VINCENT
ment des germes anciens, par analogie avec la croissance naturelle des corps : Imitetur animarum ratio rationem corponcm, quœ, licet annorum processu numéros suos evolvent et explicent, eadem tamen quœ erant permanent. — Deux autres ouvrages ont été attribués à Vincent de Lérins : 1** Objectiones vincentianœ dirigées contre la doctrine de saint Augustin sur la prédestination et combattues par Prosper d'Aquitaine. Il n'en a été conservé que ce qui se trouve dans cette entreprise de réfutation. 2^* Prœdestinatus sive prœdestinaiorum hceresis et libri sancto Augustino temere adscriptirefuiatio, qui n'a été généralement connue que par la publication que Sirmond en a faite (Paris, 1643). L'attribution à Vincent de Lérins de ces deux ouvrages, dont les conclusions sont nettement semipélagiennes, est soutenue, même chez les catholiques, par des auteurs renommés, tels que Jansen, Henri de Ts^oris, Noël Alexandre, Pagi, à cause de certaines ressemblances qu'ils présentent entre eux et du nom de Vincent attaché à l'un d'eux ; à cause aussi de la doctrine professée alors au monastère de Lérins. E.-H. Vollet.
BiBL. : Elpelt. Des /leiii^eu Vincentius von Lérins Ermahnungsbuch, Leben und Lehre ; Breslau, 1840. — Bre- TEGNiER, Essai sttr Vincent de Lérins; Strasbourg, 1854. — Hefele, Beitrdige zur Kirchengeschichte, 1864.
VINCENT DE Paul ou Depaul (Saint), né à Ranguines, hameau de Pouy ou Poy, près de Dax, en 1576, mort en 1660 ; béatifié par Benoît XIIÏ en 1727, canonisé par Clément XII en 1737. Fête le 19 juil. — Né de parents pauvres, il avait gardé les troupeaux en son enfance. Dès l'âge de douze ans, il fut placé dans une école dirigée par les cordeliers. Après avoir achevé ses études à Toulouse, il fut ordonné prêtre (1600) et nommé curé de Thil ; il se fit recevoir bachelier en 1604. Dans un voyage par mer de Marseille à Narbonne, il fut pris par des pirates de Tunis qui le vendirent comme esclave (1605). Il servit successivement trois maîtres, dont le dernier était un Savoyard renégat, qu'il ramena à la religion chrétienne. Ils revinrent ensemble en France (1607). L'année suivante, Vincent accompagna à Rome le vice-légat d'Avignon, et il reçut du pape une mission auprès de Henri IV ; puis, il se fixa à Paris, où il s'occupa d'œuvres de charité. En 1610, il fut placé, comme aumônier et secrétaire particulier, auprès de la reine répudiée Marguerite de Valois. De 1611 à 1613, il desservit la cure de Clichy, où il établit la confrérie du Saint-Rosaire. Il se démit de cet office, pour accepter, sur la proposition de Bérulle, les fonctions de précepteur des enfants du comte de Gondi, général des galères, qui l'emmena dans ses terres en Picardie. En 1617, il fut nommé curé de Châtillon-les-Dombes (Bresse), où il institua une Confrérie de charité. Il reprit ensuite, dans les diocèses de Beauvais, de Soissons et de Sens, l'entreprise de mission intérieure, qu'il avait commencée dès 1614, à Folleville, près d'Amiens, avec l'aide de la comtesse de Gondi, dont le patronage resta acquis à cette œuvre. En 1619, Louis XIlI le nomma aumônier général des galères. En 1625, il groupa autour de lui, à Paris, quelques prêtres associés à la mission intérieure. En 1626, il fut nommé supérieur du collège des Bons-Enfants, que Gondi, archevêque de Paris, avait affecté aux prêtres voués à cette mission. Leur communauté fut autorisée par lettres patentes de 1627 et érigée en congrégation par bref de 1632 (V. Lazaristes, t. XXI). En 1634, il réunit en communauté les Filles de la charité (V. Charité t. X, p. 653) dont le premier recrutement avait eu lieu en 1617 à Châtillonles-Dombes. En 1640, il entreprit définitivement l'œuvre des Enfants trouvés (V. Enfant, t. XV, p. 1040). Nommé président du Conseil de conscience, sous la régence d'Anne d'Autriche (1643), il contribua à la réforme de plusieurs monastères. Ses contemporains l'appelaient Vintendant de la Providence. — OEuvres écrites : Régulée seu Constitutiones communes congregationis Missionis (Paris, 1658); Conférences spirituelles pour
l'explication des règles des Sœurs de charité (1626 in-fol.)- E.-H. VoLLET. '
