‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 507 sur 633 · VIRTUALITÉ — VIS · texte numérisé non relu

VIRTUALITÉ — VIS

testable que cette hypothèse conduit à de jolis exercices de mécanique rationnelle, mais c'est là son unique raison d'être. Comme on l'a dit, il y a deux mécaniques, l'une la bonne, la seule utile, et l'autre la mécanique des systèmes à liaisons qui ne sert qu'à exercer les candidats à la licence es sciences mathématiques. H. Laurent.

BiBL. : les Traités de mécanique rationnelle.

VIRULENCE (Méd.) (V. Virus).

VI RU RE (Constr. nav.). C'est le nom qu'on donne à chaque file de planches dites vaigres, qui forment le vaigrage ou revêtement intérieur de la coque d'un navire, et aussi à chaque file de planches dites bordages, qui forment le bordé ou revêtement intérieur (V. Arc, t. III, p. 602, et Bordé).

VIRUS. On désigne sous ce terme les agents infectieux, susceptibles de provoquer l'apparition d'un ensemble morbide quand ils sont introduits dans l'organisme vivant. Si la notion de la contagion des maladies a été ehtrevue de tout temps, la cause même est restée longtemps ignorée. Dans le Dictionnaire de Littré et Robin, au mot Virus ^ on trouve la défmition ou plutôt la déclaration suivante: « De même qu'il n'y a pas de chaleur séparable des corps, mais des variations de température, des états chauds et froids de la matière relativement, de même, il n'y a pas de virus en tant qu'espèce de corps ou principes pondérables ou isolables. Les virus, pas plus que les miasmes, ne sont non plus des éléments figurés, comme le supposent encore quelques médecins ou micrographes ; ce sont des états virulents (tolius substaniiœ) des corps organisés » (Dict, Littré et Robin, édit. 1878). Grâce aux travaux de Pasteur, ce sont les opinions des « quelques médecins et micrographes» méprisés par Robin, qui triomphent actuellement. Les virus ont pour agents essentiels des éléments organisés, des microbes, capables de se multipHer en terrains favorables, de sécréter des substances solubles, des toxines (V. Toxine), qui provoquent les troubles caractéristiques de chaque état infectieux. Les anciens avaient déjà comparé le développement des maladies infectieuses à la fermentation du moût de raisin (Rhazès, ix® siècle), et aujourd'hui nous connaissons la grande analogie, l'identité presque, entre le mode d'action de la levure de bière, de la mère du vinaigre, etc., et celui de la bactéridie charbonneuse, du bacille de la diphtérie, etc.

L'action des virus a été expliquée par plusieurs procédés. Au début des découvertes pastoriennes, on avait été tenté d'admettre une action directe des agents figurés ; les microbes pouvant provoquer des troubles par leur seule présence, troubles mécaniques de la circulation ; ou bien encore en vivant aux dépens des éléments des cellules normales; mais actuellement, c'est le produit de sécrétion de ces agents qui est considéré comme l'agent actif par excellence.

Le fait a été nettement démontré le jour oii les produits filtrés, débarrassés des microbes vivants infectés dans l'organisme, ont provoqué des troubles analogues à ceux réalisés par une culture de microbes vivants. L'organisme n'est pas désarmé contre les virus, il possède de nombreux moyens de défense, l'état bactéricide, c.-à-d. la résistance du milieu vivant au développement des bactéries, la phagocytose, ou l'action destructive des globules blancs sur les microbes. L'issue de la maladie dépend essentiellement de moyens de défense dont dispose l'organisme ; s'ils sont insuffisants, les agents pathogènes envahissent tout, leurs produits de sécrétions provoquent une intoxication plus ou moins générale et le sujet succombe. L'atténuation des virus a été la grande découverte de Pasteur. Après avoir montré que les différents virus pouvaient être détruits par des agents physiques ou chimiques, chaleur, lumière, dessiccation, antiseptiques divers, l'école pastorienne a reconnu que ces virus placés dans des conditions défavorables, mais non mortelles, voyaient leur activité, c.-à-d. leur virulence, s'atténuer

et que dans cet état on pouvait les injecter aux sujets susceptibles, sans provoquer chez eux des accidents graves, mais simplement une maladie atténuée, qui leur conférait l'immunité contre une inoculation de culture vraiment virulente. Depuis, les procédés d'atténuation des virus ont été perfectionnés et les méthodes de vaccination appliquées à la plupart des maladies contagieuses avec plus ou moins de succès d'ailleurs (V. Migrore, Vaccin, Toxine). J.-P. Langlois.

BiDL, : DucLVux, Microbes et Maladies, 1886, 2« éd. 1901. — Bouchard, les Microbes pathogènes^ lrf92. — Metchni- Kov, l'Immunité, 1902.

VIRVÉE. Rivière du dép. de la Gironde (V. ce mot).

VI RVI LLE. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. du Havre, cant. de Goderville ; 432 hab. Stat. de chem.de fer.

VI R Y. Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. et cant. de Saint-Julien; 4.635 hab. Stat. de chem. de fer.

VI RY. Com. du dép. du Jura, arr. de Saint-Claude, cant. des Bouchoux; 703 hab. Fabrication importante de fromages de gruyère.

VI RY. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. et cant. de Charolles ; 645 hab.

VIRY-ChAtillon. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr. de Corbeil, cant. de Longjumeau ; 4 .409 hab.

