‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 415 sur 633 · VENUS — VER · texte numérisé non relu

VENUS — VER

Les dimensions réelles de Vénus, sont à un millième près, celles de la Terre. Son diamètre, tel qu'il résulte des observations modernes d'Hartwig, qui a fixé à 4 7'', 55 l'angle sous lequel on la voit du Soleil, est, en effet, à réquateur, de 42.733 kil., celui de notre planète étant de 42.756 kil. Le rapport est doncO,999, le diamètre terrestre étant pris pour unité. Celui des volumes est 0,975, celui des masses 0,787 (4/413.450 de la masse du Soleil), celui des densités 0,807 (rapportée à celle de l'eau, 4,44). Vénus est entourée d*une atmosphère. La pénombre observée le long de son croissant en avait, dès le xviii® siècle, décelé l'existence. Le prolongement des cornes du même croissant au delà de leur limite géométrique en fournit une seconde preuve, confirmée encore par l'analyse spectrale, qui a fait voir dans Vénus, outre les raies du spectre solaire, celles du spectre de la vapeur d'eau. On a même pu en mesurer la réfraction et, par suite, la densité, qui paraît à peu près double de celle de l'atmosphère terrestre. La plus grande proximité du Soleil serait ainsi compensée et Vénus se trouverait, au point de vue de l'habitabilité, dans des conditions sensiblement voisines de celles de notre globe. Les observations de Cassini, de Bianchini, de Vico, ont fait, il est vrai, attribuer à son axe de rotation une inclinaison de 55**, d'où résulteraient des transitions brusques d'une saison torride à une saison glaciale ; mais l'exactitude en est aujourd'hui, nous l'avons vu, très contestée. (}uant au relief de la surface, il nous est peu connu, Vénus n'apparaissant dans son plein que lorsqu'elle est la plus éloignée de nous. On croit cependant y avoir vu des taches grises, qui seraient des mers, et il résulte d'une étude attentive de ses échancrures qu'il s'y élève des montagnes d'une hauteur prodigieuse : plus de 40 kil.

En 4900, un astronome de Moscou, W. Ostrooukov, avait remarqué près de Vénus un corps lumineux et présumé l'existence d'un satellite. Il ne s'agissait, vérification faite, que d'un reflet produit dans sa lunette par le vif éclat de la planète. L. S.

III. Alchimie. — Le symbole de la planète était aussi celui du cuivre.

IV. Malacologie. — Genre de Mollusques Lamellibranches caractérisé par une coquille, ovale ou subtrigone, ordinairement épaisse, équi valve, inéquilatérale, assez ventrue ; charnière composée de trois dents cardinales parfois bifides, rapprochées et divergentes; crochets obliques et saillants ; bords souvent crénelés ; ligament saillant, épais, corselet lancéolé et plus ou moins allongé. Les impressions musculaires sontgrandes, écartées ; lapailéale éloignée du bord forme en arrière un sinus triangu laire. L'animal a la forme de la coquille qu'il habite, son manteau a les lobes égaux, plissés à leurs bords, réunis seulement en arrière; les siphons ont une base large, ils sont comprimés, courts, inégaux, quelquefois réunis dans toute leur longueur et munis de tentacules à leur extrémité. Les espèces de ce genre sont répandues dans toutes les mers.

V. Paléontologie. — Ce genre, qui comprend environ 200 espèces de toutes les mers, est largement représenté aux époques jurassique, crétacique et tertiaire ; d'après Zittel, les espèces citées des terrains paléozoïques appartiennent à d'autres formes. Les genres éteints se groupant près des Venus sont : Thetis Sowerby: coquille ovale, très convexe, un peu inéquilatérale ; crochets élevés, recourbés, rapprochés ; trois dents à la charnière, la médiane plus forte; sinus palléal profond; terrains crétaciques. — Cyprimeria Conrad : coquille orbiculaire, ornée de stries concentriques, charnière avec trois dents divergentes, profondément bifides à la valve droite ; valve gauche avec trois dents cardinales et une faible dent latérale antérieure; lunule obsolite ; sinus palléal à peine marqué, terrains crétaciques. — Pronoë Agassiz : coquille subtrigone, comprimée; pas de lunule; trois dents cardinales et une dent latérale postérieure ; nymphes fortes ; sinus

palléal à peine marqué ; d'après Zittel, ce genre paraît avoir remplacé les Cy primer la dans le jurassique, et forme le passage aux Cyprinidœ. E. S.

BiBL. : Mythologie.— L. Preller, Griechische Mythologie, I, 991-307. -- Du môme, Rœmische MythoL, pp. 382 et suiv. — RoscHER, AusfiXhrliches Lexihon der Gi'iech. und Rœm. Mythol, I, pp. 390-417, avec les ouvrages cités.

Paléontologie. — P. Fischer, Traité de conchyliologie, 1887. — Zittel, Traité de paléontologie, t. II.

VENZOLASCA. Com. du dép. de la Corse, arr. de Bastia, cant. de Vescovato ; 4.250 hab.

VÉOURE. Rivière du dép. de la Drame (V. ce mot).

VtPRES. I. Liturgie (V. EEmf\s,§ Liturgie).

II. Histoire. — Vêpres siciliennes. — Nom donné au massacre des Français par les Siciliens en i^lSH : Charles d'Anjou y perdit la souveraineté de la Sicile. Selon la tradition, le massacre débuta à Palerme le lundi de Pâques (30 mars 1282), au son delà cloche des vêpres, et le massacre s'étendit dans le courant d'avril à toute la Sicile : près de 8.000 Français périrent. On a souvent affirmé que les Vêpres siciliennes avaient été préméditées par Jean de Procida, agent de Pierre d'Aragon (compétiteur de Charles d'Anjou), et l'heure de la révolution fixée d'avance. Il paraît plus vraisemblable que les Siciliens, exaspérés par la dureté de la domination de Charles d'Anjou, n'attendaient qu'une occasion de se soulever : une insulte du Provençal Drovet à une Sicilienne, à l'heure où la foule se rendait à l'église de Montréal, aurait déchaîné l'émeute. Les Français, surpris sans défense, périrent sans distinction des femmes ni des enfants. Charles d'Anjou qui était à Orvieto près du pape, chercha vainement à agir contre la Sicile : le 30 août, Pierre d'Aragon débarqua à Trépani et enleva à la maison d'Anjou la souveraineté de la Sicile au profit de sa femme et de son fils Jacques (V. Sicile). ^

VER (fermes Auct.). I. Zoologie. — Linné comprenait dans les Vers tous les Invertébrés, sauf les Arthropodes, et il les divisait en ïntesHna, Mollusca, Testacea, Lithophyta et Zoophyta. La première classification rationnelle a été donnée par Lamarck qui en faisait la cinquième classe des Animaux apathiques et en détachait les A nnélides qui formaient la quatrième classe des Animaux sensibles. H. Milne-Edwards, le premier, a constitué le groupe des Vers à peu près tel qu'il est maintenant, en excluant les Bryozoaires et les Brachiopodes qui peuvent s'y rattacher, cependant, par certains caractères embryologiques. Les Brachiopodes peuvent même être considérés comme des Annélides fixés. Giard fait des Mésozoaires(Dicyémides etOrthonectides) des Vers dégénérés par le parasitisme ; Raphaël Blanchard en fait une classe de Vers sous le nom d'Aneuriens. A tout prendre, on pourrait trouver des analogies de certains Vers avec les Echinodermes, les Mollusques, les Arthropodes et même les Vertébrés, grâce à quelques formes de transition. Enfin Rémy Perrier détache de l'embranchement actuel des Vers le groupe des Némathelminthes pour en faire un embranchement particulier; cette vue est surtout justifiée par l'absence de métamérisation chez les Némathelminthes. Quoi qu'il en soit, nous conserverons le groupe classique des Vers avec sa division en Annélides, Némathelminthes, Plathelminthes et Rotateurs. Voici quels seront, dans ces conditions, les caractères des Vers :

Animaux à symétrie bilatérale, privés de membres articulés ; corps mou, cylindrique ou aplati offrant en général une face dorsale et une face ventrale distinctes ; divisé en segments semblables (métamères on wonites) , dans certains groupes, les segments pouvant même chez quelques-uns acquérir une individualité propre (reproduction asexuée par bourgeonnement), mais restant le plus souvent réunis en série linéaire; d'autres fois la segmentation du tégument n'est pas l'indice d'une division sériaire des organes internes (Rotifères) ; réciproquement,

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la segmentation peut n'être qu'interne ou limitée au système nerveux (Géphyriens) ; beaucoup de Vers ne sont jamais segmentés (Trématodes, Nématodes). Bouche ventrale, anus fréquemment dorsal, quelquefois nul (intestin terminé en caecum) ; pas de tube digestif chez les Acanthôcéphales et les Gestodes. Appareil circulatoire représenté, soit par un espace périviscéral plein d'un liquide incolore, soit dans les groupes supérieurs par un système de vaisseaux clos pouvant renfermer un liquide coloré ; pas de ca3ur, contractions rythmiques des vaisseaux. Respiration branchiale ou cutanée. Organes excréteurs constitués par ÔBsnépliridies, terminées intérieurement par des ampoules ou des pavillons vibratiles, chez les Anne lides et les Plathelminthes. Les autres organes présentent chez les Vers de trop grandes variétés pour se prêter à une description générale. Ces organes sont décrits en détail aux noms des différents groupes (V. Annélides, Gh^etopodes, Némathelminthes, Né3[atodes, Plathodes,

GeSTODES, DfSTOMIDiE, TrÉMÂTODES, TURBELLARIÉS, Ctc).

Un grand nombre de Vers sont parasites d'auires animaux ou de végétaux ; d'autres vivent dans la terre humide ; les plus parfaits ont pour habitat les eaux douces de la mer. D*" L. Hn.

Ver a soie (V. Soie, t. XXX, pp. 495 et suiv.).

Ver vert. — Nom donné à la chenille de la Noctucelle potagère (Hackna oleracea) (V. Noctuelle) larve également très redoutable pour la betterave, dont elle ronge les feuilles de juin à septembre, et pour une foule de plantes cultivées. J. Troude.

IL Nomenclature. -— On désigne vulgairement sous le nom de Vers non seulement les animaux faisant partie de l'embranchement des Vernies ^ mais encore un certain nombre de Mollusques, de Grustacés, de larves d'Insectes, etc.

— Ver BLANC. La larve du Hanneton (V» ce mot). — V. CYSTIQUE (V. Gestodes, ctc). — V. DE LA COLLE. Une Anguilliile (V. ce mot). — V. d'eau. La larve des Phryganes{V. ce mot). — V. de la farine (V. Ténébrion).

— V, DU ¥Eizkn>VArtemia satina L. {Y. Artemia). — V. DU FROMAGE. Larvc d'un Diptère, le Pioptiilacaseih,

— V. DE GULNÉE ou V. DE MÉDINE (V. DrAGONNEAU et

Dracontlvse). — V. luisant (V. Lampyre). — V. Macque ou V, MoYOQuiL. Larve de Dermatobie (V. ce mot). — V. NoiR< G' est VArenicola marina L. (V. Arénicola) ou encore le Thrips^ insecte qui hiverne dans les anfractuosités des branches de l'olivier et surtout dans les trous faits par le Scolyte (V. ce mot). — V. de l'olive. Larve d'un Diptère, Dacus oleœ Meiz., qui fait des dégâts en piquant les olives. — V. palmiste ou V. des palmiers. Noms servant à désigner, à la Guyane, la larve alimentaire du Pihyncophorus palmarumiAerhst (Y . Galandre)» *- V. a queue de rat. Larve à'Eristaîe (V. ce mot). — V. ROUGE. Larve du Cleinis apiarius Fabr. (V. Glerus). -^ V. ROUGE ou V. DE VASE. Larvcs rouge sang de divers Tipulaires servant d'amorces pour la pêche. — V. Solitaire (V. Tj]nïa). — V. de terre (V. Lumbri* eus), — V. a tuyau (V. Taret). — V. de la viande (V. Asticot et Galliphore). — V» vésiculaire (V. Gestodes, T^nia). — V. DU vinaigre. Larve d'un Diptère, le Drosophila funebris Fabr. D'" L. Hn.

VER» Gom. dudép. du Galvados, arr. de Bayeux,cant. de Ryes ; 708 hab.

VER. Corn, du dép. de la Manche, arr. de Coutances, cant. de Gavray ; 846 hab.

VER» Gom. du dép. de l'Oise, arr. de Senlis, cant. de Nanteuil-le-Haudouin ; 539 hab.

VER-lês-Ghartres. Gom» du dép« d'Eure-et-Loir, arr. et cant. (S.) de Ghartres; S09 hab.

VERA (Auguste), philosophe italien, né à Amelia le 4 mai 1813, mort à Naples le 14 juil. 1885. Il étudia l'archéologie à Paris, devint professeur à Genève, puis enseigna la philosophie à Mont-de-Marsan et dans divers lycées de France. Ami de Thiers, Vacherot, Jules Simon, Gousin, il quitta la France en 1851 , après le coup d'Etat, et se rendit

en Angleterre où ses cours eurent beaucoup de succès. En 1860, il revint en Italie professer la philosophie à Milan, puis à Naples (1862). Philosophe de l'école d'Hegel dont il a cherché à rendre claire la doctrine; il a montré un esprit étendu et érudit. Parmi ses nombreux travaux (dont beaucoup traduits de Hegel ou consacrés à lui), citons : Problèmes de la certitude (1845) ; V Hégélianisme et la Philosophie (iS6i) ; Leçons sur la philosophie de l'histoire^ le Problème de Vabsolu (187-2-82) ; Platon et t Immortalité de l'âme (1881), etc.

VERAC, Gom. du dép. de la Gironde, arr. de Libourne, cant. de Fronsac ; 512 hab.

VERA CRUZ. I. Ville. — Principale cité commerciale de l'Etafde Vera Gruz, bâtie à la place où F. Gortez débarqua le 21 avr. 1549, dans une situation très malsaine, au milieu d'une plaine de sable sans eau; 88.993 hab. Entourée de murs et défendue par des forts, elle est construite régulièrement ; elle a 7 églises, 4 couvents, un amphithéâtre pour combats de taureaux et de coqs ; lycée, théâtre. Le port consiste seulement en une rade ouverte et sans sécurité. Des chemins de fer relient la ville à Mexico, Alvarado et Jalapa ; des bateaux à vapeur font le service avec les villes de la côte, la Nouvelle-Orléans, New York, l'Europe, etc. ; des câbles vont à La Havane et Galveston. Exportation d'argent, d'or, de café, de vanille, de peaux, de tabac. L'industrie consiste en fabrication de cigares et fonderie.

