‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 411 sur 633 · VENTILATION · texte numérisé non relu

VENTILATION

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gênants; afin d'éviter son mélange avec les gaz viciés, on profite du mouvement ascensionnel que ceux-ci tendent spontanément à prendre, en raison de leur légèreté relative . Le mouvement de ventilation doit donc s'effectuer de bas en haut, les orifices d'introduction étant placés aussi près que possible des individus et les bouches d'évacuation étant, au contraire, ménagées à la partie supérieure des locaux à ventiler.

La ventilation naturelle présente le grand avantage de coûter fort peu d'installation et de n'exiger aucune dépense de fonctionnement. Elle suffit, la plupart du temps, pour les locaux occupés par un petit nombre de pe sonnes, comme les appartements particuliers. L'ouverture des fenêtres la réalise le plus efficacement. Une fenêtre de 3 m. q. de section, dans laquelle l'air passe à la vitesse, très faible, de O^^^IO par seconde, donne, en effet, issue à plus de 4.000 m. c. par heure, renouvelant quinze fois, dans ce temps, l'air d'une pièce de 70 m. c. de capacité. Même les fenêtres et les portes fermées, il passe encore par les joints, qui ne sont jamais étanches, un volume d'air très appréciable, surtout s'il existe dans la pièce une cheminée, qui, même non allumée, contribue puissamment, par le courant qu'elle provoque, à l'évacuation. On a fait, d'ailleurs, l'expérience suivante : dans une chambre de 70 m. c. de capacité pourvue de deux fenêtres et de quatre portes, on a dégagé de l'acide carbonique jusqu'à ce que l'atmosphère en renfermât 0,07. Au bout d'une demi-heure, la ventilation naturelle par les fissures avait réduit cette proportion à 0,003. Le général Morin a constaté, de son côté, que, dans une pièce munie d'une cheminée sans feu, il y avait par heure une rentrée d'air de 246 m. c. correspondant à l'introduction de 5™°, 92 par mètre linéaire de joint. Les murs mêmes participent, par leur porosité, à l'aération. Toutefois, il est préférable, surtout dans les chambres à coucher sans cheminée, de laisser en tout temps la fenêtre ou celle d'une chambre voisine plus ou moins entrebâillée, et, s'il y a une cheminée, de n'en jamais baisser complètementla trappe. Les ?;z^r^5;?^r/br^'^5, imaginées par

Fig. 1. — Vitre perforée.

le D^ Emile Trélat, donnent aussi une ventilation excellente sans courant d'air. Ce sont des vitres de 3'^^^\5 d'épaisseur, percées, de 15 en 45 millim., de petits trous coniques de 3 millim. de section extérieure et de 6 millim. de section intérieure (fig. 4). Il suffit d'en munir la partie supérieure de chaque fenêtre. Les vitres doubles remplissent le même office : elles laissent entre elles un certain espace et sont incomplètes, la vitre du dehors ne descendant pas jusqu'en bas du châssis, ni la vitre du dedans jusqu'en haut, de façon à laisser circuler Lair. Signalons aussi les ventilateurs à ailettes automatiques qu'on dispose dans le haut des vitres ou dans le mur et qui tournent d'eux-mêmes sous l'action de la poussée de

l'air, empêchant celui-ci de pénétrer violemment. Un autre moyen encore, peu élégant, à la vérité, mais très pratique et peu coûteux, pour accroître la ventilation, consiste à remplacer une vitre du haut par une toile clouée , plus ou moins épaisse suivant la saison. Il est recommandé principalement pour les chambres de malades. Pour les grandes enceintes, où se réunissent, comme dans les salles de spectacle, un nombre considérable de personnes, la ventilation naturelle est procurée par un système de conduits coudés, dits conduits q, vent y qui amènent l'air pur (préalablement réchauffé, si besoin est) dans les parties inférieures, sous les pieds des spectateurs, par exemple, et de gaines d'évacuation, qui, s'ouvrant près du plafond, débouchent au-dessus des toits. Si l'appel n'est pas suffisant, on l'augmente au moyen de ventilateurs mécaniques (V. ci dessous) aspirants ou souftlants. Sur les navires, l'aération de l'entrepont est obtenu au moyen des manches à vent (V. ce mot).

