‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 53 sur 633 · TIMOR — TIMOUR · texte numérisé non relu

TIMOR — TIMOUR

de 43.700 hommes. D'un autre côté, les Anglais apparurent et s'emparèrent de Kœp an g en 1797. Chassés par les naturels, ils revinrent à deux reprises, en 4840 et en 4841, mais, l'ayant prise alors, ils la rendirent aux Hollandais en 4846, à la suite de la paix de 4844. Les discussions politiques remplacèrent ensuite les luttes armées, jusqu'au traité de 4859, qui a fini de régler la question des frontières entre les deux protectorats actuels.

Ch, Delavaud.

BiBL. : MuLLER, Reisen en Ondp.rzoekingen. Ind. Archipei, t. Il, Timor, 1830. — Temminck, Coup d^œil sur... l'Inde archipélsigiq., 1849. — Veth, l'Ile de Timor., art. du Gids, 1855. — A. de Castro, JRéswmé /list. de Vétabliss. portug. à Timor..., 1862. — Wallace, The Malay Archipelago, 1869, et dans le Tour du monde, 1872. -- Gram- BERG, Eim masind in de binnenlandenvan Timor..., 1872.

— JoNKER, Rapport uan het...op het Timor..., 1873. — LessoN, Quelques mots sur les races noires de Timor., dans Rev. d'anthropol.^ 1877. — - Studer, Ein Besuch auf Tim.or., 1878. — Versteg, Verslag einer Reis. OostKustv. Timor, 1879. — Vaquinhas, Timor, dans Bull, de la Soc. géog. de Lisbonne^ 1881, 1885. — Catal. de VExpos. internat. d'Amsterdam, 1883. — Bastian, Indonésien, 2« livr. Timor..., 1885. — ■ Forbes, A naturalist's... Flora timorensis, 1885. — Zondervan, Timor..., 1888. •— Martens, Banda, Timor und Flores, dans Zeitschrift de la Soc. géog. Berlin, 1889. — Reclus, Géogr. univ., t. XIV (1889).

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TINIORODIE (Ghorégr.) (V. Danse, t. XIIÏ, p. 864).

TIMOTEO dâUrbino, peintre italien (V. Vite).

TIMOTHÉE (Ti[xd8£oç, fils de Thersandre), poète et musicien grec, né à Milet, vécut quatre-vingt-dix ans (de 447 à 357 av. J.-C); cette longue existence paraît avoir été très glorieuse. Il débute vers 420, circule de concours en concours, donnant des auditions applaudies de ses œuvres (nomes et dithyrambes) dans presque toutes les importantes cités de la Grèce et de l'Asie Mineure, en particulier à Athènes, à Lacédémone, où l'on blâme son innovation (la onzième corde ajoutée à la lyre), en Macédoine, où il obtient un vif succès, et se fixe jusqu'à sa mort à la cour du roi Archélaos. La marque essentielle de son art, dans le dithyrambe aussi bien qu'en musique, c'était, selon Croiset, un goût peut-être exagéré pour ïimitation dramatique, pour l'harmonie imitative poétique. Il recherchait l'éclat, l'effet extérieur, parfois au détriment du sentiment et de l'idée. Ainsi, dans ï Enfantement de Sémélé, il tâchait de reproduire les plaintes de la mère accouchant de Dionysos (V., à ce propos, la plaisanterie citée par Athénée, VIII, 352 A). Dans une autre pièce, il copiait les rumeurs de Forage. Au début de son Ar ternis, qu'il chanta lui-même sur le théâtre athénien, il accumule de curieuses épithètes destinées à surprendre ou à charmer l'oreille et l'esprit tout ensemble. Nonobstant ces bizarreries, il faut noter de rares mérites : passion, mouvement, élan, grandeur. Patriote et historien autant que mythologue, il écrit, vers l'époque où Agésilas guerroyait en Asie (395- 394), un beau nome ou morceau lyrique, les Perses, qui demeura populaire dans l'Hellade entière. On a conservé quelques fragments courts des poèmes de Timothée dans les Poetœ hjrici Grœci de Bergk (Leipzig, 4878, t. I, 4® éd., Bippart les a publiés à Leipzig en 1843).

BiBL. : Consulter Burette, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. X. — Fabricius, Bibliotheca Grseca, t. II. — Schmidt, qui consacre à Timothée un chapitre de son ouvrage (en latin) sur les poètes dithyrambiques; Berlin, 1845.

