VESPASIEN — VESSE
y fit entrer beaucoup de provinciaux, ce qui infusa à Taristocratie romaine un sang plus jeune et plus vigoureux. Il administra les finances avec une grande rigueur ; on se moqua de sa parcimonie et des impôts qu'il créa ; mais ce fut grâce à cette sévérité et à ces ressources nouvelles qu'il put réparer beaucoup de ruines, rétablir la paix dans tout l'Empire et laisser à sa mort le trésor public bien rempli. Rome avait beaucoup souffert pendant les années 69 et 70. Le Capitole avait été brûlé ; une grande partie de la ville avait été détruite. Vespasien reconstruisit le Capitole ; il répara les rues et les aqueducs ; il éleva le temple de la Paix et commença le Cotisée {Colosseum) ; il recula les limites du pomerium. Les troubles qui avaient éclaté dans plusieurs provinces furent rapidement apaisés ; deux guerres dangereuses furent terminées. Au N. de la Gaule, les Bataves et les Frisons s'étaient révoltés en 69 à la voix de leur compatriote Civilis. Soutenus par plusieurs peuplades germaniques de la rive droite du Rhin, ils avaient infligé plusieurs défaites aux légions romaines ; les Gaulois s'étaient alors soulevés sous la conduite de Classicus, de Tutor et de Sabinus. En 70, tout le N. de la Gaule et tous les bords du Rhin étaient en feu. Heureusement Vespasien envoya contre les rebelles un officier actif et capable, Petilius Cerealis. La Gaule fut vite pacifiée. Sur le Rhin, la lutte dura plus longtemps. Civilis soutint avec vigueur le choc des armées romaines ; à la fin pourtant il dut céder. Q obtint la vie sauve. Vespasien ne se montra pas «ruel envers les insurgés ; il ne punit que les chefs de la rébellion. — A Tautre extrémité de l'Empire, la guerre de Judée fut poussée avec vigueur par le fils de Vespasien, Titus. Jérusalem, bloquée parles légions, fut prise d'assaut après un combat acharné. La forteresse qui dominait la ville fut emportée. Les portiques du temple furent réduits en cendres, et le temple lui-même fut brûlé au mois d'août 70 avec tous les trésors qu'il contenait. Pendant plus d'un mois on se battit dans les rues. Jérusalem fut déîruite, et une légion campa au milieu de ses ruines. 100.000 juifs furent emmenés prisonniers. Un arc de triomphe fut élevé à Rome pour perpétuer le souvenir de cette victoire sanglante ; il est encore aujourd'hui debout, et sur l'un des bas-reliefs qui le décorent on reconnaît le fameux chandelier à sept branches que les vainqueurs emportèrent du temple. De 70 à 79 l'Empire vécut en paix.
Malgré ces victoires et malgré le caractère réparateur de son gouvernement, Vespasien eut des ennemis. Les philosophes, en particuUer les stoïciens, ne cessaient de regretter la République et d'attaquer l'Empire. L'empereur perdit patience et se montra cruel. Helvidius Priscus, l'un des plus nobles esprits de son temps, dut s'ouvrir les veines ; d'autres philosophes furent bannis de Rome.
Vespasien mourut en 79. On raconte qu'avant de mourir il demanda à se lever, et dit : « Un empereur doit mourir debout » . J. TouTAiN.
BiBL. : V. DuRUv, Histoire des Romains ; Paris, 1879- 85. — MÉRivALE, Histoire des Romains sous l'Empire; Londi^es, 1848-62. — Mommsen, Histoire romaine (trad. franc.); Paris, 1887-89, t. IX-XL
V^PER (Myth. et Astron.) (V.Vénus).
VESPÉRIEN (Zool.) (V. Vespertilion).
VESPERIMUS {ZooL)(V. Hamster).
