VEUILLOT — VEULES
et devint pour toute la vie le plus fougueux et le plus intransigeant des écrivains ultramontains. Dès lors, toute sa politique fut étroitement subordonnée à la cause du Saint-Siège, dont il ne cessa de préconiser la suprématie, non seulement spirituelle, mais temporelle. Il fut l'apôtre attitré de Tintolérance et n'eut plus, à ce qu'il semble, d'autre ambition que d'être le publiciste officieux de la théocratie. Ses nouvelles tendances ne tardèrent pas à se manifester par diA^erses publications, parmi lesquelles nous citerons : Pèlerinages en Suisse (1838, in-8); Pierre Sainiive (4840, in-12) ; le Saint Rosaire médité (4840, in-42); Rome et Loi^ette {iS4^i , 2 vol. in-42); Agnes de Laurens ou Mémoires de sœur Saint-Louis (4842), etc. Entre temps, il avait été pourvu d'un emploi au ministère de l'intérieur par la faveur du comte Duchàtel. Le général Bugeaud, gouverneur général de l'Algérie, qui l'avait connu à Périgueux, l'essaya quelque temps comme secrétaire (1842), mais dut renoncer à ses services, ne trouvant en lui que l'étoffe d'un pamphlétaire.
De retour à Paris, Louis Veuillot, tout en reprenant sa place au ministère de l'intérieur, s'attacha, dès 4843, à V Univers religieux^ nouveau journal ultra-catholique, où il ne tarda pas à se fairo remarquer par la violence inouïe de ses attaques contre l'Université, qui lui valurent, en 4844, un mois de prison, et où il fit bruyamment campagne, en 1847, pour les cantons suisses catholiques du Sonderbund \y . ce mot). Au lendemain de la révolution de février, devenu rédacteur en chef de V Univers, qui fut bientôt, grâce à lui, une véritable puissance, il accabla de ses outrages ce régime de Juillet qu'il avait si longtemps servi et salua la République avec une sorte d'enthousiasme. Mais c'était une république réac^ tionnaire et ultramontaine qu'il voulait et qu'il demandait éans les Libres penseurs {^ïM^/m-i1); l'Esclave Vindex (4849, in-48! ; le Lendemain de la victoire (4850, in -4 2); Petite Philosophie (4850, in-12), etc. Il contribua de toutes ses forces à l'expédition de Rome (4849) et à la loi Falloux (4850), qu'il déclara, du reste, hautement insuffisante. Le coup d'Etat du 2 déc. 4854, que l'étroite alliance du clergé catholique avec Louis-Napoléon avait seule rendu possible, n'eut pas d'apologistes plus déterminés et plus éhontés que lui. Durant plusieurs années, V Univers soutint de toutes ses forces le régime césarien. Il le soutint même contre les catholiques libéraux, comme Montalembert, Broglie, Falloux, se souciant fort peu de voir son journal interdit par l'archevêque de Paris Sibour et par l'évèque d'Orléans Dupanloup, et en appelant au pape Pie IX, qui généralement lui donnait raison. Mais il ne le soutenait qu'à condition qu'il resterait soumis à l'Eglise, et après l'attentat d'Orsini, Veuillot allait sommer Napoléon III de bâillonner la presse libérale, de faire observer le dimanche, d'abroger les articles organiques, enfin de donner au parti cathohque toutes les libertés qui, à son sens, lui manquaient (févr. 4858).
La nouvelle orientation que l'Empire prit bientôt après en déchaînant la révolution italienne fit de Veuillot un de ses plus violents adversaires. Vainement le gouvernement supprima-t-il V Univers (janv. 4860), dont le directeur n'eut même pas le droit de participer à la rédaction du Monde^ qui le remplaça. L'ardent pamphlétaire, qui vevait déjà de publier plusieurs livres sur la question pontificale (De Quelques Erreurs sur la papauté, 4859, in-8; Çà et là, 4859, 2 vol. in-8), en écrivit coup sur coup plusieurs autres qui empêchèrent le public de l'oublier (Waterloo, 1861, in-18; le Pape et la Diplomatie, 1861, in-18 ; Deux Commensaux du cardinal Dubois, 4834, in-48; le Fond de Giboyer, 4863, in-8; Biographie de Pie IX, 4863, in-8 ; Satires, 4863, in-48 ; le Parfum de Rome, 4865, 2 vol. in-8; rillusion libérale, 4866, in-8; les Odeurs de Paris, 1866, in-8, etc.).
Au mois d'avr. 1867, il put enfin faire reparaître ï Univers, qui fut comme autrefois l'organe attitré de l'ultramontanisme. Aux approches du Concile du Vatican, Veuil-
lot, partisan déterminé de l'infaillibilité pontificale et apologiste du Syllabus, redoubla ses attaques contre les catholiques libéraux et contre ceux des évêques qui se proposaient de soutenir leur cause devant les Pères. Luimême se rendit à Rome à la fin de 4869, surveilla de très près le concile et, à cette occasion, se signala encore par de retentissantes publications (la Liberté du Concile, 4870, in-48; Rome pendant le Concile, 4871, 2 vol. in-8). De retour en France, il applaudit à la chute de l'Empire et revint, dans plusieurs écrits, aux idées de démocratie cléricale qu'il avait quelque temps soutenues en 1848 (la République de tout le monde, 1871, in-18 ; les Filles de Babylone, 1871, in-8; Paris pendant les deux sièges, 1874, 2 vol. in-8). Puis il s'efforça d'entraîner le gouvernement de Thiers (4 874) et, après lui, celui de BrogMe, dans une politique ultramontaine, et se montra si violent à l'égard des gouvernements italien et allemand qu'à deux reprises (4874) V Univers dut être suspendu. Il fut, du reste, toujours approuvé dans son éternelle campagne contre les libertés modernes par le pape Pie IX, qui lui témoignait une complaisance sans bornes et auquel il consacra, en 4878, une importante monographie. A partir de cette dernière époque, sa santé s'affaiblit et jusqu'à sa mort il ne fit plus que languir. Outre les ouvrages cités au cours de cet article, Louis Veuillot a écrit des romans, comme : r Honnête Femme (4844, 2 vol. in-42) ; les Nattes (4844, in-42); Corbin et d'Aubecourt (1850, in-42); des poésies, comme les Couleuvres (4869, in-48); des études historiques, politiques ou littéraires, comme : le Droit du seigneur (1854, in-48) ; Etude sur saint Vincent de Paul (4854, in-42); la Guerre et V Homme de guerre (4855, in-8); Jésus- Christ (1864, in-8); Dialogues socialistes (4872, in-42); Molière et Bourdaloue (4877, in-12); Etudes sur Victor Hugo (publiées en 4885, in-48), etc. — Un grand nombre de ses articles de journaux ont été réunis en un recueil intitulé Mélanges religieux, historiques et littéraires (4857-75, 42 vol. in-8). On a aussi de lui 6 vol. de Correspondance pubUée en 4883-85 (in-8). — Une étude très approfondie sur la vie et les œuvres de Louis Veuillot a été entreprise par son frère, Eugène Veuillot.
