VERRE — VERRES
5 fr. la pièce pour les mêmes polies ou étamées, 4 fr. 50 les 100 kilogr. pour les bouteilles, 6 fr. les iOO kilogr. pour la gobeieterie de verre ou de cristal, unie et moulée, i20 fr. pour la même taillée et gravée, 35 fr. pour la même d'or et de couleur. Une surtaxe de 3 fr. 60 les 100 kilogr. frappe en outre uniformément tous les produits d'origine extra-européenne.
L'ouvrier verrier. — Peu de professions sont aussi lucratives que celle de l'ouvrier verrier. Il n'était pas rare, au moment de la grande prospérité de l'industrie du verre, de voir un bon souffleur, dans les verreries à vitrés principalement, gagner de 30 à 35 fr. par jour, soit bOO à 1.000 fr. par mois, et si les années de crise ont notablement réduit ces salaires, la journée est encore, un peu partout, de 12 à 16 fr., soit, en ne comptant que cinq jours de travail par semaine, en moyenne un gain minimum de 300 à 400 fr. par mois. Nulle industrie pourtant, sauf celle des mines, n'a été plus éprouvée par les grèves : l'une, celle de Rive-de-Gicr, dura 308 jours, et une autre, celle de Carmaux, a donné naissance à la verrerie ouvrière. Les causes de cette tension de rapports entre le capital et le travail sont diverses. D'abord, la baisse considérable du salaire qui a suivi la crise de la verrerie a, bien que ce salaire soit demeuré relativement élevé, nécessairement produit un vif mécontentement. Les progrès réalisés dans les méthodes de travail l'ont augmenté encore : elles ont, en effet, permis, dans maints cas, de remplacer les vieux ouvriers par des jeunes gens, moins expérimentés, mais plus agiles. Enfin, le métier de verrier est sans contredit l'un des plus pénibles, voire même l'un des plus insalubres. Un souffleur de bouteilles qui produit 650 bouteilles environ dans sa journée se trouve, en effet, expirer 1 m. cube d'air à une pression de 1/JO^ d'atmosphère, un souffleur de cylindres (manchonnier)
6 ou 7 m. cubes, un souffleur de sphères (bouleur) à peu près autant. 11 en résulte fréquemment de remphysème pulmonaire, voire de la hernie, de la dilatation en ampoule du canal de Stenon et un épaississement de la muqueuse des joues, qui, blanchâtre et fendillée, constitue un stigmate professionnel caractéristique. L'ambiance d'une atmosphère surchauffée détermine, en second lieu, outre les brûlures, érythèmes, furoncles, acnés et autres accidents cutanés dus au rayonnement du verre en fusion, des hypertrophies du cœur et des néphrites spéciales. La manipulation de madères toxiques expose, de son côté, à des intoxications diverses. Les cristalleries sont, sous ce troisième rapport, plus particulièrement dangereuses en raison des sels de plomb qui entrent, pour près d'un tiers, dans la composition du cristal, et les précautions prises dans les grandes usines: interdiction de manger à l'intérieur des ateliers, obligation de changer de vêtement au début et à la fm du travail, bains sulfureux tous les quinze jours, etc., ne sont que d'insuffisants palliatifs. Ajoutons que l'ouvrier verrier doit absorber, pour étancher une soif que la température excessive rend aussi impérieuse que continue, des quantités d'eau considérables et que, si cette eau n'est pas très saine, des désordres graves peuvent s'ensuivre. Les verreries occupent beaucoup de femmes et d'enfants. En plus des prescriptions générales applicables à ces deux ordres de travailleurs, l'art. 7 du décr. du 13 mai 1893 prescrit que les enfants de moins de treize ans ne peuvent ni cueillir, ni souffler le verre, que ceux de treize à seize ans ne peuvent cueillir plus de 1 kilogr. de verre à la fois, ni, dans les fabriques de vitres et de bouteilles, opérer le soufflage par la bouche, que ceux de moins de dix-huit ans employés au soufflage doivent avoir chacun leur embout personnel. Cette dernière disposition a en vue de prévenir surtout la contagion de la tuberculose et de la syphilis. Léon Sagnet.