IL Etat. — Etat maritime oriental du Mexique, baigné par le golfe du Mexique, borné au N. par l'Etat de Tamaulipas dont le sépare le rio Panuco, à l'O. par les Etats de San Luis Potosi, Hidalgo et Puebla, au S. par celui d'Oaxaca, à l'E. par Ghiapas, Tabasco et la mer. Superficie : 70.932 kil. q. ; population : 855.975 hab. Dès que l'on dépasse l'étroite et chaude bande côtière qui s'allonge entre la sierra Uxadre et le golfe du Mexique, on aborde les versants merveilleusement pittoresques et boisés du haut plateau mexicain ; des ravines de centaines de mètres de profondeur coupent, du sommet à la base, le flanc des montagnes et s'élargissent çà et là en vallées, tandis que quelques hautes cimes dépassent la région des neiges : le pic d'Orizaba (5.582 m.) et la masse de porphyre du Gofre de Perote (4.090 m.), anciens volcans. Les rivières qui descendent des pentes du plateau n'ont qu'un faible développement et ne sont navigables que pour de petits bateaux; encore sont-elles obstruées par des barres ; les principales sont le Panuco et le Papaloapan. Sur la dune côtière on trouve quelques lacs d'eau douce (tels que le lac de Gomapan et l'admirable lac de Gatemaco) ; de nombreuses et très riches sources minérales chaudes et froides y jaillissent. Le climat, à cause des différences des régions, présente de grands écarts. La flore et la faune sont très riches. Dans la zone chaude, les principaux produits sont le café, le tabac, le sucre et le coton. La population comporte les mêmes éléments que dans le Mexique en général ; cependant les nègres et les mulâtres sont très nombreux dans la zone côtière. On compte un sixième de créoles descendant des Espagnols, un tiers de métis et autant d'Indiens aborigènes ; les Indiens les plus nombreux sont les Aztecs ; au N. on trouve ensuite les Totonacs, et au S. les Ghontales. Le commerce et l'élevage du bétail sont les principales ressources des habitants (vanille et jalap, plante médicinale). La capitale de l'Etat a été d'abord Vera Gruz, puis Orizaba ; c'est maintenant Jalapa, située dans la zone tempérée à mi-hauteur. Le littoral est dangereux à cause de la fièvre jaune. —- Gortès a débarqué en 1519 à Vera Gruz et conquis le royaume. La domination espagnole a été un régime de monopole et d'accaparement.

VERAGRI, VARA6RI (Ouapaypoi). Peuple gaulois, établi entre les Alpes Bernoises et les Alpes Pennines, dans la haute vallée du Rhône ; ils occupaient entre les Nantuates et les SedMni la partie centrale du Valais. lis furent soumis aux Romains par Galba en 56 av. J.-G.

Ododurus (Martigny), leur vicus principal, porta à l'époque romaine les noms de civitas Vallensis et de Forum Clmidii Vallense Octodurus.

VERAGUAS. Ville de Colombie (V. ce mot), ch.-L de la prov. de Veraguas (dép. de Panama).

VÉRÂISON (Vitic.) (V. Vigne).

VÉRAMINE, Ville ruinée de la Perse, à 63 kil. S.-E. de Téhéran, dans une plaine fertile couverte de champs cultivés. On y voit les débris d'une forteresse considérable et une belle mosquée du x[v® siècle, remarquable par ses faïences à reflets métalliques. Il y avait sûrement là une ville arsacide dont le déclin a suivi celui de Réï, sa voisine. Quelques personnes ont rattaché Vér aminé au Varena cité dans le Vendidad, Cl. Huart.

VÉRANDA ou VÉRANDÂH. Construction légère, de bois ou de métal, ajourée et souvent vitrée, formant parfois, surtout dans les pays chauds, galerie ou portique autour du rez-de-chaussée d*une habitation, et que l'on garnit de nattes, de stores ou de rideaux, pour se préserver de la chaleur. Dans les villas suburbaines, les vérandas constituent» soit des vestibules, soit des annexes, quelquefois assez importantes, à des salles à manger, des salles de billard ou des salons, et servent en même temps de serres où l'on conserve des fleurs et des plantes vertes. Les bowwindows ou saillies de balcon vitrées, étabhes, les unes au-dessus des autres, de plain-pied avec certaines pièces et particulièrement avec les salles à manger des appartements, dans les maisons à étages, ne sont autres que de petites vérandas. Ch. Lucas.

VÊRANNE. Corn, du dép. de la Loire, arr. de Saint- Etienne, cant. de Pélussin; 798 hab.

VÉRARD (Antoine), libraire parisien, né en Touraine au XV® siècle, mort à Paris en 4513. Il résida « sur le pont Notre-Dame », jusqu'à l'écroulement de ce pont (^5 oct. 4499), « rue Neuve-Notre-Dame » (4503-13), à l'enseigne de « l'Image Saint Jehan l'Evangéliste ». Vérard était aussi calligraphe, et chef d'un atelier de miniaturistes, pour illustrer ses éditions, Vérard publiait presque exclusivement des ouvrages de luxe rédigés en français, destinés aux rois, aux princes et aux grands seigneurs de son temps (imprimés sur vélin et enluminés à la main). C'était le libraire attitré de la cour et de la noblesse. Il était encore libraire juré de l'Université de Paris ; il a édité des romans de chevalerie, des livres de piété, etc. Vérard offrait ainsi un exemplaire de luxe de toutes ses publications au roi de France, et souvent aussi au roi d'Angleterre {British Muséum). Antoine Vérard avait comme marque de librairie : 1° un monogramme formé des lettres A, V et R; ^<* une vignette carrée, représentant l'écusson de France, tenu par deux anges, et un cœur, soutenu par deux faucons. La maison de librairie d'Antoine Vérard fut continuée jusqu'en 45217, par son fils Antoine II Vérard et par Barthélémy Vérard. E.-D. Grand.

BiBL. : J. Mac Farlane, A . Vérard ; Londres, 1900, dans Bibliographical Society. — A. ClaxJdïon, Histoire de l'imprimerie en France aux xv et xvi* siècles ; Paris, 1900. — G. DuvAL et A. Bernard, Bulletin du Bibliophile. — P. DuRRiEu, un Grand Enlumineur parisien aitxv" siècle^ Jacques de Besançon ; Paris, 1S92.

VtRARGUES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Montpellier, cant. de Lunel; 4î27 hab.

VÉRATRE (Veratrum T.) (Bot. et Thérap.). Genre de Colchicacées (Liliacées) -Vératrées, faciles à distinguer par leurs branches aériennes à feuilles larges, plissées- veinées, dépourvues de pétiole et conformées en gaine, par le réceptacle floral cupuliforme et les folioles du périanthe un peu rétrécis à la base (Bâillon). Les Vératres sont des herbes vivaces propres à l'hémisphère boréal. L'espèce type, V. album L., ou Varaire, se rencontre dans les régions alpines et subalpines de l'Europe centrale et méridionale, notamment dans les prairies basses humides du Jura, de l'Auvergne, des Alpes et des Pyrénées ; les V. lobelianum Bern. (Russie) et F. californicwn Dur.

834 — VERAGRI — VÉRATRIQUE

n'en sont que des variétés. Le rhizome charnu ou Hellébore blanc sert en médecine ; sec, il est cylindrique ou légèrement conique, d'environ 2 centim. de diamètre, très rugueux, brun noirâtre, doué d'une saveur acre, amère et irritante ; la poudre en eststernutatoire. C'est un poison narcotico-âcre très violent, mais, à dose thérapeutique, un éméto-cathartique, sialagogue et sédatif utile. On peut l'employer dans la goutte comme succédané du colchique et surtout topiquement dans les différentes formes de rhumatisme et les affections pédiculaires et cutanées. A l'intérieur, le Vératre se donne en poudre ou en teinture (poudre, 5 à 20 centigr. ; infusion, 50 centigr. à 4 gr. 7oo; teinture au 4/5 à la dose de 3 à 5 gouttes répétées) ; à l'extérieur en pommade (4/30), ou en décoction (4 à 8 pour 200). Le F. album doit ses propriétés actives à un alcaloïde, la vératrine (V. ce mot) qui se retrouve dans le F. nigrum L. et le F. viride SoL, espèce de l'Amérique du Nord ou Hellébore blanc d'Amérique, doués des mêmes propriétés ; ce dernier est en outre préconisé comme fébrifuge et contre les maladies inflammatoires.

VÉRATRlNE.I.C„™..^Fo™.|Ki3S?0s:

La vératrine est un alcaloïde découvert par Meissner dans la Cévadille {Veratrum sa badi II a) ; il a été trouvé bientôt après par Pelletier et Caventou dans la racine d'hellébore blanc ( Veratrum album). Il existe dans un certain nombre d'autres Veratrum. On l'extraitde la cévadille» par épuisement, avec de l'alcool légèrement acidulé au moyen d'acide sulfurique ; on enlève l'excès d'acide sulfurique avec de la chaux ; on filtre pour séparer le sulfate de chaux formé et on distille. L'extrait alcooUqtte de vératrine ainsi obtenu est repris par de l'acide sulfurique dilué ; le sulfate de vératrine formé est décomposé ensuite par l'ammoniaque. On purifie la vératrine par cristallisation dans l'éther. La vératrine est une poudre cristalline blanche, efflorescente. Elle est insoluble dans l'eau froide, peu soluble dans l'éther, très soluble dans l'alcool et dans le chloroforme.

Au point de vue chimique^ elle se comporte comme un alcali. Elle bleuit le tournesol et donne des sels avec les acides. Quelques-uns de ces sels sont cristallisés ; ils ont tous la saveur acre de la vératrine.

II. Thérapeutique. — La Cévadille (Veratrum sabadilla Retz.) contient quatre alcaloïdes, dont le mélange constitue la vératrine du commerce (V. Cévadille). La vératrine est extrêmement irritante, et même, en très faible quantité, produit de violents éternuements ; sa saveur est d'une âcreté insupportable.Ses effets physiologiques sont: nausées, vomissements, hypersécrétion salivaire, diarrhée ; spasmes musculaires suivis de paralysie par action directe sur le système musculaire ; mort par syncope, c.-à-d. paralysie du cœur, ou par asphyxie (cessation des mouvenients respiratoires). A dose thérapeutique, elle ralentit la circulation et la respiration et agit comme antithermique et an tiph logistique, et de plus comme analgésique et diurétique. On l'emploie dans le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie, diverses névralgies, les hydropisies, les affections parasitaires. La vératrine s'élimine par l'urine. Elle se prescrit sous forme de pilules ou granules à la dose de4à5miiligr.parjour et en pommade à 4/40®. D^L.Hn.

VÉRATRIQUE (Acide). Form. \ ^l-y ^^^^^

L'acide vératrique a été découvert par Merck dans la Cévadille. Il a été reconnu ensuite identique à l'acide di* méthylprotocatéchique. C'est un corps cristallisé en aiguilles incolores, peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau chaude, soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther. Il est monobasique ; les vératrates alcalins sont solubles dans l'eau et cristallisables. Distillé avec de la baryte, l'acide vératrique donne le vératrol ou dimétliylpyrocatéchine, éther diméthyliquedelapyrocatéchine :

r/^Hi-^os ^ r/«iFoo* 4- 2C02.

Ac. vératrique Vératrol.

VÉRATRIQUE — VERBE

Levératrol se prépare en traitant la pyrocatéchine ou le gayacol par la soude et le chlorure de méthyle ; c*est un liquide huileux, d'odeur agréable, se solidifiant à 15° et bouillant à 205^

VÉRATROL (Chim.) (V. Vératrique).

VÉRAZA. Corn, dudép. de l'Aude, arr. et cant. de Limoux; 140 hab.

VERAZZANO 'Giovanni da), navigateur italien, né à Florence vers î .fin du xv® siècle. Il était au service de François I®'", pour lequel il découvrit les côtes de la Nouvelle-Frf .ce jusqu'à Terre-Neuve. On croit qu'il a été pris par les I pagnols et pendu en haute mer comme corsaire vers 45 *0.

VERBANO (Lac) (V. Majeur [Lac]).

VERBASCÉES (Bot.) (V. Scrofulariacëes).

VERBASCUM (Bot.) (V. Molène).

VERBE. I. Grammaire. — « Le verbe est un mot sans lequel il n'y a pas de discours », dit Crouslé, dans sa Grammaire française. Il sert en effet à exprimer le rapport qui unit l'attribut au sujet de la proposition, rapport d'affirmation, disent les uns, de simple énonciation, disent plus exactement les autres, mais sans lequel il n'y aurait pas de parole (verbum), il n'y aurait que des mots {vocabula). Cette fonction est la seule quand il s'agit du verbe être employé dans une phrase comme : Vhomme est mortel^ mais non quand il s'agit d'un verbe signifiant une idée particulière, comme chanter, courir : le verbe exprime alors non seulement le rapport qui unit l'attribut au sujet, mais encore l'attribut lui-même : foiseau chante, le cheval court. Or, tous les verbes sont attributifs, sauf le verbe être; encore celui-ci n'est-il pas toujours employé comme simple copule, il est souvent synonyme A^ exister, verbe substantif, comme disent les grammairiens, et il est certain que si, dans son rôle de copule, il est un mot vide, sans signification particulière, c'est par une sorte d'abstraction qui l'a peu à peu dépouillé de son sens. Le français fêtais ne vient-il pas du latin staham, « je me tenais debout »? Il y a même une langue, l'algonquin, où le verbe être n'existe pas, et dans les autres, c'est celui de tous qu'on sousentend le plus aisément. Aussi, loin de considérer la copule comme le verbe par excellence et d'imiter les logiciens qui la dégagent de tous les verbes par une décomposition que le langage n'a jamais connue, faut-il y voir une exception et dire que le verbe a pour fonction d'exprimer l'attribut avec le rapport d'énonciadon qui l'unit au sujet. ^P^(i.à Igtiv àz\ toiv /aô' ârspou Xs^oeAsvcov ar)[JL£îov (Aristote).