VEUILLOT (Eugène), journaliste français, né à Boynes (Loiret) le 7 oct. 4848, frère du précédent. Après avoir fait de bonnes études classiques, il fut, par la protection de son frère, attaché à la rédaction de plusieurs journaux de province, puis au ministère de l'intérieur, et entra dès 4843 au journal l'Univers, où il n'a pas cessé depuis lors de soutenir la politique ultramontaine, avec autant d'intransigeance mais moins de talent que Louis Veuillot. Il a, de plus, pubhé un grand nombre d'ouvrages d'histoire ou de polémique, où ses tendances cléricales ne sont pas moins manifestes que dans cette feuille : Histoire des guerres de la Vendée et de la Bretagne (4847, in-8); l'Eglise, la France et le Schisme en Orient (4855, in-42); la Croix et VEpée (i^^i^, in-48); la Cochinchine et la Turquie (4859, in-48); Questions d'histoire contemporaine (4860, in-8);^ Récits variés (4864, in-42); le Piémont dans les Etats de V Eglise (4864, in-48); le Cardinal Antonelli (4862, in-8); Mgr de Mérode (4863, in-8); Vies des Pères des déserts d'Orient (4863-64, 6 vol. in-8) ; il/. Louis Veuillot (4864, in-8) ; Mgr Gerbet (4865, in-8) ; Critiques et Croquis (4866, in-8) ; Lettres de l'épiscopat français àpropos des projets Ferry (4879, in-8) ; le Comte de Falloux et ses Mémoires (4888, in-48); Louis Veuillot (4901, 2 vol. in-8, ouvrage encore inachevé), etc. A. D.
VEUILLY-LA-PoTERiE. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Château-Thierry, cant.deNeuilly-Saint-Front; 196 hab.
VEULES, Rivière du dép. de la Seine-Inférieure (V. ce mot).
VEULES-LEs-RosES. Com. du dép. de la Seine-inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Saint- Valéry-en-Caux ; 870 hab.
VEULETTES — VEUVE
VEULETTES. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, cant. de Cany, au pied d'une falaise de la Manche, près de l'embouchure de la Durdent ; 305 hab. Belle plage fréquentée. Eglise des xii® et xiii^' siècles. Grotte artificielle dans la falaise, et, au-dessus, ancien camp romain, dit Butte du Cdtelier.
VEURDRE (Le). Com. du dép. de l'Allier, arr. de Moulins, cant. de Lurcy-Lévy; 4.137 hab.
VEUREY. Com. du dép. de l'Isère, arr. de Grenoble, cant. de Sassenage ; 684 hab.
VEUVAGE. I. Sociologie (V. Famille).
IL Législation. — Veuvage et viduité sont deux expressions presque synonymes. Toutefois, la première, plus concrète, appartient davantage au langage ordinaire ; la seconde, plus abstraite et d'ailleurs de moins en moins employée, à la langue du droit. L'une évoque surtout la situation de fait de l'homme et de la femme veufs, l'autre les devoirs que cette situation leur impose. A Rome, déjà, le veuf pouvait se remarier immédiatement. La veuve, au contraire, devait, avant de contracter des secondes noces, laisser écouler un certain délai, legitimum tempus. De douze mois à l'origine, il fut, par la suite, ramené à dix, puis porté de nouveau à douze. Son but était, comme de nos jours, d'éviter que, la femme pouvant se trouver enceinte au moment du décès de son époux, il ne se produisît ce que les juristes appellent une « confusion de parts ». Il ne faudrait pas croire, toutefois, bien que sa durée paraît n'avoir jamais qu'imparfaitement coïncidé avec celle du deuil et que l'homme s'en vit toujours dispensé, que toute idée de convenance y fût étrangère. Même sous la République, aune époque où la liberté du second mariage était absolue, la femme non remariée jouissait d'un certain respect. De la période qui suivit, il n'y a rien à dire : les lois Julia et Papia Poppœa ou lois caducaires, rendues sous Auguste, frappèrent les célibataires, hommes et femmes, en vue de remédier à la dépopulation, de certaines peines, et dès lors les seconds mariages s'imposèrent. Mais avec Constantin et les progrès du christianisme, qui estimait plus pur l'état de célibat ou de veuvage, les seconds mariages furent particulièrement mal vus. On décida d'abord que la veuve qui se remarierait ne conserverait que la jouissance des biens que lui avait donnés son premier mari. Puis on apphqua la même règle au veuf ayant des enfants du premier lit et on lui interdit de disposer de plus d'une part d'enfant légitime. Des peines sévères et nombreuses lurent, en outre, édictées sous Justinien contre les femmes qui convolaient en secondes noces prématurément, c.-à-d. avant l'expiration du legitimum tempus : elles étaient, et c'était la plus grave, notées d'infamie, perdaient tout ce qu'elles tenaient de leur premier mari, étaient inhabiles à succéder a^inif^s/ai^ au delà du troisième degré, etc. Cette législation subsista dans nos pays de droit écrit, sauf la peine d'infamie, qui ne survécut pas à l'Empire romain. Le droit canonique autorisait les secondes noces et, à la différence des assises de Jérusalem, qui prescrivaient à la femme un délai de viduité d'an et jour, ne lui en imposait aucun. Pourtant l'Eglise continuait de voir avec défaveur les secondes noces et, si elle ne refuse pas aux époux le sacrement du mariage, du moins ne leur donne-t-elle pas la bénédiction nuptiale. Enfin, sous François P^, en 4560, fut promulgué ïédil des secondes noces, qui reproduisait en partie les dispositions des lois romaines. Interdiction était faite aux femmes mariées qui avaient des enfants de leur première union de faire à leurs nouveaux maris des libéralités excédant une part d'enfant le moins prenant. Elles ne pouvaient, en outre, en pareille hypothèse, disposer en leur faveur d'aucune portion des avantages leur provenant du premier mari : ils revenaient intégralement, à leur décès, aux enfants. Quant aux droits de viduité issus de celui dont il estsouvent question dans notre ancienne jurisprudence, ils étaient de diverses sortes. Dans les pays de droit écrit, on désignait sous ce nom une somme d'argent qu'on payait à la
femme survivante sur la succession du mari tant pour ses aliments pendant l'année de deuil que pour les intérêts de sa dot mobilière. Dans la coutume de Normandie, c'était le droit qui appartenait au mari ayant eu un enfant né vif de sa femme de jouir, celle-ci morte, par usufruit de tous les revenus des immeubles dont elle avait la propriété au moment de son décès. Venait-il à se remarier, il perdait à l'instant les deux tiers de son droit de viduité en tant qu'il portait sur des biens acquis par sa femme avant leur mariage.
