‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 43 sur 633 · TIMBRE · texte numérisé non relu

TIMBRE

soit toujours un harmonique exact du son fondamental. Pour ce qui est, maintenant, des instruments, il manque à toutes les reconstitutions qui précèdent un élément essentiel qui accompagne toujours le son de musique qu'ils produisent. Certaines particularités accessoires dans l'attaque ou la pose du son, dans la rapidité avec laquelle il s'éteint, dans son renforcement quand il est soutenu, tout aussi bien que les bruits qui accompagnent l'émission de la note, grincement de l'archet, frôlement du vent dans l'embouchure des tuyaux, percussion des marteaux, etc., sont pour nous inséparables du timbre de chaque instrument qu'ils nous aident à diftérencier des autres, bien que l'habitude empêche de les percevoir isolément et de les séparer du véritable son musical auquel ils font toujours cortège dans la pratique.

II. Instrumentation. — Le timbre est une sorte de petite cloche de métal susceptible de donner un son musical fixe. On en réunit ordinairement une série complète d'une certaine étendue, disposée de façon à ce qu'on les puisse frapper avec un petit marteau. Mieux encore, on y adapte un clavier analogue à celui d'un piano, ce qui permet une exécution plus commode. Les timbres proprement dits, de forme hémisphérique, sont souvent remplacés par des barres d'acier qui tiennent moins de place et dont le son ne diffère que par un peu plus d'intensité. Mozart s'est servi pour la première fois de cet instrument, sous le nom de Glockenspiely dans la Flûte enchantée, 11 figure maintenant assez souvent dans les orchestres modernes où son timbre cristallin produit d'assez heureux effets lorsque le compositeur en use avec discrétion. Henri QurrrARD.

lïl. Technologie. — On désigne sous le nom de timbre tout appareil servant à marquer d'un signe quelconque des documents. Ils donnent, tantôt une empreinte à sec, tantôt une empreinte encrée. On les construit en fer, cuivre, bois, métal d'imprimerie, caoutchouc, etc.

IV. Administration. — Le timbre est une marque apposée par l'Etat ou en son nom, moyennant paiement d'un droit au fisc, sur certains actes et écrits. L'impôt du timbre a été établi, en France, par Louis XIV (V. Acte, t. I, p. 466). Régi aujourd'hui par la loi organique du 43 brumaire an VII, que sont venues compléter ou modifier de nombreuses lois ultérieures, il frappe, en principe, sous les deux formes principales du timbre de dimension et du timbre proportionnel, tous les actes publics et ceux des actes privés qui peuvent éventuellement faire foi en justice et qui n'en sont pas formellement affranchis par la loi (V. Acte, t. I, p. 465).

Des droits de timbre spéciaux, d'une valeur fixe, qui ne sont proportionnés ni à la dimension du papier, ni aux sommes exprimées, ont en outre été établis sur les quittances, reçus et décharges donnés sous signatures privées (0 fr. 40), sur les chèques (0 fr. 40 sur place, 0 fr. 20 de place à place), sur les quittances délivrées par les comptables de deniers publics (0 fr. 25), sur les écrits constatant les expéditions et transports de marchandises par chemins de fer ou par mer et sur les fleuves, rivières, canaux, dans le rayon de l'inscription maritime (variable), sur les écrits constatant les transports de valeurs (0 fr. 35), sur les marques commerciales ou de fabrique (variable), les passeports et permis de chasse. En ce qui concerne spécialement le timbre de quittance, il n'est pas dû pour celles de 40 fr. et au-dessous quand il ne s'agit pas d'un acompte ou d'une quittance finale sur une plus forte somme, non plus que pour les acquits inscrits sur les chèques ou sur les lettres de change, billets à ordre, etc. déjà soumis à un droit fixe ou proportionnel. C'est d'ailleurs celui qui paie et à qui la quittance est délivrée, c.-à-d. le débiteur, qui doit acquitter le prix du timbre. Mais c'est celui qui délivre la quittance, le créancier, qui doit l'apposer, s'il s'agit d'un timbre mobile, au moment même de l'établissement de cette quittance, et, en outre, l'oblitérer, soit par sa signature mise au travers et à l'encre noire, soit par une griffe à l'encre grasse, portant

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