VIRY-NouREuiL. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Chauny ; 4.476 hab. Stat. de chem. de fer.

VIS. I. Mécanique. — La vis, au point de vue mécanique, est un appareil destiné à transformer un mouvement de rotation autour d'un axe en un mouvement de translation dans la direction de cet axe. Elle se compose essentiellement de deux parties, qui se moulent l'une sur l'autre : la vis proprement dite et l'écrou. Si l'écrou est fixe, la vis ne peut tourner sans avancer en même temps. Inversement, si la translation de la vis est empêchée par un butoir, il faut que l'écrou puisse glisser longitudinalement, et c'est alors lui qui prend le mouvement de translation. Le rapport entre la vitesse rectiligne v et la\itesse

angulaire west égala -^ , h désignant le pas de la vis.

Celle-ci est ordinairement à filet triangulaire ou à filet carré. Un congrès international tenu à Zurich en 4898 a formulé des règles générales en vue d'arriver à l'unification dans la construction des vis. Voici les plus importantes de ces règles.

On ne s'occupe que des vis dites mécaniques, c.-à-d. des vis métalliques de diamètre égal ou supérieur à 6 millim . , destinées à l'assemblage des pièces de machine et aux constructions mécaniques. On laisse de côté les très petites vis, dites horlogères, les vis tracées sur des tubes, les vis spéciales, telles que celles qui servent aux mesures micrométriques, enfin les vis à bois qui pratiquent ellesmêmes leur logement.

La vis internationale est engendrée par l'enroulement, en hélice, à droite, d'un filet dont la section par un plan passant par l'axe du cylindre sur lequel cette hélice est tracée, est un triangle équilatéral. Les côtés de ce triangle sont égaux au pas de l'hélice. Le triangle est tronqué, parallèlement à l'axe du cylindre, par deux droites menées respectivement au huitième de la hauteur à partir du sommet et de la base. Le diamètre des vis se mesure sur Textérieur des filets après troncature. La composition de la série normale est donnée en millimètres par le tableau que voici :

Diamètre

Pas •

Diamètre

Pas

Diamètre

Pas

VIS — YISARGA

Quand on néglige les frottements, la condition d'équilibre de la vis s'obtient immédiatement par l'application du théorème du travail virtuel. En désignant par ¥ l'effort exercé suivant la direction de l'axe et par M le moment, relativement à cet axe, de la force qui tend à faire tourner lavis, l'on a la relation : F^^ir 'HtM.

Pour tenir compte du frottement, il faut connaître la forme exacte des tilets. Si l'on considère par exemple la vis à filet carré, on peut admettre que tout se passe comme si les pressions étaient concentrées sur l'hélice moyenne. Appelons a l'angle constant que les tangentes à cette hélice forment avec la base du cylindre sur lequel elle est tracée, rie rayon de ce cylindre, 9 l'angle de frottement ; il vient Fr r=: M cot ^ (« + 9). Comme tg 01= ^ — ,

il est aisé de voir qu'en faisant cp = 0, on retrouve la pi emière formule. L'angle 9 est affecté du signe -+- ou du signe — suivant que la vis est supposée marcher en sens inverse de la force F ou dans le même sens. Quand 9 est supérieur à a, la force F, quelque grande qu'elle soit, ne peut à elle seule déplacer la vis : c'est sur cette propriété qu'est basé l'emploi de la presse à vis.

Vis DIFFÉRENTIELLE. — Cet appareil est destiné à réaliser un mouvement de translation extrêmement lent, tout en conservant aux filets une épaisseur suffisante. Trois vis sont pratiquées sur un même cylindre. Les vis extrêmes sont de même sens et de même pas h et se meuvent dans des écrous fixes. La vis intermédiaire est de sens contraire et possède un pas h\ différent de h. Elle porte un écrou qui peut glisser sans tourner. Le mouvement de translation de cet écrou est le même que s'il était guidé par une vis ayant pour pas h — h'.

Vis SANS FIN. — Ce mécanisme fournit une solution élégante du problème consistant à transmettre un mouvement de rotation uniforme d'un arbre 0 à un autre arbre 0', perpendiculaire au premier et non situé dans le même plan. L'arbre 0 est muni d'une surface de vis à filet carré. Avec celle-ci engrène une denture portée par l'arbre 0'. Les dents ont pour contour, dans le plan mené par 0 perpendiculairement à 0', des développantes de cercle, et leurs surfaces latérales sont des éléments d'hélicoides développables contenant ces développantes. Le mouvement de l'arbre 0' est beaucoup plus lent que celui de l'arbre 0 : pour un tour complet de l'arbre 0, une dent de l'arbre 0' vient prendre la place de la précédente.

Vis TANGENTE. — C'cstuno simple modification de la vis sans fin : la denture de la roue portée par l'arbre 0' se termine extérieurement par une gorge creuse embrassant le profil, convenablement arrondi, des filets de la vis. On obtient ainsi un contact intime qui s'oppose à tout mouvement de recul. Ce dispositif est employé dans la construction de certains appareils de précision, tels que les compteurs de tours.

