VIOLET — VIOLLET~LE-DUG
précipité violet. On s'en sert pour teindre en violet sur mordant au chrome. La solidité au savonnage est très bonne ; elle est assez bonne vis-à-vis de la lumière.
Parmi les couleurs dérivées des azines, on doit citer :
Le violet améthyste, qui est le chlorhydrate de tétréthyl phénosafranine. Il se présente sous forme d'une poudre cristalline violet foncé donnant dans l'eau et les alcalis une solution violette, dans l'acide chlorhydrique une solution bleue. Il donne sur soie une belle nuance violette avec dichroïsme rouge. Il résiste bien au lavage, mais il est très fugace à la lumière ; il résiste cependant mieux à ce dernier agent sur coton que sur soie.
Le violet fuschia, qui est le diméthylphénosafranine. Il a les mêmes propriétés que le violet améthyste.
Le violet métylène ou girofle, qui est le chlorhydrate de diméthylbenzoxylylsafranine. C'est une poudre cristalline gris violet donnant dans Feau une solution rouge violet, dans les alcalis une solution dichroïque violette et rouge, dans l'acide chlorhydrique une solution bleue. On l'emploie pour teindre le coton mordancé au tannin . Il résiste bien au savonnage, assez mal à la lumière.
La pseudomaiivéine ou phénomauvéine, qui est l'anilidobenzoinduline. Elle a l'aspect d'une poudre brun violet insoluble dans l'eau, donnant dans les alcalis une solution violet rouge. On l'emploie pour teindre la soie en violet rouge.
La mauvéiné, appelée aussi violet Perkin, violet d'aniline, indisine, rosolane et qui est l'anilidobenzotoluindiline. Elle a les mêmes propriétés que la pseudomau veine.
La morphine et la codéine traitées par le chlorhydrate de nitroso-diméthyl aniline en solution alcoolique ont fourni des matières colorantes violettes ; mais ces substances n'ont qu'un intérêt théorique .
VIOLET d'Epagny, auteur dram. français (V.Epagny).
VIOLETTE (Viola L.). I. Botanique Les Violettes
appartiennent à la famille des Violacées-Violées ; ce sont des plantes herbacées dans les climats tempérés, et ligneuses dans la zone tropicale. La tige, souvent rampante, porte des feuilles alternes, munies de larges stipules. Les fleurs, irrégulières, hermaphrodites, [sont solitaires à l'aisselle des feuilles. Le calice est formé de 5 sépales, persistants, libres, presque égaux entre eux, prolongés inférieurement en une petite lame. La corolle se compose de 5 pétales libres, inégaux, marcescents, en préfloraison imbriquée ; le pétale antérieur est dilaté au delà de son insertion en un éperon creux faisant saiUie entre les sépales. L'androcée comprend 5 étamines alternipétales à filets libres, très courts ; les deux étamines antérieures possèdent chacune un appendice qui s'enfonce dans l'éperon du pétale. Le pistil se compose de 3 carpelles ouverts concrescents en un ovaire 1-loculaire à placentas pariétaux multi-ovulés ; l'ovaire est terminé par un style unique renflé au sommet. Le fruit est une capsule qui s'ouvre en 3 panneaux portant les graines sur le milieu de leur face interne. Les graines, revêtues d'un arille, plus ou moins développé, contiennent un embryon placé au centre d'un albumen charnu. Chez beaucoup de Violettes, les fleurs colorées ne sont pas fertiles ; les graines se forment dans de petites fleurs qui apparaissent à la fin de l'été ; ces fleurs ont une constitution toute spéciale : elles ne s'épanouissent pas, leur corolle est à peu près nulle, et leur .style est dilaté en une sorte d'entonnoir au-dessus duquel surplombent les anthères. Ces fleurs sont dites cléistogames (V. ce mot). Le genre Violette renferme environ 200 espèces qui, pour la plupart, habitent les régions tempérées de l'hémisphère N. Un certain nombre sont particulières aux Andes sud-américaines. Quelques espèces s'observent au Brésil, dans l'Afrique tropicale et en Océanie. Les racines de Violettes sont vomitives, surtout celles des espèces américaines qui peuvent remplacer l'ipéca. Les graines de la Violette odorante (Viola odorata L.) ont des propriétés purgatives. La racine de la Pensée sauvage ( Viola tricolor)
sert à la préparation de tisanes dépuratives. Le principe actif des Violettes est la violine. W. Russell.
Violette de serpent, Violette des sorciers (V. Pervenche).
IL Horticulture. — La Violette, répandue dans tous les jardins, se plaît en sol frais, à mi-ombre, et se développe pour ainsi dire sans soins. On la multiplie à l'aide des jeunes plants qu'elle produit souvent en abondance autour d'elle par le semis naturel de ses graines, ou bien encore, en divisant ses touffes dont on plante les éclats enracinés, au printemps. La Violette a fourni des variétés très florifères, parfumées et à grandes fleurs, simples ou doubles et de nuances variées, comme la Violette des quatre saisons, qui fleurit de septembre à avril, la Violette de Parme double, à cœur blanc, très parfumée et cultivée en Provence pour la parfumerie, la Violette le Tsar et la Violette Victoria à grandes fleurs longuement pédonculées, surtout chez cette dernière, ç{m sont d'une cueillette facile et recherchées pour les bouquets. Pour obtenir une abondante floraison de ces plantes, en hiver, on les force souvent sous châssis, en prenant le soin d'aérer la culture, chaque fois que le temps est doux. G. Boyer.
IIÏ. Pharmacie. — Les fleurs de violettes employées en pharmacie sont produites par la Viola odorata (Violariées). Toutefois, beaucoup de fleurs du commerce proviennent d'espèces différentes : Viola calcarata et Viola lutea. On les emploie en tisane (infusion 4 0/1 000) , comme émollientes et pectorales. On en prépare un sirop faiblement laxatif, par infusion des pétales frais, mondés du calice et des onglets et dissolution du sucre en quantité convenable. Ce sirop est également employé comme réactif, il rougit par les acides et verdit sous l'action des alcalis.