‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 517 sur 633 · VITROLLES — VITRUVE · texte numérisé non relu

VITROLLES — VITRUVE

VITROLLES. Corn, du dép. des Bouches- du-Rh6ne, arr. d'Aix, cant. de Berre ; 940 hab. Stat. du chem. de fer P. -L. -M. Huileries.

VITROLLES. Corn, du dép. de Yaucluse, arr. d'Apt, cant. de Pertuis ; 146 hab.

VITROLLES (Eugène d'ARNAULD, baron de), homme d'Etat français, né au château de Vilrolles (Hautes- Alpes) le 11 août 1774, mort à Paris le 1^^ août 1854. Appartenant à une des plus anciennes familles de Provence, fils d'un conseiller au Parlement et de la fille du marquis de Pina Saint-Didier, qui fut président au Parlement de Grenoble, petit-neveu du bailli de Suffren, il fut instruit^ par les soins de l'abbé de Pina, vicaire général du Puy, qui le fit voyager en Suisse. Il s'y trouvait au moment où éclata la Révolution et s'enrôla en 1791 dans l'armée de Condé où il gagna le grade de lieutenant. En 1795 il épousait Thérésia de Folleville, fille adoptive de la duchesse de Bouillon, qui la dota richement. Vitrolles rentra en France après le 18 brumaire, fut nommé inspecteur des bergeries impériales en 1812, se consumant dans une inactivité presque absolue. A la fin de l'Empire, il fut associé par Talleyrand aux intrigues et négociations qui devaient ramener les Bourbons sur le trône. Nommé par le comte d'Artois secrétaire d'Etat provisoire (1814), réduit par Louis XYIII aux fonctions de secrétaire des conseils du roi, il reçut, pendant les Cent-Jours, la mission de soulever le Midi. Arrêté à Toulouse, il fut emprisonné à Vincennes puis à l'Abbaye. Délivré après Waterloo, il fut élu député des Basses-Alpes en 1815, devint ministre d'Etat (i9 sept. 1815), mais perdit bientôt ce titre pour avoir participé à la Noie secrète adressée par Monsieur aux gouvernements étrangers. Monsieur, devenu Charles X, rendit à son confident son titre de ministre d'Etat (1824), mais les intrigues de cour le tinrent éloigné du Conseil. Ministre plénipotentiaire à Florence (1827), il revint à Paris en 1829, après la mort de sa fille Amélie. Les circonstances étaient graves ; Vitrolles, énergique et froid, chef de la droite avancée, pouvait s'attendre à devenir président du C(»nseil. Charles X donna la place à Polignac, et Vitrolles n'obtint que la pairie avec le titre de comte (janv. 1830). Larévolution de Juillet ne le surprit guère, quoiqu'on n'eût pas daigné même le consulter sur les ordonnances dont il obtint le retrait quand il était déjà trop tard. Vitrolles aida de ses conseils les tentatives de la duchesse de Berry. Arrêté par le gouvernement de Louis- PhiHppe après l'émeute qui eut pour conséquence à Paris le pillage de l'archevêché, il fut bientôt relâché. Sa carrière politique était close. Depuis, il fit partie de tous les pèlerinages royalistes à Wiesbaden ou à Londres, et passa tranquillement ses derniers jours dans l'intimité de Lamennais et de la duchesse de Vicence. Eug. Forgues a pubhé ses Mémoires et relations politiques (Paris, 1884, 3 vol. in-8). R. S.

VITROPHYRE (Pétrogr.). Roche acide, à la limite des types porphyroïde et vitreux, provenant de la superposition du caractère pophyrique à la texture du pechstein ou rétinite et se présentant sous une apparence bréchiforme, avec des taches tantôt lenticulaires, tantôt arrondies, de matière finement cristallisée, se détachant sur un fond de pâte vitreuse. Les transitions, d'ailleurs, abondent du vitrophyre au pechstein, au point qu'on a prétendu qu'il n'existait pas de pechsteins complètement exempts de cristaux porphyroides. Rosenbusch a, d'autre part, donné le nom de vitrophyre basaltique au type vitreux des roches basiques modernes.

