‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 429 sur 633 · VERS ~ VERSAILLES · texte numérisé non relu

VERS ~ VERSAILLES

de façon variable suivant les langues, constituent les vers. En français, on tient compte du nombre des pieds, de la rime et de la coupe ; en grec, on se préoccupe des pieds, des coupes et du rapport entre les pieds et la disposition des mots dans levers, etc. Quant à l'explication esthétique du vers, on la trouvera au mot Poésie qui fournit aussi une bibliographie très suffisante. H. Bornecque.

IL Poésie (V. Poésie).

Genre poétique provençal. — Ce nom semble venir de la poésie liturgique où le mot versus désignait, aux IX® et X® siècles, un chant destiné à accompagner les processions. En provençal, il apparaît pour la première fois dans Guillaume IX, à la fin du xi"^ siècle, et se trouve fréquemment appliqué à des pièces lyriques jusqu'au commencement du xii^ siècle. La plupart des pièces qui le portent (il y en a une soixantaine) sont assez étendues (quelques-unes ont jusqu'à douze et seize strophes) et de caractère très varié (amoureuses, satiriques, morales). On a essayé d'établir une distinction rigoureuse entre le vers et la canso : Bartsch, par exemple, pense que le vers se compose nécessairement de vers de huit syllabes à rimes masculines ; rien n'est moins exact : plusieurs pièces qualifiées vers comprennent des vers féminins d'un nombre de syllabes très varié. Guiraut de Bornelh (commencement du xiii® siècle) dit que l'on peut qualifier indifféremment de vers ou de canso une de ces pièces (composée de sept couplets de vers de huit et dix syllabes et de deux tornades) ; Isl Biographie de Marcabrun dit que, du temps de ce troubadour, tout ce qu'on chantait s'appelait vers et non caiiso ; celle de Peire d*Auvergne répète ce renseignement et ajoute que ce fut Guiraut de Bornelh qui composa la première canso. Tout ce qu'il faut conclure de ces textes, c'est que le mot vers fut surtout employé pendant la première période de la poésie provençale, alors que les œuvres lyriques étaient fort libres dans leur allure, et remplacé par le mot canso quand la forme essentielle du lyrisme se fut précisée et resserrée (la canso n*a pas en général plus de cinq ou six strophes et se borne aux sujets amoureux). Dans la France du Nord, le mot vers est également très vague : il désigne tantôt une laisse de chanson de geste (par exemple dans le Roman de la Violette), tantôt une strophe de chanson :

J'ai l'ait maint vers de chanson,

(dit Gilbert de Berneville), tantôt même une chanson tout entière (le numéro 481 de la Bibliographie de Raynaud, qui est une véritable chanson, est intitulé vers).

A. Jemroy.

BiBL. : Genre poétique provençal. — Diez, Die Poésie

der Troubadours (éd. Bartsch), 1882. ~ Bartsch, Grun-

driss der prov. Literatury 1872, § 25. —- Stimmincs, Ges-

chichte der prov. Literatur, dans le Grundriss deGRŒBER,

VERS. Rivière du dép. du Lot (V. ce mot).

VERS. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Nyons, cant. de Séderon ; 487 hab.

VERS. Com. du dép. du Gard, arr. d'Uzès, cant. de Remoulins, à 2 kil. des magnifiques gorges du Gard ; 733 hab. Stat. de chem. de fer. Eglise du xii® siècle. Château de Saint-Privat, au bord du Gard. Dans les gorges, la grotte préhistorique de la Salpêtrière ; au-dessus des gorges, le gigantesque pont-aqueduc romain dit Pont du Gard (V. cet art.).

VERS. Com, du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. de Saint-Julien-en-Genevois ; 371 hab.

VERS. Com. du dép. du Lot, arr. de Cahors, cant. de Saint-Géry ; 646 hab. Stat. de chem. de fer.

VERS. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. de Chalon-sur-Saône, cant. de Sennecey-le-Grand ; 148 hab.

VERS. Com. du dép. de la Somme, arr. d'Amiens, cant. de Boves ; 496 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

VERS-EN-MoNTAGNE. Com. du dép. du Jura, arr. de Poligny, cant. de Champagnole ; 307 hab. Stat. du chem. de fer P.~L.-M. Ruines d'un ancien château.

VERS-sous-Sellières. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Seliières; 419 hab.

