V. Statistique et commerce. — On trouvera à
VIN
l'art. France, t. XVII, pp. 4011 à 1013 et à Fart. Europe, t. XVI, p. 830, des statistiques détaillées et comparatives de la production du vin. En 1900, cette production a dépassé, pour la France seule, 63 millions d'hectol., égalant celle des meilleures années qui ont précédé l'invasion phylloxérique. Le seul département de l'Hérault entre, dans le total, pour plus du sixième, ceux de l'Aude et de la Gironde pour près du dixième chacun. L'Algérie a donné, de son côté, la même année, 5 millions et demi d'hectol. Aussi les importations en vins étrangers, qui ont atteint jusqu'à 12 millions d'hectol., étaient réduites à 3 millions d'hectol. L'exportation, par contre, ne s'est pas relevée : 2 millions d'hectol. à peine en 1900. Mais sa valeur est très grande : 230 millions de fr. environ, le quart de celle de notre production totale. Elle ne se compose guère, en effet, que de vins de luxe : 25 millions de bouteilles de vin de Champagne et autres vins mousseux, notamment. Quant à la consommation, elle atteint, dans les pays producteurs et dans le dép. de la Seine, qui, sous ce rapport, les égale, s'il ne les surpasse, une moyenne de 0^^*,60 à 0^^*,70 par tête d'habitant et par jour. Dans la Flandre, en Normandie et en Bretagne, au contraire, la consommation tombe d'une moyenne de 12 à 13 lit. par tête et par an (8 lit. dans les Côtes-du-Nord et la Manche).
Les principales places commerciales sont, en France, pour les vins : Paris, Rouen, Le Havre, Nantes, Bordeaux, la Rochelle, Béziers, Cette, Montpellier, Carcassonne, Narbonne, Nîmes, Marseille, Dijon, Lyon, Mâcon, Beaune, Reims, Orléans. Peu d'autres commerces emploient plus d'intermédiaires : négociants en gros et en demi-gros, commissionnaires, courtiers, débitants, sans parler des nombreux voyageurs, placiers et autres représentants. Les négociants en gros et en demi-gros achètent les vins aux propriétaires récoltants, à la mesure, ou aussi, quelquefois, dans le Midi, par 100 kilogr. (un peu plus d'un hectolitre), ou encore, pour certains vins communs qui n'ont de mérite que leur teneur en alcool, à tant le degré. Ils les traitent, les coupent et, finalement, les conservent jusqu'au moment le plus favorable à leur expédition, pour les écouler ensuite par pièces, feuillettes, demi-pièces, quarts, paniers pour les vins fins. Ils sont actuellement 29.000, tous soumis aux recensements de la régie. Les uns font leurs achats eux-mêmes. D'autres y emploient des commissionnaires ou courtiers, dégustateurs de profession en général, qui ont une grande expérience des localités et des produits et qui les mettent en rapport avec les producteurs. Tantôt les courtiers sont responsables de l'exécution du marché, et alors la vente est parfaite dès qu'il y a accord entre eux et le vendeur. Tantôt ils opèrent sans responsabifité, et alors la vente n'est définitive qu'après que le mandant l'a ratifiée. Le droit de courtage varie avec l'usage des lieux. Il est, dans la Gironde, de 2 °/o du montant brut de la vente et payable par le vendeur. Auprès des tribunaux de commerce existent des « courtiers assermentés », qui ont le monopole des ventes publiques. A part ce!a, les courtiers ne sont plus, comme autrefois, des officiers ministériels : le courtage est libre (V. Courtage). Les négociants en gros revendent, soit directement au public, soit aux détaillants. Ceux-ci, qui n'étaient en 1899 que 350.000, sont aujourd'hui 440.000, dont 15.000 à Paris.
Les négociants en gros sont groupés, dans les principaux centres, en chambres syndicales. Paris en compte deux : V « Union du commerce, des vins et spiritueux » et la « Chambre syndicale du commerce en gros, des vins et spiritueux de Paris et du dép. de la Seine ». La grande majorité de ces chambres sont elles-mêmes fédérées en un vaste « Syndicat national du commerce en gros des vins et spiritueux de France », dont le siège est à Paris et qui publie un Bulletin trimestriel. Un bureau permanent suit les affaires intéressant la corporation, s'occupe des projets de loi, procès, etc. Les débitants sont
groupés, de leur côté, en diverses unions syndicales. Les principales sont, à Paris : le « Syndicat des débitants de vins du dép. de la Seine », V « Union syndicale des débitants de vins et liquoristes », la « Corporation des marchands de vins de Paris », le « Syndicat des cavistes et liquoristes de Paris », 1' « Union syndicale des débitants de vins et liquoristes de Paris et de la banlieue », la « Chambre syndicale des vins en bouteilles ». L. S.
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