‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 440 sur 633 · V. Ichtyologie. — Vessie natatoire (V. Poisson · texte numérisé non relu

V. Ichtyologie. — Vessie natatoire (V. Poisson

VESSIGON (Méd. vét.). On donne ce nom à des tumeurs molles, synoviales, se développant au pourtour des articulations du jarret et du genou chez le cheval, etmême à l'articulation tibio-tarsienne ; ce sont autant de variétés désignées sous le nom de vessigons tarsiens, carpiens,etc. Le vessigon tarsien est ou articulaire ou tendineux ; le vessigon articulaire, formé par la dilatation de la synoviale articulaire, est caractérisé par trois tumeurs, l'une à la face antéro-interne de l'articulation, les deux autres latérales, dans l'angle tibio-calcanéen ; le vessigon tendineux est le résultat d'une dilatation des gaines tendineuses et est constitué par deux tumeurs latérales, dont l'interne est la plus volumineuse, et se prolonge au-dessous du jarret sur le tiers supérieur dumétatarse. Le vessigon carpien, qui résulte de la dilatation de la grande gaine carpienne, est formé par deux tumeurs latérales s'étendant au-dessous du genou, sur le tiers supérieur du métacarpe. Les vessigons sont dus à des mouvements brusques ou forcés, à des trauraatismes, contusions, fatigues excessives, etc. Ils ont une tendance à la chronicité. — Au début on les traite par des émollienls, puis par des astringents, des vésicatoires, la cautérisation au fer rouge, les frictions mercurielles, etc. On a aussi proposé les ponctions, le séton, les injections irritantes, iodées entre autres. D^ L. Hn.

VEST (Ane. dr.) (V. Vente, t. XXXI, p. 824).

VESTA. I. Mythologie. — Divinité romaine. Vesta était, dans le culte domestique et dans la religion de l'Etat romain, la divinité du foyer. Son nom a été rapproché du mot grec 'Eaxia, qui désignait en même temps le foyer et la déesse Hestia ; les deux mots semblent avoir pour racine commune le radical sanscrit vas qui, d'après les uns, exprime l'idée de demeurer, habiter, et, d'après les autres, fidée de briller, brûler. Les deux notions se confondent d'ailleurs dans la nature même de Vesta, déesse du foyer, mais surtout déesse du feu qui brille sur le foyer. Dans chaque habitation romaine, le foyer était considéré comme le centre de la maison ; c'était sur le foyer, dans la flamme de râtre,que primitivement le père de famille sacrifiait aux dieux protecteurs de sa maison. Pénates et Lares ; le feu du foyer symbolisait la prospérité et la durée de la famille ; il fallait l'entretenir sans cesse, ne pas le laisser s'éteindre. C'est pourquoi, à l'origine, le foyer se trouvait au centre même de la maison, dans l'atrium ; plus tard il fut transporté dans une autre pièce, mais on le remplaça dans l'atrium par un autel, où nuit et jour brûlait une flamme. Cette flamme représentait spécialement pour les Romains la déesse Vesta. — Dans la religion et le culte publics de Rome, la déesse avait exactement le même caractère. La cité était considérée comme une grande famille, qui habitait dans l'enceinte delà ville. Elle avait un foyer, comme chaque famille particulière. Ce foyer était consacré à Vesta, comme tout foyer domestique. D'après les légendes romaines, le culte public de Vesta avait été transporté à Rome de Lavinium ; après la destruction d'Albe la Longue, Lavinium avait été considérée comme la métropole de Rome ; les consuls, lorsqu'ils entraient en fonctions et lorsqu'ils en sortaient, allaient sacrifiera la Vesta de Lavinium. Le culte de Vesta paraît être l'un des plus anciens cultes pratiqués dans le Latium, et il est vraisemblable qu'il remontait à l'origine même

