‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 412 sur 633 · VENTRICULE - VÉNUS · texte numérisé non relu

VENTRICULE - VÉNUS

VENTRICULE. L Anatomie (V. Cerveau et Coeur).

IL Entomologie (V. Insecte).

VENTRILOQUIE (PhysioL). La ventriloquie ou engastrim5''sme consiste dans une manière particulière d'émettre la voix ou de faire entendre des sons, qui paraissent soit sortir du ventre, soit venir d'une distance plus ou moins grande. On a cru longtemps que le ventriloque tirait réellement cessons du ventre ou de l'estomac ; il n'en est rien. On sait combien il est difficile de localiser dans l'espace, avec précision, un son quelconque, du moment qu'on ne voit ou ne connaît pas la source de ce son. Le ventriloque produit chez ses auditeurs une illusion comparable à celle qu'on obtient au théâtre, pour la vue, au moyen des décors, et il y aide puissamment par ses attitudes, sa mimique et divers artifices, dont l'un des plus importants est de maintenir les lèvres immobiles. « Pour parler en voix de ventriloque, il faut, les lèvres restant entr'ouvertes, émettre un son accompagné d'une certaine résonnance nasale, en resserrant la gorge comme pour le retenir, tout en faisant un effort ressemblant à celui qui accompagne le début de la nausée. On doit éprouver la sensation que le son résonne au fond de la gorge » (P. Garnault). En somme, c'est une expiration lente, filée, succédant à une grande inspiration, et s'accomplissant le nez fermé. La ventriloquie se pratiquait dès la plus haute antiquité, et elle a souvent servi à des supercheries, même religieuses.

VENTRON. Corn, du dép. des Vosges, arr. de Remiremont, cant. de Saulxures-sur-Moselotte ; 4.469 hab. Tissage mécanique de coton.

VENTROUZE (La). Corn, du dép. de l'Orne, arr. de Mortagne, cant. de Tourouvre ; 4o7 hab.

VENTRU (IchtyoL). Syn. de Cijclopterus (Y. ce moi).

VENTURA (Baccio di Fino ai), architecte italien

(V. PONTELLI).

VENTURA (Gioachino), prédicateur et écrivain italien, né à Palerme le 8 déc. 1792, mort à Versailles le 2 août 1861. Il appartint à l'ordre des théatins, dont il devint même supérieur général. Collaborateur de VEneyclopedia ecclesiasHca, auteur d'un Elogio di Pio Vil qui eut 20 éditions, d'un livre Siiir influenza del secolo XVI ^ il fut tout d'abord lié au parti rétrograde. Son De Methodo philosophandi, que Lamennais combattit vivement dans l Avenir, le rattacha à celui-ci, dont l'amitié fut pour lui cause de bien des soucis. Après dix ans de silence, tout dédiés pourtant à la prédication et à l'étude, il publia son Délie Bellezze délia fede (1839). A l'avènement de Pie IX, il devint soudainement fougueux orateur libéral, et la renommée de son Orazione in onore dei morti di Vienna retentit au loin. La Sicile le nomma son légat auprès du Saint-Siège ; et il écrivit alors deux brochures : Sulla indipendenza délia Sicilia; Suîla legittimità degli atti del Par lamenta siciliano; et un livre Bugie diplomatiche, A la chute de la République romaine, il se retira à MontpeUier où il commença à écrire en français, et fit amende honorable de ses erreurs libérales. Il se rendit ensuite à Paris, oii il fît bien parler de lui à cause de ses discussions avec les membres de l'Institut et de l'Observatoire, ses sermons, ses homélies. Les Sermons récités aux Tuileries, avec une préface de Veuillot, seuls rappellent encore de temps en temps l'ancien libéral.

VÉNUS. I. Mythologie.— Nom latin d'une vieille divinité italique qui aurait à peine fixé l'attention des mythologues, si elle ne s'était substituée dans le monde romain à celle d'Aphrodite, en empruntant à cette divinité grécoasiatique tous les traits dont l'avaient ornée la poésie et l'art helléniques. En fait, l'histoire de Vénus est, pour la meilleure part, celle d'Aphrodite.