Tl M OTH ÉE, général athénien, mort à Ghalcis en 354 av. J.-C. Fils de Conon et élève d'Isocrate, il contribua à la réorganisation de la fédération maritime dirigée par Athènes, défit la flotte Spartiate à Alyzia (375) et acquit l'alliance de Corcyre, Cephallénie, des Acarnanes et de l'Ëpire. Le commandement ayant été transféré à Iphicrate, il passa en Asie au service des Perses (372). Il fut en 366 mis à la tète d'une flotte qui appuya le satrape de l'Hellespont, Ariobazrane, révolté contre le « grand roi ». Timothée prit

Samos et assura la prépondérance athénienne sur l'Hellespont ; il remplaça Iphicrate à la tète de l'armée de Thrace. Dans la guerre contre les alliés, il reçut avec Iphicrate et Charèsle commandement (356) ; mais Charès, s'étant laissé battre à Chios, rejeta la faute sur ses collègues qui furent rappelés; Timothée, condamné à une amende de 400 talents, se retira à Chalcis. TIMOTHtE, patriarche d'Alexandrie (V. Agnoèïes)* TIMOTHÉE. Personnage marquant des premiers temps du christianisme, qui fut le plus fidèle disciple et le compagnon dévoué de l'apôtre Paul dans ses pérégrinations. Originaire de Lycaonie, il était issu d'un père grec et d'une mère juive. Le Nouveau Testament renferme deux lettres de saint Paul à lui adressées, mais dont le contenu semble indiquer un développement de l'organisation ecclésiastique postérieur à son époque (V. Paul [Saint]). La tradition fait de Timothée le premier évêque d'Ephèse (Eusèbe, Hist, eccl.) et le fait mourir martyr sous Domii\m {Acta sanctorum, 2janv.). Usener a édité (Bonn, 4877) les apocryphes Actes de Timothée,

BiBL. : Lipsius, Die apokryphen Apostelqeschichten, II; Brunswuth, 1884.

T! IVI 0 U R-Beg ou Tl IVI 0 U R-Leng {le Boiteux), en français Tamerlân, conquérant turc, né à Sebz, faubourg de Kech (près de Samarcande) le 9 avr. 4336, mort à Otrar le 44 févr. 4405. Il était du clan de Berlas, l'un des quatre grands clans de la Transoxiane ou Mavrannahar; son père Targaï avait suivi la fortune du \izir Kazgan, le faiseur de rois dû Turkestan, lequel changea cinq fois le khan toujours pris parmi les descendants de Djagataï (V. Mongolie). Avec son fief des provinces de Kech et Nakcheb, Timour hérita de ce père le titre à' émir auquel plus tard il ajouta l'épithète de Sahibkiran. Il s'attacha à Kazgan qui le mit à la tête d'une compagnie de 4.000 hommes ; le jeune noble était excellent chevaHer et pieux musulman, prêt à s'entendre avec les deux forces qui subsistaient en Transoxiane dans l'anarchie consécutive à la dissolution de l'empire mongol. Son protecteur lui fit épouser sa petite-fille, du clan Djélaïr. Kazgan ayant été assassiné, Timour se porta son vengeur, candidat à sa succession. Mais les féodaux de la Transoxiane virent alors arriver le khan légitime, le djagataï de Touglouk- Timour qui de sa capitale Almalik marcha sur Samarcande. L'oncle de Timour, Hadji Berlas, s'enfuit en Khoraçan, mais le jeune émir, docile aux avis de son directeur de conscience, le chef spirituel de l'ordre des Soufi, se soumit au khan après avoir acheté ses lieutenants (4359), avec lesquels il le brouilla. Le khan lui confia le gouvernement de la Transoxiane, mais bientôt le remplaça par son propre fils Elias-Khodja. Timour souleva le pays, avec l'appui du clergé musulman, mais fut rejeté dans le Sud, traqué dans la montagne, menant une vie de chevalier errant, chef de bande, dévot affilié des confréries religieuses ; sa femme partageait ses aventures. Timour passe les monts, s'empare de Kandahar ; dans une bataille contre le gouverneur du Séistan, une flèche lui perce le bras, une autre le pied ; il demeure boiteux, d'où ce surnom de Timour-Leng, V Estropié, qui lui est resté.

