quelques jours d'emprisonnement. [{, S.

TILLEUL (ra/a L.). I. Botanique. — Genre de la famille des Tiliacées, tribu desTiliées, com posé d'arbres élevés, à cime touffue. Les feuilles, pétiolées, ont un limbe dentelé, cordiforme, parfois oMiquement tronqué. Les fleurs en cyme trichotome ou en corymbc sont insérées sur un long pédoncule concrescent, sur environ la moitié de sa longueur, avec sa bractée axillante, de consistance membraneuse. Le calice est formé de 5 sépales pétaloïdes, libres. La corolle comprend 5 pétales libres en préfloraison imbriquée. Les étamines, au nombre de 25-80, sont groupées en 5 faisceaux opposés aux pétales; les anthères ont une déhiscence extrorse. L'ovaire, libre, sub-globu- IcLix, velu, est divisé en 4-5 loges bi-ovulées; le style unique se termine par 5 dents stigmatifères. Dans la suite du développement, les cloisons qui partagent l'ovaire en loges disparaissent et la plupart des ovules avortent, de sorte que le fruit mûr est uniloculaire et ne contient qu'une ou deux graines. On connaît une dizaine d'espèces de Tilleul disséminées dans l'hémisphère boréal des deux mondes.

Le Tilleul à grandes feuilles (T. grandifolia Ehrh. ; T. platijphylla Scop.) et le Tilleul s^'lvestre [T. silvestris Desf., T, ulmifolia Scop., T. parviftora Ehrh.) s'observent dans tous les bois de l'Europe jusque dans l'extrême Nord. En Hongrie et dans l'Europe orientale vit le Tilleul argenté {T. argentea Desf.). W. R.

II. Sylviculture. — Le Tilleul des bois, Tilia parvifolia Ehrh.,^ est un arbre de haute taille, s'élevanst jusqu'à 25 ou 30 m. La cime, très ramifiée, se couvre d'un abondant feuiUage, et, en été, de nombreuses fleurs jaunâtres, odorantes. Les feuilles sont petites, cordiformes, dentées sur les bords, glabres, vertes en dessus, glauques en dessous, avec de petits bouquets de poils roux aux aisselles des nervures, sur la face inférieure. Les fruits sont petits, globuleux, secs, gris, à côtes peu apparentes. Le Tilleul commence à fructifier vers sa vingtième année, et sa fructification est abondante chaque année. Ces fruits, employés à la multiplication du Tilleul, peuvent être semés à leur maturité, à la fin de l'automne, ou bien au printemps, après stratification dans le sable. Les graines gernient lentement et le plus souvent au bout d'un an. Le Tilleul vient dans tous les sols consistants, particulièrement dans ceux qui renferment du calcaire et qui sont frais ou même humides. Le bois de cet arbre est blanc ou légèrement rosé, homogène, fin, léger, tendre. ïl se travaille