Vis d'Archimède. — Machine destinée à l'élévation de l'eau. Un noyau plein, cylindrique, incliné sur l'horizontale de 30 à 45^, porte des hélices à [filet carré, dont le diamètre est égal à trois fois celui du noyau et qui sont limités par un cylindre creux, concentrique au noyau. Quand on fait tourner le cylindre, l'eau embarquée à sa partie inférieure s'élève, grâce à la poussée des hélices, et va se déverser à la partie supérieure. Pour que le fonctionnement ait lieu, il faut que l'inclinaison de l'axe soit assez faible pour que les spires d'hélice, au voisinage du cylindre enveloppant, présentent des éléments horizontaux. Il faut néanmoins que l'inclinaison soit assez grande pour que le no3'au ne soit pas immergé, sans quoi l'air ne pourrait circuler librement dans toute la longueur du cylindre, ce qui amènerait des dépressions nuisibles au rendement (V. Câgnardelle).

Vis hollandaise. — Simple modification de lavis d'Archimède : le cylindrée enveloppant est remplacé par un coursier fixe, réduit généralement à un demi-cylindre. Cette disposi-

tion a l'avantage de soustraire les pivots et l'axe de rotation au poids de l'eau et de l'enveloppe, mais elle permet difficilement d'obtenir une étanchéité convenable en contact du coursier avec les hélices. L. Lecornu.

II. Physique. — Vis micrométrique. — Si l'on con-* sidère une héhce tracée sur un cylindre circulaire droit, on engendrera une vis à filet carré par le déplacement d'un carré assujetti aux conditions suivantes : un de ses sommets décrira l'héUce considérée, le plan du carré passera toujours par l'axe du cylindre et enfin l'un des côtés du carré s'appuiera constamment sur la surface du triangle ; en employant un 'triangle isocèle ou équilatéral au heu d'un carré, on engendrera une vis à section triangulaire. Les propriétés de la vis, qui dérivent de celles de Thélice, se prêtent remarquablement bien à la mesure des petites longueurs : un écrou, parfaitement ajusté à la vis et que l'on empêche de tourner avec elle, se déplace en eifet de quantités égales, quand on tourne la vis d'angles égaux ; le déplacement de Fécrou est donc proportionnel à la rotation de la vis, et la constante de proportionnalité dépend du pas de la vis. Quand celle-ci fait un tour complet, l'écrou se déplace d'une longueur égale au pas de la \is, c'-à-d. de la distance de deux spires consécutives. Supposons que le pas soit de 4 millini. et que le plateau circulaire, qu'il est facile d'adapter à la tête de la vis, porte i.OOO divisions (avec un plateau de 8 centim. de rayon, ces divisions auraient environ 4/2 minimètre), quand le plateau tournera d'une division, l'écrou avancera d'un millième de milHmèlre.

Une vis est dite micrométrique quand elle est construite avec assez de précision pour qu'on puisse l'employer à la mesure des petites longueurs. Il faut pour cela que son pas soit très régulier, puisque c'est sur cette régularité, c.-à-d. sur la proportionnalité dont nous ayons parlé, que sont basées ses applications. Lorsqu'une vis micrométrique est faite, avant de l'employer à la construction d'un sphéromètre ou d'une machine à diviser, il est indispensable de l'étudier. Pour cela, on l'utilise à mesurer une petite longueur en se servant successivement des diverses parties de la vis : on doit toujours trouver la même longueur à très peu près en faisant plusieurs séries de déterminations de ce genre ; si l'on constate un écart plus grand que les petites différences constamment observées, écart qui se renouvelle chaque fois que l'on se sert de la même portion déterminée de la vis, on doit en conclure à une imperfection de la vis en ce point et l'on doit ne pas utiliser cette partie. Si, au contraire, l'écart observé ne se répétait pas, on pourrait l'attribuer à une erreur de lecture.

Les vis micrométriques sont constamment utilisées pour les sphéromètres, les machines à diviser, la mesure du déplacement des fils des réticules, etc. On en a fait d'une précision admirable permettant de tracer mille traits au diamant dans l'intervalle d'un millimètre (V, Réseau).

III. Technologie. — Les vis sont les unes en métal, les autres en bois. Les grosses vis en fer sont ordinairement des vis à filet carré dont le pas est le double de la saillie. Mais le filet peut aussi, dans ces mêmes vis, être triangulaire et il l'estgénéralement dans les visde moyenne et de faible dimensions. Les vis en bois sont presque toutes triangulaires. La fabrication des vis est une branche de la clouterie. Pour les détails V. l'art. Filetage.

IV. Architecture. -— Vis Saint-Gilles (V. Voûte). VIS. Rivière de France (V. Gard et Hérault [Dép.]). VIS. Nom slave de Lissa (V. ce mot).

VIS-en-Artots. Com. du dép. de Pas-de-Calais, arr.

d'Arras, cant. de Vitry-en-Artois ; 766 hab.

VI SAN. Com. du dép. de Vaucluse, arr. d'Orange, cant.de Valréas ; d.830 hab.

VISAPOUR. Ville de l'Inde (V. Bedjapour).

VISARGA. Terme de grammaire sanscrite; il désigne un son qui consiste en une aspiration très faible. Cette aspi-

VISARGA -™ VISCONTI - 10B4 --

ration est toujours un substitut d'un s ou d'un z final ; elle est figurée par deux points, :.

VISÂRT DE BocARMÉ. Famille belge (V. Bocarmé).

VIS-A-VIS (Carross.)V. Berline.

VISÂYA. Peuple des îles Philippines (V. ce mot).