VESPERTILION (Zool.). Genre de Mammifères de Tordre des Chiroptères, type de la famille des Vespertilionidœ, qui renferme les Chauves-Souris les plus communes dans tous les pays, et présente les caractères suivants : face dépourvue d'appendices cutanés en forme de feuille ; oreille munie d'un oreillon (ou tragus) ; os prémaxillaires séparés par un espace vide, de telle sorte que les incisives supérieures sont séparées en avant. Formule donataire variable, comprenant, suivant les genres, 28 à 36 dents, suivant le nombre des incisives supérieures et prémolaires. Cette famille, la seule de l'ordre des Chiroptères qui soit réellement cosmopolite, s'étendant jusqu'à la Polynésie et la Nouvelle-Zélande, est très nombreuse en
genres et en espèces, pour la plupart de petite taille (plus de 200 espèces). Toutes sont insectivores, passant le jour à dormir dans les cavernes, les clochers, sous les toits des maisons ou dans les trous des arbres et prenant leur vol à la tombée de la nuit: en hiver elles s'engourdissent comme les autres Chauves-Souris. Les genres Oreillard^ Myxopode, Minioptère (V. ces mots) ont déjà été traités séparément. Le genre Vespertilion (Vespertilio) comprend des espèces à museau assez long, poilu, conique, à oreilles grandes ou moyennes, pourvues de 38 dents. Le Vespertilion murin ( F. murinus) est la plus grande espèce du genre (35 centim. d'envergure) ; il est roux foncé avec les ailes brunes. Il sort tard dans la soirée, et son vol est rapide et régulier. Il habite toute l'Europe centrale et méridionale, l'Asie et le Nord de l'Afrique. Des espèces plus petites, qui se trouvent également en France, sont les Vespertilions de Bechstein, deNatterer, échancréet à moustaches. D'autres espèces, très nombreuses, habitent l'Asie, l'Afrique, les deux Amérique, l'Australie et la Polynésie. Le genre Kerivoula renferme de petites espèces à pelage bariolé de jaune et qui habitent l'Inde et la Malaisie. Les genres Atalapha, de l'Amérique du Nord, Harpiocephalus, de l'Inde et de la Maiaisie, renferment des espèces robustes et qui relient le genre Vespertilio aux suivants. Le genre Vespérien (Vesperugo) renferme des espèces à museau plus court, obtus, nu et couvert de glandes, à oreilles assez courtes, latérales, à formule dentaire variant de 30 à 36 dents. Il renferme des espèces plus résistantes au froid, et par suite plus septentrionales que les Vespertilions proprement dits, et remontant plus haut dans les montagnes. Tel est le Vesperugo borealis qui s'avance dans le N. de l'Europe jusqu'au cercle arctique, et se montre en Suisse et en Allemagne. En France ce genre est représenté par la Noctule (F. noctula) et la Sérotine (F. serotinus), deux grandes espèces dont la première sort dès que le soleil est couché pour évoluer autour des clochers. Une petite espèce, la plus commune de toutes, la Pipistrelle (F. pipistrellus) , se montre dans les rues des villes, nichant jusque sous les portes cochères et volant même en hiver quand le temps est doux et humide. Les genres Scotophilus , Nycticejus, etc., qui habitent les régions intertropicales, sont voisins du précédent (V. Chauve-Souris). E. Trouessart.
VESPERUGO (Zool.) (V. Vespertilion).
VESPETRO. Liquôur de table fort agréable, préparée en prenant : semences d'angélique, 60 gr. ; semences de fenouil, 8 gr. ; semences de coriandre, 60 gr. ; semences d'anis, 8 gr.; eau-de-vie, 2.000 gr. ; on fait macérer pendant huit jours, on filtre et l'on ajoute : sucre, 500 gr., dans : eau, 500 gr.
VESPiÈRE (La). Com. du dép. du Calvados, arr. de Lisieux, cant. d'Orbec; 376 hab.
VESPILLON (Antiq. rom.). Tandis que les riches étaient portés au bûcher par leurs parents, leurs amis, leurs airanchis, les pauvres étaient emportés hors de la ville, et on jetait leurs corps dans d'étroites et profondes fosses communes. Ceux qui remplissaient ce lugubre office étaient les vespillons. Leur nom était tiré du mot vesper, soir, parce qu'ils n'agissaient que nuitamment. Ils faisaient partie de la puissante corporation des Libitinaires, mais ils en étaient au plus bas degré. C'étaient le plus souvent des esclaves de la dernière catégorie. Ils avaient la réputation de détrousseurs de cadavres. A. Bayet.
VESPUCCI (Amerigo), voyageur itaHen (V. Amerigo Vespucci).
VESSE DE Loup (Bot.) (V. Lycoperdon).
VESSE. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Gannat, cant. d'Escurolles, à 1 kil. de Vichy; 1.917 hab. Source intermittente d'eau minérale bicarbonatée sodique contenant de l'acide sulfhydrique en assez grande quantité (tempérât., 30''). Elle li'est exploitée que comme objet de curiosité. Hippodrome des courses de Vichy. A. Mallat.
