VERSAILLES
çade centrale du palais se succèdent une série de bassins et de parterres : le parterre d'eau, le parterre de Latone, le tapis vert, le bassin d'Apollon (V. fig. art. France, t. XVII, p. 1145), aboutissant à la grande pièce d'eau appelée assez improprement le canal, qui est en forme de croix. De chaque côté, des bosquets disposés avec art offrent leurs épais ombrages aux promeneurs; l'un d'eux fut témoin de la trop fameuse aventure du collier de la reine. A gauche de la façade principale du palais, une terrasse magnifique domine l'Orangerie construite par Mansart, et la pièce d'eau des Suisses, avec la perspective des bois de Satory dans le fond ; deux escaliers monumentaux de cent marches relient cette terrasse à l'Orangerie. Le bel effet produit par la dépression naturelle du terrain ne se retrouve pas à l'extrémité N. de la grande façade; le parc n'en offre pas moins, de ce côté, des parties fort agréables, où le bassin de Neptune et les bains d'Apollon occupent le premier rang.
C'est ici le lieu de rappeler que Versailles une fois construit et ses jardins dessinés, on finit par s'apercevoir que l'eau manquait presque totalement. Des travaux immenses furent accomplis, dont le principal est demeuré : la machine de Marly ; la captation des eaux de l'Eure fut abandonnée, mais nous a valu le bel aqueduc de Maintenon. Enfin, pour alimenter les innombrables jets d'eau qui paraissaient alors le complément indispensable des charmes du parc, et qui font encore aujourd'hui l'admiration des visiteurs, il fallut mettre à contribution tous les étangs de la région, fort nombreux heureusement.
L'histoire des Trianons est inséparable de celle du château ; leur enclos, bien que distinct du parc, se confond néanmoins avec lui et en est un charmant complément. Dès le XII® siècle, Trianon était une paroisse que les chartes latines nomment Triarnwn, paroisse bien modeste composée de métairies, et que Louis XIV absorba dans le domaine de Versailles, pour s'y faire construire le Trianon de porcelaine (Saint-Simon), simple castel décoré de faïences imitant les porcelaines de Chine ; puis, quand il eut cessé de plaire, le grand Trianon, édifié par Mansart. Le petit Trianon, distant de quelques centaines de mètres, est l'œuvre de Gabriel, qui l'édifia sur l'ordre de Louis XV, en 1766. Louis XVI l'offrit à Marie-Antoinette comme don de joyeux avènement, et l'on sait quel lieu de déhces et de plaisirs champêtres, d'une innocence relative, en fît la reine. Le hameau de Trianon reste célèbre dans les annales de cour, aux dernières heures de l'ancien régime.
L'hôtel de ville occupe, sur l'avenue de Paris, à l'angle de l'avenue Thiers, l'emplacement qui fut toujours le siège de la municipalité versaillaise depuis sa fondation : mais ses bâtiments ont été complètement remaniés, en 4900, par la construction d'une façade monumentale surmontée d'un campanile que l'on s'accorde à trouver un peu trop élevé. — Les archives communales sont conservées dans cet édifice ; elles se composent presque exclusivement de registres paroissiaux, datant de la fin du xvi® siècle, alors que la ville n'avait que Saint-Julien comme unique paroisse. — La préfecture, sise avenue de Paris et rue Saint- Pierre, date du second Empire. Les archives départementales dont toutes les séries sont très riches, bien classées, et en partie inventoriées, occupent tout le bâtiment qui règne le long de la rue Saint-Pierre. — Le palais de justice, qui lui fait face, représente l'emplacement de l'ancien hôtel du Grand- Veneur. — La bibliothèque de la ville a été installée dans l'hôtel des affaires étrangères, construit sous Louis XV; elle renferme de très importantes collections de manuscrits et d'ouvrages provenant du château; on peut dire, et ce n'est pas un mince éloge, que le contenu y est digne du cadre. Le lycée de garçons ou lycée Hoche est situé, depuis 4807, dans un ancien couvent d'Ursulines, avenue de Saint-Cloud ; le lycée déjeunes filles, avenue de Paris, a été inauguré le 4^^ avr. 4894. Versailles est, en outre, le siège de deux écoles normales primaires, l'une d'instituteurs, l'autre d'institutrices, d'une
école municipale de dessin, fondée en 1849, d'un conservatoire de musique, fondé en 4883, d'une école nationale d'horticulture.
