‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 530 sur 633 · II. Costume (V. Coiffure et Costume · texte numérisé non relu

II. Costume (V. Coiffure et Costume

III. Liturgie. — Dans le langage liturgique, on appelle voile un morceau d'étoffe que le prêtre met sur le calice, pour le couvrir, au commencement de la messe jusqu'à la communion, et après la communion jusqu'à la fin. n doit toujours être en soie, de la couleur de l'ornement prescrite pour le temps où l'on s'en sert, et couvrir le calice de tous côtés. Il n'est point bénit. — En l'Eglise orientale, on emploie trois voiles eucharistiques : celui qui couvre le pain, — celui qui couvre le calice, — et un troisième voile plus mince et plus transparent, appelé le nuage, qui couvre les deux autres. H est confectionné avec les matières les plus belles et les plus précieuses. Dans l'église de Sainte- Sophie, il était tissu d'or et brodé de perles. Suivant l'interprétation mystique, il représente, soit le nuage lumineux de la Transfiguration, soit la pierre qui fermait l'entrée du sépulcre de Jésus-Christ. En l'encensant, le prêtre prononce ces paroles : Couvre-moi sous V ombre de tes ailes. E.-H. V.

IV. Discipline ecclésiastique. — Dès le commencement du iv^ siècle, les filles qui faisaient vœu de virginité paraissent avoir été considérées définitivement comme formant une classe spéciale, fort honorée en l'Eglise. On les appelait déjà les vierges saintes ou les vierges de V Eglise. Constantin ordonna aux gouverneurs des provinces de prendre des dispositions pour pourvoir à leur entretien, comme à celui des veuves. Dans le cours du iv'^ siècle, elles portaient deux signes distinctifs : un vêtement de forme simple et de couleur sombre, et un voile. Le voile, flammeum Christi, était le symbole de l'union mystique qui les faisait épouses du Christ. Il leur était remis solennellement par l'évêque, en un acte irrévocable, célébré ordinairement à l'Epiphanie, à Pâques, ou à la fête d'un apôtre : Venit Paschœ dies, in tolo orbe baptismi sacramenta celebranlur, velantur sacrœ virgines (Saint Ambroise, Exhort. Virgin.). Après cette cérémonie, il n'était plus permis de contracter mariage, et toute violation du vœu était un adultère sacrilège. 'La législation de l'Empire sanctionna les sévérités édictées par l'Eglise sur ce point. L'âge exigé pour la velatio était primitivement indéterminé, dépendant de l'appréciation de l'évêque ou de l'usage des différents pays. En Afrique, à la fin du iv^ siècle, on accordait le voile dans la vingtcinquième année ; en Espagne, on attendait la quarantième. — - Au commencement, les vierges ainsi consacrées continuaient à vivre dans le monde, sans être astreintes à aucun service particulier dans l'Eglise, leur office essentiel étant de garder leur propre virginité. Mais l'expérience démontra que cette liberté était fort périlleuse,

VOlLE

soit à cause des chutes notoires, soit à cause des accommodements équivoques (V. Chasteté [Vœu de]). On avisa en divers pays à soumettre à la réclusion les vierges saintes. Cette évolution fut accomplie par le développement du régime monastique. Dès lors l'histoire, de la p7nse du voile appartient presque exclusivement à l'histoire de ce régime, où elle est devenue une cérémonie habilement dramatisée pour frapper l'imagination . — Les canonistes distinguaient autrefois cinq sortes de voiles : voile de profession, — voile de consécration, — voile d'ordination, — voile de prélature, — voile de continence et d'observance. On y a ajouté, dans les derniers siècles, le voile de probation, donné aux novices à leur première réception, et qui est ordinairement blanc, tandis que celui des professes est noir dans la plupart des ordres et congrégations. Le voile de profession est donné aux religieuses quand elles prononcent leurs vœux. Le voile de consécration était reçu par les vierges de l'Eglise dont nous avons parlé au commencement de cette notice. On y joignit un anneau, symbole de leur union avec Jésus- Christ. Le voile d'ordination était celui des diaconesses qui , en vertu d'une bénédiction spéciale donnée par l'évêque , étaient autorisées à chanter solennellement l'évangile à matines. Le voile de prélature était remis aux abbesses, quand on les bénissait. Le voile de continence et d'observance est celui des veuves et des femmes séparées de leurs maris qui s'engagent à la profession religieuse. E.-H. VOLLET.

V. Marine. — Pline fait hommage de l'invention de la voile à Icare et Pausanias à Dédale. En réaHté, l'emploi de la voile semble avoir suivi de bien près, comme mode de propulsion des navires, celui de la rame, et l'on en trouve des traces à l'origine de toutes les civilisations. 11 est même aujourd'hui certain que, contrairement à l'opinion exprimée par l'amiral Paris, les anciens connurent l'usage combiné de plusieurs voiles superposées en vue de proportionner la puissance de la voilure à la force du vent : Pline et Sénèque sont, sur ce point, très affirmatifs. Quant à la foçme à donner aux voiles, elle paraît avoir été, d'assez bonne heure également, l'objet de nombreux essais : les trières grecques et les galères romaines eurent des voiles carrées, des voiles trapézoïdales, des voiles triangulaires.

