VI. Archéologie (V. Harnois
BiBL. : Physique et instrumentation. — Helmholtz, Théorie physiologique de la musique, trad. Guéroult; Paris, 1869. — J. Tyndall, le Son, trad. Moigno, 1869. — ManiLLON, Eléments d'acoustique ; Bruxelles, 1874.
TIMBRE-POSTE. Avant la création des timbres-poste, c'était le destinataire d'une lettre et non son expéditeur qui en acquittait le port. Cette façon de procéder n'allait pas sans inconvénients et, dès que le service eut une organisation réguUère, on se préoccupa d'assurer l'affranchissement préalable des correspondances. Un magistrat français, notamment, François Valayer, qui avait obtenu, au temps de la Fronde, l'autorisation de transporter d'un point à un autre de Paris les correspondances privées, créa des « billets de ports payé », qu'il vendait au public. On a conservé une instruction datée du 8 août 1653 renfermant des détails à ce sujet. Le billet était une bande de papier portant : 1° le timbre personnel de Valayer ; 1^ les mots « port payé » ; 3° la date du jour. Elle était, semblet-il, roulée par l'envoyeur autour de la lettre et détachée par l'employé avant sa remise au destinataire. Le prix était un sou. En Angleterre, on cite, de la même époque, les « francs en blanc », sortes d'acquits ou de billets de port payé, qu'on trouve en service depuis le règne de Charles II usju'aux environs de 1784. De son côté, la Sardaigne émit, de 1819 à 1836, des feuilles timbrées qui dispensaient la correspondance du monopole fiscal de la poste. Mais le véritable créateur du timbre-poste a été Rowland Hill (V. ce nom). On a bien des fois raconté, avec quelques variantes, l'épisode qui lui suggéra l'idée première de son invention. Au cours d'un voyage en Irlande, en 1836, il s'était arrêté dans une modeste auberge, où il fut servi par une jeune fille fort bavarde, qui lui raconta bientôt qu'elle avait à Londres un fiancé et que celui-ci lui écrivait toutes les semaines. Comme le port coûtait alors de Londres en Irlande 1 shelling 2 pence, c.-à-d. 1 fr. 45, Rowland Hill lui fit remarquer qu'elle devait gagner beaucoup d'argent pour pouvoir se permettre hebdomadairement une dépense aussi élevée. Alors elle lui avoua leur stratagème : son fiancé traçait sur l'enveloppe des signes convenus d'avance et peu apparents ; lorsque le facteur lui présentait la lettre, elle en examinait longuement la suscription comme quelqu'un qui hésite, puis finalement elle la lui rendait, en arguant de ce que le prix du port était trop cher pour elle, et elle avait ainsi des nouvelles sans rien payer. Rowland Hill trouva le moyen ingénieux, mais très préjudiciable à l'administration des postes. Il réfléchit que pareille fraude serait évitée si, d'une part, le prix du port était rendu accessible à tous, si, d'autre part, ce port était exigé de l'expéditeur, et, la même année, il soumit au cabinet Melbourne, dans une brochure intitulée Post Office reform, un plan de tarif postal uniforme à 1 penny (0 fr. 10), comportant, en même temps, la création de timbres- poste. Il en proposait quatre espèces : des couvertures ou demi-feuilles de papier timbré, des enveloppes timbrées, des étiquettes gommées, du papier à lettre timbré. Il fut d'abord éconduit, et il ne fallut rien moins que l'intervention .du Parlement et qu'une agitation populaire pour faire enfin adop-