‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 455 sur 633 · VICTOR · texte numérisé non relu

VICTOR

récentes : Innsbruck, 1873, dans les Opuscula selecta sanctorumPatrum ;BQvlm, 4879, dans les Monumenta Germaniœ historica ; Vienne, 1881, dans le Corpus Scriptorum ecclesiasticorum. Cet ouvrage, oh foisonnent les récits de tourments et de miracles, contient incidemment des renseignements précieux sur la religion des Vandales, sur les églises de Carthage, sur le culte et les rites catholiques dans le N. de l'Afrique et sur la survivance du paganisme. E.-H. Vollet.

VICTOR-EmmanuelP"^ (Gaston-Jean-Népomucène), roi de Sardaigne, né à Turin le 24 juil. 1759, mort à Moncalieri le 40 janv. 4824. Second fils du roi Charles-Amédée III et connu d'abord sous le titre de duc d'Asti, il fut, dès sa jeunesse, imbu des principes politiques et religieux les plus rétrogrades, contre lesquels son intelligence bornée et son caractère pusillanime ne surent jamais réagir. Beau-frère du comte de Provence (Louis XVIII) et du comte d'Artois (Charles X), il seconda passionnément son frère Charles- Emmanuel IV dans sa lutte contre la Révolution française. Il dut avec lui quitter le Piémont en déc. 4798 et se réfugier en Sardaigne, où, après un assez long séjour à Rome et à Naples, il rentra en 4806 et (devenu roi depuis 4802 par l'abdication de Charles-Emmanuel), régna obscurément sous la protection des flottes anglaises jusqu'en 4814. A cette époque, la chute de Napoléon lui permit de retourner à Turin et de recouvrer le Piémont, auquel les grandes puissances annexèrent même l' ancienne république de Gênes . Après les Cent- Jours, il rentra aussi en possession de la partie de la Savoie que le traité de Paris (du 30 mai 4814) avait laissée à la France. Sa restauration dans ses anciens Etats fut suivie d'une réaction radicale et aveugle contre toutes les institutions et toutes les lois qui, directement ou indirectement, provenaient de la Révolution. L'absolutisme royal et les privilèges les plus surannés de la noblesse et du clergé furent rétablis, et la politique autrichienne domina quelques années sans réserve dans le Piémont. Quand le parti national, las d'un tel régime, prit enfin les armes (janv. 4821) pour revendiquer les droits constitutionnels et l'indépendance du pays, Victor-Emmanuel, affolé et ne voulant faire aucune concession, abdiqua en faveur de son frère cadet Charles-Félix (43 mars 4821) et se retira près de son gendre le duc de Modène. La réaction ayant triomphé une fois de plus, il reparut en Piémont et s'établit au château de Moncalieri, où il mourut en 4824. — De son mariage avec l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche (4789), il avait eu quatre filles, qui épousèrent : François IV, duc de Modène ; Charles II, duc de Parme ; Ferdinand I®**, empereur d'Autriche, et François II, roi des Deux-Siciles. A. D.

VICTOR -Emmanuel II (Marie-Albert-Eugène-Ferdinand- Tliomas), roi de Sardaigne, puis roi d'Italie, né à Turin le 14 mars 4820, mort à Rome le 9 janv. 1878. Fils aîné de Charles- Albert (V. ce nom), prince de Savoie-Carignan, et de Marie-Thérèse d'Autriche, princesse de Toscane, il porta le titre de duc de Savoie à partir de 4834, époque où son père devint roi de Sardaigne. Il épousa lui-même, le 12 avr. 4842, Marie- Adélaïde d'Autriche, sa cousine germaine, fille de l'archiduc Régnier, mais ne devint pas pour cela plus enclin à subir l'influence autrichienne, dont, au contraire, il rêvait, dès sa jeunesse, comme Charles-Albert, de délivrer le Piémont et l'Italie tout entière. L'éducation toute militaire qu'il avait reçue avait fait de lui un soldat robuste, plein d'entrain, très désireux d'accroître les forces militaires de son pays et de s'en servir pour l'aflranchissement de la péninsule. Aussi prit-il personnellement une part énergique et glorieuse à la lutte entreprise par son père en 4848. Blessé à la bataille de Goïto (30 mail848), il se comporta vaillamment à celle de Novare (23 mars 4849), à la suite de laquelle, Charles- Albert ayant abdiqué, il fut à son tour proclamé roi de Sardaigne.