VISBY. Ville de Suède, ch.-l. de l'île de Gotland, sur la côte 0.; 7.500 hab. Belle enceinte garnie de fortes tours, ruines de dix églises, parmi lesquelles Saint-Nicolas, du XIII® siècle; la cathédrale est de 4490-1225. Le commerce est assez actif. Visby eut au moyen âge une grande importance comme marché des Allemands et de la Hanse (V. ce mot) dans le Nord de la Baltique, vis-à-vis de la Suède, entrepôt intermédiaire entre Novgorod et les ports occidentaux. Elle fut prise et saccagée en 4364 par Valdemar IV de Danemark.

BiBL. : Braun, Wisbyfahrt; Leipzig, 1882.

VISCACHE (Zool.) (V. Chinchilla).

VISGcRE (Anat.). Sous ce nom on désigne les organes des cavités crânienne, thoracique et abdominale, mais plus spécialement ceux qui sont logés dans la cavité abdominale et servent à la digestion. — Transposilion des viscères (V. Inversion splanciinique).

VISGHER. Famille de sculpteurs et de fondeurs nurembergeois qui a fleuri pendant les xv® et xvi® siècles.

Hermann vint se fixer à Nuremberg en 4453 et y acquit la maîtrise comme fondeur. On ne désigne avec certitude, parmi ses travaux, que les fonts baptismaux de l'église de V^ittemberg (4457), qui portent une riche ornementation et notamment des figures d'apôtres.- On lui attribue aussi quelques décorations de tombeaux en bronze dans les églises de Bamberg.

P^^^r, tils du précédent, né à Nuremberg en 4455, mort le 7 janv. 4529. Il succéda à son père en 4489. Appelé à Heidelberg en 4494 par l'électeur palatin, il revint bientôt dans sa ville natale et y exécuta un grand nombre de travaux qui montrent déjà l'influence de la Renaissance quoique les formes et le caractère général relèvent du gothique. Parmi ses premières œuvres, on cite le tombeau du comte Otto IV de Henneberg et de son épouse Elisabeth de Brandebourg, dans l'église de Rœmhild, et à qui l'on assigne la date de 4493. Dans les dernières années du xv® siècle, Peter Vischer exécuta les tombeaux d'évêques qui se voient dans les cathédrales de Breslau, de Bamberg, de Magdebourg (ce dernier qui porte une décoration abondante, daos le pur style gothique), et encore le tombeau de l'empereur Maximilien I®^ à Innsbriick. L'œuvre la plus célèbre de Peter Vischer est le tombeau de saint Sebald dans l'église de ce nom à Nuremberg (V. Sculpture, t. XXIX, p. 848). Aidé de ses cinq fils, il y travailla douze ans, de 4508 à 4549. Des scènes de la vie du saint, de la Bible, de la mythologie ou même des figures allégoriques ou de pure fantaisie, ornent toutes les parties de ce monument susceptibles de recevoir quelque décoration. On attribue à Peter Vischer une Vierge priant (musée germanique de Nuremberg), qui faisait partie d'un groupe de la Crucifixion.

Hermann le Jeune, fils aîné du précédent, né vers la fin du XV® siècle. Il travailla dans l'atelier de son père. En 4545, il se rendit en Italie pour satisfaire à une demande des Fugger qui avaient commandé à son père une grille monumentale dans le style italien pour leur tombeau. Cette grille, transportée en France en 4806, a disparu.

Peter le Jeune, second fils de Peter Vischer, né vers la fin du XV® siècle, mourut en 4528. Il possédait de grands dons d'invention et renouvela l'originalité de l'atelier paternel. Parmi ses œuvres propres, on a conservé différents objets d'art (vases, etc.), des bas-reliefs dont deux (musée de Berlin) représentent Orphée et Eurydice, et une statue d'Apollon (musée germanique de Nuremberg).

Hans, troisième fils de Peter Vischer, s'occupa davantage de la partie technique du métier de fondeur. C'est lui qui prit la direction industrielle de l'atelier après la mort de son père. Quand il eut perdu son frère Peter, il

exécuta un grand nombre de travaux d'après les dessins et les projets laissés par celui-ci : ainsi le tombeau de l'électeur de Brandebourg, Jean Cicéron, à Berlin. Le tombeau de l'archevêque Siegmund, à Mersebourg, est son œuvre originale.

Jakob et Paul, les deux fils cadets de Peter Vischer, travaillèrent également dans l'atelier de leur père. J. B.

BiBL. : Bergau, Peter Vischer und seine Sœhne ; Leipzig, 1878. — Seeger, Peter Vischer der Jûngere; Leipzig, 1897. — W. LÛBKE a publié les œuvres de Peter Vischer (Nuremberg, 1878, 2 vol. avec 48 pi.).