La ventilation par cheminée chauffée est très active, surtout l'hiver, la différence de densité considérable entre l'air chaud qui monte dans la cheminée et l'air froid du dehors déterminant un appel énergique. Le chauffage des appartements par cheminées à foyer découvert la réalise le plus efficacement (V. Chauffage et Cheminée). On la pratique également l'été, notamment pour la ventilation d'ateliers. On doit alors installer le foyer à distance, la chaleur nécessaire pour déterminer l'appel étant amenée dans la cheminée par des appareils intermédiaires, de systèmes divers. On peut aussi, très avantageusement, prendre, à la partie supérieure de la pièce ou de la salle à aérer, l'air qui doit alimenter le foyer et établir celui-ci à l'étage au-dessus ou même dans les combles. C'est l'appel par le haut, tandis que, dans les cheminées ordinaires, on a V appel à niveau. Quant à Y appel par le bas, où l'air de la pièce à aérer redescend d'abord pour aller ahmenter un foyer placé en un point inférieur, il doit être déconseillé : inutile en été, il est nuisible en hiver.

La ventilation mécanique s'effectue au moyen de ventilateurs mus par un moteur. Les uns procèdent, comme dans les modes de ventilation précédents, par aspiration. L'air, pénétrant de l'extérieur dans le local à ventiler par des orifices et des conduits convenablement répartis, est ensuite aspiré dans d'autres conduits branchés sur un collecteur général aboutissant à l'orifice du ventilateur ; de là il est rejeté dans l'atmosphère. Les autres agissent, au contraire, par insufflation . L'air, puisé dans l'atmosphère, est refoulé par des conduits plus ou moins longs dans le local à ventiler. Ce dernier système a pour prin- Fig. 2.

cipal avantage de réduire notablement les courants d'air. L'appareil le plus habituellement employé se compose, dans l'un et l'autre cas, d'un axe qui tourne sur ses supports et sur lequel sont ajustées'un certain nombre de palettes droites ou d'ailes courbées (fig. 2). Le tout est renfermé dans un tambour communiquant avec la pièce à aérer par l'une de ses extrémités et, par un conduit normal à sa direction, avec l'air extérieur. La force motrice peut être la vapeur, l'air comprimé, l'électricité. Avec une machine de 8 chevaux consommant à l'heure 20 kilogr. de houille, on peut actionner un ventilateur de 4'^\20 de diamètre, débitant, à raison de 500 tours à la minute, 35 à 40.000 m. c. d'air. Pour

■ Ventilateur mécanique

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V ENTILATION ™ VENTRE

obtenir [le même résultat avec une cheminée chauffée, il faudrait brûler 200 kiiogr, de houille. Le rendement est plus grand encore avec les ventilateurs ou soufflets rotatifs (Y. Soufflerie). La ventilation mécanique est donc, quand on a besoin d'un grand cube d'air, très économique. L'avantage est beaucoup moins appréciable pour les faibles pressions et les petites vitesses. Quant aux ventilateurs dits trans portables (fig. 3), qui sont

Fig. 3. — Ventilateur transportable.

mus par l'électricité et qu'on peut placer en un point quelconque d'une pièce, contre le mur ou sur un meuble, ils n'agissent que comme éventails, déplaçant seulement l'air intérieur, qu'ils ne purifient ni ne rafraîchissent, et ils sont plus bruyants qu'efficaces.

Pour la ventilation des mines, V. Aérage. L. S.

IL Jurisprudence. — On désigne sous le nom de ventilation l'opération qui consiste à déterminer la valeur distincte de diverses parties d'un bien vendu en bloc et proportionellement au prix du bloc.

BiBL. : Hygiène et Technologie. — L. Ser, Traité de physique industrielle ; Paris, 1892, 2 vol.

VENTISERL Com. du dép. de la Corse, arr.de Corte, cant. de Prunelli-di-Fiumorbo ; 1.232 hab.

VENTOTENE (V. Pontines [lies]).

VENTOUSE. L Thérapeutique. — Petit appareil que l'on applique, après raréfaction de l'air dans son intérieur, à la surface du corps, pour provoquer sur la peau un afflux sanguin suffisant pour favoriser une dérivation ou l'évacuation d'une humeur morbide. On distingue les ventouses sèches, que l'on applique sur les téguments sans solution de continuité, et les ventouses scarifiées, que l'on place sur une région où la peau, d'abord congestionnée, a été incisée, par scarifications, pour déterminer une saignée locale.