Notre code civil n'a fait qu'emprunter, en atténuant, aux législations antérieures. Ce (]u'il dit des secondes noces • s'applique, du reste, tout aussi bien à des troisièmes, à des quatrièmes,^ etc. Aucun délai n'est imposé au veuf pour se remarier. Il est considéré, à cet égard, comme célibataire. Pour la veuve, il est de dix mois révolus après le décès du premier mari (C. civ., art. 228). Aucune peine ne sanctionne, du reste, cette disposition et il est même admis que son inobservation n'entraînerait pas la nullité de la seconde union. L'officier de l'état civil coupable de l'avoir célébrée tombe seulement sous le coup de l'art. 494 du C. pén. La veuve a droit, pendant trois mois et quarante jours, de prendre sa nourriture et celle de ses domestiques sur les provisions existantes ou, par emprunt, sur la masse commune, à condition d'en user modérément (C. civ., art. 1465). Si elle est dans la misère, les héritiers doivent, pendant un an, lui fournir des aliments, dits aliments de viduité (C. C., art. 4570). Enfin, son « deuil » (vêtements de deuil) et, d'après la jurisprudence, celui des domestiques, sont, même au cas où elle renonce à la communauté, et conformément à un vieil usage, à la charge de la succession. Le montant en est réglé d'après la fortune du mari (C. civ., art. 4484). Rien de semblable n'existe pour le veuf : feminis lugere honestum est, vi- 7'is meminisse (Tacite). Le veuf et la veuve deviennent, s'il y a des enfants du mariage, leur tuteur légal. Mais la veuve, si elle se remarie, doit réunir le conseil de famille, qui, s'il lui maintient la tutelle, lui donne nécessairement comme cotuteur solidairement responsable le second mari. Faute de provoquer cette formalité, elle est déchue de plein droit (C. civ., art. 395). Le veuf ou la veuve qui se remarient ayant des enfants du premier lit ne peuvent faire à leur nouveau conjoint des libérables excédant une part d'enfant le moins prenant ou, en tout cas, le quart de leur succession (C. civ., art. 4098). La même restriction s'étend aux avantages pouvant résulter indirectement de la confusion de l'actif mobilier des époux dans le régime en communauté (C. civ., art. 4496). Ce sont là des réminiscences de ledit des secondes noces. Enfin, tandis que la condition mise dans un legs ou dans une donation que le bénéficiaire ne se mariera pas serait nulle comme immorale, la défense faite de se remarier est, au contraire, d'après la jurisprudence, parfaitement valable; le légataire ou le donataire qui y contreviendrait perdrait le bénéfice de la libéralité.
Les lois sur la propriété littéraire et industrielle ont fait une part à la veuve dans l'œuvre du mari en lui attribuant soit un droit viager sur sa succession littéraire, soit, sous certaines conditions, la continuation des brevets par lui pris (V. Propriété et Brevet). L. S.
VEUVE (Ornith.). Genre de Passereaux, de la famille des Plocéidés (V. ce mot), caractérisé, chez les mâles en plumage de noce, par une queue très développée, souvent étagée ou échancrée ; le reste du plumage est soyeux, velouté, gaufré, noir, mais souvent varié de couleurs vives. Les femelles, les jeunes et les mâles en plumage d'hiver ont des couleurs plus ternes et sont dépourvus des longues plumes caudales. Ce genre est propre à l'Afrique, au S. du Sahara. Il a été subdivisé par les modernes et comprend actuellement les genres Vidua ou Veuve proprement dit, avec plusieurs sous-genres, et Cher a. La Veuve À ouatre brins ( Vidua regia) est le type du premier : le mâle est noir avec la face et la gorge orangées, le ventre
VEUVE — YÉZELAY
blanc et les pieds rouges, les quatre rectrices intermédiaires grêles et très allongées. La Veuve à épaulettes ROUGES (Cher a progne), type du second, a le plumage du mâle d'un noir velouté, avec l'épaule rouge bordée de blanc et la queue formée de six plumes étagées, très allongées, disposées verticalement et un peu recourbées comme celles des Coqs. Cette espèce, d'après Levaillant, vit en sociétés nombreuses, à l'exemple des Républicains, les nids étant très rapprochés dans les roseaux, et les femelles sont beaucoup plus nombreuses que les mâles. Elle habite l'Afrique australe. On voit, aujourd'hui, ces beaux oiseaux en cage dans notre pays, comme les autres Plocéidés, mais il faut leur donner beaucoup d'espace, pour percher, sans quoi la longue queue des mâles s'abîme rapidement. En outre, cette parure et le ramage qui l'accompagne ne durent que trois à quatre mois ; le reste de l'année, mâles et femelles n'ont qu'un plumage peu remarquable et sont dépourvus de chant. E. Trouessart.
VEUVE. Rivière du dcp. de la Sarthe (V. ce mot).
VEUVE (La). Corn, du dép. de la Marne, arr. et cant. de Châlons-sur-Marne ; 297 hab. Stat. de chem. de fer.
VEUVES. Corn, du dép. de Loir-et-Cher, arr. de Blois, cant. d'Herbault ; 344 hab. Stat. de chem. de fer.
VEUVEY-suR-OucHE. Corn, du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Bligny-sur-Ouche ; 415 hab.
