VINASSE — VINCENNES
en potasse, tel est le cas pour celles de mélasses, elles sont le plus avantageusement évaporées, et leur résidu incinéré donne les salins. La teneur en eau varie ordinairement entre 85 et 93 7o. En dehors de la fabrication des salins, les vinasses sont utilisées presque exclusivement comme engrais ; on les conduit directement sur les prairies, où on les laisse se déposer au préalable dans des bassins de décantation ; le liquide clair, sortant des bassins, est employé en fumure directe ; à l'état sec, il renferme environ 2,5 à 5 '^/o d'azote à l'état organique. Souvent enfin l'acidité des vinasses est suffisante pour nuire à la végétation, et une saturation par la chaux, le carbonate de chaux ou le phosphate tribasique de chaux, est nécessaire avant l'évacuation sur les terrains d'épandage. J. T.
VINAX. Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Saint-Jean-d'Angély, cant. d'Aulnay ; 167 hab.
VINAY. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Isère, arr. de Saint-Marceilin ; 2.684 hab. (1.539 aggl.). Stat. du chem. de fer P.-L. -M. Fromages àits de Saint-Marceilin; fabr. de boutons de nacre.
VINAY. Com. du dép. de la Marne, arr. et cant. d'Epernay ; 455 hab.
VINAY (Parchappe de) (V. Parchappe de Vinay). VINAYA PiTAKA (Le) (Litt. bouddhique) (V. PAli). VINCA (Bot. et Hortic.) (V. Pervenche).
VINÇA. Ch.-l. de cant. du dép. des Pyrénées-Orientales, arr. de Prades ; 1.574 hab. (1.432 aggl.). Stat. du chem. de fer du Midi. Eaux minérales sulfurées sodiques (23« C).
VINÇARD (Pierre), publiciste français, né à Paris en 1820, mort à Saint-Maur-les-Fossés le 18 nov. 1882. Ouvrier, puis libraire, il se lança ensuite dans le journalisme, collabora à la Presse, à V Illustration, au Bienêtre universel, à la Ruche populaire. Il a publié une très intéressante série de monographies ouvrières sous le titre : Histoire du travail et des travailleurs en France (Paris, 1845-47, 3 vol. in-8) ; le Banquet des sept gourmands, Roynan gastronomique (iSo3, in-12) ; les Ouvriers de Paris. Alimentation (1863, in-12). — On Ta presque constamment confondu avec son oncle Vinçard aîné, qui fonda la Ruche populaire en 1839 et acquit une certaine réputation de chansonnier, affilié au saint-simonisme. Celui-ci a donné : F Avenir est là (1835, in-fol.) ; Ça viendra (1833, in-12) ; Chants saintsimoniens (1832, in-8) ; V Avenir est à nous (1833, in-4) ; Foi nouvelle (1834, in-32) et Mémoires épisodiques d'un vieux chansonnier saint-simonien (1878, in-12).
VINCELLE (Grivaud de La) (V. Grivaud).
VINCELLES. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le- Saunier, cant. de Beaufort ; 545 hab.
VINCELLES. Com. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. de Dormans ; 619 hab.
VINCELLES. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. et cant. de Louhans ; 472 hab.
VINCELLES. Com. du dép. de l'Yonne, arr. d'Auxerre, cant. de Coulangcs-la- Vineuse ; 780 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.~M. Château du xvni^ siècle.
VI NCELOTTES.Com.dudép.derYonne,arr. d'Auxerre, cant. de Coulanges-la- Vineuse ; 451 hab.
VINCENNES (Vilcena). Ch.-l. de cant. du dép. de la Seine, arr. de Sceaux; 27.450 hab. (22.949 aggl.). Stat. du chem. de fer de Paris (Bastille) à Brie-Comte-Robert et à Villeneuve-l'Etang : nombreuses lignes de tramways en relations avec Paris, Nogent-sur-Marne, Ville-Evrard, Bry-sur-Marne, Saint-Maur, Champigny, etc. L'origine du nom de Vincennes n'a pas été expliquée ; la forme Vilcena, sous laquelle on la rencontre pour la première fois dans un diplôme authentique de 847, doit appartenir à la langue celtique, mais sa signification demeure inconnue, et toutes les hypothèses mises en avant à ce sujet sont, pour le moins, téméraires. C'est Louis VII qui, le pre-
tlRÂNDK ENCYCLOPÉDIE. — XXXI.
