‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 452 sur 633 · VICOMTE — VICTOIRE · texte numérisé non relu

VICOMTE — VICTOIRE

rendus, soit par laveur, soit à prix d'argent ; et d'autre part, beaucoup d'anciens vicomtes obtinrent, moyennant finance, l'érection de leur terre en comté (V. Comte). Le titre de vicomte fut, ainsi que les autres titres de noblesse, supprimé par la loi du 19 janv. 4790. Il ne fut pas rétabli par Napoléon : car le sénatus-consulte du i®'^ mars

4808, qui constitua la noblesse impériale, n'admit que les titres de duc, comte, baron et chevalier. Il ne reparut légalement que sous la Restauration ; mais ce fut alors un simple titre de dignité, sans érection de terre, que le roi accordait par lettres patentes, ou qui était attaché à un majorât. L'ordonnance du 25 août 4847, relative à la pairie, attribuait, de droit, la qualité de vicomte au fils aîné d'un comte et pair et aux fils puînés d'un marquis et pair. Sous la monarchie de 4830, il n'y eut, en fait, aucune concession du titre de vicomte, qui fut supprimé de nouveau par la Révolution de 4848. Rétabli par le second Empire (décr.de4852), il subsiste légalement depuis lors ; mais il n'est plus qu'une qualification nobiliaire conservée par les usages sociaux. Ch. Mortet.

BiBL.: Brussel, Usage des fiefs, 1750, fc. H, p. 675-712. — GuvoT, Répertoire de jurisJ3rudence, 1784-85, t. XVÎI, V* Vicomte. — A. Luchaire, Manuel des inslitutions françaises : période des Capétiens directs, 1892, p. 282, et les ouvrages cités en note. — Cf. ia bibliographie du rnot Comte.

VICOMTERIE DE Saint-Samson (Louis- Thomas-Hubert La), homme de lettres et homme politique français, né à Saint-Samson (Manche) vers 4732, mort à Paris le 24 janv.

4809. En 4779, il concourut, sans succès d'ailleurs, pour l'éloge de Voltaire proposé par l'Académie française : il publia en 4782 son ode, avec une lettre du roi de Prusse à l'auteur. Il fit paraître ensuite : le Code de la nature, poème [supposé] de Confucius, traduit et commenté par le P. Par^nm (Londres [Paris], 4788, in-8). Il prit une part surtout poétique, littéraire et historique, au mouvement révolutionnaire, par les écrits suivants : la Liberté, ode avec des notes (Paris, 4789. in-8) ; Du Peuple et des Rois (Paris, 4790, in-8); Crimes des rois de France, depuis Clovis jusqu'à Louis XVI (Paris, 4792, in-8); Crimes des papes, depuis saint Pierre Jusqu'à Pie VI (Paris, 4792, in-8; nouvelle édition en 4830, sans aucune addition); Crimes des empereurs d' Allemagne, depuis Lothaire P** jusqu' à Léopold II (Paris, 4793, in-8). Elu, le huitième sur vingt-quatre, député à la Convention par le dép. de Paris, il vota pour la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis, et publia : Réflexions sur le procès dît ci-devant roi (4792, in-18). Il fit partie du comité de Sûreté générale jusqu'à la journée du 9 thermidor, pendant laquelle il ne parut pas à la Convention. Malgré des discours contre « le tyran » et un rapport antichrétien sur la « morale calculée », c.-à-d. fondée sur la doctrine des récompenses et châtiments dans une autre vie, il fut impliqué dans le complot du 4^"^ prairial, et détenu prisonnier dans son domicile. L'amnistie du 4 brumaire an IV l'ayant délivré, il ne reparut plus dans l'arène pofitique, et, s'il écrivit encore, ne signa plus rien. H. Monin.

VI CQ. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Cannât, cant. d'Ebreuil; 944 hab.

VI CQ. Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Bergerac, cant. de Lalinde; 468 hab.

VI CQ. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres, cant. de Varennes-sur-Amance ; 840 hab.

VI CQ. Com. du dép. de la Haute- Vienne, arr. deSaint- Yriex, cant. de Saint-Germain-les-Belles ; 2.289 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.

VICQ. Com. du dép. des Landes, arr. deDax, cant. de Montfort ; 335 hab.

VICQ. Com. du dép. du Nord, arr. de Valenciennes, cant. de Condé-sur-l'Escaut ; 905 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.

VICQ. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Rambouillet, cant. de Montfort-l'Amaury ; 474 hab.

