VILLON ™" VILNA
d'Eusèbe de Laurière. Les éditions de l'abbé Prompsault (1832), de P. Lacroix (1854-66-77) et de L. Moland (1884) marquèrent des progrès sensibles. Mais l'édition définitive est celle de A. Longnon (1892), avec une excellente introduction bio-bibliographique. — Villon a été goûté et loué par Marot et par Rabelais. Puis de nouvelles modes littéraires le firent complètement oublier. Au XVII® siècle, Boileau, qui, sans doute, ne l'avait pas lu, proclama que Villon avait su, le premier, « débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers », peut-être parce que Patru avait dit auparavant : « Villon avait le goût aussi fin qu'on pouvait l'avoir pour son siècle ». Au XVII® siècle, maître François retrouva quelques admirateurs et fut l'objet de recherches savantes : Voltaire, le P. du Cerceau, La Monnoye, Lenglet-Dufresnoy, Daunou. Au XIX®, les romantiques en parlèrent avec intelligence (Philarète Chasles, Théophile Gautier), et les représentants de la tradition classique lui ont rendu justice (Nisard), peut-être à cause des fameux vers de Boileau. Baudelaire, Verlaine et leurs disciples Font, naturellement, considéré comme un précurseur. Ch.-V. L.
BiBL. : G. Paris, François Villon; Paris, 1901, in-12 (avec des renseignements bibliographiques), dans la Collection des Grands écrivains français. — M. Sciiwob prépare un ouvrap^e considérable sur Villon (1901).
VILLON COURT. Com. du dép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. de Châtel ; 140 hab.
VILLONS-LES-BuissoNs. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. de Creully ; 137 hab.
VILLORCEAU. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Beaugency ; 511 hab. — Le 8 déc. 1870 y fut livrée une sanglante bataille entre les Français commandés par Chanzy, et un corps d'armée allemande sous les ordres du prince Frédéric-Charles (V. Franco- Allemande).
VILLOSANGES. Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. de Riom, cant. de Pontaumur ; 901 hab.
Y IL LO SITE (Ânat.). Les villosiiés intestinales sont dQ petites saillies de la paroi interne de l'intestin grêle. Elles régnent du pylore à la fin de l'iléon et sont constituées par un prolongement du chorion de la muqueuse. Il y en a de formes différentes. Une artère les aborde et donne naissance à leur périphérie à un réseau capillaire sous-épithélial qui, à son tour, donne naissance à une ou deux veinules qui descendent dans le centre de la villosité pour aller rejoindre les veines sous-muqueuses. — Villosités utérines. Celles qu'on rencontre chez les animaux à utérus bicorne. — Villosités choriales (V. Allantoïde et Placenta). CD.
VILLOTRAN. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Beauvais, cant. d'Auneuil ; 181 hab.
VILLOTTE, Com. du dép. des Vosges, arr. de Neufchâteau, cant. de Lamarche ; 420 hab.
VILLOTTE (La). Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Joigny, cant. d'Aillant ; 218 hab.
VILLOTTE-devant-Louppy. Com. du dép. de la Meuse, arr, de Bar-le-Duc, cant. de Vaubecourt; 439 hab.
VILLOTTE-devant-Saint-Miïiiel. Com. du dép. delà Meuse, arr. de Commercy, cant. de Pierrefitte ; 313 hab.
VILLOTTE-Saint-Seine. Com. du dép. de laCôte-d'Or, arr. de Dijon, cant. de Saint-Seine-l'Abbaye ; 176 hab.
VILLOTTE-suR-OuRCE. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. de Châtillon-sur-Seine ; 181 hab.
VILLOUXEL. Com. du dép. des Vosges, arr. et cant. de Neufchâteau ; 144 hab.
VILLUIS. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Provins, cant. de Bray-sur- Seine ; 358 hab.
VILLY. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Sedan, cant. de Carignan ; 291 hab.
