VIDAME — VIDANGE
tout constituée en fief héréditaire, consistait à défendre les biens temporels de Févèché, à représenter l'évêque au tribunal de son suzerain, à exercer en son nom, au temporel,*'la juridiction épiscopale (placitum ou curia vice domini), à conduire à Tost les troupes de l'évèclié, enfin à garder la maison épiscopale, après la mort de l'évêque, et à la protéger contre ceux qui prétendaient exercer le droit de dépouilles (V. ce mot). Il arriva cependant que certains vidâmes, au mépris de cette dernière obligation, prirent part au pillage de la maison épiscopale qu'ils étaient chargés de faire respecter. — La seigneurie propre du vidame comprenait d'ordinaire une maison située près du palais de Tévêque et un domaine territorial dans la ville et la banlieue ; il avait droit, en outre, à certaines redevances prélevées sur les habitants de la cité, et il avait préséance sur tous les autres vassaux du diocèse.
La formation de puissantes communes dans quelquesunes des cités épiscopales et surtout les progrès du pouvoir monarchique réduisirent presque à néant, à partir du XV® siècle, le rôle effectif des vidâmes. L'office subsista cependant jusqu'à la fin de l'ancien régime ; mais ce ne fut qu'un titre héréditaire, qui donnait rang après les vicomtes, dans la hiérarchie nobiliaire, et auquel restèrent attachés une partie des anciens privilèges lucratifs et honorifiques. Ch. Mortet.
BiBL. : A. LucHAiRE, Manuel des institutions françaises^ période des Capétiens directs, 1892, pp. 285-288 et les ouvrages cités en note.
VIDANGE. La vidange des fosses d'aisance a fait l'objet, depuis un demi-siècle, de nombreux perfectionnements. Elle s'opère, d'ailleurs, dans des conditions toutes différentes suivant que la fosse est fixe ou mobile. Dans ce dernier cas, elle se borne, que le système employé soit diviseur ou non, à l'enlèvement des tinettes (V. Fosse). Si, au contraire, la fosse est fixe, il en faut épuiser sur place le contenu, lui faire subir un transvasement. Pour les petites fosses et dans les campagnes, le procédé est aussi simple que le matériel est peu coûteux et, depuis que la vidange existe, il n'a guère varié : on descend dans la fosse, au bout d'une corde, un seau, qu'on remonte à la main ou à l'aide d'une poulie. Pour les fosses d'une certaine importance, on recourt généralement à une pompe. Dans les grandes villes, à Paris notamment, cette pompe est, le plus souvent, à vapeur. Elle fait le vide dans de grandes tonnes métalliques qui sont reliées à la fosse par un large conduit et où les matières montent ensuite directement par aspiration. Les émanations de gaz méphitiques sur la voie publique sont ainsi réduites au minimum. Quel que soit, d'ailleurs, le procédé employé, il faut toujours désinfecter au préalable la fosse. A cet effet, on y projette du noir animal, de l'eau de chaux, des poudres absorbantes (charbon, cendres, etc.), ou mieux encore une solution de sulfate de cuivre ou de fer, qui s'empare de l'acide suhhydrique, cause principale de la mauvaise odeur. Il est pi'udent enfin, si l'on veut prévenir les risques d'explosion et d'asphyxie, de laisser l'orifice de la fosse ouvert pendant un certain temps avant la vidange.
Nous ne faisons que mentionner le procédé de vidange pneumatique Berlier, déjà décrit. Il consiste essentiellement dans l'établissement d'une usine centrale où les matières fécales sont directement et au fur et à mesure aspirées par le moyen de conduits souterrains où l'on fait le vide (V. Berlier). Quant au tout à l'égout, rendu obligatoire à Paris par la loi du 10 juil. 1894, il supprime en quelque sorte la vidange, les matières fécales se trouvant entraînées dans les égouts en même temps que les eaux de pluie et que les eaux ménagères pour être dirigées avec elles par de grands collecteurs vers les champs dits d'épandage, qu'elles fertilisent (V. Egout).