VEUXHAULLES. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr» de Châtillon-sur-Seine, cant. de Montigny-sur-Aube ; 484 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VEVEY. Ville de Suisse, cant. de Vaud; 14.930 hab. Situation très agréable au bord du Léman et au pied de magnifiques vignobles ; un des séjours favoris des étrangers dans le pays de Vaud. Beaucoup d'industries. Sur une hauteur qui domine la ville et d'oU l'on jouit d'une vue ravissante, vieille église de Saint-Martin, qui renferme plusieurs tombes remarquables, entre autres celle d'un des juges de Charles P^', roi d'Angleterre. Hôtel de ville intéressant ; vastes caves de l'hôpital ; place du Marché d'une grande étendue. Eglise russe richement décorée.
VEVy. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le-Saunier, cant. de Conhège ; 286 hab.
VEXAINCOURT. Com. du dép. des Vosges, arr. de Saint-Dié, cant. de Raon-PEtape; 413 hab.
VEXILLUM (Antiq. rom.). Enseigne particulière sous laquelle marchaient des détachements de cavalerie et d'infanterie (vexillatio), séparés de leurs enseignes ordinaires. Le vexillum se composait d'une pique le long de laquelle étaient divers ornements, couronnes, médaillons, globes, croissants, figures de la Victoire ou de quelque autre divinité. La pique était croisée d'une traverse à laquelle était attaché un morceau d'étoffe de couleur voyante (Végèce, II, 14). — Vexillum veteranorum, étendard particuHer, sous lequel étaient réunis les soldats ayant obtenu le demi-congé (exauctoratio). Drapeaux donnés en récompense exclusivement aux officiers et aux chevaliers ; ils étaient d'une couleur différente de ceux de la cohorte.
VEXIN. Pays situé sur les confins de la Normandie et de rile-de-France, qui tire son nom du pagus Veliocassinus, partie orientale de la cité des Veliocasses. Le Vexin avait été divisé en Vexin français et en Vexin normand, à la suite du traité de Saint-Clair-sur-Epte (914) qui attribuait aux Normands et à leur duc Rollon la portion du Vexin située au delà de l'Epte. Cette rivière sépara donc le Vexin normand (Gisors, Etrepagny, Lyons) du Vexin français (Chaumont-en- Vexin, Cormeilles-en-Vexin). Le Vexin français est encadré sur trois côtés par les vallées de la Seine, de l'Epte et de l'Oise ; il forme une plaine unie et sèche, sur laquelle se dressent quelques buttes boisées ; les villes de Pontoise sur l'Oise, Mantes sur la Seine, Gisors sur l'Epte, en jalonnent le pourtour ; au N.-E., il confine au pays de Thelle, bombement crayeux qui le sépare du Beauvaisis. Quelques petits centres industriels à signaler : le Ménil-Théribus (boutons de nacre) ;
GRANDE i:NCVCL0?i':!)IF,. — XXXL
Liancourt (ressorts d'horlogerie) ; Trie-Château (brosserie, chamoiserie) ; Bray, Dangu, Sérifontaine (laminoirs de zinc), etc. — Le Vexin normand est compris entre les vallées de l'Epte, de la Seine et de son affluent l'Andelle ; au N.-E., il confine au pays de Bray. C'est un plateau crayeux, parsemé de sables et de grès tertiaires dont l'emplacement est marqué par des bois (forêt de Lyons).
BiBL. : ÀRDOuiN-DuMAZET, Voyage en France, 17" série, p. 84. — L. RÉGNIER, la Renaissance dans le Vexin, 1886, ia-4,
VEXIONENSIS, philosophe suédois (V. Magni).
VEY (Le). Com. du dép. du Calvados, arr. de Falaise, cant. de Thury-Harcourt ; 467 hab.
VEYE (Jean- Joseph), homme politique fr. (V. Chareton).
VEYNES. Ch.-l. de cant. du dép. des Hautes-Alpes, arr. de Gap ; il. 485 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Fabr. de draps. Ancienne station (Dauianum) sur la voie romaine de Gap à Valence.
VEYNON. Rivière du dép. de la Nièvre (V. ce mot).
VEYRAC. Com. du dép. de la Haute-Vienne, arr. de Limoges, cant, de Nieul; 4.717 hab.
VEY RAS. Com. du dép. de l'Ardèche, arr. et cant. de Privas ; 877 hab.
VEY RE. Rivière du dép. du Lot (V. ce mot).
VEYRE-MoNTON. Ch.-l. de cant. du dép. du Puy-de- Dôme, arr. de Clermont-Ferrand ; 1.837 hab. Formé de deux agglomérations : Veyre, centre cantonal et judiciaire, et Monion, centre communal et paroissial.
VEYREAU. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Millau, cant. de Peyreleau ; 531 hab.
VEYRIER. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. (N.)^ d'Annecy ; 600 hab.
VEYRIÈRES. Com. du dép. du Cantal, arr. de Mauriac, cant. de Saignes ; 455 hab.
VEYRIÈRES. Com. du dép. de la Corrèze, arr. d'Ussel, cant. de Bort ; 229 hab.
VEYRI6NAC. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Sarlat, cant. de Carlux ; 372 hab.
VEYRINES. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Sarlat, cant. de Domme ; 380 hab.
VEYRINES-de-Vergt. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Périgueux, cant. de Vergt; 504 hab.
VEYRINS. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La Tourdu-Pin, cant. de Morestel ; 1.130 hab.
VEYS (Les). Com. du dép. de la Manche, arr. de Sain t- Lô, cant. de Carentan ; 555 hab.
VEYSANNE. Rivière du dép. de la Drôme (V. ce mot).
VEYSSIÈRE DE Lacroze, orientaliste fr. (V. Lacroze).
VEYSSILIEU. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La Tour-du-Pin, cant. de Crémieu ; 231 hab.
VEYZIAT. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Nantua, cant. d'Oyonnax ; 381 hab.
VEZ. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Senlis, cant. de Crépy-en-Valois, sur un promontoire dominant l'Authonne; 318 hab. Eglise desxn^et xiii^ siècles. Château avec donjon bâti en 1440 par le duc Louis d'Orléans.
VÉZAC. Com. du dép. du Cantal, arr. et cant. (S.) d'Aurillac; 720hab.
VÉZAC. Com. du dép. de la Dordogne, arr. et cant. de Sarlat; 569 hab. Stat. de chem. de fer.
VÉZANNES. Com. du dép. de l'Yonne, arr. et cant. de Tonnerre; 144 hab.
VÉZAPONIN. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Soissons, cant. de Vic-sur-Aisne ; 210 hab.