de Rome ; comme l'observe judicieusement Preller, « il est impossible queRomulus, fils d'une Vestale, élevé dans Albe au milieu des traditions de ce culte, ait négligé de donnera Rome sa Vesta particulière ». Pourtant c'était à Numa Pompilius que les Romains eux-mêmes attribuaient l'institution du culte de Vesta et la fondation de son temple. Le temple de Vesta était situé sur le Forum, au pied du Palatin, non loin de la Voie sacrée. Il était de forme ronde et rappelait ainsi l'aspect de la maison ita- Henne primitive, cabane circulaire surmontée d'un toit en forme de dôme, dont l'image nous a été conservée par des urnes funéraires. Détruit à plusieurs reprises, d'abord par les Gaulois quand ils prirent Rome, ensuite par des incendies, en 244 av. J.-C.,sous Néron et sous Commode, le sanctuaire de la déesse, œdes Vestœ, fut toujours reconstruit sur le même modèle. Les ruines du temple, relevé au début du iii^ siècle de l'ère chrétienne, par Julia Douma, mère de Septime Sévère, ont été retrouvées et souvent décrites. Ce temple était un édifice rond, élevé sur un podium ou socle circulaire, entouré de 18 ou 20 colonnes corinthiennes, surmonté d'un dôme dont la base était ornée d'une frise très élégante, où l'on avait sculpté des bucranes, des rameaux d'olivier et de laurier, des vases et des instruments de sacrifice. A l'intérieur du temple, il n'y avait point, comme dans les autres sanctuaires, une statue de la divinité, mais seulement un autel sur lequel brûlait un feu sacré, qu'on ne devait jamais laisser mourir ; cet autel symboHsait le foyer puWic de la cité romaine, comme dans l'atrium de chaque maison l'autel domestique avait remplacé le foyer réel de l'habitation primitive. Outre le feu sacré, le temple de Vesta renfermait aussi certains objets mystérieux, auxquels on croyait que la fortune et la grandeur de Rome étaient étroitement attachées, par exemple le fameux Palladium, apporté de Troie par Enée (V. Palladium). Le temple proprement dit s'élevait au milieu d'une cour rectangulaire pavée en marbre ; c'était là, devant le temple, que se trouvait l'autel où l'on célébrait les sacrifices et les libations en l'honneur de Vesta ; dans cette cour se trouvait également une statue de la déesse. Le temple lui-même était toujours fermé au public.

Les principales cérémonies du culte de Vesta avaient lieu le 1^^ mars et pendant la première moitié de juin (du 7 au 15). Le i^"" mars fut pendant longtemps à Rome le premier jour de l'année; ce jour -là, le grand pontife éteignait le feu sacré qui brûlait dans le temple et le rallumait solennellement, soit en frottant l'un contre l'autre deux morceaux de bois provenant d'un arbre considéré comme étant d'heureux augure, soit en concentrant à l'aide d'une lentille les rayons du soleil. Cette pratique symbolisait la disparition de l'année écoulée et la naissance de l'année nouvelle. — En juin, les fêtes de Vesta se prolongeaient pendant plusieurs jours : le 7 juin, on ouvrait le Penus Vestœ, c.-à-d. la partie du temple où étaient gardés précieusement tous les objets relatifs au culte de la déesse ; le 9 juin avait lieu la fête proprement dite des Vestalia; ce jour-là, les matrones romaines se rendaient, pieds nus, au temple de Vesta, et venaient y déposer des offrandes très simples, les mets qu'elles avaient coutume d'offrir, dans leurs propres maisons, à leurs Pénates et Lares domestiques. Le 15 juin, le Penus Vestœ était de nouveau fermé, et les fêtes prenaient fin.

La garde du temple, l'entretien du feu sacré, le soin de célébrer toutes les cérémonies du culte étaient confiées, sous la haute direction et la surveillance du grand pontife, à des prêtresses spéciales, les vestales (V. ce mot).

Le culte de Vesta dura jusqu'à la fin du paganisme. Le temple de la déesse fut fermé par Théo dose en 394 ap. J.-C. ; le feu sacré s'éteignit alors pour toujours. J. Toutain.

IL Astronomie (V. Astéroïde).

BiBL. : Mythologie. — A. Preuner, Hestia-Vesta ; Tubingue, 1864. — Jordan, Vesta und die Laren ; Berlin, 1865. ■— FusTEL DE Coulanges, la Cité antique ; Paris, 1864. ~ Jordan, Der Tempei der Fesfa; Berlin, 1884. —

VESTA — VESTERBOTTEN

Preller, Rômische Mythologie; Berlin, 1883, 3" éd. — Hans Auer, Der Tempel der Vesta ; Vienne, 1888. — H. Thédenat, leForum romain; Paris, 1900, 2« éd. — Fow- LER, The Roman Festivals; Londres, 1899.