TILLEUL — TILLO

et se coupe facilement en tous sens. Les menuisiers et les ébénistes, les sculpteurs et les tourneurs en font usage; ils l'emploient avantageusement pour les charpentes de meubles, pour faire des statuettes, des sabots légers, de menus ouvrages de tour. On en fait encore des tables d'harmonie, des articulations pour touches de pianos, des échelles légères, des crayons communs, des allumettes, de la pâte à papier. Il a le précieux avantage de n'être guère exposé à la vermoulure, de ne se gercer et déformer que très peu en se desséchant. Ce bois est un combustible médiocre, il flambe assez bien, mais en dégageant relativement peu de chaleur. Le charbon qu'il fournit est léger et peut servir au dessin comme celui du fusain. Ce charbon vaut presque celui de la bourdaine pour la fabrication de la poudre. Le Tilleul intéresse encore par un autre produit : son écorce. L'écorce, très riche en fibres textiles, sert à de nombreux usages. Comme producteur d' écorce, le Tilleul est cultivé en taiUis qu'on exploite à quinze ou vingt ans. Il se prête fort bien à cette culture, grâce à l'abondance et à la vigueur de ses rejets de souche. Au printemps, en temps de sève, on lève l'écorce en longues lanières qui peuvent être employées directement ou après leur division en lanières plus étroites. Ces lanières servent de liens pour les gerbes, pour les ballots de laine ou pour les caisses d'emballage. Le plus souvent, cependant, on traite l'écprce pour en extraire le liber textile. Les lanières, réunies en bottes, subissent dans l'eau une macération de plusieurs mois ; elles abandonnent ensuite facilement leur liber sous forme de rubans qui constituent la tille. Avec la tille on fait des cordes très solides, pour les puits et le halage des bateaux. On fait aussi, avec la tille, mais surtout en Russie, des nattes, des tapis, des paniers, des chapeaux, des chaussures, etc. Les fleurs, usitées en infusion, sont un menu produit du Tilleul : elles renferment du sucre, du tanin, de l'acide malique, de l'acide tartrique et sont parfumées par une huile essentielle. Le Tilleul est un arbre d'ornement, arbre aimé, arbre populaire que l'on trouve partout cultivé. Sans doute se laisse-ton séduire surtout par ses utiles fleurs d'une odeur si douce, car son feuillage a peu de durée, et c'est une grave imperfection chez un arbre d'ornement. Dans le Midi, il perd ses feuilles dès juin et juillet. On préfère souvent au T. à petites feuilles le T. à grandes feuilles ou T. de Hollande, Tilia platyphylla Scop., dont les feuilles, de même couleur sur les deux faces, sont mollement velues en dessous, avec des bouquets de poils blancs aux aisselles des nervures. Il a le même port que le T. à petites feuilles; ses fleurs sont encore plus parfumées, mais il a aussi le défaut de perdre ses feuilles trop tôt. On en cultive une variété curieuse, à feuilles découpées, connue sous le nom de T. à feuilles laciniées. Un autre Tilleul, originaire de Hongrie, le T. argenté, Tilia argentea Desf., se distingue à ses feuilles tomenteuses et blanches en dessous. C'est une fort belle espèce, très recherchée ; ses fleurs sont plus tardives et ses feuiUes sont plus durables que chez les autres Tilleuls. G. Boyer.

III. Paléontologie. — Le tilleul fait sa première apparition dans l'oligocène par des feuilles et des inflorescences. Son type polaire, T, Malmgreni Hr., correspondant au type de nos tilleuls actuels, était alors répandu au Groenland et au Spitzberg ; il reparaît en divers points de l'Europe à partir du miocène réiient, à côté de types divergents, T. expansa Sap., par exemple, venus d'ailleurs que du pôle ou nés sur place, et qui ont totalement disparu. A l'époque quaternaire, il atteint des latitudes de plus en plus méridionales. On a trouvé, entre autres dans les tourbières de l'Allemagne du Nord, du Danemark et du centre de la Russie, le T. platyphylla Scoi^., toujours dérivé du type polaire, et cela dans une région où il n'existe plus de tilleul aujourd'hui ; il s'agissait là d'une période interglaciaire, les glaces ayant déterminé des progrès et des reculs des flores. Le même T. platyphylla a également existé en Suède et en Norvège après la der-

CRANDE ENCYCLOPÉDIE. ~ XXXI.

nière époque glaciaire. Depuis, il a reculé peu à peu vers le S.

IV. Pharmacie. — On emploie les fleurs de tilleul (Tilia sylvestris et platyphylla) munies de leurs bractées. On en prépare une tisane par infusion à 40 7oo, et une eau distillée par distillation à la vapeur ; elle est employée comme calmant et contre les digestions difficiles.

V. Technologie (V. ci-dessus le § Sylviculture). BiBL. : Botanique. — Mouillefert, Traité des arbres

et arbrisseaux. — W. Russell, Recherches sur les bourgeons multipleSf dans Ann. des se. nat., 1892.

TILLEUL (Le). Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. du Havre, cant. de Criquetot-l'Esneval ; 527 hab.

TILLEUL-Dame-Agnès. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Bernay, cant. de Beaumont-le-Roger ; 177 hab.

TILLEUL-Lambert (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. et cant. (N.) d'Evreux; 174 hab.