Cette fonction du verbe découle de sa manière de signifier. Le verbe en effet signifie toujours comme une action l'idée dont il est le signe, et une action étant nécessairement rapportée à un sujet actif ou passif, il a naturellement exprimé ce rapport. Or, si l'on met à part le verbe être, lorsqu'il sert de copule et n'est le signe d'aucune idée particulière, il est difficile de ne pas reconnaître que l'idée signifiée par le verbe est toujours conçue comme une action. C'est évident pour les verbes qai signifient une idée d'action, ce n'est pas moins certain, quoique moins sensible, pour ceux qui signifient une idée d'état ou de manière d'être; on dit V action de courir, de penser, le fait de vivre, de rester, d'être; on ne dit jamais ni Vétat de courir, de penser, ni Vétat de vivre, de rester, d'être. Cette conception de l'idée sous forme d'action est particulièrement vivante au moment de la formation des verbes, et l'étude des néologismes montre qu'il ne se crée de verbe nouveau que pour signifier une forme quelconque de l'activité. Qui sait même si ce n'est pas parce que les noms neutres, les noms de choses, ne pouvaient pas servir de sujets aux verbes primitifs indo-européens, que leur nominatif est semblable à l'accusatif, ou mieux est suppléé par l'accusatif, cas du complément direct ? Sans doute cette conception de l'action verbale peut s'affaiblir dans les significations dérivées des verbes, mais comme elle existe

toujours à leur naissance, que c'est elle qui donne la vie aux suffixes verbaux, il faut la considérer comme essentielle, et par suite écarter les définitions qui, sous une forme ou sous une autre, disent que le verbe signifie un état ou une action, une manière d'être ou d'agir, pour conserver uniquement celles oà il est présenté comme la partie du discours qui signifie l'action.

L'action signifiée par le verbe est susceptible de déterminations diverses, suivant son rapport avec le sujet de la phrase, le temps de son accomplissement, sa durée plus ou moins longue, le rapport du sujet avec l'acte de la parole, le genre ou le nombre des sujets, la manière dont elle est envisagée ou sentie, et l'on comprend que le langage ait pu exprimer ces diverses idées accessoires par des modifications dans la forme du verbe. Il y a bien des langues oii le verbe est invariable, comme le chinois et les autres langues isolantes, où c'est la place du mot dans la phrase qui fait connaître à quelle partie du discours il appartient. Mais dans la plupart, le verbe est un mot variable, et les différentes formes qu'il prend servent précisément à signifier ces diverses déterminations de l'idée verbale. On les appelle voix, temps, personnes, nombres, genres et modes.

Les voix sont les formes que prend le verbe suivant le rapport de l'action au sujet de la proposition. Le sujet peut être l'auteur de l'action, c'est h voix active; il peut en être l'objet direct, c'est la voix passive; il peut en être à la fois l'auteur et l'objet, c'est la voix moyenne, Il y a ainsi trois voix, mais qui n'existent ni dans toutes les langues, ni dans tous les verbes. Ainsi dans la famille indo-européenne, la voix passive manque le plus souvent : on y supplée par une périphrase formée d'un participe et d]un auxiliaire (^ifr^, aller, tomber, même rester), ou bien on emploie les formes de la voix moyenne par une transition naturelle qui conduit du sens réfléchi au sens passif {cela se dit = cela est dit). Il n'y a que le gothique, le sanscrit et le grec où le verbe ait à certains temps une forme spéciale pour signifier l'idée du passif. Le moyen, lui aussi, qui, à la différence du passif, existait à l'origine dans toutes les langues de la famille, ne s'est conservé qu'en sanscrit, en zend, en grec, et pour partie seulement en gothique ; il a bien été remplacé par une formation synthétique nouvelle dans les langues slaves et en latin (verbes déponents) ; mais partout ailleurs, il n'a que des équivalents périphrastiques, formés au moyen de pronoms, comme les verbes pronominaux da fimçais. D'autre part, même dans les langues à deux ou trois voix, le verbe peut ne pas les avoir toutes. Ainsi les verbes actifs et moyens se divisent, d'après leur sens, en deux catégories, les verbes transitifs, qui ont un complément direct, et les verbes intransitifs, qui n'en ont pas. Or le complément direct étant le mot que signifie l'objet direct de l'action verbale, et le verbe passif signifiant une action subie directement par le sujet, il en résulte que c'est le complément du verbe transitif actif ou moyen qui devient le sujet du verbe passif et que les verbes transitifs seuls ont en principe une voix passive. Il y a, il est vrai, des exceptions, et, par contre, les verbes déponents transitifs du latin n'ont qu'une forme passive, un participe. De plus, le moyen d'un verbe peut exister sans le passif, c'est fréquent en grec (oi'ofjLai, je pense), c'est la règle en latin classique pour les verbes déponents et, réciproquement, il y a beaucoup de verbes actifs qui n'ont pas de voix moyenne.

On appelle temps les formes que prend le verbe pour marquer le rapport de l'action à un moment déterminé. Dans certaines langues, les formes temporelles expriment en même temps la durée de l'action. Il y a trois temps principaux : le présent, qui ne comporte aucune subdivision ; le passé et le futur qui en admettent au contraire dans la plupart des langues (V. Temps). La notion de temps, comme celle de voix, est attachée dans les langues indo-européennes à la plupart des formes verbales, si

VERBE

bien qu'elle paraît être inhérente au verbe. Aussi Thurot disait-il que le verbe « signifie 1 itlé»' dont il est le signe comme une action déterminée en voix et en temps », et il y a même un gramusairien qui, cherchant quelle était l'essence du verbe, a cru la trouver dans l'idée d<' temps. Il seinble bien pourtant qu'elle ^oit une acquisition tardive du verbe, résult^^t de l'appropriation du langage, et qu'à l'origine les formes verbales n'< xprimassent l'action que d'une façon indéterminée. Il y a encore beaucoup de langues où le verbe n'a pas de forme pour le futur et qui y suppléent par une périphrase à l'aide d'auxihaires au présent {ih werde loben, 1 shall love, f aimerai m amare habeo, etc.), et il n'est pas rare de voir des formes de passé emiployées avec la signification du présent (x£î(i.at, oi'^a, memini, odi) ou pour exprimer une vérité générale (aoriste d'habitude). Il paraît même que dans les langues polysynthétiques de l'Amérique du Nord, les idées de temps et de mode sont tout à fait absentes du verbe. D'ailleurs, les formes verbales ne marquent pas le temps de la même façon : les un^^s signifient antériorité, simultanéité ou postériorité par rapport au luoiuent de la parole, les autres par rapport au temps marqué par le verbe dont elles dépendi-nt.

On appelle personnes les formes que prend le verbe suivant le rapport du sujet à l'acte de la parole. Or le sujet ()ouvant être désigné comme la personne qui parle, comme celle à qui l'on parle ou comme celle de qui Ton parle, il y a trois personnes que l'on appelle dans l'ordre ci-de>sus : la 1^®, la 2® et la 3® personne. Cetie notion de personne introduit dans le verbe une division fondamentale, celle des formes personnelles et des formes impersonnelles. Les premières, que les anciens appelaient le verbe fini {uerbum finitum), sont celles ofi la personne du sujet est déterminée par la terminaison ; les formes impersonnelles (verbum infinitum) sont celles qui servent indifiéremment pour les trois personnes. Les formes personnelles ont pour caractère de pouvoir former des phrases à elles seules, surtout dans les langues où le pronom sujet ne s'exprime pas. Aussi s'est-on demandé si elles n'avaient pas réellement été à l'origine de petites phrases renfermant un sujet et un attribut, et comme c'est la terminaison qui détermine les personnes, l'idée est venue qu'elles pouvaient cacher d'anciens pronoms. De là est née la théorie de V agglutination, qui expliqua les formes personnelles du verbe par la réunion sous un seul accent d'un radical verbal et d'un pronorri ; théorie qui est vraie de certaines langues, par exemple de la famille finnoise et de la famille sémitique; qui pour la famille indo-eun^péenne a été soutenue par Bopp et aptes lui par Curtius, Co» ssen, encore aujourd'hui par Bréal, mais contestée dès 1868 par Sherer, combattue par Merguet, Westphal, et en face de laquelle Ludwig a proposé celle de V adaptation ou de V appropriation^ d'après laquelle l'esprit humain a fait entrer peu à peu et à la longue la signification personnelle dans des formes qui primitivement en étaient dépourvues. Il y a des langues, comme le français, l'anglais, où les désinences personnelles ont en grande partie disparu de l'écriture ou de la prononciation; la conséquence est que, sauf à l'impératif, l'emploi des pronoms sujets est devenu indispensable.

Les formes personnelles n'indiquent pas seulement la personne, elles en font connaître le nombre et quelquefois le genre. On appelle nombre la modification que subissent les formes personnelles du verbe, suivant que l'on a en vue l'une des trois personnes seule ou accompagnée d'autres de son espèce. Lorsqu'on a en vue une seule personne, c'est le singulier; deux, c'est le duel; plusieurs, c'est le pluriel. Le duel, qui paraît avoir été antérieur au pluriel, est tombé plus ou moins vite en désuétude pour disparaître complètement des langues modernes. Le genre est la modification que subissent les formes personnelles du verbe, suivant que le sujet est de tel ou tel genre. Il existe dans les langues sémitiques, dans la fa»

URÂNDS ENCYCLOPÉDIE. — XXXL

mille finnoise, mais non d;ms les langues indo-européennes. Le genre et le nombre, comme la personne, sont marqués par les désinences.

Les formes personnelles subissent encore une autre modification : c'est le mode. On appelle mode h forme que prend le verbe suivant le rapport de l'action avec les vues de l'esprit et les affections de l'âme de celui qui parle. Klle est caractérisée, dans les langues indo-européennes, par des changements vocaliques à la partie finale des radicaux temporels. Mais le nombre des modes n'est pas le même dans toutes les langues ni à chaque temps. Une signification modale rigoureusement déterminée n'est même pas toujours attachée à la même forme. On distingue dans les langues classiques Vindicatif, qui marque que la chose énoncée par le verbe est indépendante de toute vue de l'esprit et de toute affection de l'âme de celui qui parle ; Yimpe'ratif, qu'elle est l'objet d'un ordre ou d'une prière; le subjonctif et, en grec seulement, Voptatif, qu'elle est, de façon générale, l'objet d'une vue de l'esprit ou d'une affection de l'âme de celui qui parle. En français, la forme appelée conditionnel est tantôt un temps de l'indicatif qui marque la postériorité d'une action passée par rapport à une action passée, un futur dam le passé, suivant l'expression de Clédat, tantôt un mode spécial signifiant que la chose énoncée est l'objet d'une vue de l'esprit qui la considère comme possible ou impossible,

^ Les formes impersonnelles n'ont qu'à moitié le caractère du verbe. Non seulement elles n'indiquent pas la personne, mais elles se présentent, au double point de vue morphologique et syntaxique, comme des sortes de substantifs ou d'adjectifs, comme des formes nominales des verbes. Ce sont l'infinitif, le gérondif, le supin et le participe. « V infinitif est la forme non personnelle que prend le verbe quand il unit à sa manière de signifier et à sa fonction la manière de signifier et la fonction du substantif » (Thurot). Bien que l'origine de ses désinences ne soit pas déterminée, on s'accorde à y voir d'anciens cas de la déclinaison. Sa forme peut changer pour signifier la voix et le temps, mais dans certaines langues seulement, ailleurs on a recours à des périphrases. L'infinitif sanscrit est commun à l'actif et au moyen ; même en français il y a certaines constructions où l'on peut indifféremment lui attribuer un sens actif ou passif (un problème difficile à résoudre). Il se construit comme verbe et forme une proposition ; mais il se construit aussi comme un simple substantif, sujet, attribut ou complément. Le gérondif et le supin, particuliers au latin, sont des substantifs verbaux qui signifient l'action et peuvent avoir le fuême complément que le verbe. Ils n'ont jamais de sujet, leur sens est actif ou passif, suivant la signification générale de la proposition, et ils ont une déclinaison plus ou moins complète qui supplée à l'infinitif. « Le participe est la forme non personnelle que prend le verbe quand il unit à sa manière de signifier et à sa fonction la manière de signifier et la fonction de l'adjectif » (Thurot). Il change de forme comme le verbe pour marquer la voix et le temps, comme l'adjectif pour marquer le cas, le genre et le nombre. Il se construit comme verbe et forme une proposition, mais aussi comme adjectif et s'emploie comme épithète ou comme attribut.

L'ensemble des différentes formes sous lesquelles se présente un même verbe s'appelle conjugaison. Le noiiibre peut en être considérable, puisqu'on a calculé qu'un verbe grec conjugué à toutes ses voix et à tous ses temps, modes et personnes, donne, y compris les infinitifs et participes, environ 1.300 formes. Dans les langues indo-européennes, ces formes ont toutes pour élément commun et fondamental, soit une syllabe, soit un groupe de syllabes qui donne au verbe sa signification particulière et qu'on appelle radical verbal, dur dans le verbe français durer, minu dans le verbe latin minuere. A ce radical s'ajoutent des suffixes dont les uns servent à for-

VERBE

mer de nouveaux radicaux destinés à signifier les rapports de temps ou exceptionnellement la voix, et les autres appelés désinences, ajoutés tantôt au radical verbal, tantôt aux radicaux temporels, à indiquer les personnes, les nombres et les voix, ou à différencier les diverses formes nominales. Le radical verbal est généralement invariable. Cependant il peut subir des modifications, soit dans ses consonnes, soit dans son vocalisme. Tel est le phénomène vocalique bien connu sous le nom à'apophonie ou d'ablaut (Xslthoj, IXituov, XéXotTua, geben, gab, gâbe, giebst; tiens, tenons). Dans certaines langues, le verbe présente encore des phénomènes particuliers, cofl)me le redoublement, qui contribue à former certains radicaux temporels (tutôda, TcsTcArjya, momordi, gegeben) ou Vaugffient qui, en sanscrit, en zend et en grec, précède à l'indicatif des temps dits secondaires ou historiques, le radical du verbe.