VESSEAUX — VESSIE
VESSEAUX.Com.dudep.de l'Ardèche, arr. de Privas, cant. d'Aubenas ; i .151 hab. Grand commerce de marrons.
VESSEY. Com. du dép. de la Manche, arr. d'Avranches, cant. de Pontorson ; 800 hab.
VESSIE. I. Anatomie. — La vessie, dans laquelle l'urine séjourne pendant quelques heures, est une sorte de globe contractile et élastique qui repose sur le périnée. Elle s'élève dans la cavité abdominale, en refoulant les intestins, à mesure qu'elle se remplit. Lorsqu'elle vient de se vider, la vessie n'a, pour ainsi dire, pas de cavité, et se cache derrière le pubis. A mesure que l'urine la dilate, elle monte dans l'abdomen et s'applique contre la paroi abdominale antérieure. L'épaisseur de la paroi vésicale ne dépasse pas 2 millim. dans l'état de moyenne distension. On considère à la vessie le corps et le col. Le corps est la partie globuleuse que distend l'Urine. Le col est l'ouverture, entourée du sphincter vésical. Le col, auquel fait suite l'urètre, est en partie entouré par la prostate.
Rapports du corps. Quoique cet organe, à l'état de distension, soit globuleux, on lui décrit généralement six faces : antérieure, postérieure, supérieure, inférieure et latérales. La face antérieure est en rapport avec le pubis. Lorsqu'elle est distendue, elle monte au-dessus du pubis et s'applique contre la paroi abdominale antérieure, en soulevant le péritoine. La face postérieure est complètement recouverte par le péritoine. Chez la femme, elle est en rapport avec le corps de l'utérus, dont elle est séparée par un cul-de-sac péritonéal, le cul-de-sac vésicoutérin. Chez l'homme, elle est en rapport avec le rectum, dont elle est séparée par le cul-de-sac recto-vésical. La face supérieure, ou sommet, donne insertion à un ligament venu de l'ombilic, l'ouraque. La face inférieure, ou base, est étendue, chez la femme, du col vésical au culde-sac vésico-utérin. Elle est en rapport, d'arrière en avant, avec le tiers inférieur du corps de l'utérus, avec la portion extrâ-vaginale du col et avec la paroi antérieure du vagin, qui forme avec elle la cloison vésico-vaginale. Chez l'homme, la base de la vessie est en rapport avec le rectum, dont elle est séparée par l'aponévrose prostatopéritonéale au milieu, et par les vésicules séminales de chaque côté. Les faces latérales sont recouvertes par le péritoine dans leur moitié supérieure et sont en rapport avec les parois du petit bassin dans leur moitié inférieure.
Structure. Les parois vésicales sont formées par quatre couches : séreuse, musculeuse, celluleuse, muqueuse. La couche séreuse ne recouvre que les parties supérieure et postérieure de la vessie, d'où elle se réfléchit, en formant autour de cet organe une gouttière circulaire. Puis elle se continue de tous côtés avec le reste du péritoine. La couche musculeuse est formée de fibres longitudinales superficielles et de fibres circulaires profondes. Les fibres longitudinales semblent naître vers le sommet d'où elles s'irradient à la surface du corps jusqu'au col vésical ; là, quelques-unes se continuent avec les fibres musculaires de la prostate, avec celles de l'urètre, avec quelques fibres du releveur de l'anus, et même des parois rectales. Les fibres circulaires sous-jacentes aux précédentes forment des anneaux étendus du sommet à la base de la vessie. Très nombreuses au niveau du col, les fibres musculaires forment de gros faisceaux dont l'ensemble constitue le sphincter vésical. La couche celluleuse est une mince lamelle de tissu conjonctif qui unit là musculeuse à la muqueuse ; on l'appelle encore couche sous-muqueuse. La couche muqueuse, rosée, présente un épithélium pavimeuteux stratifié à sa surface libre en contact avec l'urine ; le chorion ou derme de la muqueuse est une sorte de feutrage de faisceaux de tissu conjonctif mêlés de fibreâ élastiques. La muqueuse de la base de la vessie est plus blanche et plus lisse ; elle forme, entre l'orifice de l'urètre et ceux des uretères, une surface triangulaire, trigone vésical ou trigone de Lieutaud (V. Uretère). Sur les autres points de l'intérieur de la vessie, on voit des saillies longitudinales formées par les faisceaux muscu-
laires, limitant des dépressions plus ou moins profondes. Cette disposition est quelquefois exagérée dans quelques vessies, auxquelles on donne le nom de vessies à colonnes et de vessies à cellules.