EvÉCHÉ. — Jusqu'à la Révolution, Versailles dépendit du diocèse de Paris. En 4794, il devint le chef-lieu du diocèse de Seine-et-Oise, et l'ancien monastère des lazaristes fut affecté à la résidence épiscopale. Voici la liste des évêques qui s'y sont succédé: Jean- Julien Avoine, évêque constitutionnel, 4791-93; Augustin- Jean-Charles Clément, 4798-1804; évêque constitutionnel; Louis Charrier de La Roc^e, 4802-27 ; Etienne-Jean-François Borderies, 4827-32 ; Louis-Edmond-Marie Blanquart de Bailleuî, 4832-44; Jean-Nicaise Gros, 4844-57; Jean- Pierre Mabile, 4858-77 ; Pierre-Antoine-Paul Goux, 1877.
Les églises paroissiales sont au nombre de quatre : Notre-Dame, Saint-Louis (cathédrale), Sainte-Elisabeth (quartier des Chantiers), et Saint-Symphorien (quartier de Montreuil) dont dépend la chapelle de secours de Clagny, sise avenue de Villeneuve-l'Etang. Il y a en outre, à Versailles un temple protestant, rue Hoche, et une synagogue, rue Albert- Joly.
Hommes célèbres. — Parmi les hommes célèbres nés à Versailles, il convient de nommer le maréchal Berthier, l'abbédel'Epée, le sculpteur Jean Houdon, Hoche, le poète Ducis, Tissot, de l'Académie française, Ferdinand de Lesseps. L'abbé de l'Epée, Hoche et Houdon ont leur statue sur des places publiques de la ville.
Sociétés diverses. — Versailles est le siège d'un grand nombre de sociétés scientifiques, littéraires et artistiques , les plus importantes sont : la Société des sciences morales des lettres et des arts, fondée en 4834 ; elle publie actuellement des mémoires sous le titre de Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise ; h Société des sciences naturelles et médicales de Seine-et-Oise, autorisée le 23 juil. 4878 ; la Commission des antiquités et des arts de Seine-et-Oise, créée en 4884 ; la Société versaillaise de photographie, autorisée en 4 884 ; l'Association artistique et littéraire de Versailles, fondée en 4889; l'Association des artistes musiciens.
Armes. — Les armes de Versailles s'énoncent ainsi : D'azur à trois fleurs de lis d'or au chef d'argent chargé d'un coq à deux têtes, de couleur naturelle, surmonté d'une couronne murale composée de trois tours et de deux fleurs de lis. F. Bournon.
École de l'artillerie et du génie de Versailles (V. Ecole, t. XV, p. 424).
Traités de Versailles.— Divers traités ont été signés à^^yersailles au xviii® siècle, celui du 30 déc. 4758 (alliance offensive et défensive avec l'Autriche contre la Prusse), celui du 45 juin 1763 (cession de la Corse à la France par la république de Gènes) ; celui du 26 sept. 4786 (traité de commerce et de navigation avec la Grande- Bretagne). Mais le principal est celui du 3 sept. 4783, composé de 24 articles, entre Louis XVI, roi de France, et Georges 111, roi d'Angleterre. L'Angleterre reconnaissant l'indépendance de ses colonies révoltées d'Amérique (les treize Etats unis), rendait aux Hollandais ses colonies moins Negapatam, à l'Espagne (notre alliée en vertu du pacte de famille), Minorque et la Floride (ce qui nous remit, par rétrocession de l'Espagne, en possession de la Louisiane) ; à la France, Sainte- Lucie, Tabago, le Sénégal, l'îlot de Corée, et nos comptoirs actuels de l'Inde ; l'établissement d'un commissaire-inspecteur anglais à Dunkerque, que le traité d'Utrecht nous avait imposé, est supprimé (art. 47). La France restituait à l'Angleterre celles des Antilles que la fortune de la guerre nous avait livrées (la Grenade, les Grenadilles, Saint- Vincent, la Dominique, Saint - Christophe, Névis, Montferrat). L'art. 5 réglait à nouveau, pour prévenir les querelles, le droit de pêche dans les parages de Terre-Neuve. — C'est aussi à Versailles, et le même jour, que fut signé le traité spécial entre Georges llï et Charles III d'Espagne, notre allié. Quant aux traités en dix articles entre