On conçoit que d'autres familles de langues puissent employer d'au très procédés morphologiques pour signifier ridée verbale avec ses diverses modifications. Il suffit de remarquer que le nombre des idées accessoires, que les changements de forme peuvent ajouter à la signification d'un verbe, n'est pas limité à priori. Déjà en grec et en latin, il y a des catégories de verbes où un suffixe particulier, une dérivation spéciale, un redoublement peuvent donner à l'idée verbale une nuance significative particuUère, tels les verbes inchoatifs en sco, — axw, les fréquentatifs comme raplare du supin raptum, les intensifs comme BaiBàXXw, TraiTtàXXca, etc. Mais il y a des langues, comme le turc, de la famille touranienne, où la simple addition à un radical verbal de certains suffixes permet d'ajouter au sens une idée nouvelle de réflexion, de réciprocité, de causalité, de passif, de négation. C'est ainsi que Max Muller ne compte pas moins de 32 infinitifs théoriques à sens différents tirés de l'infinitif simple sev-mek, aimer ; par la simple adjonction après le radical sev des syllabes m, ish, div, il, me, employées seules ou combinées : sevmemek,ne pas aimer; seuinmek, se réjouir; sevinmemekf ne pas se réjouir; sevdirmek, faire aimer ; seudirmemek, ne pas faire aimer, etc.

Telle qu'elle existe dans les langues où nous pouvons rétudier, et quelles que soient ses origines, la conjugaison s'est constituée peu à peu et apparaît comme le produit d'une lente évolution. Elle s'est modifiée au cours des âges sous la double action de l'altération phonétique et de l'analogie, l'une qui crée des formes nouvelles appropriées souvent à des nuances significatives particulières, l'autre qui propage certains types au détriment des autres. De là résulte qu'une même langue présente souvent plusieurs modèles de conjugaisons ; que dans toutes il y a coexistence de deux séries de formes verbales : les unes qui sont vivantes et susceptibles de produire des verbes nouveaux ; les autres mortes et confinées à des verbes anciens ; qu'enfin il existe dans toutes des verbes irréguliers qu'on ne peut rattacher à aucun modèle de conjugaison, vivante ou morte. On appelle défectifs ceux dont la conjugaison est incomplète ; unipersonnels ou impersonnels, des verbes défectifs qu'on n'emploie sous forme personnelle qu'à la troisième personne du singulier et dont l'action n'est rapportée à aucun sujet déterminé. Il y en a deux classes, les uns qui sont toujours impersonnels (il faut, il grêle), les diulves qui sont personnels dans un sens et impersonnels dans un autre. P. Gjqueaux.

II. Théologie. — VEvangile selon saint Jean, dont la date et l'authenticité sont fort discutées, mais dont il est difficile de placer l'origine avant la fin du i^"^ siècle, commence par un prologue, dans lequel l'élément divin contenu en Jésus-Christ est appelé le Verbe ou la Parole, ô Aoyoç, dénomination empruntée à la théologie judéoalexandrine (V. Philon, t. XXVI, p. 701) : « La Parole était au commencement, et la Parole était avec Dieu (ou vers Dieu, Tcpo; tov ôéov), et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été

faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle ». Cependant ce prologue ne donne aucune définition métaphysique sur la nature du Verbe. Après renonciation qui vient d'être reproduite, l'évangéliste appelle toute l'attention sur l'incarnation du Verbe et sur l'œuvre de lumière et de vie qu'il est yenu accomplir dans le monde : « C'est en elle qu'était la vie, la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue ». C'était la véritable lumière qui éclaire tous les hommes en venant au monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle ; mais le monde ne l'a pas connue. Il est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu ; savoir à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons vu sa gloire, une gloire telle qu'est celle du Fils unique du Père... Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce ; car la loi a été donnée par Moïse ; mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus- Christ. Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du père, est celui qui l'a fait connaître ». — Il faudrait un gros volume pour relater, même très sommairement, les élucubrations dont ces lignes ont fourni le texte ou le prétexte. Il nous paraît suffisant de constater que dans ces lignes, les noms : Jésus-Christ, Verbe ou Parole, Fils unique du Père, Inls unique, qui est dans le sein du Père, désignent une même personne. La pensée que présentent naturellement à l'esprit les termes employés dans le prologue de saint Jean, est que Jésus-Christ est le Verbe, c.-à-d. la Parole créatrice, incarnée : pour communiquer au monde la vie, la lumière, la lumière résultant de la vie ; pour éclairer les hommes en venant au monde ; pour rendre enfants de Dieu ceux qui, ayant reçu cette lumière, croiront en son nom ; pour apporter la grâce et la vérité, tandis que Moïse n'avait donné que la loi; pour faire connaître Dieu, que personne ne vit jamais. Il s'agit donc d'une œuvre de lumière et de génération mystique ; il n'est nullement parlé d'expiation et de rédemption. — En dehors des spéculations théologiques, le mot Verbe est rarement usité dans le langage ecclésiastique, parce qu'on ne le trouve nulle part dans le Nouveau Testament, sinon une seule fois dans Y Apocalypse (XIX, 13) et dans les écrits attribués à saint Jean ; mais surtout parce que l'œuvre assignée au Verbe dans le prologue de son Evangile s'adapte difficilement aux conceptions qui présentent Tœ^uvre de Jésus- Christ comme ayant pour objet essentiel de réconcilier Dieu avec les hommes, au moyen du sacrifice sanglant consommé sur la croix. E.-H. Vollet.

III. Ordres religieux. — Religieuses du Verbe incarné. — Congrégation fondée en 1625, par Jeanne- Marie Chezard de Matel, en suite d'une vision, dans laquelle « Dieu lui ordonna de fonder un ordre de ce nom, lui en fit le plan et lui prescrivit la forme et la couleur de l'habillement des religieuses ». Elle fut approuvée, sous la règle de Saint- Augustin, par Urbain VIIl (1^ juin 1633), et autorisée par lettres patentes de 1643. A l'époque de la Révolution, elle possédait 5 monastères : Lyon, Grenoble, Avignon, Anduze, Roquemaure. Elle fut rétablie en 1806, à Azérables, par l'abbé Denis. — Le but de cet institut est de réparer les outrages que les juifs ont faits au Fils de Dieu, lorsqu'il vivait parmi les hommes, et ceux que lui font chaque jour les hérétiques protestants et les mauvais chrétiens. Comme but envers le prochain, les religieuses s'occupent de l'éducation des jeunes personnes. Depuis 1847, elles ont établi un deuxième ordre, dit Hospitalières du Verbe incarné, dont les membres soignent les malades à domicile et se chargent de toutes les autres œuvres d'hospitalité, dans les paroisses où il y a des couvents du premier ordre. — Chaque évêque est

VERBE — VKRCELLOISE

supérieur de tous les mooastères qui se trouvent dans son diocèse. En 1884, la congrégation du Verbe incarné possédait en France 43 maisons contenant environ 200 religieuses. Elle a, en outre, des établissements en Amérique. E.-ÎL V.

BiijL. : Grammaire. — Bopp, Ueber das ConjugaLionsyslem der sa.nskritislien Sprachc in Vergleichung mit der (jriech.^ lat.,pers. imd f/ermanischen, 1816. — Grainmaire compurêe des Uingues indo-européennes, tracl. M. Bréal, avec inti-oductions, 1865-72. — Schleicher, Compendimn (1er verqleichenden gramyriatik der indogerma7iischen Sprachèn, 1876, 4" édi't. - G. Curtius, Das Verbum der g7neclnschenSpracheseinemBciuenachdcirgestellt,i^l1-iiO. '— La Chronologie dans la formation des langues indo- européennes ^Xv'àA. Bergaigne, 1869. — Delbrûck, Das altind. verbum.lSli.—Einleitung in das Sprachstudium, 188 i,3« éd. — Westphall, Die Verbal fluxion der lateinische Sprache. 187B. — Bartholomj^:, le Verbe iranien (ail.), 1878. — EiSENLOHR, le Verbe latin (ail.), 188-2. — Gabelenz, Ueber das Passivum, 1861. — Jolly, Geschichte des Infinitivsin Indogermaaischen, 1873. —A. Bergaigne, De conjuaciivo el optativo in Indo-europaeis linguis informatione et vi antiquissima, 1877.— Osthoff, Zur Gesc/iic/îte des Per~ fects in Indogerinanischen, 1884.— Delbrûck et Windish, Subjonctif et Optatif en sanscrit et en grec (ail.), 1871. — Ernault, le Parfait engreceten latin, 1877.—- Fumi, Sulla forniazione latina del preterito et del futuro imperfeiti, 1876. — PoTT, Etyrnologische Forschungen auf dem^ Ge~ biete der indogermanischen Sprache^ 1859-61, 2» édit. — L. Meyer, Vergleichende grammatik der griechischen und laleinischen Sprache, 1861- ()5. — Corssen, Kritische Beitràge zur lateinischen Formenlehre, 1866. — Dm môme, Beitràge zur italischen Sprachkunde, 1876. — Max Muller (trad. Harris et Perrot), la Science du langage, 1867, et, Nouvelles Leçons de la science du langage^ 1868. ~ Sherer, Zur Geschichte der deutschen Sprache^ 1868 ; 1878, 2" édit. — Merguet, Die Entwicklung der latein. Formenbildung, 1870. — Du môme, Die Ableitung der Verbalendungen, 187 L — Fick, Gott. Gelehrte Anzeigen, 6 avr. et 9 nov. 1881. — Ludwig, Agglutination or Adaptation ? 1873. — Neue, Formenlehre der lateinischen Sprache, 1875-77. — Osthoff et Brugman, Morphologische Untersuchungen, 1878-80. — Sayce, trad. Jovy, Principes de philologie comparée^ 1884. — Paul, Principien der Sprachgeschichte, 1886. — P. Regnaud, Origine et philosophie du langage, 1888. — Du même, Grammaire comparée du grec et du latin, 1896. — V. Henry, Gram- ■ïTiaire comparée du grec et du latin, 1891, 3° éd. ~ Rie- MA1SN et Gœlzer, Grammaire comparée du grec et du latin, 1901. — Consulter encore les grammaires comparées des langues germaniques par Gbimm (1827), de TanglaivS et de l'allemand par V. Henry (1883), des langnies celtiques par Zeuss (1853), des langues slaves par Milkosigh (1857), des langues romanes par Diez (trad. française, 1868-74), des langues de l'Afrique du Sud par Bleek (1862- 1869), des dialectes crée et chippaway par Adam ; leb grammaires spéciales à chaque langiie, sanscrites de Bopp, Max Muller, Oppert, Monier- Williams, Benfey, Desgranges, Whitney, grecques de KûHiner, Curtius, Brugman, G. Meyer, latines de Kûhner, Stolz et Shmalz, française de F. Brunot et de Clédat, a,ssyrienne de Sayce, syriaque de Cowper, etc., le Précis de grammaire générale de de Sacy, la Grammaire universelle et comparative de Court de Gébelin, et un grand nombre d'articles dans les revues qui s'occupent de linguistique, le Journal de grammaire comparée de Kuhn {Zeitschrlft fur vergleischende Sprachforschung) , les Contributions de Bezzenberger {Beitràge zur Kunde der indogermanischen Sprachèn^ les Mémoires de la Société de linguistique, la Revue de philologie, la Revue critique, etc.

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VERBEECK (Pieter), peintre hollandais, né vers 1600. Le musée de Berlin possède de lui un Combat de cavaliers orientaux. 11 fut un des maîtres de Pli. Wouwcrman.

VERBÉNA (Bot.) (V. Verveine).

MEHBÈHkGtES {Verbenaceœ Juss.) (Bot.). Les Verbé^ nacées sont des arbres ou des arbrisseaux, rarement des plantes herbacées, à feuilles ordinairement opposées, quelquefois composées. Les ileurs, irréguiièros, sont disposées en épis, en grappes ou en capitules ; le calice gamosépale, tu-

buleux, persistant, présente 4-5 divisions. La corolle, gamopétale, tubuleuse, caduque, souvent bilabiée, est 4-5 lobée. Les étamines, insérées sur la corolle, sont typiquement au nombre de 5, mais, en générai, la postérieure avorte. Le pistil se compose de 2 carpelles concrescents en un ovaire biloculaire contenant deux opules dans chaque loge; le style est terminal. Le fruit est une drupe, un diakène, un tétrakène ou une capsule. La famille des Verbénacées renferme 59 genres avec environ 700 espèces, qui appartiennent pour la plupart aux régions chaudes du globe. Les genres principaux sont : Verbena, Vitex, Laniana, Lippia, Teclona et Avicennia. Les Tectona fournissent des bois de construction très estimés (V, Teck). Les fruits des Lantana sont comestibles. L'écorce du Palétuvier (Avicennia) est employée pour le tannage.

VERRERIE. Gom. du dép. de l'Oise, arr. de Sentis, cant. de Pont-Saint-Maxencc, sur la r. g. de l'Oise; 1.773 hab. Stat. dechem. de fer. Fabr. de brosserie; sucrerie. Eglise des xm® et xv® siècles. Un palais royal mérovingien, détruit par François P'', avait servi à la tenue de divers conciles (par ex. celui de 829 où les rois Pépin d'Aquitaine et Louis de Bavière se révoltèrent contre leur père, l'empereur Louis le Pieux).

VER B! ES LES. Corn, du dép. de la Haute-Marne, arr. et cant. de Chaumont ; 181 hab. Ancienne abbaye du Val~des-Ecoliers ou Grand-Yal, de l'ordre de Saint-Augustin, fondée en 1212 par quatre docteurs de PUniversité de Paris, Guillaume, Fùchard, Evrard et Manassès, qui s'y retirèrent pour vivre dans la solitude. Transféré en 1234 dans une vallée voisine, le monastère s'accrut rapidement et compta sous sa dépendance de nombreux couvents de la région, jusqu'au célèbre prieuré de Sainte- Catherine des Ecoliers, à Paris, fondé par saint Louis. Erigé en abbaye par Paul III (1539). En 1636, Pabbé Michel réunit l'ordre à la congrégation de Sainte-Geneviève.

VERBOECKHOVEN (Eugène- Joseph), peintre et graveur flamand, né à Warnetonle 8 juin ^798, mort à Bruxelles le 19 janv. 1881. Il fut Félève de son père Barthélémy. Il vécut longtemps en Angleterre, en Allemagne, en France et en Italie et s'établit à Bruxelles (1847). Malgré la manière un peu trop sèche avec laquelle il traitait les animaux dans un paysage, il ne fut pas indigne de sa célébrité de peintre animalier, ayant un dessin ferme et sûr. Il se lia avec de Noter et peignit les animaux et les figures de ses tableaux. Ouvrages à Gand, Bruxelles, Amsterdam, Francfort, Munich, Hambourg, Christiania, BerHn, etc. (Deux de ses plus belles représentations d'animaux sont à Leipzig). Comme graveur et lithographe, il a publié : Etudes à Veau- for le (1839) ; Etudes de paysages (1839) ; Etudes d'animaux (1844). — Son frère Louis, né en 1802, a traité la marine avec un certain talent.