Société de Saint- Vincent-de-PauL— Vers 1831, Bailly de Surcey avait entrepris à Paris, dans le quartier Latin, sous le nom de Société des bonnes études, une oeuvre destinée à maintenir les étudiants catholiques dans l'observance de toutes les pratiques de leur religion, et à les exercer à la propagation de leur foi. La Société de Saint-Vincent-de-Paul fut fondée (mars 1833) pour perpétuer cette œuvre. Frédéric Ozanam fut un des huit premiers membres. L'objet ostensible de leur association était ainsi énoncé dans leurs statuts : I. Elle reçoit dans son sein tous les jeunes gens chrétiens qui veulent se réunir de prières et participer aux mêmes actes de charité, en quelque lieu qu'ils se trouvent. IL Aucune œuvre de charité ne doit être considérée comme étrangère à la Société, quoique celle-ci ait plus spécialement pour but de visiter des familles pauvres. Ainsi, les membres de la Société saisissent les occasions de porter des consolations aux malades et aux prisonniers; l'instruction aux enfants pauvres, abandonnés ou détenus ; des secours religieux à ceux qui en manquent au moment de la mort. •— Cette institution, que le général des jésuites prisait hautement, prit rapidement un développement considérable. En 1845, elle obtint l'approbation de Grégoire XVI et des indulgences spéciales. DèsloFS, beaucoup d'évêques de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, d'Irlande et même d'Amérique envoyèrent leur adhésion au comité central de Paris. En 1851, Pie IX attribua un cardinal protecteur à la Société, afin d'empêcher les branches formées à l'étranger de se soustraire à l'autorité du conseil directeur de Paris, et il lui donna des marques insignes de sa faveur. — Le parti qui a coutume de se servir de la religion pour la poursuite de ses propres vues profita de cette organisation pour former une milice dont la puissance toujours croissante, les envahissements et les agitations sur des questions qui n'avaient qu'un rapport fort indirect avec l'exercice de la charité, alarmèrent l'opinion publique et même le gouvernement impérial. Le 7 oct. 1861, le ministre de l'intérieur expédia aux préfets une circulaire déclarant illégale l'existence du comité central de Paris, « comité supérieur qui, sans être nommé par les sociétés locales, se recrutant de lui-même, s'arrogeait le droit de les gouverner pour en faire une sorte d'association occulte, dont il étendait les ramifications au delà des frontières de la France, et qui prélevait sur les conférences un budget dont l'emploi restait inconnu ». Les intéressés crièrent à la persécution ; et quelques é\^êques comparèrent la réprobation infligée au comité central à la passion soufi'erte par Jésus-Christ. On parla de transférer le siège de ce comité hors de la France ; puis on décida qu'il y resterait, mais qu'on agirait plus secrètement. Le 26 févr. 1862, Billaut lut au Sénat une lettre deBaudon, président de la Société depuis 1848, faisantcon^ naître aux conférences itahennes qu'il était seul chargé du pouvoir directeur qui appartenait au conseil général. . « de sorte, disait le ministre, que tandis que le gouvernement croyait le conseil général dissous, Baudon s'en faisait délivrer tous les pouvoirs ; et la concentration que l'Etat blâmait dans ce conseil se trouvait relevée, avec bien plus d'énergie, dans un seul homme, sous la forme d'une véritable dictature ». Malgré cette censure, la Société de Saint-Vincent-de-Paul continua son œuvre et conserva toute sa puissance. En 1875, on évaluait qu'elle comprenait 205.000 membres actifs, sans compter les membres honoraires et les affihés formant un total approximatif de 750.000 personnes pour le monde entier. BiBL. : Maynard, Suint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influence ; Paris, 1860, 4 vol. in-8. — LoTH, Saint Vincent de Paul ; Paris, 1881. -- Feillkt la Misère au temps de la Fronde ; Paris, 18G8, in-8. '
VINCENT-Ferrer, prédicateur espagnol (V. Ferrer). VINCENT Kâdlubek, historien polonais, né à Karwéw (Galicie) en 1160, mort en 1223. Il étudia la théologie