‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 529 sur 633 · VOIE - VOILE · texte numérisé non relu

VOIE - VOILE

des hommes. Appelée ^atof g (deyaXa, lait) par les Grecs, via lacta par les Romains, elle devait son origine, d'après la mythologie ancienne, à quelques gouttes de lait qu'Hercule, à qui Junon, apaisée par Minerve, avait consenti à donner le sein, en fit jaillir en la mordant. D'autres poètes font de la Voie lactée le sillage enflammé laissé par Phaéton dans sa course désordonnée à travers le ciel sur le char du Soleil, ou encore, comme Ovide, le chemin des Dieux, la voie de V Immortalité^ qui conduisait les héros au palais de Jupiter. Les Arabes lui donnaient le nom de fleuve céleste et longtemps elle a été connue, dans nos campagnes, sous celui de chemin de Saint- Jacques. Les présomptions des astronomes touchant sa véritable constitution sont longtemps, du reste, demeurées des plus vagues. Aristote la regardait encore comme un météore. Pourtant Démocrite, qui vivait quatre siècles avant notre ère, enseignait qu'elle devait être un amas d'étoiles trop petites et trop pressées pour pouvoir être discernées. Les recherches télescopiques et, principalement, les mémorables travaux de AVilliam Herschel ont confirmé de tout point l'hypothèse du célèbre philosophe.

La Voie lactée fait le tour complet du ciel, à la façon d'un anneau gigantesque sensiblement perpendiculaire au plan de l'équateur. Partie de Cassiopée, elle y revient, après avoir traversé Persée, Orion, les Gémeaux, le Grand-Chien, le Centaure, la Croix, le Triangle austral, le Scorpion, le Sagitaire, l'Aigle, la Flèche, le Cygne, le Serpentaire. Sa largeur et son intensité lumineuse sont très variables. A ses deux contacts avec l'équateur, elle mesure 46*^ d'un côté, 22*^ de l'autre, mais, à ce dernier point, elle est divisée en deux branches, et sa plus grande largeur d'une seule pièce est entre Orion et le Petit Chien. Au voisinage des pôles, elle ne mesure guère que 4 à 6^ (V. la carte du ciel à l'art. Etoile, t. XVI, p. 670). Même à l'œil nu, elle présente des alternatives de régions plus blanches, plus laiteuses, et de parties relativement obscures. La distribution des étoiles est loin, en effet, d'y être uniforme. Si on dirige sur elle un puissant télescope, certains parages apparaissent criblés de points noirs : ce sont les champs d'or. D'autres ne montrent que de rares lumières, parfois même le vide : ce sont les sacs à charbon ou chiens noirs. L'un de ces derniers, le principal, est près de la Croix du Sud. Dans la constellation du Cygne, au contraire, se trouve l'une des parties les plus denses. W. Herschel y a compté, sur une largeur de 5^, quatre fois grande comme le disque jde la lune, 331.000 étoiles. Au total il y en aurait, d'après le même astronome, 18 millions. Ce chiffre est encore bien au-dessous de la vérité. Il croîtra indéfiniment à mesure que la puissance des instruments augmentera.

En réalité, la Voie lactée n'est pas, comme elle nous apparaît, un anneau, une ceinture, mais bien un plan, une couche, se confondant, à peu de chose près, avec un grand cercle de la sphère céleste et dans laquelle les étoiles se trouvent accumulées jusqu'à des distances incommensurables. W. Herschel la comparait à une lentille un peu aplatie, Arago à une meule de moulin, et notre Soleil, avec ses planètes, ses astéroïdes, ses comètes, en occupe approximativement le centre, un peu plus rapproché toutefois du pôle austral, de la Croix du Sud, et légèrement enfoncé dans le sens de son épaisseur. H n'est au surplus ni plus ni moins que l'une des innombrables étoiles qui la composent, il fait partie intégrante de cette multitude d'astres, et c'est précisément parce que nous nous trouvons dans le même plan qu'eux, parce que, par rapport à nous, ils se projettent les uns devant les autres, qu'ils pj'ennent à nos yeux cette forme annulaire et nous apparaissent en masse compacte , superposés , confondus. Du Soleil à l'étoile la plus proche de la Voie lactée, a du Centaure, la distance est de 33.000 milliards de kilomètres; elle est de 82.000 miUiards de kilomètres jusqu'à la suivante, la 61® du Cygne. Les autres se

succèdent, séparées par des intervalles de même ordre, et il en est ainsi vraisemblablement pour l'amas tout entier. Il convient, au surplus, de remarquer que, dans la distribution générale des étoiles à travers l'immensité, le maximum de condensation est dans le plan de la Voie lactée, non seulement pour les étoiles visibles à l'œil nu, mais aussi et plus encore pour les étoiles télescopiques : des deux pôles de la Voie lactée jusqu'à cette zone, le nombre en augmente, en effet, régulièrement et prodigieusement. Les amas d'étoiles et les nébuleuses offrent une particularité analogue. Tandis que les amas, anciennes nébuleuses aujourd'hui réduites, se montrent les plus nombreuses dans le plan de la Voie lactée, les nébuleuses proprement dites, les nébuleuses irréductibles, y sont rares, clairsemées. Elles sont, au contraire, fort répandues au N. et au S., jusqu'à ses pôles (V. Nébuleuse) .

VOIGNY. Corn, du dép. de l'Aube, arr. etcant. deBarsur-Aube ; 269 hab.

VOIGTLAND. Région de l'Allemagne (V. Vogtland).

VOILE. I. Technologie. — Les voiles des religieuses se font au moyen d'un tissu de laine uni et léger que l'on emploie également, sous ce nom de voile, pour la confection de robes et d'autres parties de vêtement.

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