VILLY. Com. du dép. du Calvados, arr. et cant. (S.) de Falaise ; 325 hab.
VILLY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre, cant. de Ligny-le-Châtel ; 159 hab.
VILLY-BocAGE. Com. du dép. da Calvados, arr. de Caen, cant. de Villers-Bocage ; 549 hab.
V!LLY-EN~Auxois. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Vitteaux ; 540 hab.
VILLY-en-Trodes. Com. du dép. de l'Aube, arr. et cant. de Bar-sur-Seine; 329 hab.
VILLY-le-Bâs. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'Eu ; 287 hab.
VILLY-LE-Bois. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Troyes, cant. de Bouilly; 41 hab.
VILLY-LE-BouvERET. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. de Saint- Julien-en-Genevois, cant. de Cruseilles; 307 hab.
VILLY-le-Maréchal. Com. du dép. de l'Aube, arr, de Troyes, cant. de Bouilly; 125 hab.
VILLY-LE-MouTiER. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr,. de Beaune, cant. de Nuits-Saint-Georges ; 503 hab.
ViLLY-le-Pelloux. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. (N.) d'Annecy; 217 hab.
VILMAR (Augiîst-Friedrich-Christian), théologien et littérateur allemand, né à Solz (Hesse) le 21 nov. 1800, mort à Marbourg le 30 juil. 1868. Il fit ses études à l'Université de Marbourg, fut pasteur adjoint jusqu'en 1877, professeur a Hersfeld, membre des commissions de l'Eglise et des écoles, professeur à Hanau, directeur du gymnase de Marbourg (1833-50), professeur de théologie à l'Université de cette ville (1855) où il expliqua la , Bible et les Evangiles. En dehors de son action sur l'enseignement et la religion dans un sens rigoureusement orthodoxe et de ses écrits de théologie {Die Théologie devThalsachenwider die Théologie derRhetorik,iS^6), il doit sa réputation à ses ouvrages relatifs à l'histoire de l'ancienne littérature allemande, spécialement: Geschichte der deutschen Nationallitteratu?' (1845).
VÎLNA. I. Ville. — Ch.-l. du gouv. de Vilna (Russie occid.), à 118 m. d'alt., dans une vallée environnée par des collines de 250 m., à l'embouchure de la Vileika, dans la Viliia. En 1875 elle avait 86.668 hab. et ce chiffre a monté, en 1897, à 154.532 hab. (47 Vo juifs). Stat. des chem. de fer Saint-Pétersbourg- Varsovie, et Romny-Libau. La ville comprend huit faubourgsquis'étendent sur plusieurs kilomètres, le long des rives des fleuves (Antokol, Poplavy, Rossa, Saint-Stephane, etc.). Port fluvial. Sur la hauteur, ruines de l'ancien château princier des Jagellons ; monument du général Mouraviev ; 2 cathédrales russes, 32 églises russes, 14 églises d'autres cultes, 5 synagogues, 72 écoles-églises juives. On remarque spécialement la cathédrale russe de la Vierge (xiv® s., restaurée en 1868) et la cathédrale catholique de Saint-Stanislas (chapelle de marbre et bière en argent de saint Casimir) ; sur la vieille porte Ostrobramskaïa, une icône vénérée de la Vierge. Deux collèges de garçons, un de filles, écoles juives, séminaire, etc. Cinq journaux russes, section d'archéologie, sociétés de géographie, de musique, de médecine; bibhothèque et musée, hôpitaux, club d'échecs, etc. Fabrication de tabac, chapeaux, souliers, crayons, objets de fonte, brosses, boutons, gants, fleurs artificielles, etc. Commerce de coton, laine, toile, cachemire, porcelaine, objets d'or et d'argent. Par le fleuve et les chemins de fer, arrivages de bois de construction et céréales. L'eau est rare et mauvaise, les rues malpropres. Succursale de la Banque de Russie, banque commerciale de Vilna, deux sociétés de crédit. — Fondée en 1128, Vilna fut, de 1323 à 1795, la capitale du grand-duché de Lithuanie ; de 1803 à 1832, elle abrita une université polonaise. En 1812, Napoléon occupa la ville. Le 19 juil. 1831, les Polonais du général Gielgud y furent battus par les Russes.