VERGE L. Cb.-l. de cant. du dép. du Doubs, arr. de Oaume-les-Dames; 1.237 hab.

VERCEIL (ital. Vercelli). Ville do l'Italie septentrionale et ch.-l. d'arr. de la prov. de Novare, située sur la Sesia et sur le chem. do fer de Turin à Milan ; 32.565 hab. (en 1901). Ses principales industries sont les filatures de soie et l'émondage du riz. On y remarque la belle basilique de Sauf Andréa, curieux spécimen de style romano-lombard (xiii® et xiv® siècles). La bibliothèque de la cathédrale contient le plus ancien des manuscrits de FEvangile connu. Verceil est surtout célèbre dans l'histoire par le voisinage du Raudius campus où Marias défit les Cimbres en 101 av. J.-C.

VERCELLONE (Carlo), théologien italien, né dans le Piémont en 1814, mort à Rome en 1869. Entré eu 1829 à Turin, dans l'ordre des barnabites, il dirigea plus tard leur collège de Rome. On lui doit surtout des travaux de critique biblique : Variœ lectiones Vulgatœ latinœ editionis BiblioTum (Rome, 1860-64, 2 vol.); Dissertaz-ioni a.ccademlche di vario arguraento (Rome, 1864); en 1838, il publia l'édition du Codex vaticanus, laissée

VEPiCELLONE -- Vi^:RCO[JRT

inédite par A. Mai; il collabora à l'édition oflicielle de la Vulgate (4861), et, avec Cozza, prépara l'édition du Nouveau Testament entreprise sous les auspices du pape (1868).

VERGHAIN-Maugré. Corn, du dép. du Nord, arr. et cant. (S.) de Valenciennes ; 1.375 hab.

VERGHÂIX. Com. du dép. delà Haute-Savoie, arr. de Bonneville, cant. de Samoëns; 379 hab.

VERCHAIVIP. Com. du dép. delà Haute-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Montbozon ; 76 hab.

VERCHENY. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Die,

cant. de Saillans ; 298 hab. Stat. de chem. de fer.

VERCHERE de Reffye, officier français (V. Reffye).

VERCHERS (Les). Com. du dép. 4p Maine-et-Loire,

arr. de Saumur, cant. de Doué; 4.236 hab.

VERCHIN. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil, cant. deFruges; 456 hab.

VERCHOCQ. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil, cant. de Hucqueliers ; 784 hab.

VERCIA. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Beaufort ; 370 hab.

VERCIN6ÉT0RIX, patriote gaulois, chef du grand soulèvement des Gaules contre Rome en Fan 52 av. J.-C, égorgé à Rome en l'an 46. Au milieu du siècle qui précède l'ère chrétienne, la Gaule, au lieu de s'organiser, se déchirait ; aussi était-elle ouverte aux envahisseurs : au N. les Belges et les Germains; au S. les légions romaines. Cependant quelques Etats puissants s'étaient formés au milieu du chaos (les Arv^ernes, en particulier), La Gaule toutefois était sortie de la barbarie, elle était riche, commerçante ; sa soumission étaitune nécessité pour Rome; elle ne s'unit qu'une fois contre les Romains, mais trop tard. De 58 à 52, César avait dirigé des campagnes victorieuses contre les Helvètes, contre les Belges, contre les Germains, contre la Bretagne ; il ouvrit à l'influence de Rome la France, l'Angleterre, l'Allemagne. Les Gaulois commencèrent à comprendre que la présence des Romains était un danger pour leur indépendance ; une première révolte du chef éburon Ambiorix et du Trévire Indutiomare fut écrasée par César en 53. L'année suivante, un soulèvement général fut préparé, pendant l'hiver que César passait en Italie. Le signal partit du centre druidique de la Gaule, du pays des Carnutes qui se jetèrent sur Cenabum (Orléans) et y égorgèrent les négociants italiens. La nouvelle de cet événement arriva à Gergovie (située à 240 kil. de là) où vivait un jeune et noble Arverne, courageux, de haute stature, Vercingétorix (legrand chef des braves). Son père avait péri en voulant usurper la royauté. Quant à lui, lié d'amitié avec César, il avait jusqu'alors contribué à maintenir la paix chez les Arvernes. ; mais l'agitation de toute la Gaule et la tentative d' Ambiorix lui montrèrent qu'il y avait un grand rôle à jouer pour la défense de son pays. Dès qu'il apprit le massacre de Cenabum, il proclama l'insurrection à Gergovie malgré les nobles, souleva le peuple des campagnes et envoya de pressants messages à tous les peuples : de la Garonne à la Seine les cités répondirent à son appel, et il prit la direction de la guerre, donnant à la ligue une organisation qui avait manqué jusque-là aux tentatives des Gaulois. Vercingétorix envoya son lieutenant Luctère contre la Province romaine et marcha contre les légions au Nord; mais pendant qu'il soulevait les Bituriges, César accourait d'Italie. Le chef gaulois voulut affamer les Romains et décida que toutes les villes seraient brûlées ; mais les Bituriges eurent le tort d'épargner leur belle capitale, Avaricum (Bourges), et César, l'ayant enlevée péniblement, s'y ravitailla. îl marcha ensuite sur la capitale de la ligue, Gergovie (près de Clermonl-Ferrand), que l'armée de Vercingétorix vint couvrir. César, après un demi-échec devant cette ville, rejoignit à marches forcées son lieutenant Labienus, à Agedincum (Sens) dans le pays des Sénons. Pendant ce temps, les Edues, les plus vieux aUiés des Romains, se soûleraient, coupant l'armée de César

de la Province. Les tribus du Nord, sous la conduite de Camulogène, s'étaient étabhes à Lutèce, mais Labienus y avait détruit leur armée dans une sanglante bataille oii Camulogène périt ; Labienus rejoignit en hâte César à Agedincum.

Une nouvelle assemblée de tous les députés de la Gaule avait confirmé Vercingétorix dans le commandement suprême ; il reprit son plan d'affamer César et de tout brûler à son approche; mais, craignant de le voir échapper sur la Saône, il eut le tort de livrer la bataille que César cherchait. L'armée gauloise fut battue et rejetée sur Alésia (Alise-Sainte-Reine, dans la Côte-d'Or, àlOkil.N.-E. de Semur) (V. Alésîa). Cette ville passait pour une des plus fortes de la Gaule et Vercingétorix y retrancha son armée sur les flancs de la colline. Les Romains assiégèrent à la fois l'armée gauloise et la place, en l'entourant de ces travaux prodigieux auxquels excellaient les légions. De tous les points de la Gaule, les guerriers se rassemblèrent et vinrent attaquer le camp romain; mais cette cohue fut dispersée jpar les Romains, et les sorties de Vercingétorix arrêtées par' les ouvrages de César. Une dernière tentative des Gaulois se termina par leur écrasement. Cette fois la Gaule était vaincue, et pour toujours. Vercingétorix, qui aurait pu fuir, résolut de s'otirir comme victime expiatoire, esp;ôçapt sauver ainsf ceux qui Pavaient suivi. Monté sur son "icTie-val de bataille, couvert de sa plus riche armure, il sortit de"^ la-yjlle et vint au tribunal de César élevé au-devant de ses lignes : gardant sa fière attitude, il jeta en silence son épée et^son casque aux pieds du Roujain impassible et dur. César lui tit attendre six ans l'insultante cérémonie du triomphe. Ce n'est en effet qu'en 46 qu'il fît figurer le grand chef gaulois à son triomphe des Gaulois : les triumvirs attendaient au Tullianum Vercingétorix pour l'égorger. Ph. B.

JBiBL. : Camille Jullian, Vercingétorix; Paris, 1901. VERCLAUSE.Com. du dép. delà Drôme, arr. deNyons, cant. de Rémuzat; 260 hab.

VERCOlRAN.Com. du dép. delà Drôme, arr. deNyons, cant. de Buis les-Baronnies ; 448 hab.

VERGONSIN (Eugène), auteur dramatique français, né à Paris en 4823, mort en 4892. H entra d'abord au ministère du commerce et ne se fit connaître dans le monde des lettres qu'en 4858 avec une jolie parodie de Télémaque qui eut un très grand succès dans les salons parisiens. Cette première comédie fut suivie d'une multitude de saynètes en vers ou en prose, la plupart en un acte, qui, écrites pour des salons privés, des casinos, des fêtes de charité, furent souvent jonées sur les théâtres de genre. Les plus connues sont: C était Gertrude[iM^\ En Wagon (4865) ; les Erreurs de Jean (4868); la Mat7'one d'Ephèse (1869); Quête à domicile (1875) ; le Rideau rouge (4879). Toutes ces petites pièces sont alertes et joyeusement spirituelles. Verconsin en a fait, en 4869, un recueil intitulé Saynètes et Comédies ; ce recueil a été réédité en 4873.

VERCORS. Région du Dauphiné, correspondant au cant. de La Chapelle-en-Vercors, dont on croit que les premiers habitants furent les Verlamicori, tribu des Voconces, à laquelle Pline attribue la fondation de Novare en Piémont. Ce pays fut d'abord possédé par les dauphins qui le cédèrent aux évêques de Die en 1253 ; seulement il ne s'agissait sans doute que du haut domaine, car le domaine utile appartenait, dès le xni® siècle, aux comtes de Valentinois et à différents coseigneurs. Les évêques de Die et les Odde de Bonniot étaient avant la Révolution les principaux seigneurs du Vercors. Pays alpestre aux pâturages renommés où les montagnes ont jusqu'à 4.800 m. d'ait. La Vernaisonyacreusé les grands et les petits Goulets où passe la route de Die à Saint-Jean-en-Royans. BiDL. : Brun-Duhand, Dictionnaire toiiograpldejue de la Drôme. — E. Mellier, le Vercors ; Grenoble, 1901. — P'iLLET, Essai historique sur le Vercors, lb88.

VERCOURT. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeviîle, cant. de Rue ; 462 hab.

VBUDACHES "^ ™ VERDÎ

VERDÂCHES. Com. du dép. des Basses- Alpes, arr. de Digne, cant. de Seyne; ^13 hab.

VERDAL (Vitic.) (V. Aspiran).

VER DALLE. Com. du dép. du Tarn, arr. de Castres, cant. de Dourgne ; 998 hab. Effilochage de laines.

VEROANOÉ (Myth. scandin.) (V. Nornes).

VEROELAIS. Cora. du dép. de la Gironde, arr. de La Réole, cant. de Saint-Macaire ; 941 hab.

VEROELHAN-Desmolles, homme politique français (V. Desmolles).

VER DE LOT. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Coulommi<'rs, cant. de Rebais; 938 hab.

VERDENAL. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Lunéville, cant. de Blâmont; 296hab.

VERDEREL. Com. du dép.del'Oise, arr. de Beauvais, cant. de Mvillers; 231 hab.

VERDERONNE. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Liancourt; 204 hab.

VERDES.Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. deBlois, cant. d'Ouzouer-le-Marché ; 897 hab.

VERDESE. Com. du dép. de la Corse, arr. de Corte, cant. de Piedicroce ; 241 hab.

VERDET (Chim.) (V. Acétates, t. I, p. 360).

VER 1 ET (Agric). Maladie du grain de maïs provoquée par un champignon de couleur verdâtre, le Sporisorium maydis, et surtout commune* dans les pays d'arrosage, notamment dans Tltalie septentrionale ; les grains récoltés à maturité incomplète ou rentrés par un temps humide y sont particulièrement sujets. Il est démontré que l'alimentation avec des grains atteints du verdet ou avec la farine qui en provient détermine, chez l'homme et chez les animaux, de graves désordres pathologiques ; elle provoque à la longue, sur l'homme, F affection décrite sous le nom de pellagre (V. ce mot). On ne connaît encore aucun mode de traitement effectif contre le verdet.

BiBL. : Balardinf, Dellci pellagre del gran turco quale causa pi^ecipiia, ecc. ; Milan. 1815. — P. Balrstra, SulV origina délia pellagra in Italia, 1882. — A. Carraroli, Le forme clinlche delta pellagra, 1893. — G. Strambio, la Pellagra ; Milan, 1«90.

VERDETS. Nom donné à des bandes de « royalistescatholiques », qui arboraient une cocarde verte ou un uniforme vert et qui, après le 9 thermidor an II, puis au début de la seconde Restauration (1845-16), se signalèrent par leurs excès contre les républicains, contre les partisans de Napoléon P-^, et surtout contre les protestants : le théâtre de leurs exploits fut la région du Bas Languedoc, où ils firent régner une véritable terreur, surnommée « Terreur blanche » (V. Louis XVÏIi).

VERDETS. Com. du dép. des Basses-Pyrénées et cant. (E.) d'Oloron-Sainte-Marie ; 276 hab.

VERDElY. Com. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. de Sézanne ; 115 hab.

VERDI (Francesco-P'ortunino-Giuseppe), célèbre compositeur italien, né à Roncole, petit village du duché de Parme alors compris dans le dép. français du Taro, le 10 oct. 1813, mort à Busseto, près de Parme, le 27 janv. 1901. Le père du futur compositeur, Carlo Verdi, et sa mère, Luisa Utini, tenaient à Honcole une modeste auberge de village. Le jeune Verdi, encore qu'il montrât dès l'enfance un goût très vif pour la musique, ne pouvait guère le satisfaire. Cependant l'organiste de l'éghse de Roncole, où il servait ordinairement la messe, consentit à lui donner quelques leçons sur une mauvaise épinette achetée de hasard. Trois ans plus tard, il pouvait remplacer son maître à l'orgue du village, et de Busseto où son père l'avait placé pour qu'il pût fréquenter une école, il venait à pied tous les dimanches s'acquitter de ses fonctions. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, Verdi conserva ce poste, s'ac(iuittant en même temps d'un petit emploi qu'il avait obtenu chez un commerçant en liqueurs de Busseto. Ce distillateur, nommé Antonio Barezzi, était lui-même un amateur de musique. Il s'intéressa au jeune homme et lui fit prendre des leçons du maître de chapelle de la ville,

Giovanni Provesi, artiste de mérite, qui sut deviner les rares dispositions de son élève et les encourager. Aussi, peu de temps après, grâce à la libéralité de son protecteur. Verdi pouvait-il se rendre à Milan où il se proposait de suivre les cours du Conservatoire. Le vieux Francesco Basili, un des derniers maîtres produits par l'école italienne du xvni® siècle, ne voulut point l'admettre dans cet établissement : il prétendit même à première vue qu'il manquait totalement de dispositions pour la musique. Il est juste d'ajouter aussi, à la décharge de ce singulier maître, que Verdi touchait alors presque à l'âge où les règlements exigeaient que les élèves quittassent le Conservatoire, et que Basili put penser qu'il était, dans ces conditions, inutile de l'admettre. Quoi qu'il en soit. Verdi, repoussé de ce côté, s'adressa au compositeur Lavigna, accompagnateur de la Scala. Celui-ci lui fit bon accueil et le mit rapidement en état de s'assimiler entièrement la technique musicale, dans les limites où les Italiens la pratiquaient en ce temps.

