VICTORIA
VICTORIA. Colonie du S.-E. de l'Australie, la plus petite des colonies continentales de l'Australie britannique ; elle occupe 229.078 kil. q., et possède 1.177.444 hab. (c'est la plus peuplée des colonies anglaises de l'Australie). La côte (baignée par l'océan Indien au S., par l'océan Pacifique au S.~E.) s'étend du Glenelg river à l'O., jusqu'au cap Howe (420 m.) àl'E. La colonie est bornée : au N., par la Nouvelle-Galles-du-Sud (le Murray forme sa frontière sur 1.570 kil. de son cours) ; à l'O. par l'Australie du Sud: le 141^ de long. E. marque la séparation. La côte, dans sa partie médiane, offre des baies et des ports, tels que ceux de Port Phillip, Western Port, Corner Met, Corner Basin. Le sol de la colonie est assez accidenté : la région montagneuse s'arrête au Glenelg river; au S., la colonie est riche et peuplée ; au N., des steppes peu habitées et un territoire désertique. La principale chaîne consiste dans les Dividing Range (élevées de 500 à 1.000 m., avec leur sommet au Mount Torbeck, qui a 1.522 m. de haut) : un régime de hauts plateaux est relié à ces montagnes auxquelles se rattachent à l'O. les Grampians (sommet : le Mount William de 1.300 m.), à l'E. les Alpes Australiennes (sommet : Mount Bogong de 1.984 m.). Une région de collines, très riche en or, de 200 à 500 m. de hauteur, s'étend vers le S. jusqu'à la côte, et au N. jusqu'au Murray ; la plupart des eaux s'écoulent de ce côté : torrentueuses pendant la période des pluies, elles sont presque desséchées Tété ; le fleuve le plus important (après le Murray) est le Goulburn (555 kil.), qui descend du mont Torbeck. Le climat est salubre et tempéré, avec 14° de température moyenne (20<> à Melbourne) ; comme l'Australie en général, la colonie de Victoria souffre de la sécheresse. — La flore comporte environ 2.000 espèces de petites plantes (le 5^ de la flore totale de l'Australie) ; les essences dominantes dans les forêts sont les eucalyptus, dont une espèce {Y Eucalyptus amygdalnia)^ atteint jusqu'à 150 m. ; on trouve aussi un excellent bois d'ébénisterie, le gommier rouge (Eucalyptus rostrata), que l'humidité ne peut détruire, des frênes, un cerisier indigène avec des fruits dont la pulpe est contenue dans le noyau. A remarquer aussi le beau Livistona australis. — La faune est celle de l'Australie en général (kangourou, opossum, wombat ; beaucoup d'oiseaux et de serpents venimeux ; les lapins ont tellement pullulé qu'ils sont devenus un danger ; le chameau et l'autruche se sont acclimatés). — -La population étrangère comporte 15.000 Allemands, 12.000 Chinois ; les autres viennent d'Angleterre ; il reste 550 indigènes environ. On compte 250.000 catholiques et 6.500 juifs. L'immigration, qui était de 102.000 en 1888, est tombée à 81.000 en 1895 ; l'émigration s'est élevée à 89.000. Les cinq neuvièmes de la population vivent dans les villes (surtout à Melbourne, Ballarat et Sandhurst). — La constitution est la même que celle des autres colonies de l'Australie (un gouverneur, un ministère responsable, un parlement de deux Chambres). — L'élevage du bétail et l'exploitation des mines sont les principales industries des habitants. La richesse des prairies a développé tout d'abord l'élevage (531.550 chevaux, 1.834.000 bœufs, 13.181.000 moutons et 338.000 porcs). L'agriculture occupe 33.700 fermes. La richesse des mines de la colonie (surtout ses gisements aurifères découverts en 1851) a été la cause de son premier essor ; on trouve l'or, soit dans les roches de quartz, soit dans les alluvions des rivières : 24.000 personnes sont employées à l'extraction ; les principaux districts aurifères sont : Sandhurst, Maryborough, Castlemaine, Ballarat, Ararat, Gippsiand; on a extrait, en 1890, 16.656 kilogr, d'or, et 21.938 kilogr. en 1893 ; le puits le plus profond est celui de Lansell (805 m.). La production del'or, de 1851 à 1895, représente 6.025 millions de francs. Les autres productions (cuivre, étain, antimoine, argent, houille) sont moins importantes. Les tarifs protecteurs de 1867 ont développé l'industrie: on compte 2.675 fabriques et manufactures. Le commerce est res-
treint à l'Angleterre et aux colonies australiennes. L'importation s'élève à environ 350 millions de francs : les droits d'entrée sont très élevés (17 "^/o de la valeur) ; les objets importés sont principalement les cotonnades, le sucre, les bestiaux, le charbon, articles manufacturés ; l'exportation consiste en or, laines (la moitié de l'exportation), argent, peaux, cuirs. Le mouvement des navires s'est élevé à l'entrée (1895) à 1.948, dont 1.655 pour Melbourne, qui concentre le commerce. Un réseau étendu de chemins de fer (appartenant à l'Etat), particulièrement serré dans le centre, parcourt la colonie ; il comporte 5.023 kil. (1896) ; le télégraphe compte 15.000 kil., et le téléphone est très répandu (1.200 kil.). L'importation a une valeur de 6.458.682 liv. st. et l'exportation 6.786.221 liv. st. -— La découverte des côtes de Victoria date de 1802 (lieutenant John Murray, qui entra dans la baie de Port Philipp) ; en 1835, quelques colons y vinrent de Tasmanie ; en 1836, Melbourne fut fondée ; en 1850, la colonie fut séparée de la Nouvelle- Galles-du-Sud ; en 1851, la découverte des mines d'or amena un nombre immense d'immigrants. Depuis, son développement rapide n'a été retardé temporairement- que par la crise financière. Ph. B.