Les dépotoirs sont les usines où sont transportées, soit directement, dans les tonnes métalliques, dans les tinettes ou dans tous autres récipients, soit par bateaux, après ,
transbordement, les matières extraites, par les divers procédés, des fosses d'aisance. Elles y sont traitées d'abord en vue de leur faire rendre les quelques produits qui sont susceptibles d'une utilisation industrielle, les sels ammoniacaux en particulier. Le reste est employé sous le nom depoudreite comme engrais. On procède, en général, de la façon suivante. Les matières sont déversées dans de grands bassins, où, en raison de leur densité relative, elles forment bientôt, tout en fermentant, trois couches successives. La première, à la surface, est une mousse assez épaisse qu'on enlève et fait sécher. La couche intermédiaire est liquide. Ce sont les eaux vannes, qu'on fait écouler dans une suite de bassins étages afin de les décanter, puis qu'on traite industriellement pour en extraire le sulfate d'ammoniaque qui s'y trouve en dissolution. La couche inférieure est solide. On l'enlève au moyen de dragues et on l'étend au soleil pour la faire sécher : c'est la poudrette. Un autre procédé, un instant très préconisé, consiste à clarifier chimiquement les eaux chargées de matières fécales. On les amène à cet effet dans de vastes bassins où on projette, par exemple, du sulfate d'alumine. L'eau, une fois décantée, est très claire (eau blonde) et on peut la rejeter dans un cours d'eau quelconque. Le dépôt, qui est, compact, conserve beaucoup mieux les éléments fertilisants des déjections que la poudrette. L'un des dépotoirs les mieux installés est celui de la Villette, qui appartient à la ville de Paris. Jusqu'à ces dernières années, il refoulait, à l'aide de pompes à vapeur, les matières qui y étaient apportées, sur la voirie de Bondy, également propriété de la ville, où avait lieu le traitement. Cette dernière a été fermée le 1®^ avr. 1900 et le refoulement a lieu maintenant dans le collecteur de Saint- Ouen, d'où les matières, diluées dans un volume d'eau considérable, sont conduites, avec celles provenant du tout à l'égout, vers les champs d'épandage. Il y a, du reste, une tendance à renoncer aux grands dépotoirs et à conserver les déjections, près des terrains de culture où on doit les utiliser, dans des citernes de capacité relativement peu grande, où elles fermentent. L'engrais ainsi obtenu, dit eijgrais flamand, a été reconnu bien supérieur à l'engrais desséché ou poudrette . L'industrie de la vidange est libre, mais elle est soumise dans la plupart des villes, du fait des arrêtés pris parles municipalités dans un but d'hygiène, à une réglementation rigoureuse. A Paris, nul ne peut exercer la profession de vidangeur sans une permission du préfet de la Seine, qui est subordonnée à la possession des voitures, chevaux, tinettes, seaux, appareils de désinfection et autres nécessaires au service (ord. poL, 5 juin 1834 et arr. préf. 9 févr. 1867 et 11 mai 1872), et c'est l'obligation d'être détenteur de tout ce matériel qui explique qu'une compagnie unique y exerce, en fait, une sorte de monopole. La désinfection des fosses doit précéder l'extraction et être effectuée par des procédés préalablement agréés par le conseil de salubrité (ord. poL, 29 nov. 1854). Des mesures doivent être prises pour qu'il ne se dégage pendant remplissage des tonnes aucuns gaz infects, et leur désinfection est opérée à mesure qu'ils y arrivent (arr. préf., 5 juin 1878). La vidange ne peut avoir lieu que de 11 h. du soir à 6^,30 du matin en été et 7^,30 en hiver, sauf autorisations spéciales et dans quelques quartiers excentriques (arr. préf. 22 août 1867, 25 janv. et 31 déc. 1881, 28 févr. 1882). D'autre part, les voitures employées au transport des matières provenant des fosses fixes ne peuvent circuler à l'intérieur des fortifications qu'entre 10 h. du soir et 9 h. du matin, celles enlevant les fosses mobiles et les tinettes filtrantes qu'entre 5 h. du soir et 7 h. du matin. Les unes et les autres sont tenues de suivre les itinéraires indiqués par les agents du service de l'assainissement (arr. 22 août 1867). Quant aux dépotoirs, ils rentrent dans la catégorie des établissements insalubres de 1^® classe, lesquels ne peuvent être établis qu'en vertu d'une autorisation spéciale du préfet.