VICQ d'Azyr (Félix), anatomiste et littérateur français, né à Valognes le 23 avr. 4748, mort à Paris le

20 juin 4794. Reçu hcencié en 4773, il ouvrit des cours particuliers d'anatomie, mais n'eut pas l'autorisation de professer à l'Ecole, pas plus qu'il ne put obtenir la survivance de la chaire de Buffon au Jardin du Roi. Il entra à l'Académie des sciences en 4774, et en 4776 fut nommé secrétaire perpétuel de la Société royale de médecine. Enfin, en 4788, il obtint la chaire de Buffon, malgré les attaques des docteurs de la Faculté, et, en 4789, devint le premier médecin de la reine. Ses travaux sont importants et ont fait surtout progresser l'anatomie comparée. Citons : Traité d'anatomie et de physiologie (Paris, 4786, gr. in-fol., pi. col.). VitoWûiOVd. h. l'Encyclopédie méthodique et au Dictionnaire de médecine, Moreau de la Sarthe a publié : Œuvres de Vicq d'Azyr (Paris, 4805, 6 vol. in-8, et atlas in-4). D»- L. Hn.

VICQ-ExEMPLET. Com. du dép. de l'Indre, arr. et cant. de La Châtre; 4.294 hab.

VICQ-sur-Gartempe. Com. du dép. delà Vienne, arr. de Châtellerault, cant. de Pleumartin; 4.467 hab.

VICQ-slr-Nahon. Com. du dép. de Tlndre, arr. de Châteauroux, cant. de Valençay ; 4.504 hab.

VICQUES. Com. du dép. du Calvados, arr. deFalaise, cant. de Morteaux-Coulibœuf : 97 hab.

VICTOIRE. I. Mythologie.— La déesse de la Victoire occupe dans la religion grecque une place minime, tout à fait disproportionnée avec le nombre presque infini de ses représentations. Cette disproportion tient au vague

Attique. Homère ne connaît pas i

de la Victoire, Hésiode mentionne une Nikê, fille de Styx et du géant Pallas, sœur de Biè, Cratos et Télos. Quand Zeus déclare la guerre aux Titans, Styx et ses filles prennent parti pour le futur maître de l'Olympe, et celui-ci, en récompense, attache les filles de Styx à sa personne.

Mais là s'arrête l'histoire de cette Niké. Il n'est plus question d'elle, ni dans le culte ni dans la mythologie. En revanche, on voit apparaître la conception d'Athéna Niké, c.-à-d. d'Athéna considérée spécialement comme dispensatrice de la Victoire. Athêna Nikê a sur l'Acropole son temple, que le peuple appelle temple de la Victoire Aptère, et ses sacrifices. Mais peu à peu l'attribut tend à se séparer de la divinité et à prendre sa personnalité. H est probable que c'est surtout à l'art et à la poésie que cette séparation dut de s'accomplir rapidement. Au commencement du V® siècle, on voit encore sur les monuments Athêna et Nikê confondues dans les mêmes fonctions, comme d'offrir à boire à Apollon, symbole du vainqueur aux concours musicaux. Puis Nikê seule subsiste dans cette série de basreliefs. Sur les vases à peinture noire, Nikê n'apparaît jamais; elle abonde sur les vases à peinture rouge ; c'est donc vers le commencement du v® siècle qu'a dû s'achever la séparation progressive d'Athéna et de Nikê. Mais cette divinité nouvelle garde quelque chose de si vague qu'on la multiplie en un cycle comparable à celui des Eros. Les mythologues antiques, frappés de ce qu'il y a d'ambigu dans l'origine de Nikê, s'efforcent de concilier la légende rapportée par Hésiode et la parenté qui existe entre Athêna et Nikê, mais leurs tentatives ne font que souligner l'obscurité du mythe. Nikê ne paraît pas du reste avoir eu jamais à Athènes un culte indépendant. Dans la littérature comme dans les arts, Nikê apparaît de plus en plus personnelle, mais aussi son rôle s'assoupht, et plus qu'une déesse guerrière, elle est une médiatrice entre les hommes et les dieux comme entre les dieux et les hommes.

A Rome, au contraire, le culte d'une divinité de la Victoire, personnelle et pure de tout mélange avec une autre divinité, est aussi vieux que la ville. Victoria était adorée sur le Palatin avant que Rome ne fût Rome, et Evandre lui avait, disait-on, élevé un temple en ce lieu même. Ce culte n'est pas seulement mieux établi qu'en Grèce : il est d'un caractère plus grave, plus national. Associé aux gloires de la république comme à ses périls, en rapport avec le

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