Les artères de la vessie sont nombreuses ; la principale, vésicale inférieure, vient de l'iliaque interne. La vessie reçoit en outre de nombreuses branches des artères du voisinage :hémorroïdales moyennes, honteuse interne. Les veines, nées de tous les points de la vessie, se rendent vers le col, se mêlent aux veines de la prostate, pour former le plexus veineux vésico-prostatique, qui se continue, en avant, avec le plexus de Santorini. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique, contenant des nerfs cérébro-spinaux et des filets du grafid sympathique.
Développement. Dans les premières formations embryonnaires, la vessie et le rectum communiquent et forment le cloaque. Le développement de la cloison rectovésicale est plus tardif. Lorsque la vésicule allantoïde se développe, sa portioû intra-embryonnaire, qui a la forme d'un tube, se dilate pour former la vessie; mais une portion, intermédiaire à la vessie et à l'ombilic, se resserre pour former le ligament de l'ouraque. Chez quelques sujets, le canal de l'oiiraque persiste ; cet organe restant imperméable, il s'écoule de l'urine par l'ombilic : fistule urinaire ombilicale congénitale.
IL Physiologie. — La vessie sert de réservoir momentané à l'urine ; elle se vide lorsqu'elle contient environ 250 gr. de liquide, c.-à-d. quatre à cinq fois par jour, puisqu'une personne en bonne santé fait en moyenne 4.250 gr. d'urine. Le besoin d'uriner se fait sentir lorsque la distension des parois de la vessie surexcite les nerfs sensitifs de cet organe. Le sphincter vésical, qui entoure le col, a pour rôle d'empêcher l'issue de l'uritie au dehors pendant la réplétion de la vessie. Le mécanisme de la miction est des plus simples. Les fibres musculaires du corps de la vessie se contractent sur le liquide qu'elles compriment. Celui-ci, pressé de toutes parts par les parois vésicales, exerce une pression sur le sphincter, de la résistance duquel elles finissent par triompher. Lé cours de l'urine a toujours lieu dans le même sens. Ce liquide, amené à la vessie, s'y accumule lentement et ïie rétrograde jamais vers sa source, à cause de la disposition spéciale des uretères au moment où ils traversent les parois vésicales. L'absorption de la muqueuse Vésicale est nulle. 11 devait en être ainsi, puisque' l'urine est un liquide toxique.
III. Pathologie. — On peut observer dans la vessie des lésions traumatiques, des déplacements partiels, des corps étrangers, des inflammations et des tumeurs diverses. Je ne ferai que signaler les varices et l'ulcère simple de la vessie, parce que ces lésions sont d'un diagnostic très difiicile et qu'elles sont encore peu connues.
Lésions traumatiques. — La vessie] peut être le siège de contusions, de plaies et de rupture. La contusion peut être directe, dans la région hypogastrique, la vessie étant pleine. Elle peut accompagner une fracture du bassin. Enfin, des poids considérables tombant sur l'abdomen peuvent produire une contusion de la vessie. Les plaies peuvent être produites par des instruments piquants, tranchants, contondants, ou par des armes à feu. Sans rupture du bassin, les plaies de la vessie ne peuvent avoir lieu que par la région hypogastrique, la vessie étant distendue, ou à travers le périnée. La rupture de la vessie peut avoir lieu par un choc violent, par écrasement, par effort en soulevant un fardeau, dans la rétention d'urine, pendant l'accouchement, etc.
Déplacements de la vessie. — Les déplacements de la vessie sont toujours partiels, c.-à-d, que cet organe ne saurait se déplacer en totalité : ce sont les cystocèles. La cystocèle crurale consiste dans l'issue d'une portion de la vessie à travers le canal crural. Lorsqu'elle s'échappe par le canal inguinal, on a la cystocèle inguinale.
Corps étrangers. — Des corps étrangers de toutes
VESSIli - VESTA
sortes ont été trouvés dans la vessie, instruments brisés ou objets divers introduits par des alcooliques ou des fous.
Inflammation de la vessie. — L'inflammation de la vessie constitue la cystite (V. ce mot).
Tumeurs de la vessie. — La vessie peut être le siège de tumeurs bénignes et de tumeurs malignes. Les premières siègent de préférence sur la muqueuse ; ce sont surtout des papillomes. Les tumeurs malignes, ou cancéreuses, envahissent généralement toutes les tuniques ; ce sont les plus fréquentes. D'^ J.-A. Fort.