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répandu et le plus populaire à cause de son extrême productivité pouvant aller jusqu'à 300 hectol. à i'heetare, puis viennent le Carignan, le Morrastel, le Terret noir, l'Espar, et celui qui donne le meilleur vin, le Cinsaut. Il faut y joindre les cépages riches en couleur, tels que le Jacquez, et surtout les hybrides Bouschet, parmi lesquels TAlicante Bouschet. Les vins rouges du Midi sont classés par ordre de mérite croissant en : 1^ vin de sable ; 2** vin de plaine ; 3" vin de demi-monlagne ; 4^ vin de montagne ; 5^ vins fins comprenant le cru de Saint-Georges près Montpellier. Les vins blancs sont produits par le Picquepoul blanc et gris, la Clairette, le Terret Bouret qui est pour les vins blancs ce que l'Aramon est pour les vins rouges. Le Midi produit aussi des vins spéciaux avec TAlicante ou Grenache, vins rouges, liquoreux, servant de base aux quinquinas, et vins pharmaceutiques. Les vins de muscats rouges et blancs sont aussi très réputés. Le Roussillon et le versant français des Pyrénées, dans les Pyrénées-Orientales, fournissent aux autres régions des vins de coupage, neutres, très alcooliques et très colorés.
Hors de France, la vigne est cultivée dans la plupart des pays tempérés. En Algérie et en Tunisie, on cultive la vigne comme dans le Midi delà France, mais FAramon y réussit mal, tandis que le Morrastel, TEspar donnent de meilleurs résultats. La vinification est très difficile dans ces pays à cause de la température élevée au moment des vendanges. Les vins algériens et tunisiens sont neutres, plus alcooliques et plus foncés que ceux du Midi français.
La Nouvelle-Calédonie, le Tonkin, Madagascar sont les seules colonies françaises où la culture de la vigne est possible. Dans ces deux derniers pays, des essais tentés à 1.200 jusqu'à d.600 m. d'alt. ont réussi, car à cette hauteur la vigne échappe à la pourriture, les pluies étant moins abondantes, et le repos hibernal de la plante est possible.
En Italie, paj^s où la consommation du vin est un luxe, on produit surtout des vins d'exportation. A la suite de la crise phylloxérique française en 4880,1a production italienne s'est élevée de 10 millions d'hectol. à 35 millions en 1896, dont les 3/4 étaient exportés en France. La fermeture du marché français à ces vins a produit une crise terrible dans les principales régions viticoles, Vénétie, Lombardie, Piémont, Toscane, Sicile. Les cépages les plus employés sont le Nebbiolo, le Dolcetto, le Barbara, le Corvina. Les vins rouges italiens, très colorés et très alcooliques, sont encore suralcoolisés. L'Italie possède quelques crus très renommés. Le Chianti, vin mousseux naturel ; l'Asti, dans le Piémont, également mousseux, mais inférieur champagnisé; le Lacrima Christi, ancien Falerne des Romains, poussé aux flancs du Vésuve, liquoreux, parfumé et mousseux.
L'Espagne a produit, en 1889, 35 millions d'hectol. de vin dont les 5/6 sont exportés. Ces vins sont surtout des vins de coupage foncés en couleur et alcooliques, produits par des cépages spéciaux, le Grenache, leXimenès, le Ferrar et le Bohal. L'Espagne a le monopole des vins de liqueur obtenus avec le Grenache, la Malvoisie, les muscats. Ces vins sont jaunâtres, bouquetés, riches en sucre et dosent de 16 à 'l 1° d'alcool ; ils développent rapidement le goût de raisin.
Le Portugal, après avoir eu ses vignobles à peu près détruits par le phylloxéra, a reconstitué les vignes situées sur les bords du Douro et du Minho ; elles sont plantées dans les terrains primitifs, notamment le silurien. Son vins le plus renommé est le Porto, vin liquoreux, très apprécié dans les régions du N. de l'Europe, mais le Portugal produit aussi des vins moins alcooliques et plus colorés, vins de coupage très recherchés.