Le jeune maître avait déjà produit bon nombre de compositions de tout genre. Ce fut vers ce temps-là (1833) qu'il épousa la fille de son protecteur Barezzi et qu'il revint à Busseto exercer les fonctions de maître de musique de la ville. Mais bientôt, désireux de se produire au théâtre, il quittait, après trois ans de séjour, la petite ville pour retourner à Milan avec sa femme et les deux enfants qu'il avait déjà. Il emportait avec lui un opéra entièrement terminé, Oherto di San Bonifacio, écrit sur un livret qui lui avait été confié alors qu'il travaillait encore avec Lavigna. Cet opéra renfermait d'assez nombreuses réminiscences, de Bellini tout particulièrement. Cependant, lors de la première représentation à la Scala en 1839, il reçut un assez bon accueil pour mettre en évidence le nom du jeune musicien. Aussi les œuvres qui suivirent celle-ci, début du compositeur au théâtre, furentelles facilement accueillies des directeurs; en peu d'années, Verdi était considéré comme un des musiciens dramatiques les plus en vue de lltalie. Ce n'est pas que tous les ouvrages sortis de sa plume au cours de cette période de sa vie aient eu un égal succès. Beaucoup d'entre eux furent reçus assez froidement du public ; mais certains, plus favorisés que les autres, avaient suffi à établir solidement la réputation du maître. Bien que toutes ces pièces soient oubliées aujourd'hui, que les progrès du goût musical et la conception plus logique et plus élevée que les musiciens se sont fait de la musique de théâtre ne permettent pas de croire qu'ils sortent jamais de l'indifférence dans laquelle ils demeurent, il convient de citer du moins les plus connus : Nabucodonosor (Scala, 184^), un des succès les plus vifs ; / Lomhardi (1843), repris en français en 1847 sous le titre de Jérusalem; Ernani (184i) ; Iduefoscari (1844) ; Giovanna d' Arco (1845) ; Attila (Venise, 1846); Macbeth (Florence, 1847); Imasnadieri {Londres, 1 847); Luisa Miller (tapies, 1849), etc. Beaucoup de ces opéras avaient dû une partie de leur succès aux allusions politiques, lesquelles, à cette époque troublée de leur histoire, les Italiens se montraient ingénieux à saisir un peu partout. Cette cause occasionnelle de vogue, qui valut à l'auteur de nombreux démêlés avec la censure autrichienne, n'existait plus pour l'étranger, et cependant un assez grand nombre d'œuvres de Verdi avaient trouvé en France, en Angleterre surtout, un succès égal à celui qui les avait accueillies à leur apparition. En allant diriger à Londres les répétitions d'i masna^ dieri^ commandé par le Her Majesty Théâtre, le compositeur s'était arrêté à Paris pour préparer les représentations de sa Jérusalem; il avait été favorablement accueilli du public et des artistes. De retour en Italie lors de la révolution italienne de mars 1848, il n'allait pas tarder à remporter les succès les plus décisifs de la première partie de sa carrière. Rigoletto donné à Milan en 1851, Il trovatore à l'Apollo de Rome (1853) et la Traviata (Venise, 1853), sont encore les trois œuvres les plus popu-

VKRDI — VERDIER

laires du iiiaitie. Ce dernier opéra cepeiidaiit ne s'imposa pas immédiatement, car la première représentation fit un fiasco complet. Après la Traviata, Verdi avait gardé quatre années le silence. Les Vêpres Siciliennes, commandées par l'Opéra de Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 4855, furent assez froidement accueillies. Simone Boccanegra (Yenise, 1857), z7 Ballo in Maschera (Rome, 1859) ne furent pas non plus beaucoup plus heureux, bien que cette dernière œuvre ait réalisé depuis lors une assez belle carrière. On peut passer rapidement sur quelques autres ouvrages du même temps pour arriver à un drame lyrique spécialement écrit pour la scène française, Don Carlos y donné à l'Opéra de Paris en 1867. C'est de cet opéra qu'on a coutume de faire dater l'évolution du compositeur vers un style nouveau, plus serré, plus correct, plus harmoniquement conçu. Et en effet, Don Carlos, qui remporta un assez beau succès en France, diffère singulièrement déjà, tant par le style que par l'ampleur des proportions, des ouvrages antérieurs de Verdi. Le silence observé par le musicien et qu'il ne rompit qu'en 1871 avec Aida, écrit pour l'inauguration du théâtre italien du Caire, prouve également qu'il s'occupait alors de modifier profondément sa manière d'écrire. Le succès de cette partition fut énorme en tous les pays d'Europe, et réellement les progrès réalisés dans les procédés de style, dans l'observation fidèle des convenances dramatiques, dans la tenue générale de l'œuvre, pour ne point parler de la noblesse et de la force de la pensée musicale, expliquent assez un enthousiasme qui persistera longtemps encore. C'est dans Aïda, comme dans le Requiem pour Manzoni (1873), qu'on a voulu voir l'influence wagnérienne s'exerçant sur le compositeur italien. Mais nous aurons à dire ce qu'il faut penser de cette opinion.

Après Aïda, Verdi a donné encore à la scène plusieurs œuvres importantes, mais après un intervalle de dix-sept ans pour la première : Otello (Milan, 1887) et Falstaff' (Milan, 1893). Ces deux ouvrages, d'une tenue supérieure et d'une perfection de forme remarquable, ont été accueillis très favorablement. Mais il ne semble pas que, malgré leurs mérites, ils aient retrouvé le succès populaire de Rigoletto, du Trouvère ou à'Aïda. Les Italiens eux-mêmes ont pour ces belles productions d'un homme de génie plus de respect que d'amour. Enfin, pour achever de donner une idée de l'œuvre complet du maître, il convient, pour finir, de noter qu'il écrivit aussi diverses compositions, peu nombreuses cependant, pour l'église, la chambre ou le concert.

Quelque jugement d'ensemble que chacun puisse porter sur la valeur de l'œuvre tout entier de Verdi, un fait s'impose tout d'abord à l'attention, fait presque unique dans l'histoire de la musique. Aucun autre artiste ne s'est efforcé comme celui-ci à chercher la perfection de l'idéal qu'il avait conçu, en transformant, eu épurant son style jusque au delà des limites de la vieillesse. Malgré les succès qui l'accueillirent à ses débuts. Verdi s'est élevé de jour en jour vers une conception plus haute. Chacun de ses opéras ne fut pour lui qu'une étape vers le but entrevu dont il s'est approché tous les jours davantage. WOberto di San Bonijacio à Rigoletto et au Trouvère, la distance est déjà grande; de ces partitions déjà lointaines à Aida, Otello ou Falstaff\ elle apparaît plus considérable encore. Sans doute, d'autres grands maîtres ont pareillement évolué. Beethoven et Wagner, par exemple, ont amplifié jusqu'à la fin leur manière. Mais la distance de leurs débuts aux travaux glorieux de la maturité ne saurait se comparer à celle que Verdi parcourut au cours de sa longue vie. L'évolution du maître itahen est encore remarquable en ceci qu'elle n'a guère porté que sur la forme extérieure. Au lieu des idées mélodiques puissantes mais souvent triviales, des plates harmonies et des rythmes monotones de sa première manière, les opéras récents nous offrent une musique souple et

correcte, attentive à suivre et à traduire les diverses passions du drame, des mélopées bien dessinées, une instrumentation riche et nourrie, une écriture harmonique d'une pureté quasi classique. Mais cet art au fond n'a pas changé. Il vise toujours à reproduire l'intensité delà vie, à traduire fortement des sentiments simples et peu complexes. (Quoiqu'on ait souvent parlé d'influence wagnérienne à propos de Verdi, rien n'est plus erroné que cette opinion, si l'on voit dans Fart de Wagner autre chose qu'un emploi ingénieux et nouveau des procédés techniques dont il est l'inventeur. Dans les dernières œuvres de Verdi, pour qui sait comprendre, l'originalité du maître persiste aussi bien que dans les premières. Son caractère le plus saillant, c'est la recherche sincère de l'effet dramatique ou mieux mélodramatique. Verdi n'a rien d'un lyrique : la musique pure lui est demeurée toujours étrangère. Il n'a pas non plus à un degré éminent le don mélodique, si l'on entend par là la facilité de concevoir des thèmes vraiment élégants et ornés. Sans parler de Rossini, Bellini et Donizetti si inférieurs à lui par ailleurs le dépassent aisément par là. Mais il a à un degré rare le don d'émouvoir fortement : même (ceci à ses débuts) avec des phrases vulgaires, banales ou disgracieuses. Son art ne vise pas à plaire; mais il est ému et sincère admirablement, au point qu'il fait encore son effet aujourd'hui, tout famiharisés que les artistes soient avec des œ^uvres d'une expression plus fouillée et plus profonde, sinon plus intense.

Malgré la vogue extraordinaire dont il a joui de son vivant. Verdi n'a pas exercé sur l'art une influence considérable. Il n'a point fait école au sens propre du mot. Car les compositeurs réalistes ou véristes, comme on dit en Italie, ne se rattachent que très indirectement à ses tendances et peu ou point du tout à ses procédés. Il est arrivé d'ailleurs en un temps où le goût musical a fortement ressenti l'empreinle de Richard Wagner et où la culture allemande s'est imposée uniformément à la musique de toutes les écoles. On peut le considérer à juste titre comme le dernier des grands musiciens italiens, formés exclusivement ou peu s'en faut par la fréquentation de leurs compositeurs nationaux. Lui et Rossini auront magnifiquement affirmé dans le siècle qui vient de finir le génie d'une race qui enfanta jadis d'admirables chefsd'œuvre et qui, même aux heures de sa pire décadence, est demeurée capable de produire souvent des œuvres' encore délicieuses et charmantes. A cette race prédestinée à qui il n'a manqué que de connaître mieux le prix de l'effort. Verdi aura légué un admirable exemple, plus fécond peut-être pour l'avenir que ses plus belles œuvres elles-mêmes. Henri QuriTÂRo.

BiBL, : Abramo Basevi, Sludio sulle opère di Giuseppe Verdi; Florence, 1859. — Ghislanzoni, Reminiscenze artistiche ; gli Ariisti da Teatro. — B. Bermani, Schizzi sull'd vlta e sulle opère del maestro Giuseppe Verdi ; î\îilan, 1846. — G. Perosio, Cenni biografici su Giuseppe Verdi, seguite da brève analisi dell «. !l4ïda»e délia Messd da Requiem ; Milan, 1875. — Antonio Pena y Go ni, Aïdu, ensayo critico musical ; Madrid, 1875. — Vicenzo Sassa- ROLi, Considerazioni sullo stato attuale dell'arte musicale in Italia; Gênes, 1876. — Marchese G. Monaldt, Verdi e le sue opère; Florence, 1877. — Arthur Pougin, Verdi, Histoire anecdotique; Paris, 1886.

VERDIER (Ornith.). Genre de Passereaux, de la famille des Fringillidés (V. ce mot), en latin Ligurinus ou ChloriSy caractérisé par un bec fort et voûté, épais à sa base, un peu aplati sur les côtés, les tarses médiocres, la queue moyenne et un peu fourchue. Le VERUir^R (Ligurinus chloris) est de la taille du Moineau, vert, lavé de jaune avec des taches noires. Il habite l'Europe : en France il est sédentaire, se nourrissant exclusivement de grains en été, de pulpe de raisin à l'automne et en hiver. Il niche sur les arbres, et ses œufs, au nombre de quatre à six, sont d'un beau bleu tacheté de brun et de gris violet. En hiver, il forme de grandes bandes avec les Pinsons et les Bruants. Des espèces voisines habitent la Perse, la Chine et le Japon. E. Tri.

VERDIKR -- VERDUN

VERDIER (Ane. dr.). Les verdiers, dont le nom latin viridarius signifie garde d'un verger, étaient des officiers des eaux et forêts placés, au début, immédiatement après les maîtres des eaux et forêts, devant lesquels leurs sentences pouvaient être portées en appel. Leur juridiction s'étendait sur une étendue de bois et de pays appelée verderie. Après Philippe le Bel, il y eut des verderies données à titre de fief el de cens à des particuliers, à la charge de garder les forêts du roi. Enfin le verdier s'est encore appelé gruyer, forestier, châtelain, concierge, segrayer, maître sergent et garde-marteau (V. Gruerie). Les verderies ont été supprimées par un édit du mois d'août

VERDIER (Le). Com. du dép. du Tarn,arr. de Gaillac, cant. de CasteInau-de-Montmiral ; 460 hab.

VERDIER (Jean-Antoine, comte), général français, né à Toulouse le 4^^ mai 1767, mort en 1839. Entré au service dès 1785, il ne devint sous-lieutenant qu'en 1792, mais s'éleva dès lors rapidement dans la hiérarchie militaire, grâce aux guerres de la Révolution. Aide de camp d'Augereau à l'armée des Pyrénées-Orientales en 1794, il suivit ce général en Italie, fut fait lui-même général de brigade pour sa belle conduite à Castiglione (1796), prit part à l'expédition d'Egypte et, par de nouvelles actions d'éclat à Damiette (dont il fut quelque temps gouverneur), et au Caire, qu'il défendit vaillamment après la mort de Kléber, mérita le grade de général de division. Rappelé en Europe, il servit sous Murât, puis sous Gouvion-Saint-Cyr et Masséna en Italie, de 1801 à 1806, fut attaché à la grande armée à cette dernière époque, se distingua à Ueilsberg et à Friedland (1807), fut ensuite envoyé en Espagne (1808), où il soutint sa réputation dans les armées d'Aragon et de Catalogne, commanda une division sous Oudinot pendant la campagne de Russie (1812), et fut grièvement blessé devant Polotsk. En 1813, on le retrouve à l'armée d'Italie, qu'il commande en second, et notamment à la bataille du Mincio. Bien traité par les Bourbons en 181 4, il n'en accepta pas moins de Napoléon, pendant les Cent- Jours, le titre de pair de France et le commandement de la 8^ division militaire. Aussi fut-il mis à la retraite après la seconde Restauration. La royauté de Juillet le replaça plus tard dans le cadre de réserve (1830). A. D.