VÈZE. Rivière du dép. du Jura (V. ce mot).
VÈZE. Com. du dép. du Cantal, arr. de Murât, cant. d'Allanche ; 502 hab.
VÈZE (La). Com. du dép. du Doubs, arr. et cant. (S.) de Besançon ; 271 hab.
VÉZELAY. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Yonne, arr. d'Avallon, sur une colline de 300 m. qui domine la r. g.
YmUY «=. YIADANA
de la Cure \ 863 hab, (573 aggl)» Yézelay a eu plus de i 0.000 hah. au moyen âge. Son église est remarquable et précieuse pour l'histoire ie l'architecture française ; dédiée à sainte Madeleine dont elle a les reliques, elle ge compose de trois parties : Tavant-nef (ou narthex) de 1150, avec une belle façade encadrée de deux tours; la nef ayec uu^ superbe porte centrale, et le chœur, avec un transept et deux tours, commencé en 1465, La nef a de heau:^ chapiteau:^ historiés (Y, Chapiteau, t. X, p. 570, fig. 5) et des voûtes où l'on veut parfois voir les premières tendances directes vers le style gothique (le chœur li'est peut-être qu'une imitation directe de l'église de Saint-Denis) ; les artistes qui ont construit la nef et le narthex ont rappelé dans leurs soulptures la lutte des moines et des habitants de Vézelay. Dans les dépendances de l'abbaye, belles salles d^s xii® et xiv® siècles, — ■ L'origine do Yézelay ( Virzilimum) est due au pèlerina|e au tombeau de sainte Madeleine qui passait pour y avoir été transporté de Provence lors des invasions sarrasines. Au ix® siècle, une abbaye d'homme? remplaça le couvent de femmes ; rattachée d'abord à l'abbaye de Clnny^ l'abbaye m rendit indépendante et engagea une lutte d'un demisiècle contre les bourgeois de la ville pour la suprématie; la décadence de Yézelay se précipita en ^^80, quand on
F détendit avoir retrouvé le corps de sainte Madeleine en rovençe, et fut achevée en 4538 par la sécularisation de Fsibbaye et la Réforme. En 4446, une assemblée tenue à Vézelay par saint Bernard décida la seconde croisade ; en 4490, Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion y prirent la croix. Patrie de Théodore de Bèze.
Bl&h' : Flandin, Notice mr Vabba^ye de Yézelay ^ 1846. -— Chérest, Vézelay, étude historique ; Auxerre, X863, — VioLLET-LE-Duc, Monographie de Véglise abbatiale de Vézelay, 1873. — Sommet, Topographie et hi&toire de Vézelay, 1879. — Gally, Vézelay monastique; Tonnerre,
V ÉZ E L I S E ( Ecc lesia Viziliensis , 960 ; Vnerisia, 4446),Ch.-l.decant. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, sur le Brénon et l'Uvry et le chem. de fer de Nancy à Mirecourt ; 4.370 bab. Hospice; couvent de religieuses cisterciennes ; filature de lame ; construction de voitures ; broderies ; houblons ; vins ; pavot, Eglise à trois nefs en style gothique de la dernière période (4450- 4520), avec vitraux en style Renaissance. Au-dessus de la ville, ruines du château de Yelaine, ancien manoir des comtes de Yaudémont. Yézelise, fortifié au xii® siècle par le comte Gérard II, faisait partie du comté de Yaudémont et a été successivement le chef-lieu d'une prévôté^ d'un bailliage et d'an district. — Patrie : de Bourcier (Jean- Léonard), baron de Montureux, jurisconsulte (4649-4726) ; de Salle (Jean-Baptiste), homme politique (4759-94); de Deleau (Nicolas), médecin-auriste (479,7 -^4862). — Armoiries ; Écartelé aux premier et quatrième,, face d'argent et de sable de dix pièces.; qux second ei troi^ sième,. d'QZur, à trois mout&iles d'azur Vune sur l'autre.
BiBL. : HiiETA6NE, VÈgli^e de Vézelise i NaAoy, 1879.
VÉZELOIS. Corn, du territoire de Belf or t, arr. etcant, de Belfort ; 552 hab.
VÉZÉNOBRES. Ch.-L de cant. du dép.. du Gard, arr. d'Alaia; 922 hab. Stat. de chem. de fer.
VÉZÈRE. Rivière de France (Y* Comèze et Dori^ogi^e fDép]).
VEZERONCE. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La Tour-du-Pin, cant. deMorestel; 4.240 bab. Théâtre d'une bataille sanglante (524) entre Clodomir et le roi de Bourgogne Gondemar (Y. ces noms).
VEZET. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr.deGray, cant. de Fresne-Saint-Mamès ; 348 bab.
VÉZEZOUX. Com. du dép. de la Haute-Loire, arr. de Brioude, cant. d'Auzon ; 438 hab.
VÉZIER (Le). Com. du dép. de laMapie,arr» d'Epern.ay, cant. de Montmirail ; 360 hab-
VEZIÈRES. Com. du dép. de la Yienne, arr. de Loudun, cant. des Trois-Moùtiers ; 686 hab.
VÉZILLON. Com, du dép. de l'Eure, arr. et cant. dc3 Andelys; 443 hab.
VÉZILLY. Com. du dép, de l'Aisne, arr. de Château- Thierry, cant, de Fère-en-Tardenois ; 339 hab.
VEZIN. Com. du dép. d'Hle-et-Yilaine, arr. et cant. (S.-O.) de Rennes; 677 hah.
VÉZINNES. Com. du dép. de l'Yonne, arr. et cant. de Tonnerre ; §82 hab.
VEZ1N8. Ch.-l. de cant. du dép. de FAveyron, arr. de Millau; 4.632 hab.
VEZINS. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. etcant. deCholet; 4.403 hab.
VEZINS, Com. du dép. de la Manche, arr. deMortain, cant. d'Isigny ; 524 hab.
VEZDT, Com, du dép. de la Sarthe, arr. et cant. de Mamers; 453 hab,
VEZOUSE. Rivière du dép. de Meurthe-et-Moselle (Y. cet art.).
VEZZANI. Ch.-l. de cant. du dép. de la Corse, arr. de Corte; 960 hab.