VISCHER (Friedrich-Theodor), écrivain allemand, né à Ludwigsbourg le 30 juin 4807, mort à Gmunden le 44 sept. 4887. Après avoir été quelque temps vicaire d'un pasteur, il devint, à l'Université de Tubin^ue, professeur d'esthétique. Suspendu en 4844 pour les idées avancées qu'il avait exprimées en prenant possession de sa chaire de professeur ordinaire, il fut, en 4848, élu au Parlement de Francfort où il siégea à gauche. Il professa encore par la suite à Zurich et à Stuttgart. Il manifesta à différentes reprises son hostihté contre la France durant et après la guerre de 4870; il publia, outre de nombreux articles et une conférence qui fit grand bruit sur la Guerre et les arts^ un poème héroïque : la Guerre de iSlO, par feu P. -II. Schartenmayer, publié par un de ses amis. Son œuvre est très considérable. Dans son Esthétique ou science du beau (Sttutgart, 4847-58, 4 vol.), il expose un système dérivé de Hegel. On lui doit aussi un traité Sur le sublime et le comique; plusieurs séries d'études critiques (4844, 4860, 4875) ; un livre sur le faust deGœthe; Mode et Cynisme; Vieux et Neuf; des poésies lyriques et un roman. Sous le pseudonyme de Mystifizinsky, il a écrit une parodie deGœthe : la Troisième partie de Faust (1862), et a publié de mordantes Epigrammes de Baden-Baden (4867), anonymes. On lui attribue encore diverses satires devenues populaires. J. Bainville.

VISCHER (Robert), historien et critique d'art, né en 4847, fils du précédent. Il est professeur à l'Université de Gœttingue, il a écrit un ouvrage sur Lucas Signorelliet la Renaissance italienne (Leiimg, 4879).

VISGOMTAT. Corn, du dép. du Puy-de-Dôme, arr.de Thiers, cant. de Saint-Remy-sur-DuroUe ; 4.345 hab.

VISCONTI. Famille souveraine italienne, qui tire son origine d'un Eriprando, qui vécut vers 4037. Ses principaux membres, qui en résument toute l'histoire, sont Ottone qui se distingua à la première croisade et à qui remonte^ dit-on, l'armoirie d'une vipère tortueuse qui dévore un enfant. — Ottone (mort le 48 août 4295, à quatre-vingthuit ans), chanoine de Desio et comme tel envoyé en France, où le connut et apprécia le cardinal Ubaldini, qui le protégea et le fit, malgré les Torriani, seigneurs de Milan, élire archevêque de ce siège en 4262. Il ne put en prendre possession que quinze ans après, le 24 janv. 4277, après maintes défaites et la victoire de Desio, qui le fit nommer seigneur de Milan. Dès lors, pendant dixhuit ans, tous ses efforts furent dirigés à laisser le pouvoir à son iiQY m Matteo. Celui-ci, né à Invorio le 45 août 4255, mort à Crescenzago le 24 juin 4322, ne trouva pas d'hostilité jusqu'en 4302 ; mais alors il dut s'enfuir à Nogarola (Vérone) où il vécut longtemps. Henri VII l'en tira pour le réconcilier avec les Torriani. Par un soulèvement bien organisé, il sut chasser à jamais ses rivaux, se fit reconnaître vicaire impérial et chef des gibelins en Lombardie, étendit par ses conquêtes son pouvoir sur Plaisance, Tortone, Pavie et Bergame, Verceil, Crémone et Alexandrie. Excommunié par le légat Bertrand du Puy, il abdiqua en faveur de son fils Galeazzo. — Marco (f 4329), un de ses autres fils, fut le célèbre capitaine de la compagnie des Allemands qui se rendit maîtresse deLucques et dePise. — Galeazzo (4277-4328), incapable et vicieux, se réfugia en France en 4302, passa ensuite à Ferrare et rentra à Milan avec son père. En 4343, il devint seigneur de Plaisance; en 4324, il vainquit les Cavalcabo de Crémone à Bardi. Successeur de

VlSCONTl

son père, il fut chassé de Milan et presque aussitôt rappelé. Le soulèvement des guelfes lui fit perdre tout FEtat; en 43:23, assiégé dans Milan, il appela Ludovic de Bavière qui le sauva. L'année suivante, la victoire de Vaprio lui rendit la tranquillité, mais accusé auprès de l'empereur pour s'être pacifié avec FEglise, il fut arrêté et emprisonné à Monza et délivré seulement par l'intercession de Castruccio Castracani. — Azzo, son fils (1302- 1339), fut un des meilleurs princes de la famille. Il reconstitua et agrandit l'Etat; vainquit à Parabiago en 1339 son cousin Lodrisio qui, à la tête d'une armée, tâchait de l'abattre. — Il laissa le pouvoir à ses deux oncles, Luchino et l'archevêque Giovanni. Luchino, condottiere célèbre (f 1349), compléta l'œuvre de son neveu, occupa Pontremoli, Bellinzona, Parme, Albe, Cherasco, écrasa la conspiration des Pusterla, conclut en 1341 la paix avec l'Eglise. — Giovanni, son frère, prit le gouvernement de l'Etat à la mort de Luchino et le tint jusqu'au 5 oct. 1354. Il étendit son pouvoir sur Bologne, sur Gênes (1353), combattit les Vénitiens, fut le protecteur de Pétrarque et un des plus brillants et puissants seigneurs de son temps. A sa mort, l'Etat se divisa entre ses trois neveux : Matteo II, Galeazzo II et Barnabô II, qui firent retentir l'Italie du bruit de leurs vices, de leur tyrannie et de leur cruauté. — Galeazzo fonda l'Université de Pavie.