BiBL. : BaoaoH Smyth, The Aborigines of Yiclovia ; Melbourne, 1878,7voL — Hayter, AMSfraiiasian Statistics foryear 188^; Melbourne, 1885, — Thomson, Illustrated Handhook of YicioriB. ; Melbourne, 1886.
VICTORIA ou FORT Victoria. Poste de la Compagnie anglaise de l'Afrique du Sud, territ. des Matebelés, sur un plateau élevé de 1.027 m., entre les vallées de l'Oumtchéghi et de l'Oumchagachi. Fondé en 1890, il est devenu le centre d'une ville qui se développe rapidement. A peu de distance, au S., ruines célèbres de Zimbaoué.
VICTORIA. Ville de la colonie de Cameroun (Afrique occid.), sur la baie d'Ambas (golfe de Guinée). Fondée par des missionnaires baptistes anglais en 1858, elle a été cédée à l'Allemagne en 1885.
VICTORIA. Ville du Dominion (Amérique du Nord), *capit. de l'île de Vancouver et de la Colombie britannique, au S.-E. de l'île de Vancouver, sur la rive N. du détroit de Juan de Fuca (27 kil. de large), qui la sépare de la côte de l'Etat de Washington ; terminus jdu chem. de fer Pacifique-Canadien ; 25.000 hab. (1894) ; 7.000 Chinois vivent dans un quartier spécial. L'anse du détroit Juan de Fuca, sur laquelle est bâtie Victoria, se divise en James Bay et Arm ; cette seconde baie sera bientôt rattachée à la baie excellente d'Esquimalt, bien meilleure que le mauvais port de Victoria : le faubourg d'Est^uimalt Harbor deviendra la vraie ville. Victoria est une jolie ville anglaise avec le parc de Beacon Hill. Exportation active de charbon, bois, saumon ; constructions de machines, voitures; scieries, brasserie, briqueterie, etc.
VICTORIA Fâlls (V. Zambèze).
VICTORIA Nyanza (Lac) (V. Nil).
VICTORIA, reine d'Angleterre et impératrice des Indes, née au palais de Kensington (Londres) le 24 mai 1819, morte au château d'Osborne (île de Wight) le 22 janv. 1901 , petite-fille de George lll, fille unique d'Edouard, duc de Kent, et de Marie-Louise- Victoria de Saxe-Cobourg et Saalfeld, veuve de Ernest-Charles, qui fut prince régnant de Leiningen. Sa mère, femme énergique et intelligente, et son oncle Léopold de Saxe-Cobourg, qui devait être plus tard roi des Belges, s'occupèrent avec passion de l'instruction de la jeune princesse qui avait perdu son père en 1820. Elle apprit le latin et plusieurs langues vivantes, puis, lorsqu'elle eut été déclarée héritière présomptive de la couronne (1830), son oncle Guillaume IV étant monté sur le trône et n'ayant pas d'enfant, elle reçut de lord Melbourne les meilleures leçons de politique, d'administration et d'histoire. A peine proclamée majeure (24 mai 1837), Victoria était appelée à succéder à Guillaume IV (21 juin 1837). Couronnée à Westminster le 28 juin 1838, elle témoigne, dès les débuts de son règne une décision étonnante. Favorable aux libéraux.