Dans ces circonstances douloureuses, Victor-Emmanuel montra autant de bon sens que de patriotisme. Réservant l'avenir du Piémont, il aima mieux subir une paix très

onéreuse (6 août 4849) que de consentira l'abolition du Statut fondamental de 4848, c.-à-d. du gouvernement constitutionnel, dont le loyal maintien à Turin fit de lui, au milieu de l'universelle réaction, l'idole et l'espoir de tous les patriotes italiens. Sous le ministère libéral de Massimo d'Azeglio, l'Etat sarde se laïcisa courageusement par les lois Siccardi (4850), brava les foudres du Saint- Siège et, grâce aux innovations économiques de Cavour, ministre du commerce en 4850, puis président du Conseil deux ans plus tard, acquit en peu de temps une solidité et des moyens d'action qui lui permirent de tenir tête même à la puissance autrichienne. Le Piémont devint l'asile des proscrits qui, sous la protection libérale de ses lois, purent s'y préparer méthodiquement à la révolution nationale dont les événements de 4848 n'avaient été que les prodromes confus et incohérents. Victor-Emmanuel les accueillait amicalement, ne craignait pas de s'aboucher avec les hommes du parti avancé, comme Brofferio, Depretis, etc., et accordait surtout une confiance inébranlable à Cavour, qui, bien secondé par Rattazzi, sut merveilleusement profiter des complications de la guerre de Crimée pour procurer au vaincu de Novare la protection efficace de deux grandes puissances.

Les 45.000 Piémontais qui, en vertu du traité de janv. 4855, allèrent sous La Marmora prendre part au siège de Sébastopol, ne valurent pas seulement à Victor-Emmanuel l'accueil chaleureux qui lui fut fait à Paris et à Londres en novembre de la même année. Elles lui valurent surtout d'être admis au Congrès de Paris, où Cavour put poser solennellement devant l'Europe la question italienne (avr. 4856). Dès lors la guerre avec l'Autriche devint inévitable. Le roi et son ministre s'y préparèrent par de grands travaux de fortifications, par des encouragements aux chefs du parti révolutionnaire (Manin, Garibaldi, etc.), ainsi qu'à la Société nationale qui couvrit bientôt toute l'Italie de ses ramifications, enfin par de secrètes négociations avec Napoléon III, que venait d'effrayer l'attentat d'Orsini (44 janv. 4858), et qui, mystérieusement abouché avec Cavour à Plombières, lui assura son concours pour une prochaine prise d'armes. Cet accord devint manifeste par les paroles que ce souverain adressa publiquement le 4*^^ janv. 4859 à l'ambassadeur d'Autriche et surtout par le mariage — célébré peu de jours après — de son cousin le prince Napoléon avec la princesse Clotilde, fille aînée de Victor-Emmanuel.

Le 23 avr. suivant, l'Autriche déclarait la guerre à la Sardaigne, et, peu de jours après, les troupes françaises accouraient en Piémont. Victor-Emmanuel, à la tête de ses propres soldats, prit part aux combats de Palestro (30-34 mai), ainsi qu'aux grandes batailles de Magenta et de Solférino (4-24 juin). Déçu, comme tous les patriotes italiens, à la suite de cette dernière, par la conclusion imprévue des préliminaires de Villafranca (41 juil.), qui n'accordaient à l'Italie qu'une satisfaction bien incomplète, il feignit de se soumettre, pendant que Cavour donnait bruyamment sa démission, mais laissa cet homme d'Etat, aussi bien que Rattazzi (qui lui succéda comme président du Conseil), provoquer les manifestations des duchés et des légations, qui s'offraient à lui et ne voulaient que lui pour roi. Vainement la diplomatie transformat-elle en traité soi-disant définitif les préliminaires de Villafranca (à Zurich, en nov. 1859). Les annexions au Piémont ne pouvaient plus être empêchées. En janv. 4860, Napoléon III y consentait moyennant la cession de Nice et de la Savoie à la France, et, dans le même temps, Cavour reprenait la direction des affaires.

Victor-Emmanuel et son ministre mirent bientôt la complaisance de Napoléon III à de nouvelles épreuves. Fermant les yeux sur les préparatifs à peu près publics de Garibaldi à Gênes, ils laissaient en mai 1860 ce hardi partisan s'embarquer pour la Sicile, révolutionner cette île, passer de là sur la terre ferme et entrer à Naples ^7 sept.) pour y proclamer Victor-Emmanuel lui-même.

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