— Barnaho (f 1385) fut célèbre par sa cruauté, sa guerre contre Innocent YI et Urbain V, qui proclamèrent contre lui la croisade, sa lutte contre Charles IV qui le priva de son fief. Il sut pourtant résister à tant d'ennemis, mais tomba dans le piège que lui tendit son neveu Giangaleazzo et périt en prison. — Giangaleazzo (fie 3 sept. 1402), le plus grand, sans contredit, des Visconti, après avoir supprimé son oncle, étendit son Etat jusqu'à Padoue, Feltre et Bellune, Gênes, Pise, Sienne, Pérouse, Assise, Spolete, Nocera ; il se fit créer duc de Milan par l'empereur Venceslas (1385) ; il tâchait d'abattre Florence pour se faire proclamer roi, lorsque la mort le surprit. Il avait détruit à Alexandrie l'armée du comte d'Armagnac ; il avait jeté les fondements de la Chartreuse de Pavie, du dôme de Milan.

— Ses fils furent Giammaria (f 1412) et Filippo-Maria (f 1447), qui lui succédèrent sous la protection du célèbre condottiere Facino Cane de Casale ; ce qui ne leur empêcha pas de perdre les conquêtes de leur père. Gianmaria se fit remarquer par la plus féroce cruauté et fut tué par des gibelins. — Filippo-Maria, dissimulateur, cruel, grand politique, par son mariage avec la malheureuse veuve de Facino Cane, Béatrix de Tende, qu'il fit bientôt décapiter, recouvra une partie du duché de son père, qu'avec des guerres incessantes, des trahisons, des négociations, il sut reconstituer, avec l'aide puissante des plus fameux condottieri de son temps, Carmagnola, Piccinino, Sforza (V. ces noms). Ce fut le dernier duc de la famille. — Valentine, sa sœur (1366-1408) se maria en 1387 avec Louis d'Orléans (tué à Paris en 1407) et eut en dot le comté d'Asti et 400.000 florins d'or, tl'est d'elle que tira ses prétentions sur le duché son petit-fils Louis XIL — Gabriele (f 1407), frère illégitime des deux derniers, reçut en partage Pise, Sarzane et Crème, eut la malencontreuse idée de se mettre sous la protection de Boucicaut, gouverneur de Gênes pour Charles VI, qui, peu à peu le dépouilla de son Etat, et sous un prétexte quelconque le fit même décapiter.

D'autres branches de Visconti portèrent les titres de comtes de Saficeto, de Zagnano, seigneurs de Brignano, marquis de San Giorgio di Borgoratto, seigneurs de Besnate, de Crenna, de Fontaneto, de Cassano Magnago ; marquis de San Vito, Délia Motta, de Cislago, d'Invorio ; comtes de Gallarate, de Sesto Calende ; barons d'Ornavasso. D'autres branches encore s'établirent à Bari et à Tarente. LoéHsio (f 1364), fameux guerrier et turbulent personnage de son temps, dont nous avons déjà parlé, vaincu à Parabiago en 1339, appartenait à une de ces branches cadettes. Parmi les seigneurs de Fontaneto,

on cite : Gaspare (f 1595), lecteur à l'Université de Pavie et archevêque de Milan. E. Casanova.

BiBL. : LiTTA, Famiglie celebri UcLÎiane, vol. I, avec une copieuse bibliographie.

VISCONTI (Tebaldo), pape (V. Grégoire X).

VISCONTI (Ignace), 16^ général de la Compagnie de Jésus, élu le 4 juil. 1751, mort le 4 mai 1755. Ce fut sous son généralat que se produisirent les premières accusations contre le P. Antoine deLavalette, dénoncé au gouvernement français comme se livrant à des actes de négoce. Visconti se joignit à Rouillé, ministre de la marine, pour lui intimer l'ordre de revenir afin de se justifier ; mais peu de temps avant sa mort, il lui permit de retourner à la Martinique. Lavalette, enhardi, entreprit alors les audacieuses spéculations qui firent tant de tort à son ordre.

VISCONTI (Ennio-ftuirino), célèbre archéologue itahen, né à Rome le 1^^' nov. 1751, mort à Paris le 7 févr. 1818. Il commença à se faire connaître à treize ans par une traduction de VHécube d'Euripide et des Olympiques de Pindare. Camérier du pape et sous-bibliothécaire de la Vaticane, il fut destitué par Pie VI à cause de son aversion pour l'état ecclésiastique. Le prince Chigi en fit son bibliothécaire. Après avoir pendant cinq ans collaboré avec son père Giambattista Tommaso à la description du musée Pio-Clementino, il en resta seul compilateur et en publia, en 1784, le deuxième volume qui lui valut la place de conservateur du musée du Capitole. A l'entrée des troupes françaises à Rome en 1797, il fut deux mois ministre de l'intérieur ; puis (1798) un des cinq consuls. Il était déjà rentré dans la vie privée lorsque l'invasion des Napolitains le força à partir pour la France. Il y fut reçu à bras ouverts, chargé de l'organisation du musée du Louvre, nommé professeur d'archéologie, membre de l'Institut. C'est d'alors que date son célèbre Livret du Musée (1801). Chargé par Napoléon de la publication de V Iconographie antique, il y travailla le restant de ses jours. Ses ouvrages, très nombreux, ont fait faire d'immenses progrès à l'archéologie, comme le relevèrent Eméric David et Quatremère de Quincy dans leurs éloges.