Les ventouses sèches sont de petites cloches de verre, hémisphériques, à rebords mousses et à fond évasé, surmonté d'un bouton qui en facilite le maniement. Un verre à pied ordinaire pourrait, en cas d'urgence, remplir le même office. Pour l'appliquer, on opère le vide, en y faisant brûler du papier, de l'étoupe ou du coton imbibé d'alcool ou d'éther ; ou mieux, pour ne pas brûler les téguments, en raréfiant l'air au-dessus de la flamme d'une lampe à alcool et en appliquant de suite la cloche sur la

peau, par une légère pression qui assure un contact suffisant et s'oppose à la pénétration de l'air. La peau, ainsi soustraite à la pression atmosphérique, rougit et se congestionne. Au bout de trois à cinq minutes, on laisse pénétrer l'air et on retire la ventouse. Le gonflement de la peau disparait, mais il subsiste une coloration violacée, ecchymolique, due au sang extravasé et persistant quelques jours.

La construction de ces appareils a subi de nombreuses modifications. Mentionnons : Isl ventouse de B latin, dans laquelle on obtient le vide à l'aide d'une cupule en caoutchouc, dont on comprime les parois jusqu'à leur contact ; la ventouse de Charrière et Capron, où la boule de caoutchouc surmonte la ventouse ordinaire en verre, munie d'un robinet ; les ventouses à pompe, dans lesquelles une petite pompe aspirante permet de régler le vide d'ordinaire imparfait dans les ventouses simples; la térabdélie de Damoiseau-Hamon, avec une petite pompe pneumatique ; la ventouse de Junod, consistant en un cylindre de cuivre, que l'on emploie pour obtenir une révulsion d'une certaine étendue, sur les membres par exemple. Dans la ventouse de Junod, le vide est opéré par une pompe aspirante et réglé à l'aide d'un manomètre. Cet appareil exige des précautions, pour éviter de graves accidents, syncopes, ruptures vasculaires, etc.

Les ventouses scarifiées ne diffèrent des précédentes que par leur mode d'application. Lorscjue la peau a été congestionnée, on y pratique des incisions, soit avec un bistouri ou une lancette, soit avec un scarificateur, instrument permettant des incisions plus régulières, plus rapides et moins douloureuses. On replace alors la ventouse pour faire affluer le sang. On a construit des appareils pour faire des scarifications dans le vide.

Les ventouses sont employées depuis la plus haute antiquité. De nos jours encore, elles constituent un bon moyen de révulsion cutanée : elles déterminent une dérivation assez prononcée sans déperdition sanguine. On les applique le plus souvent à la poitrine ou sur l'abdomen, et, pour être efficaces, elles doivent être nombreuses et souvent renouvelées. Elles trouvent leurs indications dans la congestion pulmonaire, la dyspnée pulmonaire, les hémoptysies, les états congestifs fébriles, les engorgements spléniques des fièvres paludéennes, etc., ou dans les cas de plaies empoisonnées, pour empêcher l'absorption des produits virulents. Les ventouses scarifiées, à la fois dérivatives et spoliatives, sont utiles dans quelques inflammations viscérales, les arthrites, les névralgies rebelles, et dans les cas où il est nécessaire de pratiquer une saignée locale. D^ Y. -Lucien Hahn.

IL Construction. — Petite ouverture pratiquée sous la tablette ou aux angles d'une cheminée et mise en communication, par un conduit de forme rectangulaire, avec l'air intérieur, afin de faciliter le tirage du foyer ; on donne aussi ce nom à la petite grille placée à l'extrémité de la conduite d'air et qui empêche cette conduite d'être obstruée. Dans un poêle, on appelle ventouse la petite ouverture placée à la partie inférieure de la porte du foyer afin de laisser passage à l'air, soit lors de l'allumage, soit pour activer le tirage. On place le long des conduites d'eau des tuyaux dits tuyaux de ventouse, permettant la sortie de l'air entraîné avec l'eau, et on donne encore ce nom de tuyau de ventouse ou do .tuyau d'évent à un tuyau communiquant avec une fosse d'aisance ou avec un local clos de toutes parts que l'on veut aérer, tuyau qui, prolongé jusqu'à l'air libre, souvent au-dessus du comble, fait office de ventilateur. Ch. Lucas.

VENTOUSE. Com. du dép. de la Charente, arr. de Ruffec, cant. de Mansle ; 290 hab.

VENTOUX (Mont) (V. Vaucluse [Dép.]).

VENTRE; L Anatomie (V. Abdomen).

IL Métallurgie (V. Haut Fourneau).

VENTRE DE La Touloubre (V. ârtefeuille et Montjoie).

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