VESTALE. Prêtresse romaine de la déesse Vesta. — Bien que la légende de Romulus prouve l'existence de vestales dans Albe la Longue avant même la fondation de Rome, une autre tradition romaine attribuait seulement au successeur de R.omulus, à Numa Pompilius, l'institution des vestales. A l'origine, les vestales ne furent que quatre; plus tard, depuis Servius Tullius,leur nombre fut porté à six. Ce chiffre resta immuable jusqu'au iv® siècle de l'ère chrétienne. A la fin de ce siècle, peu d'années avant la disparition du culte de Vesta, il est fait mention de sept vestales ; Bouché-Leclercq suppose que ce nombre est dû à quelque superstition astrologique plus forte que l'ancien usage. Quoi qu'il en soit, le nombre normal des vestales fut de six. Les vestales étaient désignées, sous la royauté, par le roi ; sous la république, par le grand pontife ; sous l'Empire, par l'empereur. Jusqu'en l'année 65 av. J.-C, le grand pontife pouvait choisir, sans aucun recours, les jeunes Romaines qu'il voulait, pourvu qu'elles réunissent les conditions exigées par le rituel ; sauf ces conditions, rien ne limitait son arbitraire. En 65 av. J.-C, une lex Papia décida que, pour toute vacance qui se produirait parmi les vestales, le grand pontife désignerait vingt jeunes Romaines présentant les conditions requises, et que parmi ces vingt candidates ce serait le sort qui choisirait la future vestale. Les principales conditions, pour devenir vestale, étaient tout d'abord : d'avoir plus de six ans et moins de dix ans ; d'être patricienne ; d'avoir encore son père et sa mère ; d'être exempte d'infirmités physiques. A la fin de la république, les jeunes plébéiennes furent admises parmi les vestales ; un peu plus tard, Auguste déclara ce sacerdoce accessible même aux filles d'affranchis. Parfois un père de famille présentait spontanément sa fille pour la place de vestale devenue vacante ; dans ce cas, il n'y avait point de tirage au sort. Désignée par le sort ou librement offerte par son père, la future vestale était reçue {capta) par le grand pontife, qui lui adressait la formule suivante : « Je te reçois prêtresse de Vesta, afin que tu célèbres, comme le veut une loi très sage, le culte que doivent célébrer les vestales pour le bien du peuple romain ». Les vestales s'engageaient à servir la déesse pendant trente ans. Pendant les dix premières années, elles étaient instruites de leurs devoirs ; pendant les dix années suivantes, elles s'occupaient surtout de célébrer toutes les cérémonies du culte; pendant les dix dernières années, elles enseignaient à leur tour leurs devoirs aux nouvelles vestales. Après ces trente années, elles étaient

libres de renoncer à leur sacerdoce et de rentrer dans la vie civile ; mais il était rare qu'une vestale usât de cette liberté. — Les principaux devoirs des vestales étaient : l'entretien du feu sacré qui brûlait dans le temple de Vesta ; — l'usage, pour toutes les cérémonies et purifications, d'eau puisée à certaines sources ou dans le Tibre, à l'exclusion de toute eau qui aurait coulé dans un aqueduc ou dans un tuyau ; — la fabrication de la mola salsa, gâteau destiné aux sacrifices, avec de la farine spéciale, extraite par elles-mêmes d'épis de blé qui leur étaient appor-

Vestale (Partie supérieure d'une statue découverte à Rome).