VISCONTI (Louis-Tullius-Joachim), architecte français, né à Rome le 11 févr. 1791, mort à Paris le 23 déc. 1853. Fils du précédent, Louis Visconti, qui vint à Paris avec son père en 1798 et fut naturalisé Français, fut élève de Percier et de l'Académie, remporta en 1814 le second grand prix d'architecture et le prix départemental et, d'abord chargé de la restauration de la salle publique de lecture de la Bibliothèque sur la rue Colbert et de la décoration de nombreuses fêtes publiques, fit élever à Paris de beaux hôtels privés, les fontaines Gaillon, Louvois, Saint-Sulpice et le monument de Mohère, rue de Riche- Heu, ainsi que les tombeaux des maréchaux Lauriston, Gouvion-Saint-Cy, Soult et Suchet. Mais ses deux principales œuvres sont le Tombeau de Napoléon P'' sous le dôme des Invalides, et le plan d'ensemble, dont il put commencer l'exécution avant sa mort, des grands travaux d'achèvement et de jonction du Louvre et des Tuileries qui furent terminés par Le fuel (V. ce nom). Visconti fut nommé membre de l'Institut en 1853. Ch. Lucas.

VISCONTI (Pietro-Ercole, baron), archéologue itaHen, neveu de Ennio-Quirino, mort en 1880. Commissaire des antiquités romaines jusqu'en 1870, il est devenu directeur du musée du Vatican, et a laissé de nombreux écrits archéologiques, ainsi qu'un Dictionnaire des familles célèbres des Etats de FEglise, en 9 vol.

VISCONTI-Venosta (Le marquis Emilio), homme d'Etat italien, né à Milan en 1829. Docteur en droit en 1853, inscrit au parti d'action de Mazzini, qu'il abandonna lorsqu'il le vit compromettre la cause pour laquelle il combattait par des tentatives vaines et peu réfléchies. Un des principaux rédacteurs du Crepuscolo, il fut forcé de s'enfuir en Piémont, où il prit une part active à l'organisation et à la défense des émigrés lombards. En 1859, le comte de Cavour le nomma commissaire auprès de Ga-

VlSCONTf — VISION

ribaldi et de ses volontaires. Attaché au cabinet du dictateur Farini à Parme et à Modcne, envoyé avec le comte Pepoli en France et en Angleterre, député, membre du contentieux international, il alla à la tin de 4860 avec Farini à Naples où il prit la direction des affaires étrangères ; puis dans le ministère Farini, il devint secrétaire des affaires étrangères et ministre le 24 mai 4863, charge qu'il garda jusqu'en sept. 4864. Il était ambassadeur à Constantinople en 4866 lorsque le baron Ricasoli le rappela pour le nommer de nouveau ministre, poste qu'il conserva jusqu'à la chute de la droite, en 4876, et présida à l'entrée des troupes italiennes à Rome, à la compilation et à la promulgation de la fameuse loi des Gnarentigie pontiftcie. Très porté vers l'alliance française, il ne s'en éloigna qu'un instant lorsque la réaction cléricale parut triompher en France. Sénateur en 4886, il fut rappelé au ministère des affaires étrangères par le marquis di Rudini en 4 896, après vingt ans de silence. On lui doit alors la reprise des relations amicales avec la France, le 7nodus Vivendi commercial, les négociations et conclusions relatives à Tunis. De nouveau ministre avec le général Pelloux, il abandonna le pouvoir en 4900.

VISCOS. Com. du dép.des Hautes-Pyrénées, arr. d'Argelès-Gazost, cant. de Luz; 444 hab.

VISCOSITÉ. Les fluides parfaits, tels qu'on les conçoit en hydrodynamique, n'opposent aucune résistance au glissement relatif de leurs molécules, de telle façon que, même à l'état de mouvement, la pression éprouvée par chaque élément plan est normale à cet élément. Les fluides réels ne satisfont pas exactement à ces conditions, et il en résulte des frottements internes qui constituent la viscosité. Si l'on cherche à tenir compte de cette viscosité, on trouve que les équations différentielles de l'hydrodynamique, déjà fort peu maniables dans le cas des fluides parfaits, se compliquent au point d'échapper à toutes les ressources de l'analyse.

VISCUM (Bot.)(V. Gui).

VISÉ. Ville de Belgique, prov. et arr. de Liège, à 46 kil. N.-N.-E. de cette ville, sur la Meuse; 4.000 hab. Fabriques de chapeaux de paille; tanneries, charronneries: exploitations de carrières. L'église Saint-Martin, de style ogival, a été construite au xvi^ siècle. On y voit une châsse du xii^ siècle, merveilleusement ciselée, contenant les reliques de Saint-Hadelin. Visé, en latin Viseium et Visatum, existait déjà au viii*^ siècle. La ville fut cédée par l'empereur Otton 11 aux évêques de Liège en 983 ; elle fut fortifiée en 4334 sous le règne de Rodolphe de La Marck. Les remparts furent détruits en 4468 par Charles le Téméraire, et en 4675 par Louis XIV. Elle suivit les destinées de la principauté de Liège.

VISÉE (Artill.) (V. Tm).

VISÉEN,(GéoL) (V. Pekmo-Carbonifère).