VIABILITÉ. Les art. 725 et 908 du C. cîv. disent que, pour succéder ou jouir du bénéfice d'une donation ou d'un testament, l'enfant doit être né viable. Mais la loi ne définit pas la viabilité. On peut, avec Littré, dire que la viabilité est l'aptitude à parcourir les phas^ diverses de la vie. L'enfant peut ne pas être né viable, bien qu'arrivé à son neuvième mois, s'il présente une lésion ou une atrophie incompatible avec l'existence et incapable d'êtr« modifiée par l'intervention humaine. Par exemple: un orifice du trou de Botal assurant la communication entre les cœurs droit et gauche tel que les éehange$ respiratoires ne peuvent s'effectuer ; une atrophie totale du cerveau ou d'une partie de la moelle ; une atrophie du canal intestinal. L'împerforation anale, par contre, ne suffit pa^pour dire que l'enfant n'était pas viable, puisqu'une intervention chirurgicale peut remédier à cette anomalie.
En second lieu, le fœtus peut être normalement eonstitué, mais être expulsé avant son évolution complète. On considère ordinairement qu'un fœtus de moins de six mois n'est pas né viable, que gon système digestif n'est pas organisé suffisamment pour transformer et absorber les aliments (le pancréas serait inactif), que sou système régulateur thermique est incapable de maintenir sa température à la hauteur compatible avec la vie. Ce terme de six mois correspond à un fœtus d'une longueur de 25 centim., d'un poids de 550 gr. Les ongles commencent à prendre une consistance cornée, il existe du méconium dans le gros intestin, et de la bile dans la vésicule. Le sternum présente un point d'ossification. Il existe des cas authentiques de fœtus n'ayant que cinq mois et demi de conception et qui, grâce à l'emploi de la couveuse, du lait peptonisé, ont pu être élevés complètement. La question, on le voit, est, surtout au point de vue légal, très difficile à trancher. J,-P. Langlois.
VIABON. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Yoves; 804 hab,
VIADAï^A (Ludovico), musicien italien, né à Lodi vers 4565, mort probablement à Mantoue après 4644. Yiadana était moine de l'étroite observance. Il exerça les fonctions de maître de chapelle en plusieurs éslises, à Mantoue, à Concordia,à Fano, dans le duché d'Urbin, puis encore à Mantoue. Mais on ne connaît rien sur ses séjours en ces résidences ni grand'cbose sur sa vie. Son nom est surtout célèbre dans l'histoire de la musique pour l'invention qui lui est attribuée de la basse continue, c-àL-d. d'une basse instrumentale distincte des voix et durant pendant tout le morceau, procédé dont l'usage a transformé l'art musical. On lui a disputé cette invention : Ambros, notamment, prétend (qu'elle était connue avant lui, ce qui est vrai pour ce qui regarde l'accompagne-
meut des récitatifs à voix seule. Mais Viadana semble avoir eu le mérite d'étendre ce procédé aux grandes compositions d'église à plusieurs voix, et il avoue lui-même qu'il fut conduit à cette idée en voyant des chapelles obligées d'exécuter, faute de chanteurs assez nombreux, des œuvres polyphoniques avec deux ou trois voix seulement, en suppléant tant bien que mal au défaut des autres sur l'instrument. H. Q.
VIADÈNE. Région du dép. de VAveyron (V. ce mot).
VIADUC (Trav. publ.) (V. Pont).
VIAFORA (Ane. cout.) (V. Biafor).
VI AL (Jean-Baptiste-Charles), vaudevilliste français, fils d'un négociant lyonnais, né en -1774 à Lyon, où il fit ses études, mort à Paris en 4834. Après avoir travaillé quelque temps à Paris chez un notaire, il revint, en 4793, défendre sa ville natale contre les armées de la Convention. Longtemps poursuivi par les agents de la Terreur, il se fixa de nouveau, en 4795, à Paris oti, employé de bureau, il écrivit jusqu'à sa mort un très grand nombre de pièces de théâtre et un volume de vers, le Dessert (4833). Joués sur les diverses scènes parisiennes, ses comédies en vers ou en prose, vaudevilles, à-propos, écrits d'abord dans le style de J.-J. Rousseau, se rapprochent peu à peu de la manière de Scribe. Ses opéras et opéras-comiques furent mis en musique par Berton, Hérold, Adam, Mengozzi, etc. On peut citer de lui : Aline, reine de Goleonde (Opéra-Comique, 4803, repris à l'Opéra en 4847) ; les Deux Jaloux (Opéra-Comique, 4 84 3) . Le Mari et r Amant (Théâtre- Français, 4824) est sa meilleure comédie.
VIALA-du-Pas-de-Jaux. Com. du dép. de FAveyron, arr. de Saint-Affrique, cant. de Cornus; 273 hab.
VIALA-du-Tarn. Com. du dép. de l'Àveyron, arr. de Millau, cant. de Saint-Beauzely ; 4.694 hab.
VI A LA (Joseph-Agricol) , enfant célèbre par son dévouement à la République, né à Avignon en 4780, tué sur les bords de la Durance, à proximité de cette ville, en juil. 4793. Malgré son jeune âge il s'était fait remarquer par son ardent patriotisme dans sa ville natale, où il commandait la petite garde nationale connue sous le nom à' Espérance de la patrie, lorsque les royalistes marseillais insurgés contre la Convention (à la suite des événements du 34 mai et du 2 juin 4793) marchèrent sur Avignon et arrivèrent en armes sur la rive gauche de la Durance. Une troupe républicaine, dans les rangs de laquelle il parvint à se glisser, malgré la défense faite aux enfants de quitter la ville, se porta sur cette rivière pour leur en disputer le passage. Les révoltés s'étant emparés des pontons qui permettaient de la traverser, un seul moyen restait de les arrêter, c'était de couper sans le moindre retard le câble qui rattachait ces pontons à la rive droite. Au milieu d'un feu terrible, le jeune Yiala osa seul s'élancer sur le poteau où ce câble était retenu et se mit en mesure de le rompre à coups de hache. Presque aussitôt il fut atteint mortellement d'une balle et tomba en s'écriant : M'an pas manquât; aquo es egaou, mort per la libertat (Ils ne m'ont pas manqué ; c'est égal, je meurs pour la liberté). Les royalistes, franchissant la Durance, le percèrent de leurs baïonnettes et jetèrent son corps dans la rivière.