tés chaque année au début du mois de mai ; — enfin l'assistance à plusieurs grandes fêtes religieuses de l'Etat romain. De toutes ces fonctions, la plus importante était l'entretien, la conservation du feu sacré : lorsqu'une vestale le laissait s'éteindre, elle était fouettée jusqu'au sang par le grand pontife. Un autre devoir essentiel des vestales était de se conserver pures de toute souillure, et en particulier d'observer rigoureusement leur vœu de chasteté. La vestale qui manquait à ce vœu était ensevelie vivante dans un cachot souterrain situé hors du Pomerium, sur le Quirinal; elle y mourait de faim. — Mais, si les vestales étaient exposées à de terribles châtiments, elles possédaient des privilèges considérables, et les plus grands honneurs leur étaient rendus. Elles vivaient aux frais de l'Etat ; à la différence de toutes les autres Romaines, elles pouvaient léguer leurs biens par testament et témoigner en justice sans prêter serment. Dans les rues de Rome, elles marchaient précédées d'un licteur ; les plus hauts magistrats de la cité, les consuls leur cédaient le pas et faisaient baisser leurs faisceaux devant elles; elles occupaient les premières places ,qui leur étaient assignées par la loi, au théâtre, au cirque, à l'amphithéâtre ; elles étaient toujours écoutées avec la plus grande attention, lorsqu'elles intervenaient en faveur d'un citoyen. Enfin, lorsqu'elles se trouvaient, sans l'avoir prémédité, sur le chemin d'un condamné à mort que Ton menait au supplice, cette heureuse rencontre valait au condamné sa grâce. Leur costume se composait, habituellement, d'une longue stola que recouvrait un vêtement de dessus en lin ; pour les cérémonies de leur culte, elles se paraient de bandelettes sacrées et se couvraient la tête d'un voile, appelé suffibulum, qui descendait jusque sur les épaules.

Les vestales étaient soumises à l'autorité du grand pontife, qui les surveillait, les réprimandait, au besoin les châtiait. C'était lui qui prononçait contrôles vestales impudiques le terrible châtiment dont elles étaient menacées. Tous ces droits du grand pontife furent exercés par l'empereur, depuis le moment où Auguste ajouta à ses pouvoirs civils et militaires l'influence morale qu'assurait le grand pontificat. Les vestales habitaient, près du temple de^ Vesta (V. ce mot), une maison appelée Atrium Vestœ, qui communiquait directement avec le sanctuaire de la déesse. Cette maison, connue aujourd'hui sous le nom de Maison des Vestales, a été fouillée avec soin; on a pu en relever le plan ; dlo^ se composait d'un grand nombre de chambres disposées autour d'un atrium très vaste. On y a retrouvé plusieurs inscriptions et quelques statues de vestales, entre autres un buste à peu près intact qui peut compter parmi les plus beaux portraits découverts à Rome. Les vestales furent supprimées, en même temps que le culte de Vesta, en 394 ap. J.-C, par Théodose. J. Toutain.

BiBL. : pRËLLER, Rôm. Mythologie: Berlin, 1883, 3" éd. — H. Jordan, Der Tempel der Vesta, die Vestalinnen und ihrHaus; Berlin, 1884. — Mommsen et Marquardt, Manuel des antiquités romaines (tr. franc., t. XIII); Paris, 1890. — H. Thédenat, le Forum romain; Paris, 1900, 2° éd.

VESTE (Cost.) (V. Costume).

VESTERAALEN (Iles) (V. Lofoten).

VESTERAS. Ville de Suède, ch,-l. de la prov. de Vestmanland, au fond d'une baie sept, du lac Mselar; 8.120 hab. Stat. du chem. de fer de Stockholm à Arboga. Commerce de blé, fer ; chantiers de constructions navales. Vieille cité historique: cathédrale de 4271 en briques rouges, de style gothique avec une flèche de 97 m., élevée en 1693, Ribliothèque épiscopale de 12.000 vol. (enrichie de la bible de Mayence enlevée pendant la guerre de Trente ans) . Château sur une colline qui domine la ville, bâti par Gustave Vasa. De nombreuses diètes furent tenues à Vesteras : celle de 1527 abolit le catholicisme en Suède.

VESTERBOTTEN, VESTROBOTNIE. Province du Norrland (Suède), bornée au N. par la prov. de Norr-

VESTERBOTTEN — VÉSUVE

botten, baignée à l'E, par le golfe de Botnie, limitée au S. par les prov. de Vesternorriand et de Jemtland, et à rO. par la Norvège; 59.098 kil.q.; 122.784 hab. Ch.-l. Umea, sur le golfe de Botnie (V. Scaj^idinâvie). Le sol est peu fertile. L'industrie principale est celle du bois, ainsi que le commerce. Mines de cuivre à Nordmaling. Pas de chemin de fer; les ports sont Skelleftea, Umea et Nordmaling.