IL Gouvernement. — Gouv. de la Russie occid., borné au N. par les gouv. de Kovno et Vitebsk, à l'E. par ceux de Vitebsk et de Minsk, au S. Minsk et Grodno, à l'O. Suvalki. Superficie: 42.530 kil. q. ; 1.591.207 hab. (1897). Sur la frontière S.-O. coule le Niémen qui y reçoit les eaux de la Viliia, de la Strava, de la Meretschanka, etc. Au N.-E., la frontière est formée par la Duna, qui y reçoit la Disna et la Druika. Les lacs nom-
VIF.NA — \ÏN
breux occupent 691 kil. q. On y exploite du granit, du gneiss, de la basalte, pierre à bâtir; gisements de fer, tourbe, lignite, argile, sources minérales, salines et sulfureuses. Les forêts occupent 933.137 hect. (30 ^/o du sol). Le sol est surtout composé de sable et de terre glaise. La population se divise en Lithuaniens, Polonais, juifs. Les Polonais y possèdent de grands biens terriens; daas les villes on trouve encore des Tatars. L'agriculture est la principale occupation des habitants (céréales, lin, chanvre, betteraves, tabac); nombreuses pépinières ; apiculture jadis florissante, encore répandue. On compte : n LOOO chevaux de petite taille, 560.000 veaux, 437 .000 moutons, 379.000 cochons, 30.000 chèvres. L'industrie est peu développée, et le commerce peu considérable. Distilleries d'eau-de-vie, brasseries, 10 manuf. de tabac, 5 fabr. de coton, etc. Les chemins de fer s'étendent sur 578 kil. Séminaire de professeurs à Molodetscho, 640 écoles primaires. Le gouv. de Vilna se divise en 7 cercles : Disna, Lida, Oschmiany, Svenziany, Troki, Vileika et Yilna. La capitale est Vilna.
VILORY. Com. du dép. de la Haute-Saône, arr. et cant. de Vesoul; 108 hab.
VILOSNES. Com. du dép. de la Meuse, arr.de Montmédy, cant. de Dun-sur-Meuse ; 417 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
VILVORDE. Ville de Belgique, prov. de Brabant, arr. de Bruxelles, à 11 kil. N. de cette ville, sur la Senne et le canal de Bruxelles à Willebrœck; 13.000 hab. Stat. du chem. de fer de Bruxelles à Anvers. — Ecole d'horticulture de l'Etat. Ecoles moyennes de l'Etat pour garçons et pour filles. Ecole de dessin. Etablissement de discipline et de correction militaire. Horticulture et arboriculture. Fabr. de passementeries, de produits chimiques, de chicorée; tanneries, brasseries, brosseries, meuneries ; munufact. de tabac. L'église Notre-Dame, de style ogival, construite au xiv® siècle, contient de beaux tableaux et de superbes stalles.
Histoire. — Vilvorde est cité dans des documents de l'an 700. Le duc de Brabant y érigea en 1375 un château fort important qui devint le dépôt des chartes du duché et servit aussi de prison d'Etat. Cet édifice fut démoli en 1774. Les armoiries de Vilvorde sont: De gueules à une porte de ville d'or, à porte hersée, percée d'embrasures, couverte d'un toit à lucarnes, accostée de deux tourelles girouettées et flanquée de deux petites bannières.
VIMARCÉ. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Laval, cant. d'Evron ; 810 hab. Ruines du château de Courtaliéru (xi® s.), incendié par le célèbre capitaine Ambroise de Loré (V. ce nom).
VI M BELLE. Riv. du dép. de la Corrèze (V. ce mot).