La Grèce a développé son vignoble de 1885 à 1890, au moment de la crise française, notamment dans les îles Ioniennes. On produit là des vins rouges analogues à ceux du Portugal et des vins de liqueur, jaunes et alcooliques, genre Samos. Le Sultannia et le Corinthe sont
très répandus et servent à la préparation des raisins secs. Ces raisins ont servi pendant la crise phylloxérique à la préparation des vins de raisins secs. A l'heure actuelle, on reconstitue les vignobles en muscats destinés à la fabrication des vins de liqueur.
La Suisse possède un vignoble peu étendu, situé sur les coteaux exposés au midi, mais l'organisation viticole y est parfaite. Ses terres à vignes y atteignent une grande valeur. Dans le cant. de Vaud, on irrigue les vignes avec les eaux des glaciers des Alpes auxquelles on fait parcourir 25 à 30 kil. avant leur emploi pour les réchauffer. De grosses pierres de silicate recouvrent le sol pour empocher l'entraînement des terres par les eaux. Les vignobles les plus étendus sont ceux du lac de Neuchâtel et du lac de Genève jusqu'au pays de Sion. Le Fendant blanc et roux, véritable chasselas, dont la production atteint en Suisse 120 à 150 hectol. à l'hect., donne seulement là des vins blancs alcooliques, éthérés, jaunâtres, très estimés. Le Pinot, le Gamay, le Raùschling et le Riesling peu répandus complètent l'encépagement.
En Alsace, les ballons des Vosges portent de riches vignobles aux environs de Guebwiller, Thann, etc. Les vins produits là dans des sols gréseux ou granitiques sont secs, légers, cristallins et parfumés. On y rencontre associés les cépages allemand et suisse.
L'Allemagne du Sud seule possède quelques vignobles qui ne dépassent pas Collery en allant vers le N. Le Pinot Mtiî (Fruhburgunder), le Pinot fin [Spol Burgunder) , le Pinot gris (Rulander),
Dans l'Empire austro-hongrois, les vignobles sont très disséminés. Les vins rouges de ces vignobles sont peu connus, malgré la valeur des vins fournis par le Kadarka. Le Tokay ou Furmint produit, au contraire, des vins blancs liquoreux, comparables comme valeur aux grands vins blancs de France et d'Allemagne. Ces vins sont obtenus en laissant dessécher les raisins sur la souche. Les grains demi-secs pressés sous les pieds et filtrés dans un sac laissent échapper un sirop très sucré et très parfumé.
La Serbie, la Bulgarie, la Roumanie produisent des vins d'exportation avec les cépages les plus divers. La prospérité de leur vignoble est due en partie à une classe populeuse très importante qui consomme du vin. Le vignoble serbe comprend 40.000 hect., tandis que l'on compte 450.000 hect. en Bulgarie et 100.000 hect. en Roumanie. Ces pays jouissent du climat continental, et les vignes ont à souffrir de chaleurs excessives en été et surtout de froids rigoureux, qui nécessitent de recouvrir, chaque hiver, les souches d'une butte énorme de terre. La Turquie, la Perse où l'usage du vin est interdit, ne produisent que des raisins de table ou des raisins secs. Le Chaouch est fort répandu.
La Russie, dans ses provinces de Crimée, Bessarabie, Turkestan, Caucase, n'a pas moins de 150.000 hect. de vignes, comptantes de cépages locaux ou de cépages français, notamment de cépages bordelais, Cabernet- Sauvignon, etc. L'extension de ces vignobles est arrêtée par la pauvreté du paysan russe, qui ne peut consommer du vin, boisson de luxe pour lui. L'île de Chypre produit depuis longtemps des vins très renommés. Le vin de la Commanderie est justement célèbre.
En Chine et au Japon, les vignes sauvages sont très répandues, notamment dans certaines parties du Yesso (Vitis Coignetice).
L'Inde possède dans le Cachemire des Vitis vinifera très curieux, tels sont l'Opiman, le Schiradzouli, le Kawoori. Ce sont des raisins à grains énormes, raisins d'ornement avant tout.
L'Egypte a vu son vignoble disparaître en partie sous l'effet des maladies cryptogamiques. Les vins du Fayoum où dominent le muscat d'Alexandrie sont très renommés. Le Maroc, pays musulman, ne possède que des raisins de table.
A la suite de l'Edit de Nantes, les protestants émigrés
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au cap de Bonne-Espérance créèrent au S. de l'Afrique des vignobles encépagés de cépages français ou européens. Cette région a pu, pendant la crise phylloxériqiie dans le Portugal et TEspagne, produire des imitations Xérès et Porto, destinées à l'exportation anglaise.