VESTERNORRLAWD. Province du Norrland (Suèd^), bornée au N. par la prov. de Vesterbotten, à VE. par le g. de Botnie, au S. par la prov. de Gefleborg, à l'O. par celle de Jemtland; 25.047 ML q.; 208.763 kab. Ch.-l Hernœsand, sur le littoral S.-E. L^ région basse du littoral (Botten) est assez développée. Le principal Qeuve est l'Angerman-elf ; sur les côtes, les îles de Hemsœ et Alnœ. Le sol est fertile dans les vallées : céréales, orge, avoine. Industrie et commerce de bois (scieries, chantiers de construction) concentrés à Hernœsand et Sundsvall, les ports principaux. Mines de fer à Tuna, filatures et tissanderies de lin.

VESTIAIRE (Archit.). Salle généralement de peu d'importapce ou réduit dans lesquels sont déposés, aux mains de servants, les paletots, les cannes, les parapluies et de menus objets avant l'entrée dans une salle de réunion. Dans les thermes antiques existaient déjà des vestiaires où les esclaves gardaient les vêtements de leurs maîtres et, dans certains édifices modernes, bibliothèques, palais de justice, palais d'assiemblées délibérantes, les vestiaires sont des salles spéciales garnies de porte-manteaux, d'armoires à compartiments,, de lavabos., etc. Dans les habitations particulières, les î^ntichambr es servent le plus souvent de vestiaires, mais, dans les grands palais, les jours de réception, on convertit, grâce à des aménagements provisoires de cloisons, de tables et de casiers, un vestibule en vestiaire: ainsi la salle Saint-Jean, à Thôtel de ville de Paris, devient un vestiaire des plus commodes en même temps qu'un spacieux vestibule pour les grandes fêtes données par la municipalité parisienne.

VESTIARIA (Ornith.). Genrede Passereaux, de la famille des Nectariniidés (V, ce mot), caractérisé par un bec fortement recourbé dés la base et pointu à l'extrémité. Le Vestiaire rouge (Vestiaria coccinea) est un Oiseau de la taille du Moineau, à plumage d'un rouge écarlate, avec les ailes et la queu^ noires. C'est I'Héorotaire de Cuvier. Il habite les îles Sandwich: son nom générique vient de ce que les habitants de ces îles se servaient de ses plumes écarlates pour faire des manteaux appelés Maros et destinés au chef. Gomme il faut plusieurs centaines de dépouilles de l'oiseau pour faire un seul manteau, il en résulte que l'espèce est devenue très rare.

VESTIBULE (Archit.). Partie antérieure d'un édifice ou d'une habitation, donnant généralement sur la voie publique, sur une cour d'honneur ou sur un jafdin, et aussi pièce d'entrée d'un appartement où pénètrent les visiteurs avant d'être admis plus avant. Le vestibule semble avoir existé dès l'antiquité la plus reculée, aussi bien dans les palais chaldéens et égyptiens que dans les maisons grecques ou romaines de quelque importance ; dans certains édifices pubUcs et surtout dans les thermes où il prenait de grandes proportions, proportions que gardent encore aujourd'hui les salles de pas perdus de palais de justice, de bourses, de gares de chemins de fer. Lorsque les édifices comportent des étages au-dessus du re^de-chaussée, les vestibules doivent donner facilement accès aux escaliers principaux ou de service conduisant à ces étages. Les vestibules sont souvent traités avec une certaine sobriété au point de vue de la décoration; ils sont souvent précédés de porches, de galeries, de portiques servant de descente à couvert ; mais dans les appartements de p«u d'importance, les vestibules sont de simples antichambres.

VESTRIS-et-Candiac. Corn, du dép. du Gard, arr. de Nîmes, cant. de Vauvert; 255 hab.

