TIMIDITE — TIMON
en est, on ne reconnaît plus les personnes présentes, les idées tourbillonnent vertigineusement dans la tête ; — sentiment d'impuissance : on yeut marcher, les jambes se dérobent ; on veut parler, la voix s'étrangle ; on veut se donner une allure aisée et dégagée, et on n'aboutit qu'à une douloureuse raideur. Le tout a pour résultat un sentiment très pénible : la souffrance de V activité rentrée, des tendances comprimées.
Autour de ces éléments essentiels gravitent des éléments accessoires : tendance à s'analyser soi-même ; tendance à s'isoler, à fuir les regards ; perspicacité singulière, dans la confusion même, pour découvrir les plus légers signes de blâme ou d'ironie ; effort pour dissimuler l'émotion qu'on éprouve ; parfois humeur agressive, pour mieux dissimuler. Tel est l'état mental du timide pendant l'accès. Quelle est la cause immédiate, et quelle est la cause initiale de ce trouble mental ? La cause immédiate est, sans aucun doute, un phénomène corporel, ou plutôt un ensemble de phénomènes corporels. Ce qui crée l'angoisse morale, c'est que les fonctions organiques se trouvent brusquement modifiées ; il se produit toute une série de réflexes qui, vaguement perçus par la conscience, donnent lieu à l'émotion spéciale de la timidité. Ces modifications physiologiques, analogues à celles de la peur, sont les suivantes : accélération du cœur, vaso-constriction, spasme respiratoire, spasme de l'estomac et de l'intestin, troubles musculaires (tremblement, parole entrecoupée), moiteur, sécheresse de la gorge et probablement modifications mal connues des centres cérébraux.
Quelle est maintenant la cause psychologique de la timidité, c'est-à-dire l'idée qui cause directementle trouble corporel et iîidirectement le trouble mental? — Sans doute, c'est l'idée que l'attention des autres, surtout l'attention d'une foule, se porte sur nous. Mais ce n'est là qu'une circonstance nécessaire. Ce n'est pas la vraie cause, car elle n'est pas suffisante ; un homme pourra sentir mille regards braqués sur lui ; il ne sera pas ému s'il n'a qu'à rester immobile, sans rien dire et sans rien faire, ou s'il est assez sûr de lui pour ne craindre aucune gaucherie. — Ce n'est pas non plus l'idée de la mésestime, de la raillerie possibles : car on peut savoir qu'on sera blâmé, savoir qu'on sera raillé et ne pas être ému ; ce ne sont pas les personnes nettement malveillantes qui nous intimident le plus ; ce sont bien plutôt celles dont la malveillance est problématique. — La timidité ne se produit que si nous désirons vivement donner une bonne opinion de nous-mêmes : qu'on pense à la timidité de l'écolier en classe, de l'orateur paraissant en public, de l'adolescent auprès d'une femme, de l'amoureux auprès de là femme qu'il aime : ils sont timides dans la mesure où leur amour-propre est excité, dans la mesure où. ils désirent plaire. — Mais il y faut une seconde condition : le pressentiment d'une impuissance: l'idée d'un échec, d'une maladresse, d'une gaucherie, l'idée qu'on ne sera pas ce qu'on voudrait paraître, l'attente de quelque lamentable sottise qui peut nous échapper. Donc un désir de plaire qui se pressent impuissant, tel est le fait psychologique qui provoque le trouble physique et moral appelé timidité. Camille Mélinand.
BiBL. : DuGAS, la Timidité, — D'- Hartenberg, les Timides et la Timidité.
Il M I MO U N. Ksar central du Gourara (V. ce mot), à VE. de la grande Sebkha; 10.000 hab., en majorité Zenatas, avec des serviteurs nègres et harratins (métis) et quelques Arabes. Entouré d'une enceinte crénelée, flanquée de tours carrées, Timimoun comprend six quartiers et possède une oasis de 200.000 palmiers. C'est un marché assez actif. Les Français l'ont occupé au printemps de 1900 (V. Touat, ^Histoire).
TIMML Canton du Touat (V. ce mot).
TIMOK. Rivière de Serbie, affl. dr. du Danube; elle est formée, près de Zaïtchar, par l'union du Timok Blanc ou Grand, venu du S., et du Timok Noir ou Petit, venu
de l'E.: le premier passe près de Kniajevatz; le second traverse une pittoresque vallée calcaire. En aval de Gradskovo, le Timok forme la frontière serbo-bulgare. Il a 135 kil. de long dans un bassin de 4.730 kil. q. — Le cercle du limok a 2.056 kil. q. ; 98.541 hab. en 1895 ; son chef-lieu est Kniajevatz. A. -M. B.