Une voile se compose habituellement de plusieurs largeurs ou laizes d'une toile spéciale très forte, à chaîne en lil retors. Elles sont cousues ensemble solidement et, sur tout le pourtour, est fixé un cordage en trois ou raHngue, qui consolide la voile en même temps qu'il sert de point d'attache aux diverses manœuvres : écoutes, boulines, cargues, etc. Enfin, les parties soumises à des efforts particulièrement considérables sont renforcées par des bandes: bandes de têtière ou d'envergure, bandes de ris, et cellesci sont percées, pour le passage des rabans ou des garcettes, de trous ou œils de pie (V. Bouline, Cargue, Gar- CETïE, Ralingue, etc.).

Au point de vue de la forme, on distingue habituellement quatre sortes de voiles :

4*^ Les voiles carrées. Elles étaient employées, de préférence, sur les navires anciens et elles étaient alors réellement carrées ou, du moins, rectangulaires. La « voile carrée » moderne n'est, au contraire, à proprement parler, qu'un trapèze isocèle ayant sa plus grande base en bas, et lorsque cinq ou six de ces voiles se trouvent, comme sur les grands voiliers, superposées, elles forment, la base supérieure de chacune étant égale à la base inférieure de celle qui la surmonte, une sorte de long triangle isocèle dont le sommet serait au-dessus de la dernière, sur le prolongement du mât. Elles s'enverguent, autrement dit elles sont fixées par leur bord supérieur sur une vergue horizontale, elle-même suspendue au mât, en son milieu, par deux cordages d'égale longueur attachés chacun à une de ses extrémités. A chaque angle inférieur de la voile est un cordage ou écoute, qui se fixe aux bastingages ou

à la vergue inférieure, et |qui sert à l'étendre, à la ra* mener, etc. Les voiles carrées sont les plus généralement employées pour le gréement des grands bâtiments. Celles fixées aux vergues d'en bas sont dites basses voiles ^ celles fixées aux autres vergues voiles supérieures. Ces dernières se distinguent elles-mêmes, d'après leur position respective et en commençant par le bas, en huniers, perroquets, cacatois. Souvent aussi, l'espace entre deux vergues successives est partagé par une vergue supplémentaire, et la voile que celle-ci reçoit porte le nom de volant. Comme, d'autre part, pour préciser davantage, on ajoute, ordinairement, lorsqu'il y a plusieurs mâts,^ le nom de ceux-ci aux noms des voiles qu'ils portent, la voilure d'un trois-mâts carré, gréé à six vergues, tant, principales que supplémentaires, se trouve, en commençant pour chaque mât par la basse voile, ainsi dénommée : au mât de misaine ou mât d'avant, la misaine, le hunier de misaine, appelé aussi petit fixe ou petit hunier^ le volant du hunier de misaine ou petit volant, le perroquet de misaine ou petit perroquet, le volant du perroquet de misaine ou volant du petit perroquet, le cacatois de misaine ou petit cacatois; — au grand mât ou mât central, la grand voile, le grand hunier ou grand fixe, le volant du grand hunier ou grand volant, le grand perroquet, le volant du grand perroquet, le grand cacatois; — au mât d'artimon ou mât d'arrière, la grand voile d'artimon, le perroquet de fougue, le volant du perroquet de fougue, la perruche, le volant de perruche, le cacatois d'artimon.

^^ Les voiles auriques. Elles n'ont, à la différence des voiles dites carrées, que très imparfaitement la forme d'un trapèze et sont seulement quadrangulaires. Néanmoins, on les désigne aussi quelquefois sous le nom de voiles trapézoïdales. Elles sont, d'une façon générale, fixées par trois angles : l'un de leurs bords latéraux est, en effet, lacé, sauf de rares exceptions, au mât, et leur bord supérieur est maintenu par une vergue, ordinairement inclinée. Une écoute manœuvre le quatrième angle. Les voiles auriques caractérisent le gréement de la goélette, du cotre, du brigantin, etc. Les yachts de plaisance les préfèrent également. Elles se distinguent, du reste, suivant les variantes de leur mode d'installation, en artimons, brigantines, voiles à livarde ou à baies ton, voiles de houari, voiles à bourcet, etc. (V. Aurique [Voile], Goélette, et les renvois).

3« Les voiles triangulaires ou voiles latines. Elles étaient très employées au siècle d'Auguste, et, comme on les retrouve au vi® siècle, puis, sous saint Louis, sur les bateaux génois, il est présumable que leur usage s'est transmis jusqu'à nous sans interruption. Les petits bâtiments de la Méditerranée: tartanes, chebeks, etc., sont à peu près exclusivement gréés en voiles latines. Elles sont alors enverguées sur de longues vergues obliques ou antennes (V. ce mot), fixées par le milieu à l'extrémité supérieure d'un mât assez court. Leur troisième côté est manœuvré au moyen d'une écoute. Elles entrent, d'autre part, de façon accessoire et sous le nom de focs et de voiles d'étai dans le gréement de tous les grands navires. Elles ne sont pas, en ce cas, enverguées, mais fixées par un de leurs bords à un cordage : draille, s'il s'agit de focs, et étai, s'il s'agit de voiles d'étai .(V. Foc et Etai).

4° Les bonnettes. Ce sont des voiles supplémentaires, qu'on n'établit que par beau temps, sur le côté des autres voiles. Elles affectent des formes très diverses : carrées, trapézoïdales, etc. (V. Bonnette).

A signaler en outre les ftèches-en-cul, petites voiles de forme triangulaire, quadrangulaire et même quelquefois pentagonale, qu'on hisse au sommet des mâts de goélette, au-dessus de la brigantine.

Les voiles se manœuvrent au moyen de cordages et de poulies,, mus, le plus souvent, à bras d'homme, mais

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