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Périodique: la Céramique et la Verrerie (bimcns.j; Paris, ann. 1^60 et suiv.
VERRENS-Arvey. Corn, du dép. de la Savoie, arr. d'Albertville, cant de Grésy-sur-Isère ; 618 hab.
VERRERlES-DE-MoussANS. Com. du dép. de l'Hérault, arr. et caot, de Saint-Pons ; 431 hab.
VERRES (Gauis-Licinius), célèbre concussionnaire romain, né vers 120 av. J.-C, mort en 43. Il appartenait à l'illustre famille Licinia. Elevé à la grecque, dès sa jeunesse il manifesta pour les arts un goût très vif et embrassa les doctrines épicuriennes. Il se rangea d'abord bruyamment du côté do Marius et de la cause démocratique et fut nommé questeur de Carbon qui exer<;ait un commandement dans la Gaule cisalpine (86 av. J.-C). Tout à coup, il passa du côté du Sénat et emporta avec lui la caisse militaire. Sulla ne lui accorda point sa confiance, mais le laissa jouir du fruit de sa rapine. Deux ans plus tard, il fut nommé lieutenant de Dolabella en Asie et chargé de la guerre contre les pirates. Partout il se signala par ses exactions et ses violences. A Smyrne, il ht placer sur un brasier et brûler à demi le premier magistrat delà ville qui lui avait refusé une somme considérable. A Lampsaque, il voulut enlever de force la fille d'un riche citoyen, Philodamus. La foule s'ameuta, il y eut mort d'homme, et à grand'peine Verres fut sauvé de sa fureur. Il eut l'audace d'intenter un procès à Philodamus. Celui-ci fut acquitté une première fois, mais devant le tribunal du gouverneur de Bithynie, Verres obtint une condamnation à mort ! Peu importait aux patriciens romains la haine des provinciaux. Verres n'en fut pas moins nommé préteur de Rome, et il fit de la justice un honteux trafic, à peine suffisant pour subvenir aux caprices d'une femme toute-puissante sur le singulier magistrat, Chelido. Il fut ensuite envoyé en Sicile, et, pour le malheur de ses administrés, y resta trois ans. Il n'est pas de violence, rapine, vexations auxquelles n'aient été en proie les malheureux Siciliens. Il ne respectait ni les temples des dieux, ni les droits des citoyens romains. Chaque année, il expédiait à Rome deux vaisseaux chargés des richesses dont il avait dépouillé la Sicile. Enfin il dut revenir à Rome. Des accusateurs l'y avaient précédé. Du pro-
VERRES — VERRIUS
duit de ses vols, Verres fit trois parts : l'une, disait-il, pour ses juges, l'autre pour ses avocats, la troisième pour lui-même. Les Siciliens choisirent pour défenseur Cicéron. La tâche était difficile, car les sénateurs amis de Verres semblaient décidés à le faire acquitter. L'activité de Cicéron fut admirable. En cinquante jours, il parcourut toute la Sicile et en revint les mains chargées de preuves. Il récusa tous ceux des juges dont la réputation n'était pas intacte, et le tribunal se trouva formé d'hommes peu accessibles à la corruption. Cependant un nouveau péril les menaça. Verres avait choisi pour défenseur le célèbre orateur Hortensius. Or celui-ci fut porté au consulat pour l'année suivante. Cicéron alors brusqua l'affaire. Au lieu de longs plaidoyers, il se contenta de faire comparaître au Forum la foule des témoins, convoqués en hâte, dirigeant avec habileté leur interrogatoire et se contentant d'indiquer en quelques mots la portée de leurs dépositions. L'effet produit par cet ensemble de preuves fut si écrasant qu' Hortensius renonça à répondre et conseilla à son client de s'exiler volontairement. Cicéron alors composa les discours connus sous le nom de Verrines. Verres vécut vingt-trois ans hors de Rome. La loi de César, qui rappelait tous les bannis, lui permit d'y rentrer. Mais en 43, ayant refusé au triumvir Antoine de lui céder de magnifiques vases de Corinthe, il mourut victime de la proscription. André Baudrillart.