VITRUVE PoLLioN, architecte et ingénieur latin, auteur d'un traité sur l'architecture (De Archiiectura), quiyiysiit pendant le i^^ siècle de notre ère. Les prénoms qu'on lui a attribués, Marcus ou Lucius, et parmi lesquels le premier a prévalu , ont été forgés par conjecture aux xv^ et xvi^ siècles ; quant au surnom de Pollion, il apparaît (sous la forme Po//o) dans l'abrégé de Cetus Faventinus qui a pour titre : De diversis fabricis arçhitectonicœ. On ignore quel fut exac-

tement le lieu de sa naissance. D'après les uns, il serait né dans le N. de l'Italie, à Plaisance ou à Vérone, ou même à Ravenne; d'après les autres, à Fano, dans l'Ombrie, ou bien encore à Formies, dans la Campanie. Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que Vitruve Pollion était originaire de cette dernière région : car dans cette partie de l'Italie méridionale (à Misène, Formies^ Pouzzoles, Avella), on a découvert un certain nombre d'inscriptions relatives à la gens Yitruvia. On n'est point d'accord non plus sur l'époque où Vitruve a vécu. Suivant l'opinion de beaucoup la plus répandue, il aurait été contemporain d'Auguste, et c'est à cet empereur qu'il aurait dédié son ouvrage sur l'architecture ; on a même prétendu, sans fondement sérieux, que ce traité avait été composé vers l'an 13. D'après un autre système récemment soutenu par Ussing, et qui atteint le paradoxe presque autant que celui de Schultz notamment, qui assignait le iv^ siècle comme époque probable de la composition du De Architectura, l'auteur de ce traité, Vitruve, aurait vécu au iji® siècle et serait un lettré du N. de l'Italie qui aurait pris le nom (Vitru vins) d'un àrchitQcte écrivain du temps d'Auguste et compilé surtout Varron. Enfin, d'après une très ancienne opinion exposée par l'architecte Newton, traducteur anglais de Vitruve, à la fin du xviii® s., opinion qui a été délaissée à tort depuis longtemps, ce n'est guère que sous les Flaviens que le De Architectura aurait été composé et dédié par son auteur à l'empereur Titus. Tel est aussi notre sentiment, et c'est le résultat auquel nous a conduit un ensemble de recherches personnelles que nous ne pouvons exposer ici en détail. — Nous sommes pour ainsi dire dépourvus de renseignements sur la vie de Vitruve, et ce n'est guère que du De Architectura c[uq l'on peut tirer quelques indications sur cet architecte. Né de parents libres ayant de l'aisance, appartenant à une famille où l'on devait s'occuper, selon toute vraisemblance, d'architecture et des questions qui s'y rattachaient, Vitruve reçut une éducation et une instruction soignées, étudia, outre les arts mécaniques, les arts libéraux, et fut initié à un savoir en quelque sorte encyclopédique, puisé aux sources romaines et surtout helléniques. Alliant la pratique à la théorie, il exerça les fonctions d'architecte sans arriver d'ailleurs, comme il le dit, ni à la fortune ni à la renommée. En Italie, il paraît avoir résidé bien plus hors de Rome qu'à Rome même : c'est en qualité d'architecte qu'il construisit sur ses plans la basilique de Fanum (Ombrie) ; mais il n'est pas du tout certain qu'il ait exercé, comme on l'a afiîrmé, les fonctions de curateur dans cette ville. Il nous fait entendre qu'il connaît par lui-même plus d'une des contrées qu'il décrit, et notamment qu'il avait habité l'Afrique romaine pendant un certain temps ; c'est là, sans doute, par Carthage, ouverte aux influences étrangères, et par l'intermédiaire d'Alexandrie, qu'il a subi l'influence grecque venue notamment d'Asie Mineure, laquelle est très sensible dans son traité d'architecture. Connu et apprécié par Vespasien qui paraît avoir utilisé ses talents en Afrique, et l'emmena peut-être en Egypte et du côté de l'Orient, il dut se distinguer comme architecte et ingénieur, puisqu'il obtint ensuite de la faveur impériale d'être chargé, sous le principal de Titus, de la réparation et de l'organisation des engins et machines de guerre, au point de vue militaire et naval. C'est à ce prince qu'il aurait dédié, vers l'an 80, le De Architectura (composé en partie ou en totalité depuis quelque temps déjà), alors que son auteur était déjà atteint par la maladie, les infirmités et la vieillesse. — Le De Architectura est divisé en dix livres. D'après la doctrine et l'exposé de Vitruve, l'étude de l'architecture comprend trois divisions principales, à savoir : la construction des bâtiments publics et privés (œdificatio), la gnomonique {gnomonice) et la mécanique (machmaiio). Dans le livre 1®^', Vitruve commence par traiter de l'architecture en général, des qualités nécessaires à l'architecte, du choix des lieux pour bâtir une ville. Dans le livre II, il expose l'histoire naturelle des matériaux de

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