L'origine de cette dernière divinité est assez complexe ; sous la forme où les témoignages écrits nous l'ont fait connaître, elle est la résultante d'un mélange dans lequel l'Orient a fourni les premiers éléments. Tous les peuples de race sémitique ont connu une personnification, le plus

souvent localisée dans la lune ou dans un astre brillant, qui incarne et l'idée de la fécondité féminine et celle do la fertilité universelle. Appelée Astarté chez les Phéniciens, Ascheraou Atargatès chez les Syriens, Mylittachez les Babyloniens, Issar chez les Assyriens, etc., elle paraît avoir figuré dans la religion primitive des Grecs sous les noms de Dioné, d'Hébé, d'autres encore, comme dans celle des Italiotes, sous les noms de Feronia, Ferentina, Flora, Libéra, Vénus, et même sous celui de Junon, en tant que celle-ci préside aux fonctions de la maternité et aux phénomènes de la menstruation. Pour tous ces peuples, apparentés par les origines et en constante communication dans l'histoire, cette divinité représente l'amour physique chez la femme, la beauté qui en est le stimulant, la volupté qui en est le but, la maternité qui en est la récompense. L'Aphrodite des Grecs, grâce au génie harmonieux de la race, nous offre cette conception sous les traits à la fois les plus artistiques et les plus humains.

Chez Homère transparaît encore le souvenir de la divinité orientale dont le culte a modifié en les précisant les caractères de la divinité grecque originaire. L'Aphrodite de l'épopée est représentée comme venue des îles de Chypre, de Paphos ou de Cythère, où la civilisation phénicienne avait jeté de profondes racines ; de là elle s'est répandue sur toutes les contrées que baigne la Méditerranée à l'extrême Orient, en Carie, en Lydie, dans la Troade, sur le continent situé en face jusqu'au delà de Corinthe, puis à travers les îles de l'archipel ionien jusqu'en Sicile et dans l'Italie méridionale. Elle s'est approprié les traits de Dioné qu'Homère lui donne pour mère, et ceux d'Hébé qui, avant de devenir l'épouse d'Héraclès, avait été celle d'Héphaistos ; elle est mise en rapport avec Ares dont V Odyssée fait son amant dans l'Olympe et qui engendre avec elle Phobos et Deimos, divinités guerrières, Eros et Anteros, c.-à-d. l'Amour. Au fond de ces imaginations, nous surprenons des idées cosmologiques sur les éléments primordiaux du monde : Héphaistos est le feu terrestre ; Ares, le feu du ciel ; Aphrodite elle-même exprime le principe humide, cause de toute génération, de toute fécondité dans la nature. De leur action concertante et réciproque sort la beauté en même temps que la force, et l'agent créateur est l'amour. Hésiode fait naître Aphrodite de l'écume de la mer (a*^ poç et 8uco) ; au sortir des flots, elle aborde à Cythère; sous ses pas germent les myrtes et les roses, s'étend le tapis vert des gazons; les Saisons (Horœ) se groupent autour d'eUepour la conduire dans l'Olympe, où sa présence répand le désir, la joie et la félicité. Pour Homère, Aphrodite est simplement la fille de Zeus et de Dioné,

L'originalité d'une telle conception que réalise la poésie en la débarrassant des formes abstraites de la cosmogonie primitive, pour la revêtir d'images et de mythes où surabonde l'humanité harmonieuse et pittoresquement agissante, est telle que le génie grec semble s'y refléter, mieux qu'en toute autre, avec ses plus beaux caractères de sens artistique et dramatique. Il nous est impossible de la suivre dans toutes les fables qui, se diversifiant à l'infini, ont fait d'Aphrodite une des figures les plus vivantes, les plus populaires du Panthéon grec ; il en faut citer une, entre beaucoup d'autres, directement dérivée d'Homère puisqu'elle figure dans les hymnes homériques, où elle apparaît comme Pâmante d'Anchise dont elle s'éprend dans les pâturages du mont Ida et par qui elle devient la mère d'Enée, ce héros prédestiné, qui sera considéré, à partir des guerres puniques, comme l'ancêtre de la nation romaine. C'est au temple du mont Eryx en Sicile que cette divinité est surtout vénérée ; elle y sert de trait d'union aux trois civilisations de l'Hellade, de la Phénicie et de l'Italie latine, expliquant par cette rencontre même et la popularité d'Enée et la fusion d'Aphrodite avec la Vénus italique. La fusion s'opère aux portes mêmes de Rome, à Lavinium, où Ton adorait une Vénus Frutis (corruption d'Aphrodite); et le souvenir de

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