VIDANGE — VIDJANAGAR
et ils sont tous, sauf le dépotoir municipal de la Viilette, situés dans la banlieue. Dans les autres communes, l'autorité municipale puise également dans ses pouvoirs de police le droit de prescrire, pour la vidange des fosses d'aisance, les mesures de commodité et de salubrité qu'elle juge convenables. La cour de cassation a presque toujours sanctionné, lorsqu'elles lui ont été déférées, les mesures ainsi prises. Elle a toutefois refusé, après quelque hésitation, aux communes le droit d'adjuger à un ou plusieurs entrepreneurs la vidange exclusive des fosses. Aussi lorsque, comme à Paris, il semble y avoir monopole, n'est-il, en réalité, qu'apparent. L. S.
VIDAUBAN. Com. du dép. du Var, arr. de Draguignan, cant. du Luc; 2.629 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M. Fabrication importante de bouchons et commerce de liège.
VIDAURRI (Santiago), général et homme politique mexicain, né en 1803, mort à Mexico en 4867. Vidaurri était gouverneur de la province du Nuevo Léon lorsqu'on 1856, il se révolta contre le gouvernement libéral de Comonfort. Le 18 nov. il faisait sa soumission, mais se soulevait de nouveau l'année suivante. Changeant d'orientation politique, il essayait, en 1858, de résister au gouvernement réactionnaire de Zuloaga et embrassait le parti de Juarez, dans lequel il se signala par ses violences et ses exactions. Il se fit battre, le 29 sept. 1858, à Ahualulco, par Miramon et Marquez. Cependant, grâce au triomphe des juaristes, il put se créer dans les provinces du Nuevo Léon et de Coahuila un gouvernement à demi indépendant. Au début de 1863, abandonnant Juarez, il essaya de gagner ces provinces à la cause de Maximilien. Prévenu par Juarez, il dut prendre la fuite. Rallié à l'empereur, il devint, en 1867, ministre de la guerre et des finances, puis président du Conseil avec le portefeuille des finances. 11 s'efforça de trouver de l'argent pour soutenir la monarchie aux abois. A la chute de Maximilien, Vidaurri se cacha dans Mexico, mais il fut arrêté le 8 juil. 1867 et fusillé sans jugement.
VIDE (Phys.). Le vide, que l'on sait faire, en physique, à peu près complètement, consiste dans l'absence de matière pesante. Ce vide contient encore le fluide par lequel la lumière et la chaleur se transmettent, c.-à-d. Véther; c'est donc un vide relatif. Pour obtenir un espace vide, le procédé le plus simple consiste à répéter l'expérience de Torricelli (V. Baromètre) : au sommet des tubes barométriques existe un vide très parfait que l'on appelle le vide barométrique ; il ne contient guère que de la vapeur de mercure quand le baromètre a été construit avec tout le soin possible. De nombreuses machines pneumatiques (V. ce mot et l'art. Trompe) ont été imaginées, soit pour faire rapidement un vide approché dans de grands volumes, soit pour pousser le plus loin possible la raréfaction des gaz dans de petits appareils ; on peut ainsi atteindre une pression d'un millième de millimètre de mercure. Pour aller plus loin, on a proposé de remplir d'abord Pappareil avec un gaz convenable, puis de faire le vide aussi parfait que possible à l'aide d'une trompe à mercure, puis d'absorber le restant du gaz par un réactif approprié, n'émettant pas de vapeurs.
Tout récemment, on a résolu d'une façon très élégante le problème suivant, en apparence insoluble (Dewar) : étant donné un tube de verre scellé, plein d'air, on propose d'y faire le vide aussi bien qu'avec les meilleures machines, sans l'ouvrir. On y arrive ainsi : le tube est préparé de façon à présenter en un certain point un étranglement qui permettra de le fermer à la lampe. On plonge une partie de ce tube dans de l'hydrogène bouillant ( — 238^) ; l'air contenu dans le tube se liquéfie d'abord, puis se solidifie, et à cette température la tension de l'air solide est voisine d'un millième de millimètre; on ferme alors à la lampe la partie étranglée du tube et dans la portion qui n'a pas été refroidie existe un vide aussi parfait que celui que donnent les meilleures trompes.