Les vignobles australiens prennent un essor dangereux, notamment dans la Nouvelle-Galles du Sud et l'Etat de Victoria. Ils comprennent plus de 100.000 hect., et le but des viticulteurs australiens est de produire les vins alcooliques et colorés du Portugal, et à tort des vins bouquetés du Bordelais, avec les cépages même de ces régions. L'Australie a subi la crise phylloxérique qui n'a enrayé que momentanément l'extension de son vignoble.
Sous l'influence de la colonisation française, il s'est créé des vignobles importants et prospères dans l'Amérique du Sud, ancien centre d'exportation de nos vins de Bordeaux. Le Chili notamment est le seul pays qui ait pu produire des vins rappelant vaguement le bordeaux, dans ses vignobles complantés de Cabernet-Sauvignon. Ce pays ne possède pas moins de 160.000 hect. de vignes.
La province deMendoza, dans la République Argentine, compte 100.000 hect. de coteaux viticoles, irrigués pour la plupart, produisant des vins colorés, alcooliques, plus bouquetés peut-être que ceux du Chili. Le Pérou produit quelques vins de liqueur sur un millier d'hect. Au Chili et au Pérou, la vigne a deux ennemis terribles de ses racines : TAnguillule et le Margarodes vitium, sorte de cochenille des racines.
Au Brésil, la vigne pousse admirablement, mais la période des pluies coïncide avec la maturité du raisin qui pourrit entièrement. Des essais faits en Bolivie et dans l'Uruguay montrent la possibilité de cultiver la vigne en ses régions.
L'Amérique du Nord est le pays par excellence des vignes sauvages qui constituent les lianes de ses forêts. Au Mexique, les V. vinifera sont tués par les sécheresses d'août ou gelés en hiver. Dans l'extrême N., aux confins du Texas, on trouve toutefois le centre viticole d'El Paso.
Les Etats-Unis possèdent les domaines ^iticoles, les celliers et les vaisseaux vinaires les plus considérables du monde entier; malgré cela, la viticulture a subi des vicissitudes sans nombre, la maladie de Californie a détruit le centre de Los Angeles ; en revanche, dans le massif de Fresno, on produit des raisins secs parfaits, et ce pays est devenu le fournisseur exclusif du monde entier, au détriment de Malaga. Le peuple américain ne boit pas de vin à table; on a dû transformer la vendange en vins liquoreux. Des wine Company se sont formées et ont créé des usines de dessèchement du raisin, ou de concentration des moûts. Dans l'Etat de New York, le Concord, rives Seedling, le Catawba, hybrides du F. Labrusca, donnent des vins que l'on champagnise dans des cuves monstres. Mais la peau épaisse, la pulpe charnue et le goût foxé de ces raisins ne permettent d'obtenir que des vins de Champagne très inférieurs. La Caroline, la Géorgie, la Floride, cultivent une variété du F. rotundifolia^ le Scuppernong, dont les raisins peu sucrés ne donnent pas un vin suffisamment alcoolique si on ne sucre pas la vendange. Le développement du Scuppernong est considérable, et ce cépage exige une culture arborescente, aussi plante-t-on les pieds à 50 m. de distance ; à Roanoke, un seul pied occupe 1 hectare. P. V. et P. P.
VIGNOC. Com. du dép. d'Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes, cant. de Hédé ; 986 hab.
VI6N0L. Com. du dép. de la Nièvre, arr.deClamecy, cant. de Tannay ; 302 hab.
VIGNOLE ou VIGNOLES (Chem. de fer) (V. Rail).
VIGNOLE. Rivière du dép. de Vlndre (V. ce mot).