Quelques mois plus tard, l'oncle maternel de cet enfant, Agricol Moureau, ardent jacobin d'Avignon, arrêté sur la dénonciation des représentants Poultier et Rovère, ses ennemis personnels, et détenu à la prison du Luxembourg, fit connaître à Paris l'héroïsme de Viala, qui fut signalé au public par le littérateur Joseph Lavallée dans un article du Journal des hommes libres du 46 pluviôse an n (4 févr. 4794). 11 le raconta à Robespierre qui, quelque temps après, le fit remettre en liberté et qui, de même que Barère, célébra la mort de l'enfant à la tribune de la Convention. Cette assemblée, dans sa séance du 48 floréal suivant (7 mai), vota à Viala, en même temps qu'au jeune Bara (V. ce nom), les honneurs du Panthéon. Moureau parut lui-même devant la Convention, avec une
-- 945 — VIADANA — VIAMALA
députation de patriotes d'Avignon, et raconta de nouveau en détail la fin de son neveu dans la séance du 3 prairial (22 mai). La commission executive de l'instruction publique fit paraître peu après (en messidor) un Précis historique sur Agricole (sic) Viala, rédigé par le commissaire Joseph Paj^an, et dans lequel on trouve une lettre de la mère de Viala. La mémoire de ce dernier fut encore glorifiée par Marie-Joseph Chénier, dans une strophe bien connue du Chant du départ, et par Andrieux dans des Stances patriotiques qui devaient être chantées à la fête décrétée par la Convention pour la translation au Panthéon des urnes funéraires de Bara et de Viala.
Cette fête, dont tous les détails avaient été réglés par le peintre David, avait d'abord été fixée au 30 messidor an IL Reportée ensuite au 40 thermidor (28 juil.), elle fut, par suite des événements graves qui s'accomplirent à cette époque (chute de Robespierre), renvoyée à une époque indéterminée et, finalement, elle n'eut jamais lieu. La jeune gloire de Viala fut même contestée par les hommes de la réaction thermidorienne. A. Debidour. BiBL. : Moniteur de Tan lï et de l'an Ifl. — J. Guillaume, Procès-verbaux du comité d'instruction publique de la Convention, t. IV. — Renseignements particuliers fournis par M. J. Guillaume.
VIALA (Pierre), agronome français, né a Lavérune (Hérault) le 24 sept. 4859. Elève (4878-81), puis préparateur (4884-86) et professeur (4886-90) de viticulture à l'Ecole d'agriculture de Montpellier, docteur es sciences naturelles (4894), il est titulaire depuis 4890 de la chaire de viticulture et de cultures des régions méridionales à l'Institut agronomique de Paris. Il est, en outre, inspecteur général de la viticulture au ministère de l'agriculture et membre de la Société nationale d'agriculture. Il s'est consacré de façon à peu près exclusive à l'étude de la culture et des maladies de la vigne. Ses travaux, qui ont, entre autres résultats, puissamment contribué à la reconstitution des vignobles français, lui ont fait J décerner en 4892 par l'Académie des sciences le prix Desraazières. Outre de nombreux mémoires et articles dans les recueils et journaux spéciaux et dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, il a publié : Ampélographie américaine, en collaboration avec G. Foëx (Paris, 4883, in-foL, avec pi.) ; les Maladies de la vigne (Paris, 4885 ; 3^ éd., 4892); les Hybrides Bouschet (Paris, 4886); l'Olivier {?ms, 4886-95); Traitement du Mildiou, en collab. avec P. Ferrouillat (Paris, 4887) ; Une Mission viticole en Amérique (Paris, 4889) ; Mission viticole pour la reconstitution des vignobles de V Anjou (Paris, 4890) ; Monographie du Pourridié de la vigne et des arbres fruitiers, thèse de doctorat (Paris, 4894); les Vignes américaines. Adaptation, culture^ greffage et pépinières, en collab. avec L. Ravaz (Paris, 4892); Ampélographie (en cours de publication, 6 vol. avec 500 planches chromo lith.), etc. II a fondé en 4894 la Revue de viticulture, dont il est demeuré le directeur. Il a rédigé les articles de viticulture et d'œnologie de la Grande Encyclopédie, L. S.
BiBL. : Liste des titres et travaux de M. Pierre Viala: Paris, 1895.
VIALAS. Com. du dép. de la Lozère, arr» de Florac, cant. du Pont-de-Montvert, à 300 m. d'alt.; 4.720 hab. Mines de plomb argentifère; villégiature estivale.
VIALER. Com. du dép. des Basses-Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Carlin; 309 hab.
VIALLA (Vitic.) (V. Vigne).
VI AM. Com. du dép. de la Corrèze, arr. d'Ussel, cant. de Bugeat; 890 hab. Stat. de chem. de fer.
VIAMALA. Gorge remarquable dans le cant. des Grisons, en Suisse, qui relie les vallées de Schams et de Domleschg. C'est une cluse très étroite, bordée de parois de montagnes d'une grande hauteur. Au fond, à une profondeur vertigineuse, le Rhin postérieur roule ses eaux écumantes. Une route conduisant aux passages alpestres du
YIAMALA — VIANDE — 916
Splugen et du Bernardin, pourvue de ponts d'une hardiesse prodigieuse, franchit cette gorge sauvage, qui est une des curiosités naturelles les plus connues de la Suisse.
VI AN A. Ville du Brésil, prov. de Maranhâo, sur le Macacu; 44.000 hab. Entourée de lacs et de rivières, elle est humide. Plantation de cannes à sucre créée par les jésuites.
VI AN A. Ville d'Espagne (Navarre), prov. de Pampelune, distr. d'Estella, à 5 kil. de la r. g. de l'Ebre; 2.650 hab. Elle a joué un rôle important dans les guerres civiles.
VIAN DE (Aliment, et Hygiène). La chair est constituée essentiellement par le tissu musculaire des animaux, mais on n'applique généralement le mot de viande qu'à k chair des animaux à sang chaud : mammifères et oiseaux. Telle qu'elle est constituée, la viande renferme tous les principes nécessaires à l'entretien de l'individu, et il ne saurait en être autrement, puisqu'un grand nombre d'animaux sont des carnivores purs ; toutefois, les proportions dans lesquelles se trouvent ses produits ne correspondent pas à la ration théorique de l'homme. Pour se nourrir exclusivement de viande, il faut donc prendre un excès de quelques éléments albuminoïdes, pour assurer l'ingestion des quantités suffisantes d'hydrocarbonés.
La viande non cuite renferme 20 °/o de substances albuminoïdes, des traces de glycogène et 80 °/o d'eau. 4 kilogr. de viande, soit 200 gr. d'albuminoïdes, représentera une valeur énergétique de 800 calories, et un homme qui se nourrirait exclusivement de viande devrait en consommer 3 kilo^r. par jour.