BiBL. : l'abbé Tréguier, Galerie de Verres.
VERREY-sous-Drée. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Sombernon; 149 hab.
VERREY-sous-Salmaise. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Flavigny-sur-Ozerain ; 430 hab. Stat. de chem. de fer. Château du xvin® s.
VERRI (Pietro, le comte), historien et économiste italien, né à Milan le 12 déc. 1728, mort le 28 juin 1797. D'abord militaire, il abandonna les armes pour l'économie politique. A Vienne, il publia ses Elemenli del commercio. Conseiller du gouvernement en Lombardie, il fonda, avec son frère Alessandro, le fameux journal, // Caffé^ qui fut le centre du mouvement intellectuel d'alors. En 1765, membre du conseil supérieur d'économie, il fit approuver l'abolition des fermes générales. Vice-président de la Chambre des comptes, il était depuis dix ans en retraite lorsque le gouvernement français l'appela à faire partie du conseil municipal de Milan. On lui doit encore : les Meditazioni sulV economia politica; des Riflei>sioni sulle leggi vincolanti principalmente il commercio dei grani, et une Storia di iliuano jusqu'en 1564, continuée par Frisi, Custodi et de Magri, qui est assez estimée.
BiBL. : BouvY, le Comte Pietro Verri; Paris, 1890.
VER RI A. Ville de Macédoine, prov. de Salonique, sur un plateau de 190 m. qui domine la rive dr. de l'Anader; 8.000 hab. Fabriques de drap. C'est l'ancienne Be7'roia, ville des Bryges, peuple mythologique qui eut parmi ses rois Midas. Les murs anciens sont en ruines ; les dominations qui s'y sont succédé (Byzance, roi de Serbie, etc.) ont laissé des traces dans l'enceinte fortifiée (base macédonienne, tours byzantines, travaux serbes, murs turcs) ; restes de nombreuses antiquités : temples, aqueducs, colonnes, statues.
VERRI COURT. Com. du dép. de l'Aube, arr. d'Arcissur-Aube, cant. de Ramerupt; 71 hab.
VERRIE. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. et cant. (S.) de Saumur; 292 hab.
VERRIE (Le). Com. du dép. de la Vendée, arr. de La Roche-sur- Yon, cant. de Mortagne; 2.265 hab. Filature de lin et de phormium.
VERRIER (Technoi.) (V. Verre).
VERRIÈRE (Beaux-arts) (V. VrrRAiL).
VERRIÈRE (La). Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Rambouillet, cant. de Chevreuse; 72 hab.
VERRIÈRES. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Vouziers, cant. du Chesne; 151 hab.
VERRIERES. Com. du dép. de l'Aube, arr. deTroyes, cant. de Lusigny; 360 hab. Stat. de chem. de fer.
VERRIERES. Com. du dép. del'Aveyron, arr. de Millau, cant. de Saint-Beauzely ; 660 hab.
VERRIERES. Com. du dép. de la Charente, arr. de Cognac, cant. de Segonzac; 555 hab.
VERRIÈRES. Com. du dép. de la Loire, arr. et cant. de Montbrison; 1.254 hab.
VERRIÈRES. Com. du dép. de la Marne, arr. et cant. de Sainte-Menehould ; 617 hab.
VERRIÈRES. Com. du dép. de l'Orne, arr. de Mortagne, cant. de Noce; 785 hab.
VERRIERES, Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. d'Issoire, cant. de Champeix; 110 hab.
VERRIÈRES. Com. du dép. de la Vienne, arr. de MontmoriUon, cant. de Lussac-les-Châteaux; 1.086 hab.
VERRI ÈRES-DE-Joux. Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. de Pontarlier; 698 hab. Stat. de chem. de fer.