mier, bâtit un manoir — qui devait être surtout un rendez-vous de chasse— au milieu des bois qui, de ce côté, dominent la vallée de la Marne. Philippe-Auguste y fit construire une résidence plus spacieuse, où saint Louis se plut à venir. Joinville, témoin oculaire et tout à fait digne de foi, a consacré l'histoire du chêne sous lequel le roi rendait la justice : « Maintes fois ai vu que le bon saint, après qu'il avoit ouï messe en esté, il se alloit esbattre au bois de Vincennes et se seoit au pied d'un chesne et nous faisoit asseoir tout auprèsluy. Et tous ceux qui avoient affaire à luy, venoient à lui parler sans ce que, aucun huissier ne autre leur donnast empeschement ». Au commencement du xiv^ siècle, le château de Vincennes vit mourir Jeanne de France, femme de Philippe le Bel, en 1304, Louis X, dit le Hutin, en 1316, Pilippe V en 1322, Charles le Bel en 1328. L'édifice actuel date de Philippe VI de Valois et de ses successeurs immédiats; c'est dire qu'il appartient, dans son ensemble, à la seconde moitié du xiv^ siècle. Charles V y était né en 1337, Fannée même où son aïeul entreprenait la reconstruction, et il fit de Vincennes sa résidence favorite. Parmi les personnages célèbres morts à Vincennes sous l'ancien régime, il faut citer encore Henri V, roi d'Angleterre et se disant roi de France (1422), Charles IX (1574), le maréchal d'Ornano (1626), le cardinal Mazarin (1661).
Louis XI est le premier à avoir utilisé le donjon comme prison d'Etat. Les détenus qui y ont été enfermés sont, pour la plupart célèbres : le prince de Condéen 1617, et, pendant la Fronde, le grand Condé, le prince de Conti et le duc de Longueville, le cardinal de Retz, Fouquet, Latude qui y exécuta une de ses nombreuses évasions ; Diderot, Mirabeau. En 1784, la prison de Vincennes, qui était considérée comme une succursale de la Bastille, fut supprimée, et ses trois uniques hôtes furent transférés dans cette dernière forteresse ; c'étaient le marquis de Sade, le comte de Solages et un nommé de Whyte, tous trois en état de démence ; ils furent délivrés le 14 juil. 1789.
Après la Révolution, Vincennes joua un rôle plus effacé. Le 20 mars 1804, Bonaparte y fait fusiller, après un jugement sommaire et au mépris de toute légalité, le duc d'Enghien, arrêté quelques jours auparavant dans le grand-duché de Bade, territoire neutre; en 1814 et en 1815, le vaillant général Daumesnil, dit la Jambe de Bois, défend héroïquement la place contre les armées alliées ; en 1816, Louis XVIÏl fait exhumer les restes du duc d'Enghien qui sont déposés avec honneur dans un mausolée construit par Deseine. A de rares intervalles quelques prisonniers politiques y sont encore incarcérés, Polignac, Peyronnet, Barbés, Raspail ; puis le château perd absolument ce rôle et devient ce qu'il est encore aujourd'hui, un centre éminemment miUtaire, ayant pour commandant d'armes un général d'artillerie.
Tel que les siècles nous l'ont transmis, le château de Vincennes demeure un des spécimens les plus importants de l'architecture militaire du moyen âge. Sa description est aisée à faire : c'est un rectangle, long de près de 400 m. sur 220 de largeur ; l'enceinte dont il est formé était flanquée de tours carrées qui ont été abattues, sans qu'on sache pourquoi, par ordre de Napoléon P^. Seuls sont restés debout la tour d'entrée et le fameux donjon, haut de 52 m. Tous ces bâtiments, avons -nous dit, datent du XI v^ siècle, à l'exception de la sainte chapelle, charmant édifice en gothique flamboyant du commencement du xvi^ siècle, et des deux pavillons, dits du Roi et de la Reine, qui se font vis-à-vis au fond de la grande cour, du côté opposé à l'entrée principale, et qui datent de 1660 environ.
La ville de Vincennes n'était jadis qu'un hameau, sous le nom de laPissotte, et dépendait de la paroisse de Montreuil; elle ne devint paroisse qu'en 1669. Sa population a considérablement augmenté, surtout depuis une cinquantaine d'années.
Le bois de Vincennes, émule du bois de Boulogne, est