Les matières azotées de la viande appartiennent aux deux groupes : d'une part, les albuminoïdes : fibrine, muscuhne, serine, hémoglobine; d'autre part, les substances gélatineuses susceptibles de se transformer en gélatine par la cuisson, enfin une série de substances cjui sont déjà des oxydés, véritables produits de désassimilation qui n'ont par suite aucune valeur nutritive et peuvent même être toxiques : telle la série des leucomaïnes : xanthine, créatine, créatinine, et avec elles les uréides et les urées. Les hydrates de carbone sont représentés par : le glycogène existant dans la viande fraîche, mais qui s'est vite transformé en sucre et en acide lactique ; l'inosite, qui subit également la décomposition en acide lactique ; la dextrine. Les matières grasses sont en proportion plus ou moins considérable, suivant l'état de l'animal, teais il existe toujours de la graisse intramusculaire : stéarine, margarine, oléine et les acides de la série grasse. Les matières inorganiques sont, en premier lieu, l'eau dont la proportion oscille entre 77,5 ^'/o bœuf et 70,7 7o porc, et les sels, environ 4 gr., 30 "/o, en ordre d'importance les phosphates potassiques et calciques, le chlorure de sodium. De tous ces sels, le plus important au point de vue de la nutrition, c'est le phosphate de potasse, car c'est par la viande surtout que nous récupérons les phosphates éliminés par l'urine.
Au point de vue de la valeur alimentaire des viandes, il y a lieu de tenir compte, non seulement de leur richesse en principes azotés et gras, mais surtout de la facilité d'assimilation de ces principes. Lawes et Gilbert ont établi les taux pour cent des quantités totales de matières azotées et de graisses utilisées par l'homme dans son ahmentation :
Matières azotées Graisses
Bœuf 60 80
Veau 60 95
Agneau 50 95
Mouton 50 75
Porc 78 90
Ces chiffres montrent que de toutes les viandes, la plus
économique, abstraction même faite du prix de vente, est
la viande de porc dont nous utilisons les 9 dixièmes de
graisse et les 8 dixièmes d'albuminoïdes.
La valeur alimentaire des animaux varie évidemment
suivant l'espèce et, pour une espèce donnée, suivant les conditions d'âge, de santé, de nourriture. Enfin les différents morceaux n'ont pas la même composition.
Dans la mercuriale des marchés, dans tous les cahiers des charges des administrations publiques, des hôpitaux, des lycées, etc. , on indique toujours une distinction par qualité. La distinction en trois qualités est beaucoup plus théorique que réelle, et on peut affirmer que seuls des gens du métier, bouchers et vétérinaires, peuvent se déclarer compétents pour classer telle ou telle viande dans ces trois classes. On divise encore les viandes de boucherie (V. ce mot) en trois catégories, suivant la région où elle est prise. Bien que ces divisions soient surtout affaire dégoût, qu'elles n'aient en réalité qu'une raison d'être commerciale et non hygiénique, les analyses et l'observation expérimentale montrent que ce ne sont pas les morceaux les plus chers (le filet par exemple) qui possèdent la plus grande richesse alimentaire ; nous indiquerons sommairement ces trois catégories :
Première catégorie: muscles des régions fessières, ischio-tibiales, sus et sous-lombaires sous le nom de culotte, manche grasse, gîte à la noix, aloyau, filet. Deuxième catégorie : muscles de l'épaule et de la région costa\e: paleron, talon de collier, bavette d'aloyau. Troisième catégorie: muscles du cou, de la tête, abdominaux : collier, poitrine, surlonge, gîte de devant.
Viande malsaine. Il est souvent fort difficile, sinon imposible de juger sur un morceau séparé la qualité hygiénique d'une viande. Aussi n'est-ce pas à l'étal du boucher, mais à l'abattoir, que l'examen doit être fait par les vétérinaires. Le mieux encore est de procéder à un premier contrôle sur l'animal vivant. L'examen de la viande ou, suivant l'expression de Villain, ï autopsie musculaire, exige une grande habitude : il y a lieu de tenir compte des odeurs, des couleurs et delà consistance de la viande.
Odeur. Il est difficile de définir l'odeur spéciale à chaque espèce animale. La viande de bœuf et de vache a une odeur fade, se rapprochant assez de celle de l'étable; celle de taureau est plus forte, même spermatique. Mais l'ahmentation suffit souvent pour donner une odeur spéciale. Les tourteaux de lin et de colza donnent une odeur de ranceté. VArtemisia absinthium communique à la viande une saveur spéciale. La viande de veau a une légère odeur de lait. La chair de mouton sent la laine, quelquefois même le suint, et cette odeur s'accentue encore par la cuisson. La viande de porc bien nourri n'a aucune odeur propre, il en est de même du cheval.
Les viandes des bêtes malades dégagent une odeur typique, V odeur de fièvre, qui rappelle l'haleine des fébricitants. C'est principalementdans les accidents de parturition, la péritonite, la fièvre vitulaire, le charbon bactéridien, et en général dans toutes les maladies aiguës, que l'odeur de fièvre est très accentuée, au point souvent qu'il n'y a pas besoin de faire l'incision pour la déceler. La viande fiévreuse est toujours retirée de la consommation à cause des leucomaïnes qu'elle peut renfermer. Du reste, il y a toujours des lésions pathologiques indiquant clairement que la bête, objet de l'examen, était primitivement malade et qu'elle a dû être saignée in extremis. On doit être en garde contre l'odeur assez forte que répand la chair pantelante et que les bouchers traduisent en disant que la viande sent le chaud. Cette odeur s'accentue davantage si on vient à expédier les quartiers de l'animal avant leur refroidissement complet, mais elle n'est pas comparable à celle de la fièvre et se dissipe assez vite au contact de l'air. Les viandes sep tiques sont sales, la section des os spongieux est terreuse, les muscles ont une teinte grisâtre, le tissu cellulaire est imprégné de liquides sanieux, la graisse est terne, les plèvres et le péritoine ont perdu leur brillant, enfin les gaz gonflent les tissus en même temps qu'une odeur fétide se dégage d'une incision pratiquée dans leur intérieur. Bien souvent, l'odeur est ammoniacale, urineuse. Les nombreuses maladies des voies urinaires, la néphrite