Il MO LÉON, homme d'Etat grec de Corinthe (V. ce mot), né en 410 av. J.-C, mort en 336; ce fut un type de bon général et de bon citoyen dont Plutarque et Cornélius Nepos ont écrit la biographie. Il fit ou laissa tuer son frère aîné, Timophane, qui aspirait à la tyrannie ; maudit par sa mère, il abandonna la vie publique, mais, en 344, les Syracusains demandant du secours contre le tyran Denys le Jeune, il leur amena 10 navires et 700 hommes, qui formèrent le noyau d'une armée, bientôt grossie par les Grecs de Sicile. Il repoussa un corps carthaginois, pénétra dans Syracuse, dont le tyran Hicétas de Leontini occupait les quartiers de Neapolis et Achradine, intimida Denys qui lui remit la citadelle d'Ortygie (V. Syracuse) et s'empara du reste de la ville, malgré la venue d'une armée carthaginoise, appelée par Hicétas. Maître de Syracuse, il y restaura la liberté, y appela de Grèce 10.000 colons et lui donna une constitution démocratique. Il s'attaqua aux Carthaginois, les battit sur les rives du Crimesus et traita en reportant la frontière au fleuve Halycus (338). Il expulsa les tyrans des autres cités siciliennes, fit périr Hicétas et sa famille, Mamercos de Catane, Hippon de Messine. Il exerça une véritable dictature de la persuasion sur toute la Sicile hellénique, tout en vivant en simple citoyen. A sa mort, enseveli sur la place publique de Syracuse, son tombeau fut entouré de gymnases et de portiques, et des jeux furent institués en son honneur. A.-M. B.
TlMOMAQUE,peintre grec, né à Byzance (i^^ siècle av. J.-C). Il se rattachait à Fécole alexandrine. Il emprunta surtout ses sujets à la tragédie. On citait de lui une J phigénie en Tauride, un Ajax se reposant après un accès de folie . Son tableau le plus célèbre était une Médée sur le point de tuer ses enfants, que reproduisent plus ou moins exactement deux belles fresques de Pompéi. VAjax et la Médée de Timomaque furent achetés par César et placés par lui dans le temple de Vénus Genitrix (Cicéron, Ferr.,IV, 60; Pline, XXXV, 9; 40).
TIMON (Techn.). On désigne sous le nom de timon un organe de carrosserie formé d'une longue pièce de bois fixée à l'avant-train d'une voiture, d'un chariot, d'une charrue ou d'un véhicule quelconque, et de part et d'autre de laquelle on attelle les chevaux ou les bœufs. Cet organe prend le nom de flèche lorsqu'il s'agit d'une voiture de luxe.
Tl MON LE Misanthrope, fils d'Echécratide, né au bourg de Colyttos en Attique, contemporain de Socrate. Célèbre par la haine qu'il portait à ses concitoyens, dont l'ingratitude et la fausseté l'avaient révolté, il avait peut-être dépensé sa fortune pour leur rendre service. Alcibiade, qui lui apparaissait comme le destructeur futur de sa patrie, trouvait seul grâce devant lui. II est devenu, pour les poètes comiques et satiriques, le type de la misanthropie. Antiphane l'avait mis dans une comédie, Lucien dans un dialogue, Libanius dans une déclamation ; Shakespeare a écrit Timon d'Athènes, que Mercier imita en 1794 ; Brécourt a composé la comédie de Timon. F. P. BiBL. : L'abbé duResnel, dans Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. XIV, Recherches sur Tim,on. — Bin- DER, Ueber Timon den Misanthropen ; Ulm, 1856.
Tl MON LE SiLLOGRAPiiE, fils de Timarque, né àPhlionte vers 320 av. J.-C, mort à Athènes âgé de quatre-vingtdix ans. Peut-être disciple de Stilpon à Mégare, puis de Pyrrhon (V. ce nom) à Elis, maître d'éloquence à Chalcis et en Asie Mineure, il parcourut la Propontide et l'Hellespont, la Macédoine et l'Egypte, puis il vint à Athènes où il ouvrit une école et écrivit ses principaux ouvrages. On lui attribuait 30 comédies, 60 tragédies, des poèmes