VERRIcRES-DE-SuissE (Les).|Village de Suisse, cant. de Neuchâtel; 1.762 hab. Situé à l'extrémité, frontière française, du val de Travers, sur la ligne Neuchâtel-Pontarlier. Place de commerce assez importante à cause du trafic international. Tout près, une très belle caverne appelée leTemple des fées. C'est aux Verrières qu'en 1871 l'armée française de l'Est, commandée par le général Clinchant, pénétra en Suisse et déposa ses armes (V. Francoallemande [Guerre]).
VERRI ÈRES-du-Grosbois. Com. du dép. du Doubs, arr. de Baume-les-Dames, cant de Vercel ; 53 hab.
VERRIÈRES-LE-BaissoN. Com. du dép. de Seine-et- Oise, arr. de Versailles, cant. de Palaiseau, à mi-côte (108 m.) entre le Buisson -de- Verrières et la Bièvre ; 1.462 hab. Culture importante de fleurs; grande serrurerie. Eglise des xiii° et xv® siècles. A l'O., forêt dite Buisson-de-Verrières sur un plateau qui domine la vallée de la Bièvre et se relie au N. au plateau de Châlillon et est protégé par une redoute et cinq batteries du camp retranché de Paris.
VERRINES-sous-CELLEs.Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Celles, sur la Belle; 1.308 hab. Jolie église du xu® s.
VER RIO (Antonio), peintre italien, né à Lecce en 1639, mort en 1707. Elève des maîtres vénitiens, il parcourut les principales villes de l'Italie, puis il passa en France où il se signala à Toulouse, par un tableau exécuté pour le maître-autel des Carmélites. Plus tard, Charles II l'appela en Angleterre el lui confia diverses décorations au château de Windsor. Nommé peintre de la cour, il se vit continuer son emploi sous Jacques 11, mais il le perdit sous Guillaume III. Son talent n'avait rien de très original.
VERRIUS Flaccus, grammairien latin de l'époque d'Auguste, mort sous Tibère à un âge avancé, était le plus illustre professeur de son époque. Il établit entre ses élèves des concours, dont la récompense était un livre précieux ou rare. Auguste le choisit comme précepteur de ses petits- fils Gains et Lucius, et, en compensation de ce qu'il ne devait plus recevoir de nouveaux élèves dans son école, transportée chez l'empereur, il lui assura une rémunération annuelle de 100.000 sesterces (environ 25.000 fr.). Nous connaissons de lui : les Fasti Praenestini, calendrier composé par lui, gravé sur le marbre dans le forum de Préneste, dont Ovide s'est servi pour ses Fastes et que nous possédons en partie ; — un traité sur le sens des mots {de Verhorum significatu), où il éclaircissait la signification des termes rares ou vieillis : l'ouvrage a été abrégé par Pompeius Festus, auteur du ii^ ou m® siècle, qui a lui-même trouvé un abréviateur dans Paul Diacre au vni® siècle : nous n'avons qu'une moitié incomplète du travail de Festus ; — des recherches sur la vie de Caton {de Obscuris Catonis), sur l'orthographe {de Orthographia) y des lettres, un Saturne^ et des traités relatifs aux antiquités {Rerum memoria dignarurn lihri; EIruscarum rerum libri); de ces derniers livres
VERRIUS -- YERRUGA
nous n'avons rien, et il faut le regretter, car les témoignages des anciens nous permettent de nous- représenter Verrius Flaccus comme un homme d'une grande science : d'ailleurs ils le citent souvent, et Pline l'Ancien s'est beaucoup servi de lui. H. B.