TILLEUL-Othon (Le). Com. du dép. de l'Eure, arr. de Bernay, cant. de Beaumont-le-Roger; 307 hab.

TILLEUR. Localité de Belgique, arr. de Liège, àSkil. S.-O. de cette ville, sur la Meuse; 7.000 hab. Stat. du chem. de fer de Cologne à Paris. Hauts fourneaux, fonderies, aciéries, houillères, fabriques de produits réfractaires, fours à coke.

TILLEUX. Com. du dép. des Vosges, arr. et cant. de Neufchâteau ; 136 hab.

TILLIER (Claude), pamphlétaire et romancier français, né à Clamccy en 1801, mort à Nevers en 1844. Son père était un pauvre serrurier, lï fit lui-même ses études comme boursier au lycée de Bourges, puis il fut successivement maître d'études à Soissons et à Paris, sous-oflicier et maître d'école. En 1831, il se fit connaître comme pamphlétaire par une série d'articles publiés dans V Indépendant, journal d'opposition de Clamecy. Dès lors, sa réputation alla grandissant : les journaux de l'époque le comparèrent à Paul- Louis Courier, voire à Montaigne et à Rabelais ; en 1841 , il fut appelé à Nevers pour y diriger le journal T Association. Quand ce journal cessa de paraître, il entreprit deux nouvelles séries de pamphlets, mais il mourut jeune, avant d'avoir pu les achever. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Nevers en 1846; elles comprennent, outre ses pamphlets, quatre romans. Une seconde édition a* été donnée à Bruxelles en 1855. Claude Tillier est, en eff'et, plus lu et plus apprécié en Belgique qu'en France. De nos jours, on n'a pas encore rendu justice à son talent. Ses pamphlets mordants, alertes, toujours généreux, valent, ou peu s'en faut, les meilleurs pamphlets de Paul-Louis Courier, et ses Mémoires, inédits en partie, leur sont peut-être encore supérieurs. A. Bayet.

TILLIÈRES. Com. du dép. de l'Eure, arr. d'Evreux, cant. de Verneuil, sur TAvre ; 1.096 hab. Stat. de chem. de fer. Tréfilerie, constructions mécaniques. Eglise bâtie de 1535 à 154-6 en style Renaissance et décorée de sculptures mythologiques.

TILLIÈRES (Comtes de) (V. Cârrouges [Barons de]). TILLIERS. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Cholet, cant. de Montfaucon; 1.639 hab.

TILLO (Alexis-Andreievitch), général et géographe russe, né à Kiev le 25 nov. 1839. Elève de l'école d'artillerie Michel, il travailla à l'observatoire de Poulkova, dirigea la triangulation du territoire d'Orenbourg, explora ceux d'Ouralsk et de Tourgai, fit le nivellement de la mer d'Aral (1874), devint chef d'état-major du 1^^ corps d'armée (1883-94), puis général de division à Saint-' Pétersbourg. Il dirigea les études hydrographiques sur les origines des fleuves russes, a publié, en russe, sur le nivellement aralo-caspien (1877), sur l'hypsométrie de la Russie d'Europe (1881-96, texte et cartes), sur le magnétisme terrestre en Russie (1881-85), sur la répartition de la pression atmosphérique dans l'ancien continent (1890, atlas), des ouvrages appréciés; en français des

TILLO — TILSIT

Tables fondamentales du magnétisme terrestre (1890) et un Atlas des isonomales et variations séculaires du magnétisme terrestre (4896). A.-M. B.

TILLODONTIA (Paléont.). Ordre de Mammifères éteints renfermant des quadrupèdes très primitifs, plantigrades, à cinq doigts terminés par des griffes, à dentition complète avec des incisives semblables à celles des Rongeurs, les molaires supérieures à trois tubercules, les inférieures à deux crêtes transversales, le cerveau petit, presque lisse. Ces animaux, intermédiaires aux Onguiculés et aux Ongulés, ont vécu à l'époque éocène dans le N. des deux continents. Ils étaient de moyenne ou de grande taille, et leur régime était omnivore comme celui des ours. Ils comprennent les Tillodonta et les Tœniodonta de Cope. Les genres Esthonyx, Anchippodus, Tillotherium, Notostylops, Conoryctes, Stylinodon, Psittacotherium, Calamodon, Ectoganus, etc., prennent place ici.