VIGNOLE (Giacomo Barozzio, dit), architecte et théoricien d'architecture italien, né à Vignola, près Modène, en 1507, mort à Rome en 1573. Ayant étudié sans succès la peinture à Bologne, puis la perspective, science dont il fixa les règles en un petit traité longtemps classique
dans toute l'Italie, Vignole vint, en 1535, à Rome, où il fut attaché à la cour pontificale sous les papes Paul III, Jules m et Pie V, et travailla pour le cardinal Alessandro Farnèse, petit-fils de Paul IIÏ. Le Primatice, véritable surintendant des beaux-arts de la cour de France sous François I^^, étant venu en Italie pendant les années 1539-40, chargea Vignole de surveiller le moulage d'un certain nombre de statues antiques et l'emmena en France, mais sans qu'aucune construction de ce pays puisse lui être attribuée. De retour à Rome, en 1542, Vignole releva les monuments antiques de cette ville pour l'Académie vitruvienne qui venait d'être fondée, donna à Bologne les dessins de l'achèvement de l'église San Petronio et de la façade de la Bourse, continua la construction du canal del Navilio et fit élever la maison Achille Boschi, dessina à Minerbio le beau palais du comte Isolani et, à Plaisance, le palais ducal, dont son fils Giaeinto surveilla l'exécution. Rappelé, en 1550, à Rome par le pape Jules m, il y dirigea d'abord les travaux de l'Acque Virgine, puis ceux de la villa si élégante et si voluptueuse, dite la (c Vigna diPapa Giulio», en dehors de la Porte du Peuple ; il fit construire, sur ses plans, les deux escaliers de la place du Capitole conduisant à l'Ara-Cœli et à la Roche Tarpéienne ; commença, en 1568, l'église du Gesu, continuée après sa mort par G. délia Porta, et attacha son nom à beaucoup d'autres travaux. Mais, avec la villa du pape Jules III, qui fut achevée sous la direction de Vasari et de l'Ammanati, la villa, dite aussi château ou palais de Caprarole, édifiée pour le cardinal Alessandro Farnèse, est regardée comme l'œuvre la plus remarquable de Vignole en même temps que sa création la plus savante et la plus originale. Cependant, plus encore que les constructions de Vignole, son traité d'architecture, édité pour la première fois en 1563, sous le titre de Regola delta cinqui Ordini d'Arckitettura, avec planches soigneusement gravées sur cuivre, et dans lequel l'auteur s'efforce d'établir les mesures exactes de chacune des parties des ordres et des espacements des colonnes, exerça une grande influence en Italie, et même dans toute l'Europe, et fit de cet architecte un des créateurs de ce style académique qui devait peser, pendant trois siècles, sur l'enseignement et le développement de l'architecture.
BiBL. : Eug. MÛNTZ, Histoire de l'art pendant la Renaissance ; Italie, III; Paris, 1895, in-4.
VIGNOLES. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. (S.) de Beaune; 275 hab.
VIGNOLES (Etienne de) (V. La Hire).
VIGNOLES (Charles-Blacker), ingénieur anglais, né en 1792, mort à Mythe, près de Southampton, le 17 nov. 1875. D'une famille de protestants français réfugiés, il servit quelque temps sous Wellington, puis se rendit dans l'Amérique du Nord et y eut une part active à la construction des premières lignes de chemins de fer. Il est connu surtout comme l'inventeur du type de rail à champignon dit rail Vignole (V. Rail, t. XXVIII, p. 195).
VIGNOLLE (Le comte Martin de), général français, né à Marsillargue, en Languedoc, le 18 mars 1753, mort en 1824. Entré au service au régiment de Barrois-Infanterie (1780), il devint capitaine en 1792 et fit la campagne sous Montesquieu. Chef d'état-major de Scherer à Borghetto, il est nommé général de brigade le 3 août à la bataille de Castiglione. Resté en Italie après Carapo Formio, il est ministre de la guerre de la république cisalpine. En 1798, il reçoit le commandement delaLombardie. Général de division (1800), il reste dans le Milanais jusqu'en 1802. Chef d'état-major de l'armée de Hollande, il dirige l'état-major du 2^ corps pendant la campagne de 1805 et accompagne Marmont en Dalmatie. En 1809, il est à la prise de Vienne, à Esling et à Wagram où un biscaïen lui enlève l'œil droit. Il commande les troupes restées en Italie pendant la campagne de 1812 et fait ensuite les campagnes de 1813 et 1814. Pendant les Cent-
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Jours il se retira dans sa famille, et lors de la seconde Restauration reçut le commandement de la i 8® division militaire à Dijon. Admis à la retraite le i^^ août 4815, il fut nommé préfet de la Corse en mars 1818.
VIGNOLLES. Corn, du dép. de la Charente, arr. et cant. de Barbezieux; 342 hab.