VESTRIS (Origin. Vestri). Famille de danseurs ita-

liens. — Gaetano-ApoUino-Baldassare Vestris, né à Florence le 18 avr. 4729, mort le 27 sept. 4808, Elève de Duprez, il vint à Paris en 4748 où il se produisit jusqu'en 1781 avec un grand succès; il reparut sur la scène en 4800 : la grâce, l'originaUté, la légèreté de sa danse ne paraissaient pas pouvoir être égalées. — Sa femme ^t élève, Anna-Friederike Heinel-Vestris, née à Bayreuth, le 28 déc. 1752, morte le 8 janv. 4808, entra le 20 févr. 4768 à l'Opéra de Paris où elle remporta de véritables tiiomphes dans les ballets. — Marie-Auguste Vestris- AUard, fils de Gaetano et de la danseuse Allard, né à Paris le 27 mars 4760, mort à Paris le 6 déc. 4842, entra le 48 sept. 4772 à l'Opéra et y conserva la première place j.usqu'au joui' où Duport y apparut à côté de lui. Il a inventé les pirouettas. — Françoise-Rose Gourgaud, née à Marseille le 7 avr. 1743, morte à Paris le 5 oct. 4804, mariée à Angiolo Vestris (frère et émule de Gaetano, né à Florence en nov. 4730, mort à Paris le 40 juin 4869),, acquit aussi une grande réputation, mais au théâtre; de 4768 à 4803, elle a joué au Théâtre- Français*

VÉSULIEN (de Vesoul). Sous-étage inférieur de l'étage bathpnien.

VÉSUVE (ital. Monte Vesuvio^ lat Vesuvius). Volcan de l'Italie méridionale, qui s'élève à 40 kii. S.-E. de Naples, sous la forme d'un grand cône isolé, à deux semmeta reposant sur une base presque circulaire de 46 kil. de diamètre ; il baigne d'un côté son pied dans la mer et de l'autre s'abaisse en pente douce vers les plaines de Campanie. C'est le seul volcan encore en activité sur le continent européen. A la hauteur de 595 m. une double cime se greffe sur le cône du volcan : le sommet S. (4.282 m.) est le Vésuve proprement dit, formé d'un cône de cendres et de laves d'une inclinaison moyenne de 30*^ ; le sommet N. (4.437 m.) s'appelle Monte di Somma; il entoure le précédent en demi-cercle au N. et à l'E. et en est sépara par une vallée de 500 m. de large, en forme de faucille» l'Atrio del Cavallo ; le sommet N. est le reste de ranciea cône de débris, antérieur à l'époque historique, cratèm détruit par la grande éruption de 79 ap. J.-C. Le som^ met du Vésuve a une altitude et une forme soumises à de sensibles variations selon les éruptions (en 4749 il n'avait que 4.044 m., et en 4867 il s'élevait à 4 .296^ m,) ; k dimension du cratère varie de même.

Le pied du Vésuve est habité par une très nombreuse population (près de 80.000 hab.) et couvert de vignobles, d'arbres fruitiers, de céréales, soigneusement entretenue : il produit le vin célèbre de« LacrymaChristi », et un bon via de table dit « Vesuvio ». Entre ces parties cultivées s'étendent de profondes vallées infertiles recouvertes de débris^ et d'anciennes coulées de laves. La partie moyenne du Vésuve est stérile et ravagée par la lave, sauf en quelques places épargnées où poussent des châtaigniers et des arbres fruitiers. Au pied du cône même, à 676 m. de haut, est bâti, depuis 1844, l'Observatoire (observations de météorologie, sur rélectricité de Pair, bibHothèque et musée de produits volcaniques). Une route conduit de Résina à l'Observatoire, et dans le voisinage de celui-ci (à 800 m.), le funiculaire du Vésuve, ouvert en 4880, qui permet d'arriver au bord du cratère. Les laves du Vésuve sont constituées par des leucotéphrites.

Dans l'antiquité le Vésuve était considéré comme un volcan éteint fermé d'un cône unique (la Somma). En l'an 79 de notre ère, une formidable éruption projeta en l'air le dôme de la Sommia et ensevelit les trois villes de Pompéi, d'Herçulanum et de Stabia (le naturaliste Pline périt dans la catastrophe) ; depuis l'an 63, des tremblements de terre avaient annoncé l'éruption. Depuis lors, le Vésuve n'a pas cessé de manifester son activité, avec de courtes périodes de tranquillité. Les plus terribles éruptions sont celles de 203, 472, 542, 685, 982, 4036, 4439; après cette époque un long arrêt se produisit, et ce ne fut qu'en 4634 qu'une nouvelle et terrible éruption se renouvela, suivie d'autres en 4638, 4660, 1680, 4790. Pendant les

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