VERROCCHIO (Andréa di Michèle di Francesco Cioni, surnommé il), sculpteur et peintre italien, né à Florence en 1435, mort en 1488, maître de Léonard de Vinci, du Pérugin et de Lorenzo di Credi. Mis en apprentissage chez l'orfèvre Verrocchio, dont, par reconnaissance, il adopta le nom, il commença par la pratique de l'orfèvrerie ; c'est là qu'il prit sans doute le goût du détail et du fini qui le caractérisent dans la sculpture. Aucune des pièces, agrafes, reliquaires, vases, coupes, etc., qu'il exécuta, ne nous a été conservée, sauf le bas-relief de la Décollation de saint Jean-Baptiste, ciselé pour l'autel d'argent du baptistère de Florence (1477-80). Dès lors, Verrocchio était apprécié de ses contemporains à cause de son habileté dans le travail du bronze, et il avait fait ses preuves comme fondeur en métal : par exemple dans la grosse boule du Dôme (1468), et le Mausolée de Jean et Pierre de Médicis, qu'il exécuta pour la sacristie de l'église Saint- Laurent (1471-72), lorsque la statue en bronze de David (V. fig., art. Italie, t. XX, p. lldl) le mit en évidence comme sculpteur (1476). Cette statue célèbre, aujourd'hui au Bargetto de Florence, plait par la recherche du caractère ; on lui préfère souvent le charmant et gracieux David de Donatello qui est plus efféminé. L'antique parlait peu à Verrocchio, quoiqu'on aient dit certains de ses biographes, et il faut voir en lui un artiste épris surtout d'expression et de vérité. Un de ses plus beaux ouvrages, que la profondeur du sentiment religieux classe au premier rang, le groupe représentant Vincrédulité de saint Thomas, orne l'oratoire d'Or San Michèle (1478-83). V Enfant au Dauphin, exposé sur une fontaine dans la cour du Palais Vieux de Florence, une Madone en bas-relief au Bargetto de Florence, et une autre madone, terre cuite en relief, à l'hôpital de Santa Maria Nuova, sont parmi ses œuvres les plus heureuses et délicates. On leur reprocherait cependant un peu de morbidesse et de dureté. Très épris de réalité, comme sera plus tard son élève Léonard de Vinci, Verrocchio veut faire palpiter la chair, et chez lui le soin du détail nuit parfois à l'ensemble.
Il a exécuté en marbre le tombeau du cardinal Forteguerra à la cathédrale de Pistoia (1474). Le Baptême du Christ, exposé à l'Académie des beaux-arts de Florence, est le seul ouvrage authentique (car il y a une Madone inachevée au musée de Berlin) , qui nous soit resté de Verrocchio en tant que peintre ; on rapporte que l'ange de gauche a été exécuté par Léonard de Vinci et que Verrocchio, en le voyant, proclama la supériorité de son élève et abandonna ses pinceaux. Ce n'est pas sur sa peinture et ses dessins — disséminés dans diverses collections pubhques ou privées — qu'il convient d'ailleurs de juger Verrocchio, parce que c'est dans la sculpture qu'éclate toute sa maîtrise.
Son œuvre capitale, la statue équestre du Colleone, qu'il a exécutée à Venise de 1483 à 1488, est la plus belle statue équestre de la Renaissance avec le Gattamelata de Donatello. « Le Colleone se distingue à la fois par l'allure superbe du cheval et parla fierté du cavaKer. Supérieur en cela à Donatello dans le Gattamelata, Verrocchio a su établir un lien plus intime entre le héros et sa monture ; la fusion est (a plus complète, le rythme et l'harmonie plus grands » (E. Miintz).
VERRON. Com. du dép. de la Sarthe, arr. et cant. de La Flèche ; 554 hab. Stat. de chem. de fer.
VERROTERIE (V. Perle).