VERSAILLES (Versaliœ). Ch.-l. du dép. de Seine-et- Oise Stat. (gare des Chantiers) du chem. de fer de l'ouest, lignes de Paris-Saint-Lazare et Paris-Invalides vers Granville et Brest, et du chem. de fer de Grande-Ceinture ; gares terminus (avenue Thiers) de la ligne partant de Paris- Montparnasse, et (rue Duplessis) de la ligne partant de Paris- Saint-Lazare ; tramways du Louvre à Versailles, de Versailles à Saint-Cyr, de Versailles à Maule ; tramways urbains. Préfecture ; évêché ; grand et petit séminaires ; ch.-l. d'une subdivision du gouvernement militaire de Paris ; écoles d'artillerie et du génie ; lycées de garçons (Hoche) et de jeunes fdles ; cour d'assises et tribunal de première instance ; musées : du château municipal et de la Révolution ; bibliothèque municipale de 80.000 voL ; dépôt d'archives départementales (à la Préfecture) très considérable ; sociétés savantes et d'art ; nombreuses casernes, prisons (V. le plan à l'art. Seine-et-Oise).

La ville de Versailles occupe un site fort pittoresque, sur un plateau assez élevé par rapport à Paris, mais que dominent du côté du N. , de l'E. et du S. des coteaux accidentés, couronnés par les bois de Vaucresson, des Fausses- Reposes, de Chaville, des Gonards qui offrent des promenades aussi ^ nombreuses que charmantes. Le seul défaut de ce site, c'est sa sécheresse ; un ruisseau insignifiant, le ru de Galie, coule à Versailles sous forme d'égout, et ce manque d'eau a failli être au développement de la ville un obstacle insurmontable. Seule, la volonté de fer de Louis XIV pouvait en avoir raison ; c'est donc à cette volonté que nous devons l'existence d'une ville incomparable par ses monuments, par ses souvenirs historiques, par la majesté de son aspect.

Histoire. — Une opinion trop répandue veut que Versailles ne date que du xvii^ siècle, que Louis XIV l'ait créée de toutes pièces par une sorte de coup de baguette magique. H n'en est rien, ou du moins c'est beaucoup trop dire. On a des preuves que, dès le xi^ siècle, Versailles existait. Son nom Versaliœ, inexpliqué d'ailleurs, figure dans une charte de 1037 au profit du monastère de Saint-Père de Chartres ; peu après, les documents authentiques mentionnent Hugues de Versailles, Philippe de Versailles ; une chapelle, dédiée à Saint- Julien, s'y construisait vers le même temps et devint, par la suite, un prieuré qui subsista jusqu'en 1671. Au xn« siècle, Versailles n'était certainement encore qu'un modeste village, mais sa population justifiait la création d'une léproserie. Dans ses savantes recherches sur les léproseries du diocèse de Paris {Mém. de la Soc. deVHist. de Paris et de nie de France, 1897, t. XXIV, pp. 202-4), Léon Le Grand a réuni plusieurs mentions relatives à cet établissement : il existait en 1226; en 1351, ses bâtiments étaient en bon état, sauf le toit; en 1503, son administration fut confiée à M^ Pierre du Breuil. Quand la lèpre eut enfin disparu de notre région, cette maison se transforma en infirmerie de la Charité, sous Louis XIU, et Louis XIV la^ transféra rue Richaud ; c'est l'origine de l'hôpital-hospice actuel.

En 1561, la seigneurie de Versailles appartenait à Martial de Loménie, qui obtint de Charles IX l'établissement d'un marché tous les jeudis, et de quatre foires annuelles : le 25 janv., le jeudi de la mi-carême, le mercredi après la Pentecôte et le 28 août, fête de Saint- Juhen, patron du lieu. A la date de juin 1574, l'Estoile écrit : « En ces jours se découvrirent plusieurs gens de guerre, tant de cheval que de pied, tenant les champs vers Trappes, Versailles, Vesines, Virofley et villages circonvoisins, et vivant à discrétion, desquels on ne peust oncques savoir les noms de l'entreprise ». Martial de Loménie avait été tué à la Saint-Barthélémy ; son fils, Antoine, lui succéda dans la seigneurie ; Henri IV avait pour lui beaucoup d'amitié, et venait fréquemment chasser avec lui dans les boisdont Versailles, surtout alors, était entouré; Louis XllI

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