VIMEIRO. Village de Portugal, distr. de Lisbonne (Estrémadure), sur le rio de Alcabrichelle, près de l'embouchure de ce fleuve côtier dans l'Atlantique ; 652 hab. — Victoire de V^ellington sur Junotle21 août 1808.
VIMENET. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Millau, cant. de Laissac ; 732 hab.
VI M EN IL. Com. du dép. des Vosges, arr. d'Epinal, cant. de Bruyères ; 307 hab.
VI M EU. Le Vimeu ou Vimeux est un pays de l'ancienne Picardie qui tire son nom du pagiis Viminacus. Saint- Valéry-sur-Somme était, au moyen âge, la capitale du Vimeux. La désignation de Vimeux s'applique aujourd'hui aux plateaux crayeux qui s'étendent entre les vallées de la Somme et de la Bresle. Le Vimeux, qui confine au pays de Caux, au pays de Bray, au Ponthieu, comprend 5 cant. : Moyenne ville, Ault, Gamaches, Saint- Valéry-sur- Somme, Hallencourt, et une partie du cant. d'Oisemont (dép. de la Somme, arr. d'Abbeville et d'Amiens). Les villages du Vimeu sont environnés de bosquets d'ormes et d érables, et de vergers qui les abritent contre les vents de la mer. La plupart des habitants du Vimeu sont à la fois cultivateurs et serruriers. L industrie de la
serrurerie, qui est spéciale au pays, a pour principaux centres : Escarbotin, Brutelles. Bourseville, Belloy.
BiBL. : Ch. LouANDRE, la France du Nord, dans Rev. des Deux Mondes, juil. 1873, pp. 44 et suiv. — Ardouin- DuMAZET, Voyage en France, l7« sér., pp. 307, 335.
VIMINACIUM (Géogr.) (V. Mlava).
VI MIN AL. Une des collines de Rome (V. ce mot).
VI NI IN ES. Com. du dép. de la Savoie, arr. de Chambéry, cant. de La Motte-Servolex ; 997 hab.
VI MONT. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. de Troarn ; 172 hab.
VIMORY. Com. du dép. du Loiret, arr. et cant. de Montargis ; 863 hab.
VIMOUTIERS.Ch.-l. de cant. du dép. de l'Orne, arr. d'Argentan, sur la Vie ; 3.539 hab. (2.430 aggl.). Stat. de chem. de fer. Ateliers de constr. mécanique; fabr. de toiles. Grand commerce de fruits et de fromages de Camembert. Maisons en bois du xvi® siècle.
VI M PELLES. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Provins, cant. de Donnemarie-en-Montois ; 534 hab. Stat. du chem. de fer de TEst. Eglise (xiv-xvi® s.) avec clocher Renaissance.
VI M Y. Ch.-l. de cant. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras ; 1.925 hab. Stat. du chem. de fer du Nord.
VIN. I. Technologie. — Les raisins amenés au cellier sont vinifiés, c.-à-d. transformés, grâce à la fermentation du sucre, en boissons plus ou moins alcooliques désignées sous le nom générique de vins. Les différentes pratiques qui président à cette transformation constituent la vinification.