VI6N0LS. Corn, du dép. de la Corrèze, arr. de Brive, cant. deJuillac; 1.123 hab. Stat. de chem. de fer.
VIGNON (Claude), peintre et graveur français, né à Tours en 1 59 i, mort en 1670. Fils d'un valetde chambre des rois Henri III et Henri IV, il parcourut Tltalie où il choisit Le Caravage pour modèle. Après un voyage en Espagne, en 1623, il travailla pour le roi Louis XIÏI et le cardinal de Richelieu. Il fut élu membre et professeur de l'Académie en 1651. On lui doit : Adam et Eue (musée de Dresde) ; l'Adoration des Mages (musée de Lille) ; Joseph en prison (musée de Rouen) ; Sainte Cécile (musée de Toulouse) ; Jésus lavant les pieds de ses disciples, et Saint Jérôme (musée de Nantes) ; Jésus parmi les docteurs (musée de Grenoble) ; Sainte Catherine (musée de Rennes) ; Roi condamnant un vieillard et un Sacrifice (musée de Tours), etc. En toutes ces toiles, la composition est invraisemblable, le dessin boursoufflé, la couleur violente et dure. Des trente-quatre enfants issus de ses deux mariages, on connaît : Charlotte Vi~ gnon ; Nicolas Vignon ; Philippe Vignon, membre de l'Académie en 1667, et Claude- François Vignon, membre de l'Académie, mort en 1703. André Girodie.
BiBL. : Michel de Marolles, le Livre des peintres et graveurs, éd. de G. Duplessis.
VIGNON (Barthélémy), architecte français, né à Lyon en 1762, mort à Paris le 29 juil. 1846. Elève de l'Académie royale d'architecture sous David Leroy, Barthélémy Vignon fut l'inspecteur, puis le successeur, de Payet dans la direction des travaux de l'église Saint-Sauveur, à Paris (aujourd'hui démolie) ; remporta de nombreux prix dans les concours publics ouverts alors pour des tribunaux de paix, des monuments commémoratifs en l'honneur de l'armée et le monument de Desaix ; il composa de plus des projets de boucheries publiques et d'hôpital pour les aliénés. Il fut, de concert avec Barthélémy Thibault, l'architecte de l'Elysée Bourbon, pour le prince Murât ; du château de NeuîUy, pour la reine de Naples; du château et du parc de la Malmaison où il fit exécuter la grande serre et la bergerie, pour l'impératrice Joséphine ; de l'hôtel de la rue Conti et du château de Saint-Leu (aujourd'hui détruit) pour Lucien Bonaparte, et enfin, il fut chargé seul des agrandissements de l'hôtel de Caraman, rue de Babylone, pour M"^^ Cabarrus. Barthélémy Vignon avait ouvert un atelier dont l'élève le plus brillant fut son compatriote A -M. Chenavard (V. ce nom). Ch. Lucas. VIGNON (Pierre-Alexandre), architecte français, né à Paris le 5 oct. 1763, mort à Paris le i«^^ mai 1828. Cet artiste, qui a été plus d'une fois confondu avec le précédent, fut l'architecte du temple de la Gloire (aujourd'hui église de la Maddeine), à Paris. A la suite du concours en 1806 pour transformer, en monument en l'honneur de la grande Armée, l'église commencée par Constant d'ivry sous Louis XV, Napoléon I*'^ refusa d'agréer le projet, classé premier, dû à Beaumont et, de Tilsitt où il était alors, donna ordre de faire exécuter le projet classé troisième dû à Pierre Vignon. De 1816 à 1828, cet architecte dut modifier à nouveau l'édifice, dont le gros œuvre et une partie de la décoration étaient achevés, afin de lui rendre sa destination primitive d'église royale de la Madeleine, transformation qui fut terminée par Hervé, son inspecteur. P. Vignon fut inhumé dans l'église de la Madeleine où une plaque commémorative rappelle son concours. Ch. Lucas.
BiBL. : E.-L.-G. Charvet, Lyon artistique, Architectes, Notions biographiques et bibliographiques ; Lyon, 1^99, gr. in-8, port.