VERDIER (Aymar), architecte français, né à Tours le 19 nov. 1819, mort vers 1883. Elève de Henri Labrouste, Aymar Verdier fut d'abord sous-inspecteur des travaux de l'église Sainte-Clotilde, à Paris, puis attaché, de 1848 à 1876, à la commission des monuments historiques, et architecte des édifices des diocèses d'Amiens et de Beauvais de 1849 à 1871. On doit à cet architecte les relevés et la restauration de plusieurs édifices dans les dép. de la Somme, de l'Oise, d'Iodre-et-Loire, de Saône-et-Loire et de Seine-et-Oise ; les couvents de la communauté des Dames de l'Assomption à Bordeaux et à Auteuil ; l'église Saint-Maur à Lunéville, et la chapelle du château de Tonvent. Verdier a exposé la plupart de ces édifices aux Salons annuels et à l'Exposition universelle de 1878 et a publié, en collaboration avec le D^ Cattois, un fort remarquable ouvrage, précieux pour d'anciennes constructions aujourd'hui disparues, et intitulé f Arcliitecture civile et domestique au Moyen Age et à la Renaissance (Paris, 1853, 2 vol. in-4, pL). Ch. Lucas.

VERDIÈRE (La). Com. du dép. du Var, arr. de Brignoles, cant. de Rians ; 920 hab.

VEROIGNY. Com. du dép. du Cher, arr. et cant. de Sancerre ; 501 hab.

VERDILLE. Com. du dép. de la Charente, arr. de Ruffec, cant. d'Aigre ; 632 hab.

VERDI LLY. Com. du dep. de l'Aisne, arr. et cant. de Château-Thierry ; 248 hab.

VERDUN. Rivière de France (V. Alpes [Basses-] et Var [Dép.]).

VERDON. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Bergerac, cant. de Lalinde ; 120 hab.

VERDON (Le). Com. du dép. de la Gironde, arr. de Lesparre, cant. de Saint- Vivien ; 736 hab.

VERDON. Com. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. de Montmirail ; 416 hab.

VEROONNET. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Châtillon-sur-Seine, cant. de Laignes ; 237 hab.

VERDOT (Vitic.) (V. Vigne).

VERDOUBLE. Rivière du dép. des Pyrénées-Orientales (V. ce mot).

VERDUN. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. de Cabannes ; 397 hab.

VERDUN. Com. du dép. de l'Aude, arr. et cant. (N.) de Castelnaudary ; 570 hab.

VERDUN ou VERDUN-suR-MEusE.Ch.-l.d'arr.du dép. de la Meuse, sur les deux rives de la Meuse qui s'y partage en cinq bras, entourée de collines; 22.151 hab. (r2.780 aggl.). Stat. des lignes Reims-Conflans et Toul- Sedan du chem. de fer de l'Est, à 237 m. d'alt. Evêché, grand et petit séminaires, tribunaux civil et de commerce,

Porte de la Chaussée^ à Verdun.

siège de la 79*^ brigade d'infanterie et de la 3® brigade de hussards ; bibliothèque (40.000 vol. et 400 manuscrits) ; musée, théâtre ; cathédrale des xi^ et xii® siècles ; bel hôtel de ville du xvii^ siècle ; palais épiscopal du XVIII® siècle, bâti par Robert de Cotte ; statue du général de Chevert sur la place Sainte-Croix. Verdun se compose de deux parties séparées par la Meuse : sur la r. g., au N.-O., la ville ancienne aux rues tortueuses et montantes que couronne la citadelle (qui resferme les restes de l'abbaye de Saint- Vanne, centre d'une réforme de l'institut bénédictin en 1600); sur la r. dr., au S. -E., la ville nouvelle, de la fin du moyen âge et des xvii®, xviii® et xix® siècles. 11 subsiste de l'enceinte du moyen âge deux portes dont une, la porte de la Chaussée, date duxv® siècle, avec deux tours, et sert de prison. Fabrication considérable de confitures, dragées, liqueurs ; l'industrie consiste en outre en brasserie, menuiserie d'art, tannerie, moulins à farine, passementerie, eau-de-vie ; commerce de bois, de bétail, de céréales, de vin ; mines de marbre. Verdun est une place forte de premier ordre ; étroitement enfermée dans son enceinte, dominée par sa citadelle, défendue par l'ouvrage Saint-Victor, elle emprunte son importance au fait qu'elle est l'aile gauche de la ligne Toul- Verdun ; une ceinture de forts, élevés depuis 1874, en fait une place d'armes très puissante : sur la rive gauche de la Meuse, elle est protégée-: en première ligne, par quatre ouvrages disposés en demi-cercle sur 6 kil. (Bois de Chapitre, Baleycourt, Bois de Sartelles et Germanille), appuyés en outre au S. et à l'O.; en seconde ligne, par les forts Regret et Chaume et deux autres ouvrages. Sur la rive droite de

VERDUN ^^- YERR

la Meuse se développe la ligne de défense intérieure avec 7 forts* et la ligne extérieure avec 7 autres forts, et il batteries disposées sur 9 Idl. de long. Au N., elle est reliée à la Meuse par le fort Donaumont-Côte de Froide et 11 ouvrages. L'ensemble de ces défenses couvre 48 kil. Les 53 kil. de Verdun à Toul sont couverts par la chaîne des forts de Génicourt, Troyon, Les Paroches, Camp des Romains, Liouville, Gironville, Jouy-sous-les-Côtes. — Verdun est l'ancien Verodunum ; au moyen âge, la ville était la propriété temporelle de ses évêques ; en août 843, le traité de Verdun régla le partage de l'Empire carolingien entre les fils de Louis le Pieux, l'empereur Lothaire F^', Louis l'Allemand et Charles le Chauve, et sépara complètement la France de la Germanie. Verdun, comme toute la Lorraine, passa à l'Empire germanique. La guerre de Henri II et de Charles V ramena Verdun à la France (4552), mais elle ne fut définitivement cédée avec son territoire, avec Metz et Toal, qu'au traité de Westphalie. Vauban fortifia Verdun. La ville a subi deux sièges mémorables : en 1792, contre les Prussiens ; et en 1870, Verdun, cernée le 25 sept., assiégée le 13 cet., se rendit le 8 nov.

BiiîL. : Clouet, Histoire de Verdun et du Verdunois^ 1838-40, 'é voL — Ch. Jussy, Histoire politique etreligieuso de Verdun, 1843, 2 vol.— Gabriel, Verdun, notice "^ historique, 1888. — N. FaizOiN, Bibliothèque verdunoise, 1885- 1889, 4 vol.

VERDUN-sur-Garonne. Ch.-l. de cant. du dép. de Tarn-et-Garonne, arr. de Castelsarrasin, sur la r. g. de a Garonne ; 3.101 hab. (1 .266 aggl.). Eglise du xiii® siècle. Du XIV® siècle à la Révolution, Verdun fut le cheflieu d'une circonscription judiciaire importante.

VERDUN-sur-Sâône-et-Doubs (Verodunum castrum, Vireduniim, Virdunum ad Ararim ou ad Dubim). Ch.-l. de cant. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Chalon-sur-Saône, au confluent de la Saône et du Doubs ; 1 .585 hab. (1.472 aggl.) Stat. de chem. de fer de la ligne de Chagny à Dole. Huileries. Tuileries. Four à chaux. Traces dévoie antique. Découvertes d'objets gallo-romains (monnaies, poteries). Au moyen âge, le château, situé dans une île, fut fortifié, et la ville entourée de murailles. Ils furent assiégés ou pris par les Français en 1478, par des Italiens en 4522, par les Ligueurs en 1589 et 1592, par les Impériaux en 1636 et par les Frondeurs en 1650 et en 1653. C'est au cours du siège de 1592 que Marguerite de Busseul, femme de iiéliodore de Thiard, gouverneur de la ville, sauta avec les poudres en prenant part à la défense, et c'est à la suite de celui de 1653 que Louis XIV fit démolir l'enceinte. Verdun a appartenu avant la Révolution aux de Sainte-Croix, aux de Luyrieux, aux de Mareschal, aux de La Chambre, aux de Gadagne, pour qui il fût érigé en comté en 1593, et finalement aux de Pons. Guy, seigneur de Verdun, avait donné des franchises aux habitants en 1234, et Eudes, seigneur de Verdun, y avait fondé un hôpital en 1370, qui fut brûlé en 1592. Armes : D'azur à trois chevrons d'or.

BiBL. : J.-P.-Abel Jeaivdet, Annales de la ville de Verdun-sur-Saône-et-Doubs ; Paris^ 1865. —Du même, Fragynents des Annales de la ville de Verdun-sur-Saône-èt- Doubs ; Dijon, 1893. — Du même, Lettre sur les armoiries de Verdun; Chalon-sur-Saône, 1856. — Fertiault, Dictionnaire du langage populaire verduno-chalonnais ; Paris. 1896.

VERDUN OIS. Pays de Fane. France, compris aujourd'hui dans le dép. de la Meuse. Long et large de 65 kil. Il comprenait FOrnois et le Dormois : sa capitale était Verdun et ses villes principales Clermont-en-Argonne, Etain, Dun et Montfaucon.

VERDURE (Augustin-Joseph), homme politique français, né à Remilly (Pas-de-Calais) en 1825, mort à la presqu'île Ducos (Nouvelle-Calédonie) le 28 avr. 1873. Instituteur public, puis comptable à Paris, affilié à Vînternationale et à la Fédération des travailleurs^ il soutint dans les réunions publiques de 1869 la candidature de Henri Rochefort. Caissier du journal la Marseillaise, dont Rochefort était rédacteur en chef, il fut, en

même temps que son patron, arrêté en févr. 1870, mais bientôt relâché. Adjudant-major d'un bataillon de la garde nationale pendant le siège de Paris, il ne joua au 3 î oct. qu'un rôle effacé. Il fut élu par- le XI® arrondissement membre de la Commune insurrectionnelle (20 mgrs 1871), se montra des plus assidus aux séances, et participa aux mesures les plus violentes. Le conseil de guerre le condamna à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée (2 sept. 1871). H. Monin.

VERDY DU Vernoïs (Julius de), général d'infanterie prussien, né à Freistadt (Silésie) le 19 juil. 1832. D'une famille française émigrée après la révocation de l'Edit de Nantes, officier en 1850 au i¥ réi»iment d'infanterie dont il a rédigé l'histoire (î860), capitaine en 1861, à l'état-major de l'armée russe à Varsovie de 1863 à 1865, major en 1866, il fit la campagne de Bohême, et en 1870 la guerre de France comme chef de division dans le grand état-major de l'armée allemande. Il professa à l'Académie de guerre de 1867 à 1872. Général en 1876, chef de division au ministère de la guerre en 1879, chef de la 1^® division à Kœnigsberg en 1883, gouverneur de Strasbourg en 1887, ministre de la guerre de 1889 à 1890, il dut quitter ce poste par suite d'une indiscrétion professionnelle au cours des discussions parlementaires. Elève du feld-maréchal de Moltke, Verdy du Vernois a publié des travaux remarquables (traduits en français) : Participation de la 2^ armée à la campagne de 1866; Etudes sur Vart de conduire les troupes (1873) ; Etudes d'histoire militaire d'après la méthode applicative (1876) ; Essai sur le jeu de guerre (1876) ; Essai sur les manœuvres de cavalerie (1876) ; Sur les problèmes pratiques du service de campagne {iSSl) ; Etudes ^ur le service de campagne (1876). En 1894, l'Université de Kœnigsberg l'a nommé « Doctor philosophiae h. c. ». On lui doit encore : Studien ueber den Krieg (1891-96), et Im grossen Hauptquartier i 870-7 i. Versoenliche Erinnerungen (1895). Verdy du Vernois est un des principaux écrivains mihtaires allemands : il a donné les méthodes de conduite des troupes de cavalerie et de guerre de siège. On a joué en 1894 à Strasbourg une tragédie de lui : Alarich.

VÈRE (La). Rivière du dép. de Y Orne (V. ce mot).

VÈRE. Rivière du dép. du Tarn (V. ce mot).

