VINCENNES — VINCENT
une des promenades favorites des Parisiens ; il a été cédé par l'Etat à la ville de Paris en vertu d'une loi du 24 juil. 1860, et c'est Alphand qui a présidé à sa transformation. En réalité, il se compose de deux parcs, coupés par le terrain nu du polygone. Les plus jolies parties sont celles qui avoisinent les lacs de Saint-Mandé et Daumesnil, du côté de Paris, le lac des Minimes, du côté de Nogent. Fernand Bournon.
Asile national de Vingennes. — Destiné aux ouvriers convalescents, comprenant 420 lits, inauguré le 31 août 1857 et administré sous l'autorité immédiate du ministre de l'intérieur, il reçoit non seulement des ouvriers des chantiers des travaux publics de la Seine ou faisant partie d'une société de secours mutuels abonnée avec l'asile, mais encore des convalescents envoyés par les hôpitaux de Paris et de la banlieue ou par les bureaux de bienfaisance de Paris. Il existe également un prix de journée. L'asile a à Paris 17 maisons à 5 étages. Un directeur, trois médecins, trois internes. D'' L. Hn.
Ecole d'administration militaire de Vingennes (V. Ecole, t. XV, p. 42i).
BiBL. : L'abbé Lebeuf, Histoire du diocèse de PariSy t. II, pp. 403-16 de Tédit. de 1883.— Poncet de la Grave, Mémoires intéressants... sur Vincennes et ses dépendances; Paris, 1788, iii-l2. Cf. les Guides et autres ouvrages sur les environs de Paris.
VINCENT. Com. du dép. du Jura, arr. de Dole, cant. de Chaumergy ; 400 hab.
VI NCENT (M«^«), femme peintre fr. (V. Guiard [M'"^!).
VINCENT ( Alexandre- Joseph-Hidulphe), mathématicien et érudit français, né à Hesdin (Pas-de-Calais) le 20 nov. 1797, mort à Paris le 26 nov. 1868. Il fut d'abord professeur de physique et de chimie à Reims, puis de mathématiques spéciales au lycée Saint- Louis., à Paris. Une série de travaux très intéressants sur l'histoire des mathématiques l'amenèrent à approfondir la géométrie des Grecs, puis à étudier leur notation musicale, et il pubha sur ces deux sujets une série de notes qui lui valurent d'être élu en 1850 membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Les Notices des manuscrits grecs relatifs à la musique (1847), qui contiennent une traduction complète de V Anonyme (V. Bellermann et Musique, t. XXIV, p. 607), et les Extraits des manuscrits relatifs à ta géométrie pratique des anciens Grecs (1858) sont les plus connus. On lui doit encore : Essai d'une théorie du parallélogramme de Watt (Lille, 1838), et nombre de mémoires sur les mathématiques, la physique, l'archéologie grecque, parus dans les Annales de Gergonne, les Nouvelles [Annales de mathématiques, le Journal de Liouville, la Revue archéologique, les Mémoires de la Société des antiquaires, etc.
VINCENT (Isabeau) (V. Bergère de Crest).
VINCENT de Beauvais, savant dominicain, né vers 1190, mort après 1260, peut-être en 1264, à Beauvais vraisemblablement. C'est par erreur qu'on Ta dit originaire de Bourgogne et aussi évêque de Beauvais. Il était dominicain déjà lorsque en 1228 saint Louis fonda l'abbaye de Royaumont où il se peut qu'il ait été lecteur. En 1246, il fut un des deux religieux chargés de réformer l'hôpital de Beauvais. Il est probable qu'il s'était fait remarquer par son enseignement et sa prédication, lorsqu'il devint un des familiers de saint Louis, peut-être le lecteur de la famille royale et pour ainsi dire son bibliothécaire. Ce qui est certain, c'est qu'il com.posa, à la demande de la reine, son De eruditione filiorum regaliiim (ou puerorum) ; édité à Bâle en 1481, avec le « Traité de la consolation » adressé par Vincent au roi qui venait de perdre un de ses fils (1260) et trois autres petits traités. Mais le grand ouvrage de Vincent de Beauvais, celui auquel il doit sa célébrité, est sa vaste encyclopédie, faite au point de vue théologique, mais qui renferme toute la science de son temps, et appelée dans les manuscrits : Bibliotheca Mundi, Spéculum majus, Spéculum triplex. Il