VIGNON (Noémi CiDior, veuve Constant, puis dame RouvFER, connue sous le pseudonyme de Claude), femme
de lettres et sculpteur français, née à Paris on 18oo, morte à Nice le 12 avr. 1888. Elève du sculpteur Pradier, elle épousa l'abbé défroqué Constant et, plus tard, Maurice Rouvier (V. ce nom). Elle exposa au Salon d'abord sous le nom de Constant, puis sous celui de Claude Vignon qu'elle obtint le droit de porter en 1865 et qu'elle a transmis à son fils Louis Vignon (qui a publié les Colonies françaises en 1885, et Algérie et Tunisie en 1887). Parmi les œuvres de Claude Vignon, citons : V Enfance de Bacchus (1852), Idylle (1855), Bacchus enfant (1869), Pêcheur à Vépervier (1878), et de nombreux bustes (de Gavarni, de Canova, de Im Fontaine, de Piouvier). Elle s'est fait connaître comme écrivain en pubHant des Salons et des romans (Jeanne de Manguet, en 1861, Un Drame en province, en 1863, Château- Gaillard, en 1874, Révoltée, en 1879, Une Parisienne, en 1882, Une Etrangère, en 1885, Vertige et Soldat, en 1889). Elle a collaboré à de nombreux journaux pour la critique d'art et la chronique parlementaire.
VI GNON ET, Com. du dép. de la Gironde, arr. de Libourne, cant. de Castillon ; 759 hab.
VIGNORY. Ch.-l. de cant, du dép. delà Haute-Marne, arr. deChaumont; 519 hab. (468 aggl.). Stat. de chem. de fer. — Importante baronnie à l'époque féodale, Vîgnory fut érigé en comté en faveur de Robert deLenoncourt|(1555).L'égliseSaint-Etienne (mon. hist.), construite en 1040, est un des plus beaux spécimens de style roman que possède la région ; on remarque, à l'intérieur, de belles sculptures des xiv® et xv® siècles, notamment un retable figurant les scènes de la Passion. Au-dessus de la ville se voient les ruines d'un château du xiii® siècle.
VIGNOT. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Commercy ; 1 .206 hab.
VIGNOUX-sous~LEs-Aix. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Saint-Martin-d'Auxigny ; 492 hab.
VIGNOUX-sur-Barangeon. Com. du dép. du Cher, arr. de Bourges, cant. de Vierzon- Ville ; 1.376 hab. Fabr. de jais et de peignes. Tour féodale.
VIGNY. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. de Marines ; 693 hab.
VIGNY-lès-Paray. Com. du dép. de Saône-et~Loire , arr. de CharoUes, cant. de Paray~le-Monial ; 416 hab.
VIGNY (Alfred-Victor, comte de), poète français, né à Loches (Touraine)le27 mars 1797, mort à Paris le 17 sept. 1863. Issu d'une famille de petite noblesse dont tous les membres avaient servi dans l'armée, il était fils d'un officier blessé pendant la guerre de Sept ans et de M^^^ de Baraudin, fille d'un chef d'escadre de la marine royale, personne d'une rare distinction physique et morale. Elevé à Paris, au collège, il fut un écolier mélancolique : sa sensibilité et son imagination le faisaient déjà souffrir. Son hérédité militaire et les gloires de l'épopée impériale le poussèrent de bonne heure dans l'armée : à l'âge de seize ans et demi, il était pourvu d'un brevet de sous-lieutenant dans les gendarmes rouges (1814), en même temps que Lamartine entrait aux gardes du corps.
La fuite des Cent-Jours et le retour de Louis X VIII sous la protection de l'étranger portèrent un coup mortel à ses illusions de gloire militaire ; ses facultés se tournèrent dès lors vers la vie intérieure et la rêverie poétique oîi l'engageait « un invincible amour de l'harmonie ». Il publia en 1822 un petit recueil de Poèmes qui passa inaperçu ; le profond poème de Moïse et la tendresse pénétrante d'Eloa datent de la même époque (ils ne parurent cependant, ainsi que le Déluge, qu'en 1826 dans les Poèmes antiques et modernes). Lié avec Victor Hugo d'une amitié d'artiste, plus enthousiaste que tendre, il partit en 1823 avec le titre de capitaine pour prendre part à la guerre d'Espagne ; il rêva de nouveau « d'appliquer aux actions les pensées qu'il aurait pu porter dans des méditations solitaires et inutiles » ; mais un nouveau désappointement l'attendait: sa brigade fut placée en réserve sur