VERE (De). Une des plus anciennes familles anglaises, probablement originaire de Ver, près Bayeux, et londée par un des compagnons de Guillaume le Conquérant, Aubrey de Ver; elle s'est continuée dansja ligne mâle, sans aucune interruption, pendant plus de cinq siècles et demi. Parmi ses membres les plus connus, nous citerons : Aubrey, grand chambellan, mort en 1141, dont le (ilsAwbrey fut le premier comte d'Oxford ; celui-ci mourut en 1194. — Robert, frère du précédent, comte d'Oxford, né vers 1170, mort en 1221, juge de la cour royale. — John, comte d'Oxford (1313-60), prit une part importante à toutes les guerres d'Edouard III et accompagna le prince Noir dans sa célèbre expédition du Languedoc (1355). — Piobert, comte d'Oxford et duc d'Irlande (1362-92), favori de Richard, qui le combla d'honn<-urs et de bénéfices, le créa marquis de Dublin et duc d'Irlande, excita par tant de faveur la jalousie des autres courtisans contre lesquels il leva des troupes en 1387 ; mais il ne fut pas le plus fort, et battu par Arundell, il fut condamné comme traître par le Parlement (1688), et obligé de passer aux Pays-Bas, puis à Paris où l'accompagna Michel de La Pôle, banni comme lui. Il mourut d'une blessure reçue à la chasse. ~ Comme il n'avait pas d'enfants, ses titres passèrent à son oncle Aubreij de Vere (1340-1400). — John, comte d'Oxford (1443-1513), partisan zélé de la maison de Lancastre, fut jeté à la Tour pour ce motif, en 1468. A peine délivré, il passa en France et en revint avec Warwick , qu'il aida de tout son pouvoir dans l'entreprise de la restauration de Henri VI. Battu à Barnet par les troupes d'Edouard, il retourna en France,

su

VERE - VERFII

d'où en 4473 il dirigea une expédition qui avorta. Enfermé à Ha n, il s'enfuit en 4484 avec la complicité du gouverneur, et vint faire ses otfres de service au comte de Kichemond. Il devint capitaine général de l'armée en 1485, conseiller privé, connétable de la Tour, amiral d'Angleterre, etc. Il dirigea l'expédition de Picardie (1492), écrasa les rebelles de Cornouailles en 4497. — John, comte d'Oxford (4490-4540), très populaire sous le nom du « Bon Comte », fut le premier protestant de la maison de Vere. — Son fils John (4542-62) fut également populaire sous le nom du « BonEord ». — florace, baron Vere de l'ili)ury (4565-463§), frère du précédent, servit avec distinction aux Pays-Bas en 1 592-9^1' et se distingua brillamment au siège de Cadix (4596), puis à Ostende (4602-04). Il acquit le renom du meilleur capitaine que possédât alors EAngleterre. Aussi fut-il mis en 4620 à la tête de l'expédition envoyée au secours du Palatinat. Il occupa Mannheim, ou jusqu'en 4622 il ne fut pas trop inquiété. Assiégé par Tilly, il fit une défense désespérée, mais, presque sans troupes et sans secours, il dut capituler. Revenu en Angleterre, il fui nommé maître général de Eartillerie (4623). En1624, il seconda le prince Maurice dans la défense de Breda et lui succéda en 1625. Parmi ses plus remarquables entreprises, il faut citer ensuite le siège de Bois-le-Duc i4629), et celui de Maastricht (4632). — FrYmm (4560-4609), frère du précédent, acquit comme général une gloire presque égale. Il combattit presque constamment aux Pays-Bas, et son nom est attaché à tous les faits militaires importants de l'époque : sièges de Sluys (4587), de Berg-op-Zoom (4588i, le ravitaillement de Rheinberg (1589), la prise de Breda (4589-90), celle de Zutphen (4594), celle de Nimègue (4592), celle de Gertruidenberg (1593), etc. 11 eut une grande part dans les conseils des Etats-Généraux et réussit à faire adopter ses vues dans la tactique à suivre contre l'infanterie espagnole. Il battit le comte de Varras àTurnhout (1598). Vere négocia aussi le nouveau traité d'alliance avec la Hollande, puis il reprit la campagne contre les Espagnols ; remportant, avec Maurice et son frère Horace, des succès signalés : Nieuport (4599), Ostende (4604-02), Ryswyck (4603), etc. La paix signée a\ec EEspagne, Vere devint gouverneur de Portsmouthen 4606 et occupa ses loisirs à écrire ses Commentaires (1657). — Edward, comte d'Oxford (4550-4604), attaché à la cour d'Elisabeth, dès son enfance, épousa Anne Burghley en 4574 et se fâcha bientôt à mort avec son beaupère, qui avait poursuivi sans ménagement le duc de Norfolk, son parent ; en 4574, il s'enfuit en Flandre sans le consentement de la reine qui le tii ramener de force. Autorisé à voyager en Italie, il s'y signala par mille extravagances. Au reste, il se querellait avec tout le monde, insultait grossièrement Siduey en 4579, se battait en duel avec Thomas Knyvet en 4582, gaspillait sa fortune en folies. La reine finit par le faire enfermer dans sa propre maison. Oxford obtint son pardon, et Elisabeth le remaria avec une grosse héritière, Elisabeth Bentham. Le comte ne se conduisit guère mieux et mourut dans l'impénitence finale. Cet excentrique était un homme de goût; il protégea les hommes de lettres et les musiciens, et écrivit lui-même des poésies remart|uables par leur mouvement lyrique. — Henry, comte d'Oxford 4593-4625), fils du précédent, outra les mauvaises qualités de son père et tomba dans les pires débauches. Fort courageux, il se distingua dans le Palatmat sous les ordres de son parent Horace. Il ne savait pas cacher sa pensée, et ses trop libres appréciations sur la politique extérieure lui valurent d'être à deux reprises emprisonné à la Tour. On finit par le marier en 4624 à Diana Cecil, l'une des plus jolies femmes de la cour. Oxford parut s'assagir un peu, et servit avec distinction aux Pays-Bas ou il fut enlevé par la fièvre. — \ubrey, comte d'Oxford (4626-4703), aussi original que ses parents, eut ses biens confisqués par ordre du Parlement, et en 4654 fut enfermé à la Tour pour

« avoir conspiré contre le lord protecteur ». Il se tira assez facilement de ce snauvais pas et vécut tran'|uillement pendant toute la période troublée de la République. A la Restauration, il fut nommé lord lieutenant d'Essex, et promu lieutenant général en 4678. — Les titres des de Vere sont passés après 4750 dans la famille de Saint- Albans, par suite du mariage de Diana, fiUe d'Aubrey, avec Charles Beauclerk. R. S.

VER EAUX. Com. du dép. du Cher, arr. de Saint- Amand-Mont-liond, cant. de Sancoins ; 464 hab.

VEREL-DE-MoNTBEL. Com. du dép. de la Savoie, arr. de Jiambéry, cant. de Pont-de-Beauvoisin : 375 hab.

VEREL-Prâgondr4n. Com. du dép, de la Savoie, arr. et cant. (N.) de Chambéry : 292 hab.

VÈ^iELIUS Olof), archéologue et philologue suédois, né à llaesleby le 42 févr. 1618, mort à Upsal le 3 janv. 4682. Après avoir étudié à Dorpat (4633) et à (ipsal (4638), il voyagea et prononça à son passage à Paris un discours en latin sur le couronnement de la reine Christine. En 4662, on créa pour lui une chaire d'antiquités Scandinaves à l'Université d'Upsal ; en 4666, il fut nommé « antiquaire » du royaume et en 4679 bibliothécaire de l'Université, mais conserva sa chaire de professeur. Ses œuvres historiques manquent de toute base sérieuse ; ses travaux linguistiijues et littéraires ne sont pas absolument à dédaigner, surtout si l'on tient compte de l'époque où ils ont été composés : Epitomarum Eis'oriœ Svio-Go~ thicœ libri quatuor (imprimé seulement en 1730), où il fait remonter à Magog, (ils de Japhet, l'histoire de Suède, Index Ivnguœ vêler is scyto-scandicœ siv^ gothicœ «publié par 0. Rudbecken 4691); Goihrici et Rolfi, Westrogothiœ reqiim historia, édition et traduction en suédois d'une saga islandaise (4664) ; Uerrauds ock Bosa Saga (4666) ; llervarar saga (1672), etc. ; Maaud iclio ad Kunographvnn Scandi am (1675), etc. Il eut avec son collègue .1. Schefîèr, au sujet de l'emplacement d'un temple pai n à Upsal, une querelle qui fui célèbre au xvïi^ siècle (cf. Annerstedt, Srkcffrvus et Veretius),

VEREMUNDO, roi des Asturies (V. Behmude I«0-

VERESPATAK. Com. de Transylvanie, comitat d'Unterv^^eissenburg, àl'E. de Abrudbanya; 3.361 hab. Centre de l'exploitation des plus producti es mines d'or de l'Europe; l'exploitation est assez primitive et les rravaux faits sans méthode ; la production varie de 4 millions à 1 0 millions. Les mines se trouvent dans la montagne deKirnik, àl'E. du bourg, et dans les montagnes voisines ; exploitées il y a plus de 2.0ij0 ans. On y trouve des traces grandioses du passage des Romains.

VÉRÉTILLE (IVr^Mitm Cuv.) (Bot.). Genre de Cœlentérés-x4nthozoaires, de l'ordre des Alcyonnaires, très voisins des Pennatules (V. ce mot) et essentiellement caractérisés par le polypier cyfindrique à axe corné flexible, et les polypes rétractiles, inégulièrement répartis suivant trois rangées longitudinales. Le Y. jmsillum Phil. et le V. cynomorium PolL se rencontrent dans la Méditerranée. D^ L. Hn.

VÉRETZ. Com. du dép. d'Indre-et-Loire, arr., cant. (S.) et à 9 kil. E.-S.-E. de Tour>, sur la r. g. du Cher, à 55 m. d'alt. ; 787 hab. (avec la com.). Stat. du chem. de fer de Tours à Vierzon. Excellents vins. Reste d'un château du xv® siècle. Eglise de la Renaissance. Paul- Louis Courier y a été assassiné : deux monuments lui ont été élevés.

VEREUX. Com. du dép. de la Haut^^-Saôjie, arr. de Gray, cant. de Dampierre-sur-Salon ; 327 hab. Stat. du elle m. de fer de l'Est.

VERFEIL. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Garonne, arr. de Toubmse; 4.894 hab.

VERFEIL. Com. du dép. de Tarn-en-Garonne, arr. de Montauban, cant. de >aint-Antoni(i ; 924 hab.

VtBrEUiL. Com. du dép. du Gard, arr. d Uzès, cant. de Lussan ; 574 hab.

VERFU-Urli (Mont) (V, Karpates).

VRRGâRA -^ VERGE

VERGARA (Riiiz de), géographe espagnol (V. Castillo).

VERGE. I. Histoire. — Les verges {virgœ) différaient du bâton rigide {fustis) dont les soldats criminels étaient frappés à Rome jusqu'à ce que mort s'ensuivît; c'étaient des baguettes flexibles dont on cinglait le dos des patients mis à nu. Elles étaient l'an des châtiments infligés aux esclaves par leurs maîtres, et Piaule ne tarit pas en plaisanteries sur cette punition douloureuse et humiliante. Les faisceaux des consuls et de plusieurs magistrats se composaient de branches de bouleau ou d'orme réunies par une courroie, et auxquelles les licteurs ajoutaient leur hache lorsque leur maître sortait de Rome pour se rendre dans sa province ou dans les camps. A la fois appariteurs et bourreaux, ils dénouaient leurs faisceaux pour passer les malfaiteurs par les verges, et cette peine, en cas de condamnation capitale, n'était qu'un prélude à la chute de la tête sous le fer. Tel fut le supplice infligé au fils de Brutus, et celui auquel échappa le jeune Horace. Par la suite, frapper de verges un citoyen passa pour un attentat à la majesté romaine, et Cicéron dénonce comme un fait à peine croyable que Verres ait osé faire attacher au poteau et battre de verges Gavius, à qui il aurait dtl suffire, pour désarmer les licteurs, de jeter ce cri : « Je suis citoyen romain ! » Les lois barbares épargnaient ce supplice aux hommes libres, mais le prédisposaient aux serfs, et c'était par centaines qu'elles prescrivaient les coups de fouet ou de verges pour un vol ou un autre méfait. Les verges ont été une punition militaire maintenue dans nos armées jusqu'à la Révolution, et elles n'ont pas été supprimées dans tous les codes militaires.

Au point de vue pédagogique, il y a peu à ajouter à ce qui a été dit des châtiments corporels et en particulier de la fustigation dans les art. Fouet, Pédagogie, Punition et Récompense. L'instrument traditionnel de la fustigation scolaire consistait en un faisceau de baguettes de coudrier ou de bouleau, tandis que le fouet et le martinet comportaient un court manche de bois armé de cordelettes en cuir ou en chanvre. Les verges, si longtemps en honneur dans l'éducation privée et publique, et desquelles il n'y eut même pas dispense pour Louis XIV enfant et les princes et princesses de son sang, ont passé pour tellement indispensables dans l'enseignement de la grammaire qu'un rudiment du x^ siècle portait le titre de sparadorsiim (parados), sous prétexte que ses explications, grâce à leur lucidité, pénétreraient d'elles-mêmes et sans aide dans les cervelles des écoliers. Au delà du Rhin, la verge se donnait au pédagogue comme signe d'investiture et, au xviï® siècle, les enfants étaient encore tenus, dans certaines écoles, de la baiser avec vénération, en lui adressant cette prière : « 0 toi, verge chérie, fais- moi sage, fais-raioi ijon, pour que je n'aille pas au bourreau ». Dans plusieurs villages on célébrait même la fête de la verge. Au collège Louis-le-Grand, les jésuites ne la maniaient pas eux-mêmes, mais déléguaient leurs pouvoirs à des subalternes : cuisinier, portier de la maison ou cordonnier du voisinage, gens à poigne et en état de gagner consciencieusement leurs douze sous par dos fouetté en public, leurs trois livres lorsqu'ils opéraient à huis clos. La maison de Navarre, du moins, distribuait le fouet gratuitement, grâce à la munificence du roi, qui, premier boursier du collège, faisait abandon de sa pension pour qu'elle servît à payer les honoraires du fouetteur.

Huissier à verge. Les sergents royaux reçus au Châtelet portaient, dans l'exercice de leurs fonctions, une baguette blanche; celui qui vient, dans Tartufe, sommer Orgon de vider les Ueux s'annonce, en ces termes :

Je m'appelle Loyal, natif de Normandie, Et suis huissier à verge, en dépit de Fenvie,

On appelait « huissier à cheval » celui qui avait le droit d'instrumenter dans tout le royaume. La baguette de l'huissier à verge était sans doute un souvenir de la baguette sacrée que, chez les Francs et même sous les premiers Capétiens, portèrent les hérauts d'armes, comme symbole

de leur inviolabihté. Quant à la verye d'Aaron, elle était, comme la baguette de Circé, l'emblème ou l'instrument d'un pouvoir miraculeux. Marcel Char lot.

IL Nomenclature botanique. — Verge à rerger, V. de pasteur désignent le Dipsacus pilosus L. et le D. sylvestris DC. (V. Dipsacus).— V. d'or ou V. dorée (Grande). C'est le Solidago Virgaaurea L. (V. Soudage). — V. sanguine. L'un des noms du Cornus sanguineaL. {V. Cornouiller). D'" L. Hn.

IIÏ. Métrologie. — Ancienne mesure française d'arpentage qui variait suivant les localités, comme la toise ou le pied. On comptait généralement de 20 à 26 pieds dans une verge. La verge moyenne de 2i pieds était une longueur de 3 toises, c.-à-d. environ 5"\8o. On donnait le nom de vergée à une superficie équivalent au quart de l'arpent.

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