Opérations préliminaires. — Avant leur introduction dans la cuve, les raisins subissent différentes manipulations : l'égrappage et le foulage. Végrappage consiste à débarrasser les raisins de leurs rafles avant de les jeter dans la^cuve. On égrappe de trois manières différentes : 1*^ au trident; 2^ à la trémie ; 3° au moyen de machines. Dans l'égrappage au trident, on se sert d'une espèce de fourche ou bâton à trois branches avec lequel on remue la vendange dans le récipient où elle est contenue jusqu'à ce que les grains tombent au fond, tandis que les grappes montent à la surface. Dans l'égrappage à la trémie, on promène vigoureusement les grappes sur une claie en bois ou un grillage en osiers. Les grains passent à travers les trous et les rafles restent sur la trémie. Dans les machines égrappeuses le raisin tombe dans un grand cylindre, dont la partie inférieure est constituée par un crible percé de trous suffisamment grands pour que les grains écrasés et détachés de la grappe puissent facilement s'échapper avec le moût. A l'intérieur du cylindre, un arbre muni de palettes disposées en hélice est mis en activité et déchiquette les grappes. L'égrappage remplace le triage lorsque cette opération n'a pas été faite. Il élimine les raisins desséchés, cochylisés, feuilles, etc. Le foulage ou écrasement du raisin met en liberté les jus sucrés renfermés^ l'intérieur des grains, facilite l'aération et permet la diffusion de la matière colorante et des extractifs contenus dans les marcs. Dans le cas où cette opération n'est pas pratiquée, les fermentations sont incomplètes et, au pressurage, le vin sort encore sucré. La vendange broyée est introduite dans la cuve où se fera la fermentation. Ce récipient ne doit pas être complètement rempli, car le moût bouillonne pendant la fermentation etpourrait s'échapper hors du récipient.
Composition chimique des moûts. — Meaumné, dans son Travail des vins, donne le tableau suivant pour la composition moyenne d'un litre de jus de raisin :
Eau 830 à 860
Sucre de raisin
Gomme
Mucilage
Pectine
Matières grasses ) 30 à 20
Huiles essentielles i
Matières indéterminées, appelées vague- \
ment extrait !
Albumine végétale et matières azotées ;
VIN
Tartrates et \ racémates. '
Citrates j ^ '
Malates...
Sulfates Azotates
J^-| f Silicates.
[ Chlorures
Bromures
lodures
Fluorures
potasse, soude .. .
chaux.. .
magnésie . . . .
alumine
oxyde de fer.
ammoniaque.
Acide tartrique. . .
— racémique.
— citrique
— malique
Cette composition varie avec l'année, le cépage, la taille, le terrain, le climat et la maturité des raisins. Etudions l'influence respective des principaux éléments du moût. L'eau tient en dissolution les autres principes et représente les quatre cinquièmes du moût. Le sucre fournit l'alcool et les produits de la fermentation, glycérine, acide succinique, acides volatils, etc. Le sucre de raisin est formé de deux glucoses, la dextrose et la lévulose, qui existent en quantités à peu près égales à la maturité. L'acidité du moût oscille entre 5 gr. et 15 centigr. par litre exprimé en acide tartrique; cette acidité est formée d'acides fixes, qui sont les acides tartrique, malique, succinique, citrique et, d'un sel acide, le bitartrate de potasse ou crème de tartre. L'acidité des moûts permet à la fermentation alcoolique de transformer le moût en vin ; elle aide à la dissolution de la matière colorante qu'elle avive et rend stable. Les matières azotées et notamment les matières albuminoïdes constituent les principes nutritifs du moût que la levure et les ferments de maladie lui empruntent. Le tannin précipite la plus grande partie des matières albuminoïdes (albuminoïdes et peptones) contenues dans le vin.
Avec le moût on introduit à la cuve les pépins, les pellicules, les rafles. Les pépins n'ont pas grande importance en vinification ; leur enveloppe renferme surtout du tannin qui se dissout partiellement. Ils renferment aussi des huiles essentielles que l'on doit éviter de mettre en liberté en les écrasant, car elles donneraient une saveur désagréable au vin. La peau, formée de cellules cellulosiques aplaties, renferme du tannin, une matière colorante rouge violacé pour les vins rouges, jaune pour les vins blancs, soluble dans l'eau alcoolisée ou acidulée. Elle est riche également en crème de tartre. La rafle est composée de tissus très aqueux avant la maturité, tissus riches en acides malique, oxalique, tartrique, et en sels, bitartrate de potasse, etc. La teneur en tannin est aussi très élevée. Voici, d'après Aimé Girard et Lindet, ce que 100 kilogr. de grappes apportent à la cuve, pour l'Aramon, par exemple :