Pour mesurer le degré de vide, on emploie des dispositions analogues à celle qui a été décrite au mot (Jaugeage), c.-à-d. qu'on laisse rentrer dans l'espace vide du mercure bien privé d'air et que l'on mesure ensuite le volume de la bulle d'air que l'on trouve au-dessus du mercure en tenant compte de sa pression ; on applique alors la loi de Mariette ; ainsi l'on dit que dans un vase la pression était d'un millième de millimètre quand la bulle trouvée est 760.000 fois plus petite, sous la pression atmosphérique (760 millim.),que le volume du vase où elle se trouvait quand on avait fait le vide. On peut aussi apprécier le degré de vide par la difficulté que l'on éprouve à faire passer des étincelles électriques à l'intérieur. Ainsi, dans les vides poussés très loin, des bobines d'induction donnant à l'air des étincelles de lOà 15 centim. ne peuvent plus franchir une distance d'un millimètre.
VIDÉ (Blas.). Se dit des pièces représentées seulement par leurs bords et au travers desquelles apparaît le champ de l'écu.
VIDECOSVILLE. Com. du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant. de Quettehou; 130 hab.
VI DE IX. Com. du dép. de la Haute- Vienne, arr. et cant. de Rochechouart ; 869 hab.
VI DEL LES. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. d'Etampes, cant. de La Ferté-Alais ; 561 hab.
VI DE- ROC H ES. Petit meuble d'invention moderne (généralement corbeille ou vase) dans lequel on dépose le soir les objets que l'on porte actuellement dans la poche, clefs, couteaux, etc.
VI D E R I C ou V I D R I G, chroniqueur français, du xi® siècle, mort en 1065. Abbé des bénédictins de Toul, il a écrit une Vie de saint Gérard^ insérée dans le recueil des boUandistes.
VIDIEN (Anat.) (V. Ptérygoïde).
VI DIN. Ville de Bulgarie, ch.-l. de cercle, à 26 kil. de la frontière serbe, sur la rive dr. du Danube, au confl. de la Topolovitza; 14.551 hab. (princip. Bulgares). En face de la station de Calafatu du chem. de fer roumain. Port fluvial et place de commerce importante, comme entrepôt du commerce autrichien du Danube avec la mer Noire. De petits bateaux à voile pendant les hautes eaux remontent jusque-là. Industrie florissante et célèbre en Orient de filigranes d'or et d'argent, maroquinerie et cuir. Commerce de vins. La ville, située dans une plaine marécageuse, est malsaine : elle est divisée en trois parties : le faubourg moderne au bord du Danube, la cité entourée de murs (avec la mosquée d'Ahmed Pacha, le grand Bazar qui contient la tour de l'Horloge, et la citadelle qui date du moyen âge au bord du Danube). Ancien Bononia des Romains, VÛiné des Byzantins; elle fut conquise en 1396 par les Turcs ; le traité de Berlin (1879) la donna à la Bulgarie.
Le 28 oct. 1853, Omer Pacha commença les hostilités eu y traversant le Danube; en 1876 et 1877, Vidin servait de point de protection au corps d'Osman Pacha ; c'est de là qu'en 1877 il partit pour Plevna. A la suite du traité de Berlin, les fortifications de Vidin furent rasées en même temps que celles des autres villes de Bulgarie ; mais en 1885 elles furent rétablies, lors de la guerre serbo-bulgare.
VIDJANAGAR. Village de l'Inde, distr. de Ballari ; 6.954 hab. Lieu de pèlerinage annuel, sur l'emplacement de Hampi, jadis capitale du royaume des Narapati ou Vidjayanagar, dont les ruines couvrent 23 kil. q. Cette capitale, très populeuse, du plus puissant roi de l'tnde, de 1336 à 1565, faisait un commerce actif de diamants, soies de Chine, camphre, musc et poivre du Malabar. Il subsiste certaines parties de l'enceinte cylopéenne, des ruines de la magnifique pagode de Vichnou, des monolithes énormes, et deux temples formés de blocs de granit d'un volume stupéfiant.
BiBL. : J. Kelsall, Manuai of the Bellary district ; Madras, 1872.