TILLOLOY. Com. du dép. delà Somme, arr.de Montdidier, cant. de Roye ; 380 hab. Eglise de la Renaissance avec remarquable portail de 1535, beaux vitraux du XVI® siècle, tombes, etc. Château du xvii® siècle.

TILLOT (Guillaume-Léon du), marquis de Felino, homme d'Etat français, né à Rayonne le 31 mai 1711, mort à Paris en déc. 1774. Son père, chef de la garderobe du roi d'Espagne, le fit entrer dans les bureaux de Versailles ; il gagna la faveur de Ferdinand VI qui le donna pour intendant à son frère Philippe, quand celui-ci prit possession du duché de Parme (1749) ; malgré la sage administration de Tillot, Philippe s'endetta par suite des prodigalités de la duchesse Elisabeth, fdle de prédilection de Louis XV ; ce dernier paya les dettes et conseilla à Philippe de prendre Tillot comme ministre des finances : dans ce poste, celui-ci réalisa des réformes excellentes et soutint fermement la suprématie du pouvoir civil sur l'Eglise. Après la mort de Philippe (1765) qui Pavait nommé marquis de Felino, Tillot prit en main la direction de toutes les affaires et tâcha de marier le jeune duc Ferdinand avec Béatrice d'Esté, héritière du duché de Modène : la maison d'Autriche traversa ce projet et fit épouser à Ferdinand une archiduchesse (1789). Ferdinand, vivant dans la débauche, prit son ministre en aversion, et Louis XV dut le soutenir. Tillot continuait sa lutte contre Rome, chassait les jésuites, supprimant les monastères ou les soumettant à des règlements. Il fonda une Université qui devint bientôt une des plus célèbres d'Europe (avec Paciaudi, Rossi, Lesueur, Fourcaud, etc.). Mais la haine de Ferdinand obligea enfin Tillot à se retirer (1771) : les rois de France et d'Espagne le rappelèrent et nommèrent à sa place un Espagnol, Llano. Tillot eut à subir les outrages de la populace ameutée contre lui, et l'Université protesta en vain en sa faveur ; il reçut de Charles III un accueil brillant à Madrid, puis à Paris, où il se retira. La mémoire de « ce grand ministre d'un petit Etat » a brillé après lui d'un pur éclat. Ph. B.

TILLOTHERIUM (Paléont.) (V. Tillodontia).

TILLOTSON (John), prédicateur et théologien anglais, né en 1630, mort en 1694. Elevé dans les principes du plus rigide puritanisme, il défendit plus tard les principes de l'Eglise anglicane. D'abord vicaire dans le Herfordshire, puis recteur dans le Suffolkshire, il vint à Londres en 1664 et se fit une grande réputation d'orateur. Mêlé à la vie politique, U soutint le « bill d'exclusion » contre le duc d'York ; grâce à la révolution de 1688 dont il avait été un ardent partisan, il fut nommé doyen de Saint-Paul, puis archevêque de Cantorbéry(1691). Ses œuvres ont eu plusieurs éditions ; on consultera en particulier celle qui parut à Londres en 1752 (3 vol. in-fol.), précédée d'une biographie due à Th. Birch ; celle de 1757, en 12 vol. in-8, et celle de 1820, en 10 vol. in-8. -— Barbeyrac l'a traduit en français (Amsterdam, 1722 ou 1744, 7 vol. in-12). C. Schmidt.

TILLOU. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Chef-Boutonne ; 678 hab.

TILLO Y. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (0.) de Cambrai; 407 hab.

TILLOY. Com. du dép. du Nord, arr. de Douai, cant. de Marchiennes ; 336 hab.

TILLOY-et-Bellay. Com. du dép. de la Marne, ârr. de Sainte-Menehould, cant, deDammartin-sur-Yèvre ; 181 hab.

TILLOY-Floriville. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Gamaches ; 280 hab.

