VITRE -- VITROLLES
Vitré se présente de tous côtés sous un aspect pittoresque : ses maisons sont jetées pêle-mêle sur une colline autour de la grande masse d'un vieux château fort qui en occupe le sommet, ainsi que l'église principale. En bas se trouve la ligae des remparts. Au S. ce sont de longues courtines éventrées, quelques tours démantelées. AuN., la Vilaine coule au pied des fortifications. La colline est formée d'un schiste noir, dont la couleur contraste avec la verdure qui la recouvre en partie. Elle est taillée à pic; dans sa partie septentrionale, le rempart s'appuie sur son escarpement. Une ancienne enceinte murale, parallélogramme allongé de l'E. à l'O., enserre le Vieux- Vitré y type particulier, ayant le mieux conservé sa physionomie de ville bretonne du moyen âge, traversée par trois rues longitudinales que font communiquer entre elles des ruelles étroites, tortueuses, escarpées, bordées de vieilles maisons.
A la tête des édifices religieux est l'église Notre-Dame, ancien prieuré de l'abbaye de Saint-Mélaine de Rennes (mon. liist. des xv° et xvi® siècles). Elle appartient d'ailleurs à différentes époques. Citons : l'ancien chœur des Bénédictins (xn® siècle), avec la tombe de Marie de Retz, morte en 1457, fille de Gilles de Laval ; nef, collatéraux et chapelles latérales à style ogival flamboyant (xv^ siècle) ; façade côté E. : tour de 1420, avec pyramide à crochets moderne d'une hauteur totale de 62 m., magnifique façade méridionale présentant une série de sept pignons, séparés par des contreportes sur l'un desquels s'applique une chaîne extérieure en pierre, charmant échantillon de la sculpture du xvi® siècle, porte centrale du portail 0., et celui-ci en plein cintre, avec la date de 1578. Eglise Sainte-Croix, ancien prieuré de l'abbaye de Marmoutiers, fondé par Robert de Vitré. L'église du cimetière n'a conservé que la tour de son clocher (xv® siècle) occupant le sommet du tertre. De ce tertre, la vue s'étend sur les environs à l'E. de la ville.
Le château a été fondé à la fin du xi® siècle, reconstruit da XIV® au xv^ (mon. hist.) et restauré de nos jours. La porte d'entrée, qui s'ouvre sous un arc ogival, est flanquée de deux grosses tours à mâchicoulis ; au-dessus s'élèvent des tourelles à toits coniques. Cette masse, qui s'appelle le Châtetet, se relie par d'épaisses courtines à une série de tours crénelées. A l'intérieur, se trouve le donjon, à gauche ; en face de l'entrée, un cloître et la chapelle ; à droite, une jolie tourelle du xvi® siècle, dit tribune de la Trémoille. Les divers étages du donjon ont été convertis en musée, ainsi que l'une des tours duChâtelet qui renferme en outre la bibliothèque. Le collège
Château de Vitré et tour Saint-Laurent.
occupe le couvent des Ursulines. On a installé dans un couvent des bénédictins la mairie, la sous-préfecture, le tribunal et la poste. Aux environs, quatre châteaux : Baratière, Guichardière, Pilletière, des Rochers; ce dernier, situé à 6 kil., au S.-E., et à 4 kil. d'Argentré, a été immortalisé par M^^^® de Sévigné.
Vitré est une ancienne baronnie de Bretagne, apanage, au X® siècle d'une branche cadette des comtes de Rennes. Au xi^ siècle, Robert de Vitré eut pour épouse Berthe de
Craon, qui y fonda en 1064 le prieuré de Sainte-Croix. La baronnie passa dans la maison de Laval par mariage, puis, en 1605, dans celle de la Trémoille. Ce fut une place d'armes de huguenots au xvi^ siècle et des Chouans au temps de la Révolution.
Les armes de Vitré sont : De gueules, à un lion d'argent, couronné (T or, armé de sable. Ch. Del.
BiBL. : Dubois, Histoire de Vitré, 1840.
VITRÉ. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Celles-sur-Belle ; 589 hab.
VITREUX. Com. du dép. du Jura, arr. de Dole, cant. de Gendrey ; 278 hab.
VITREY. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Saône, arr. de Vesoul; 868 hab. Stat. duchem. de fer de l'Est.
VITBEY. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Vézelise ; 324 hab.
VITREZAiS. Contrée de l'ancien Bordelais (auj. du dép. de la Gironde), aux confins delà Charente-Inférieure : il forme la moitié du cant. de Saint-Giers-Lalande. Son ch.-l. était Braud avant la Révolution. Pays de landes, de marais desséchés, limités par la rive dr. de la Gironde. François P'' était seigneur da Vitrezais (réuni par échange à son comté d'Angoulême), avant d'être roi de France.
VITRIFICATION (Techn.) (V. Verre).
VITRIMONT. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. et cant. (N.) de LunévilLe; 292 hab.
VITRINE (Ameub.). Armoire, pupitre ou table dont les panneaux ou une partie des panneaux sont de verre. Ce genre de meuble n'est pas très ancien, bien que certains reliquaires (V. ce mot) aient été au moyen âge de petites vitrines, et bien qu'un tableau encadré sous verre apparaisse dès 1416 dans l'inventaire de Jean de Berri. Le mot verrine était alors synonyme de verrière, vitrail. Il faut attendre que la fabrication du verre en grandes feuilles incolores ait été usuelle et que le goût des collections se soit répandu dans le public pour trouver des vitrines dans l'ameablement courant. Elles ont été fréquentes depuis le règne de Louis XV ; les unes sont des vaisseliers (V. ce mot) où l'on exposait à l'abri de la poussière et des mouches la vaisselle de dressoir ; les autres ont été destinées à renfermer les curiosités de la nature et de l'art et les antiquités dans les cabinets des amateurs. Les ébénistes des règnes de Louis XV et de Louis XVI ont produit des vitrines qui sont des merveilles d'élégance.
VITRIN6A (Annes-Johan), moraliste hollandais, né à Harderwyk en 1827. De 1853 à 1890, il occupa diverses fonctions dans l'enseignement moyen, et fut en dernier Heu recteur de l'Athénée de Deventer. Il publia un certain nombre de traités philosophiques et religieux, mais il est surtout connu par des écrits satiriques sur les questions contemporaines publiées sous les pseudonymes de Jean Holland et Jochem van Ondere. Il y fait preuve d'une originalité et d'une finesse remarquables, surtout dans Keesje Putbus (1874), Darwinia (1875), et surtout dans 3îa visite à Bismarck pendant l'été de i875 (Amsterdam, 1876). Parmi ses autres ouvrages, nous citerons : la Philosophie d'Aristote (Amsterdam, 1855, in-8) ; l'Education et l'émancipation de la femme (Deventer, 1869, in-8); l'Education du caractère [ibid,, 1871, in-8). Tous ces ouvrages sont écrits en hollandais.
VITRIOL. Le mot de vitriol est le nom qui a été donné autrefois aux sulfates. Ce mot est encore employé dans le commerce pour désigner certains sulfates : le sulfate de cuivre est quelquefois appelé vitriol bleu, le sulfate ferreux vitriol vert. Les sulfates sont en général décomposables par la chaleur ; ceux qui se décomposent à température assez basse donnent naissance àdel'acidesulfurique: cet acide était connu des alchimistes sous le nom d'huile de vitriol, et on l'appelle encore communément vitriol (V. Sulfate).
VITROLLES. Com. du dép. des Hautes- Alpes, arr. de Gap, cant. de Barcelonnette ; 268 hab.