VERROU (Tech.). Le verrou est, de tous les modes de fermeture, le plus simple et aussi, probablement, le plus ancien. Il consiste, d'ordinaire, en une pièce de fer qui va et vient entre deux crampons appelés autrefois verte-
velles ou lunettes et aujourd'hui picolets. Il y a, pour les grandes portes et pour les fenêtres, des verrous verticaux, à queue, bouton ou poignée tournante, servant à fixer par le haut et par le bas le vantail dormant d'une baie à deux vantaux. Les crémones et les espagnolettes (V, ce dernier mot) sont des verrous verticaux. Pour les portes d'intérieur à un seul vantail et pour les guichets des croisées, on se contente le plus souvent de petits verroux horizontaux dits aussi targettes, du nom des écussons sur lesquels ils sont fixés. On fait aussi des verrous à ressort, munis d'un bouton, avec pêne, et qui sont garnis en dessous d'un ressort à paillette ; des verrous à coquille, disposés pour être entaillés en feuillure ou aplat, avec un bouton très peu saillant, qu'on nomme poucier ; des verrous de sûreté, qui consistent en une espèce de serrure munie d'un seul pône, qu'on peut actionner du dedans en tournant un bouton et du dehors avec une clef. L'inventeur en est un serrurier parisien de la fin du xviii® siècle, Georget. Quant au verrou rural, c'est un simple barreau de fer rond qui glisse dans deux crampons et se manœuvre au moyen d'une queue ou poignée rivée sur lui. On y peut adapter un cadenas passant dans l'œil d'un autre crampon fixé au-dessous de la porte.
VERRUCAND (de Verruca, en Toscane). Nom donné aux grès rouges permiens dans les régions alpine et méditerranéenne.
VERRUE (Dermat.). Proliférations épidermiques se développant de préférence chez les adolescents et les adultes, auto-inoculables de proche en proche et contagieuses, se montrant de préférence sur les parties découvertes, mains, doigts, face, aff'ectant une forme plus ou moins saillante, à surface irrégulière, pouvant atteindre jusqu'au volume d'un pois (verrues vulgaires) et revêtir une dureté, une sécheresse spéciale aux régions qui sont l'objet de pressions ou d'irritations professionnelles. Dans une autre forme qu'on rencontre surtout chez les jeunes gens ou chez les enfants, les verrues sont dites planes. Leur saillie dépasse à peine le niveau de la peau, et leur dimension n'est que de quelques millimètres. Elles ont parfois un aspect jaunâtre. Comme les verrues vulgaires, elles peuvent s'éterniser ou disparaître spontanément. Les deux formes peuvent comcider ; c'est une même lésion se présentant sous des aspects divers, selon l'âge et le terrain. Le parasite producteur des verrues est mal connu. Le traitement précoce est le meilleur. La destruction d'une verrue unique (verrue mère) suffit souvent à enrayer la production des autres (verrues filles). On aura recours aux cautérisations avec le galvano-cautère ou les caustiques chimiques (acides acétique, chromique, pliénique). — On pourra aussi ramollir les verrues par des applications de savon noir qu'on laissera en place toute la nuit, et au bout de quelques jours procéder à leur enlèvement par raclage.
VERRUE. Com. du dép. de la Vienne, arr. de Loudun, cant. de Monts-sur-Guesnes ; 1.003 hab.
VERRUE (Jeanne-Baptiste d' Albert de Luynes, comtesse de), née le 18 sept. 1670, morte à Paris le 18 nov. 1736. Fille de Louis-Charles, duc de Luynes, elle épousa en 1683 Jérôme Scaglia, comte de Verrue, noble piémontais au service de la France. La comtesse de Verrue était la maîtresse de Victor-Amédée II, duc de Savoie, sur qui elle exerçait un pouvoir absolu. Lasse de la vie renfermée qu'elle menait à Turin, elle s'enfuit en oct. 1700 à Paris oti ses mœurs lui valurent le surnom de Dame de volupté. Elle dépensait 100.000 fivres par an pour collectionner des tableaux et des curiosités ; elle constitua une bibliothèque (théâtre et romans), dont le catalogue fut publié en 1737, et s'entoura d'une cour d'épicuriens. Sa fille épousa le prince de Carignan.
BiBL. : G. DE LÉRis, la Comtesse de Verrue et la. Cour de Victor-Amédée II de Savoie ; Paris, 1881, in-16.