TILLOY-LÈs-CoNTY. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Conty ; 239 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

, Tl LLOY-lès-Hermaville. Com. du dép. du Pas-de- Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Aubigny ; 205 hab.

TlLLY-LES-MoFFLAiNES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. (S.) d'Arras ; 483 hab.

TILLY (Graine de) (V. Croton).

TILLY. Com. du dép. de l'Eure, arr. des Andelys, cant. d'Ecos; 305 hab.

TILLY. Com. du dép. de l'Indre, arr. du Blanc, cant. deBélâtre; 607 hab.

TILLY. Com. du dép. de la Meuse, arr. de Verdun-sur- Meuse, cant. de Souilly ; 435 hab. Stat. de chem. de fer.

TILLY. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Mantes, cant. de Houdan; 396 hab.

TILLY-Capelle. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Reuchin; 274 hab.

T1LLY-la-Campagne. Com. du dép. ^u Calvados, arr. de Caen, cant. de Bourguébus; 8i hab.

TILLY-sur-Seulles. Ch.-l. de cant. du dép. du Calvados, arr. de Caen; 957 hab. Eglise des xi^-xv^ siècles. Château du xvni^.

TILLY (Jean de t' Ssrclaes, comte de), homme de guerre belge, né à Tilly en févr. 1559, mort à Ingolstadt le 30 avr. 1632. Destiné d'abord à l'Eglise en sa qualité de cadet de famille, il fut bientôt séduit par la carrière militaire et servit tour à tour dans les troupes espagnoles, bavaroises et impériales. Les brillantes qualités dont il fit preuve dans plusieurs campagnes successives lui valurent d'être appelé au commandement suprême des armées de la ligue catholique. C'est en cette qualité qu'il remporta la sanglante victoire de Prague, le 8 nov. 1620. Vainqueur du margrave de Bade à Wimpfen, du duc de Brunswick à Hœchst et à Stadtloo, du roi Christian IV de Danemark à Lutter, il fut créé comte par l'empereur. En 1631, il dirigea le siège de Magdebourg, enleva la ville d'assaut le 10 mai et ternit sa gloire en permettant d'horribles massacres. Battu à Breitenfeld, le 1 7 sept. 1631 , par Gustave-Adolphe, il parvint cependant à chasser les Suédois de Bamberg, mais il subit une nouvelle défaite au passage du Lech et reçut une grave blessure dont il mourut peu de temps après. C'était un homme de guerre de premier ordre, brave et prévoyant à la fois, exécutant ses plans avec une vigueur et une rapidité qui déconcertaient l'ennemi, mais il n'était retenu par aucun scrupule d'honneur ou d'humanité, et sa réputation de cruauté implacable s'est perpétuée jusqu'à nos jours. E. H.

BiBL. : De ViLLERMONT, Tilly ou la guerre de Trente ans; Tournai, 1859, 2 vol. in-8. ~ Droysen, Gustav-Adolf; Leipzig, 1869-70, 2 vol. in-8. — L. von Ranke, Geschichte Wallenstein's; Leipzig, 1870.— Gindely, Geschchite des Dreizigjœhrigen Kriegs; Prague, 1870, 2 voL in-8. — Charvériat, Histoire de la guerre de Trente ans; Paris, 1878, 2voLin-8.

TILOS ou TELOS (turc Iliaki). Ile de l'Archipel, dépendant de la province turque des Iles (Djezairi), à 35 kil. 0. de Bhodes; 100 kil. q. ; 4.000 hab. C'est un rocher creusé de trois baies ; au fond de celle du N. est le ch.-l. Tilos, autrefois nommé Episcopi. Ce fut la patrie de Gélon, tyran de Syracuse ; au moyen âge, elle appartint aux chevaliers de Rhodes.

TILQUES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. et cant. (N.) de Saint-Omer; 1.226 hab. Sucrerie, distilleries de betteraves. Ancien château d'Ecoul.

TILSIT. Ville de Prusse, district de Gumbinnen, centre de la Lithuanie prussienne, sur la r. g. du Niémen, au con-

Page 1