V I S E G RÂ D. Localité de Hongrie, dans le comitat de Pest, sur la rive droite du Danube; 4.250 hab. Ancienne forteresse et résidence des rois hongrois au moyen âge. Les Romains y avaient établi un castrum dénommé Ad Herciilem. Le nom actuel est d'origine slave et veut dire : Haute forteresse. Sous les Arpad (1000-4301), elle servait surtout de prison; mais les rois de la maison d'Anjou, Charles-Robert et Louis le Grand, y firent construire leurs palais, et Visegrâd devint, au xiv*^ siècle, le rendez-vous de la chevalerie de l'Europe. Le roi Mathias Corvin fit encore embellir ce séjour pittoresque : au pied de la montagne s'élevait le château royal avec 350 chambres; au bord du Danube, les maisons des seigneurs. Des jardins suspendus, des statues et des jets d'eaux ornaient celte résidence, dont il ne reste aujourd'hui que quelques ruines insignifiantes. Visegrâd tomba, en 15^29, entre les mains des Turcs et ne fut repris qu'en 4684. J. K.

VISENEY (Le). Com. du dép. du Jura, arr. et cant. de Poligny ; 249 hab.

VISERNY. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Montbard ; 339 hab.

VISHNUTERIUM (Paléont.) (V. Girafe).

VISHWAMITRI. Rivière de VInde (V. ce mot). VI S Ici RE (Artill.). Synonyme de hausse (V. ce mot). VISIGOTHS. Peuple de race germanique représentant la branche occidentale delà grande nation des Goths (V. ce nom etOsTROGOTHs). Après la défaite des Ostrogoths par les Huns, les Visigoths, conduits par des chefs de la famille royale des Balts, franchirent le Danube et se réfugièrent dans l'Empire romain, où l'empereur Valens accepta leurs services et leur assigna des cantonnements (376). Les vexations des fonctionnaires romains provoquèrent une révolte des Visigoths ; l'empereur fut vaincu et tué par eux (V. Valens), et ils ravagèrent la péninsule balkanique jusqu'à ce qu'en 382 Théodose conclut avec eux un nouveau traité. Répartis dans les provinces balkaniques, ils furent, les uns, dotés déterres, les autres nourris par les magasins impériaux, eu échange des contingents militaires qu'ils fournissaient. Après la mort de Théodose, ils s'unirent sous leur roi Alaric (V. ce nom), qui, réclamant une province pour son peuple, dévasta la Macédoine, la Grèce, TRlyrie, et passa en Italie où il prit Rome (410). Son successeur ^toti//'(V. ce nom) emmena les Visigoths en Gaule et en Espagne et prépara l'entente avec les Romains réalisée par son frère Waliia(M$-M9) qui obtint par traité VAquitania secunda avec Toulouse, où il fixa sa capitale. Ce royaume vassal de l'Empire fut le premier des royaumes germaniques organisés dans l'Empire romain et bénéficiant de la civilisation romaine. ThéodoricP'^ (449-451), neveu et successeur de Wallia, observa le pacte et eut grande part à la défaite infligée aux Huns d'Attila. Ses fils, Théodoric II et Euric, conquirent l'Espagne et étendirent leur domination jusqu'à la Loire. A partir de ce moment, l'histoire du royaume des Visigoths se confond avec celle de V Espagne (SI . ce mot, Languedoc, Septimanie, Toulouse, etc.). Ils y furent d'ailleurs refoulés par les Francs, après la^défaite à' Alaric II (V. ce nom), par Clovis en 507. Leur royaume succomba définitivement en 744 à l'invasion musulmane.

La fusion des Visigoths avec leurs sujets latinisés avait été préparée au vi® siècle. Retardée par leur adhésion à l'arianisme, elle fut facilitée par leur conversion au catholicisme (586), et vers 650 les anciennes législations distinctes des Visigoths et des Romains furent remplacées par un code unique commun aux populations de toute origine. Ce droit reposait sur les lois d'Euru (466-485), revisées par Léovigild (569-580) et Récared (586- 604). L'édit de Récared (publié sous le nom d'Antigua d'après un palimpseste de Paris, par Bluhme en 4847), forma le noyau de la Lex Wisigothorum dont nous possédons deux rédactions, celles de Receswinth (649-672), et celle d'Ervich (682). C'est Receswinth (corégent de son père Chindaswinth) qui abolit la loi romaine des Visigoths, rédigée dans le Bréviaire d'Alaric (506), et qui jusqu'alors régissait les sujets romains des Visigoths. La loi unique promulguée par lui, revisée par Ervich et en dernier lieu par Egica (687-704), était très imprégnée des conceptions germaniques, de même que l'organisation des communautés locales, de l'armée, de la justice: à tel point que la vieille législation bavaroise lui a beaucoup emprunté. Après la ruine du royaume des Visigoths, leurs institutions demeurèrent en vigueur dans la région pyrénéenne où ils se maintinrent. Au xiii® siècle, Ferdinand IIÏ de Castille faisait traduire en castillan la loi des Visigoths pour servir de Fuerojuzo {forum judiciale, code de jus ticc). L'absorption du peuple gothique dans ses sujets latins d'Espagne et de Languedoc, presque complète au vji® siècle, fut consommée en suite des luttes soutenues en commun contre les Arabes (Cf. Espagne).

BiBL. : AscHBACH, Gcsch. der Westgolen ; Francfort, 1827. — Stéphaiv, Gotenhrieg tinter t heodosius ; Sïegburg, 1889. — IloDGKiN, Italy and her invadors ; Oxford, 1892. — Monum. Germanise : Loges ; Hanovre, 1894, t. I.

VISION. I. Physiologie. — La vision a pour objet de nous faire connaître certains mouvements spéciaux des

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