VER RU 6A (Dermat.) (Maladie de Carrion. Verruga Peruviana). Maladie caractérisée par une courbature générale, des frissons, des hémorragies multiples et un
VERRUGA — VERS
état typhoïde ou comateux pouvant amener la mort ou aboutir, si la forme est atténuée et doit guérir, à la production d'une éruption cutanée revêtant une forme miliaire (saillies d'abordblanchâtres, puis rouges, violacées, sessiies ou pédiculées, sur la face et le côté d'extension des membres, sur la conjonctive et la muqueuse de la bouche, pouvant disparaître spontanément ou s'ulcérer avec formation de croûtes brunes) ; une forme nodulaire (tumeurs volumineuses et peu nombreuses pouvant atteindre la grosseur d'une orange, susceptibles de régresser ou de se sphacéler ou de suppurer, siégeant surtout à la face, aux mains, aux genoux). Cette maladie bacillaire, jusqu'à présent spéciale au Pérou, est inoculable à l'homme (Carrion, étudiant péruvien, en est mort après inoculation personnelle dans un but expérimental) et aux animaux domestiques, équidés, etc. — Eviter de la confondre avec certaines manifestations de la lèpre, de la syphilis, de la tuberculose. Le traitement doit s'appliquer principalement à la disparition rapide des lésions cutanées par les réducteurs et les caustiques chimiques, en observant rigoureusement les règles de l'asepsie, afin d'éviter les ulcérations et liquéfactions secondaires du tégument.
VERRUYES. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Parthenay, cant. de Mazières-en-Gâtine ; 1.743 hab.
VERS. I. Métrique.— Mot qui se rattache lui-même à la racine ver ter e, « tourner », groupe de mots donnant l'impression d'un rythme et formant un tout indépendant. Ces conditions sont nécessaires et suffisantes pour constituer levers : si l'une d'entre elles fait défaut, on se trouve en présence, non plus d'un vers, mais d'un xwXov ou membre.
Pour que le groupe de mots donne l'impression d'un rythme, il faut que les syllabes des mots qui constituent ce groupe soient divisées en portions de rythme d'étendue déterminée, nommées pieds (V. ce mot). Cette division peut se faire suivant trois grands principes. Dans les vers latins et grecs, appelés proprement métriques, on tient compte de la quantité des syllabes : les pieds sont formés d'un nombre fixe et déterminé de syllabes longues ou brèves, la syllabe longue étant considérée, sauf exception, comme valant deux brèves. Il en est de même, pour le calcul des pieds, dans les vers allemands et anglais; mais, comme l'accent tonique joue un rôle prépondérant dans ces deux langues, c'est l'accent qui détermine la quantité longue ou brève des voyelles : ces vers peuvent être dits rythmiques ou accentués. Enfin, en français, par exemple, où l'accent tonique est très faiblement senti, les vers sont syllabiques, c.-à-d. qu'ils sont mesurés, d'après certaines lois, suivant le nombre des syllabes, chaque syllabe valant un pied ; c'est aussi le cas des vers espagnols et italiens.
En second lieu, il faut que toutes ces portions du groupe appartiennent au même rythme. Dans les vers syllabiques, nous l'avons remarqué, toute syllabe comptée vaut un pied : le pied est équivalent à une unité de mesure ; au contraire, dans les vers métriques ou rythmiques, le pied, suivant les vers, peut valoir trois, quatre ou même un nombre supérieur d'unités de mesure. Mais trois unités, de mesure peuvent être représentées par des groupes composés, soit d'une longue et d'une brève, soit d'une brève et d'une longue, soit enfin de trois brèves ; or il saute aux yeux que le groupe formé d'une longue et d'une brève n'est pas superpo^able au groupe composé d'une brève et d'une longue, que ces deux groupes ne peuvent se remplacer. D'où la nécessité, dans les vers métriques et syllabiques, de se préoccup' r, non seulement du nombre des éléments, mais de la disposition des syllabes longues ou brèves, c.-à~d. des différents pieds admis aux différentes places du vers. Par suite, dans les langues qui s'en servent, il faut distinguer entre les vers où la nature du pied est déterminée, pour chaque place, par àes lois invariables, comme dans la métrique logaédique, par exemple (V. ce mot), et ceux où, à toutes ou à presque toutes les places
du vers, on peut trouver à volonté deux ou plusieurs pieds déterminés.