se compose de trois parties : 1° le Spéculum naturale, cours d'histoire naturelle terminé par un livre qui est une conclusion sur les principaux faits de l'histoire jusqu'en 1250 (avec addition pour 1253) ; 2^ le Spéculum doctrinale (Miroir scientifique), composé en dernier lieu et qui traite des sciences et des lettres ; 3*^ le Spéculum historiale, histoire universelle s'arrêtant à 1244, mais qui fut ensuite conduite par Vincent jusqu'en 1250 et même 1253, cette troisième partie, qui a une certaine valeur à partir de 1223, bien qu'on y trouve des emprunts à Rigord, à Guillaume le Breton, à Robert de Saint-Marien, constitue un document original, principalement en ce qui concerne le règne de Louis VIII, et donne aussi, comme la deuxième, de précieux renseignements sur l'histoire littéraire ; elle a été traduite en français par Jean du Viguay (Paris, 1495-96, 5 vol. in-fol.). Les diverses parties du Spéculum majus ont été imprimées ensemble ou séparément bien des fois au xv® siècle, et d'abord à Strasbourg peut-être dès 1468. La dernière édition complète est celle de Douai, 1624, en 4 vol. in-fol. Des fragments du Spéculum historiale ont été insérés dans les t. X, XI et XXI des Historiens de France et dans le t. XXIV de la Collection de Pertz. On a longtemps considéré Vincent comme l'auteur d'un quatrième Spéculum, dit Morale; c'est l'œuvre, faite après 1310, d'un inconnu qui a beaucoup copié saint Thomas d'Aquin. Parmi les autres ouvrages qui lui ont été attribués avec plus ou moins de certitude, il en faut citer un inédit, le De morali principis institutione, où il trace les devoirs non seulement des rois, mais de tous les fonctionnaires, puis l'abrégé qu'il fit lui-même vers 1244, sous le titre de Memoriale, de son Spéculum historiale (partie postérieure à 1253 éditée dans Pertz, t. XXIV, pp. 157-162).
BiBL. : Daunou, Vincent de Beauvais, dans Hist. litt. de la Fr., t. XVIII, pp. 449-519 (cf. XXX, 365 et 378 et XXXII, 745-48). — Abbé J.-B. Bourgeat, Etudes sur Vincent de Beauvais; Paris, 1856, in-8. — D"- Desbarreaux-Bernard, Etude bibliographique sur l'édition du « Spéculum quadruplex », dans Bull, du Bibliophile, 1872, t. XXXIX, pp. 97-119. ~E. BouTARic, Vincent de Beauvais et la Connaissance de l'antiquité classique au xiii« siècle, dans Rev. des Quest. hist., 1875, t. XVII, pp. 5-57. - W. Gass, Zur Geschichte der Èthih, Vincenz von Beauvais und das Spéculum morale, dans Zeitschrift fur Kirchengeschichte, 1, 1877, pp. 365-96 et II, 1878, pp. 332-65 et 510-36.
— G. VVaitz, Ûeber kleine chroniken des dreizehnten Jahrhunderts, dans Neues Archiv., 1878, pp. 49-58 (cf. 1879, 437-39J. — R. Friedrich, Vincentius von Beauvais als Padagog... ; Leipzig, 1883, in-8. — Th.-Fr. Crâne, The exempta of Jacques de Vilry ; Londres, 1890, in-8, passim.
— B. Hauréau, dans Notices... de mss. lat. de la Bibl. Nat., 1892, particulièrement t. V, pp. 110-115, in-8. — Th, LiNDNER, Der Chronographus bei Vincentius von Beauvais, dans Zeitschrift der Archiven Geschichlsvereins, 1892, t. XIV, pp. 208-212. -- Ch. Petit-Dutaillis, Etude sur Louis VIII ; Paris, 1894, pp. xvii-xiv, in-8. — Abbé P. FÉRET, la Faculté de théologie de Paris ; Paris, 1895, t, II, pp. 401-420, in-8.
V I N C E N T DE Lérins (Saint) , Vincentius Lirinensis ou Lerinsis, né en Gaule, mort vers 450. Fête le 24 mai. — Quelques auteurs prétendent qu'il était frère de saint Loup, évêque de Troyes. Lui-même nous apprend qu'il avait été pendant longtemps mêlé aux tumultes du monde, avant de se retirer au monastère de Lérins. Il s'y voua, avec un grand succès, à l'étude de la théologie, fut ordonne prêtre, et en 434, date indiquée par lui, composa le court ouvrage qui a illustré son nom. Ce traité, intitulé Pei^egrinus ou Commonitoriumpro catholicœ Ecclesiœ antiquitate et universalitate adversus profanas omnium hœreticorum novitates, contient dans le iii^ chapitre la célèbre définition de la catholicité, qui est alternativement invoquée par l'Eglise romaine et par ses adversaires : Magnopere curandum est ut id leneamus quod ubique, quod semper, quod ah omnibus creditum est : Hoc est etenim vere proprieque catholicum. Hoc ita demum fit si sequamur universalitatem, antiquitatem, consensionem. Tout en affirmant la nécessité de la conservation intégrale du dépôt des âges primitifs, il faisait la part du progrès, en admettant (ch. xxix) le développe-