^ Enfin il faut que le rythme soij; clairement indiqué à l'oreille : cette indication lui est fournie par des procédés qui varient suivant les systèmes de versification. Dans les vers syllabiques, cet office est dévolu à la rime qui, ponctuant la fin du vers, nous fait sentir le rythme : de là l'importance accordée à la rime ; de là la condamnation portée dans notre poésie classique contre l'enjambement qui affaiblit la rime et compromet le rythme du vers. Dans les vers métriques ou rythmiques, le rythme est rendu sensible avant tout par la prononciation : ainsi s'explique même que, dans les vers ïambiques ou trochaïques grecs et latins, où le pied doit représenter trois unités de mesure, on rencontre des spondées, des dactyles ou des anapestes qui en valent quatre; mais, en outre, presque toujours, on doit, à une place déterminée, trouver un pied pur, c.-à-d. le pied fondamental du vers, qui permet à l'oreille de percevoir nettement le rythme : par exemple, le cinquième pied de l'hexamètre doit être un dactyle, le sixième pied du trimètre ou du sénaire ïambique doit être un ïambe. C'est aussi pour cette raison que le vers ne doit pas semblerfinir deux fois : on prendra garde, dans l'hexamètre, de mettre une ponctuation forte après un spondée, lui-même précédé d'un dactyle.
D'autre part, quand l'on dit que le vers forme un tout indépendant, on entend par là qu'il peut y avoir hiatus entre un vers et le vers suivant, et que, dans les vers métriques et rythmiques, où les pieds sont composés de syllabes longues et brèves, la dernière syllabe àa vers est considérée comme indifférente.
Ces différents éléments, nécessaires à la constitution du vers et que nous venons de distinguer, en entraînent d'autres avec eux ; ceux-ci, on les retrouve dans tous les vers, mais aussi dans les xwXa ; d'où la nécessité de distinguer nettement les premiers, qui ne se rencontrent, réunis, que dans les vers. Un vers métrique ou rythmique dont chaque pied serait formé par un mot arriverait rapidement à produire une impression de monotonie, malgré la différence du timbre des voyelles employées ; il n'est pas besoin de le prouver; en second lieu, comme l'a indiqué Becq de Fouquières, le vers alexandrin, avec ses douze syllabes, correspond à la durée normale de l'acte respiratoire ; enfin « toute succession de syllabes dépassant le nombre six a besoin, pour être dénombrée facilement par l'oreille, d'être divisée au moins en deux parties (Braunschvig). »Ces raisons expliquent pourquoi, dans toutes les langues et tous les vers, on rencontre, à certaines places déterminées, une ou plusieurs séparations de mots qui coïncident ou non avec des coupures de sens ou de pied : dans l'hexamètre latin, la coupe tombe à l'intérieur du deuxième, troisième ou quatrième pied (première raison donnée) ; dans l'aristophanien, elle tombe après le quatrième pied ou même une syllabe plus loin, c.-à-d. après un groupe de onze ou douze syllabes environ (deuxième raison donnée); dans notre alexandrin, il faut que, après la sixième syllabe, « l'esprit puisse séparer ce qui suit de ce qui précède (Boissière) » (troisième raison donnée).
On peut aussi noter, dans les vers, la présence d'éléments inutiles à leur constitution et surajoutés vraisemblablement pour des raisons esthétiques ; ainsi, dans les vers latins et grecs, surtout dans les vers latins, les différents pieds ne peuvent pas, à toutes les places, être formés de mots de n'importe quelle longueur. Par exemple, en grec, quand le cinquième pied du sénaire ïambique est pur, il y a une séparation de mots après la partie faible de ce pied; en latin, à partir d'Ovide, le pentamètre est généralement terminé par un mot ayant la forme d'un ïambe. D'autre part, les vers anglais ou allemands sont souvent rimes, sans que la rime soit un élément constitutif de ces vers.
Tels sont, présentés d'une vue générale, les différents éléments obligatoires ou facultatifs qui, groupés entre eux