La mort de Touglouk lui dégage le terrain (4362) ; les gens du Turkestan oriental, des Marches de Chine, vrai centre de la puissance djagataïde, voient se soulever contre eux la Transoxiane ; Timour dirige la lutte avec la férocité qu'avaient en Europe les capitaines d'écorcheurs, et en aussi bon gentilhomme. Le khan Elias est rejeté au N. du Sir-daria ; Timour a obtenu ce résultat par son alliance avec l'émir Hosein, petit-fils de Kazgan, dont il a épousé la sœur ; Hosein prend la Transoxiane, laissant à son beaufrère ses fiefs Kech, Andkhoï et ses conquêtes en Afghanistan et Khoraçan ; il comble ses lieutenants de présents et de places, mais les fait espionner avec soin. Qumà il se brouille avec Hosein, les confréries musulmanes se déclarent en sa faveur (4365) ; Timour cinq fois le bat, l'oblige à se soumettre, se fait proclamer à Balkh roi de la

Transoxiane, envoie Hosein en pèlerinage à La Mecque, mais le fait tuer en route par un noble turc. Il continue de gouverner au nom du khan issu de Djagataï, Kaboul Chah. Mais il accomplit une profonde révolution qui aura sur l'histoire ultérieure de l'Asie une influence capitale ; au régime mongol du Yassak, du gouvernement civil séparé de l'Eglise et lié par la coutume, il substitue le droit divin, la théocratie du Coran ; plus d'assemblée, la volonté du roi, délégué de Dieu; élu et proclamé à la turque dans la ville de Balkh, il se fait consacrer dans la ville sainte musulmane de Samarcande et y fixe sa capitale, il se prépare à refaire une sorte de khalifat. Toutefois, aux Turcs de l'armée, il laisse un régime spécial ; de même aux nomades du steppe. Aux grands clans nobles mongols et turcs il distribue des terres et des places, organise une noblesse de cour, entourée d'une cHentèle de hobereaux. En Chine s'effondrait la dynastie mongole (4370), supplantée par les Ming (V. ce mot et Mongolie) ; Timour en profite pour abattre ses cousins, les descendants de Djagataï ; servi par le fanatisme musulman, il mène les gens du Midi à l'attaque des vallées du Tian-Chan, jusqu'à l'Irtych. Cinq campagnes successives, de 1370 à 1376, lui assurent l'hégémonie ; il amène dans son harem une fille du khan djagataïde, achève la ruine des chrétientés turques (Kéraïtes et Naïmans). En même temps il soutient une lutte acharnée et victorieuse contre les gens du Kharezm, et achève l'organisation intérieure de son royaume.

Affermi et chef reconnu des Turcs de l'Asie centrale, il les mène à la conquête de l'Iran. En 1380, il envahit le Khoraçan ; Ghaïas-ed-din, surpris à Hérat, se rend à merci, les émirs se soumettent (avr. 1381), Caboul est pris ; la lutte fut plus rude dans le Séistan et le Mazandéran qui subirent de terribles dévastations. Timour attaque ensuite la Perse proprement dite, divisée entre les vassaux des Houlagides (V. Perse et Mongolie). Il s'assure du Nord par la soumission du khan des Lesghiens et du chef du Chirvan ; maître des passes du Caucase, il attaque les Turcomans du Mouton Noir, défait leur prince Kara Mohammed et prend sa capitale, Van (1386). Il se porte ensuite contre le prince mozafféride Zein-el-Abidin, fils du chah Chodja, s'empare d'Ispahan et châtie une révolte parle massacre de 70.000 habitants ; maître du Fars et d'une partie de l'Irak, il prend encore Cliiraz, reçoit la soumission des chefs du Laristan, du Kirman et de Yezd (1387). — A ce moment, il est retardé par sa lutte contre les Mongols du Kiptchak et son ancien protégé Toktamich. Celui-ci s'était réfugié à sa cour en 1375, et il l'avait aidé à se restaurer dans le Kiptchak. Vainqueur des Russes, le khan mongol veut disputer à l'émir turc les rives de la Caspienne. Il envahit rAzerbeïdjan(1387). Timour négocie, se prépare et, en 1389, attaque les Mongols de la Horde par le N. ; vainqueur dans la Sibérie méridionale, il remporte encore la décisive victoire de l'Iaik (1391); une autre armée achève la soumission de l'Asie centrale et s'avance jusqu'à la muraille de Chine. Toktamich reprit pourtant l'offensive dans le S., à Derbend (1392) et contre l'Azerbeïdjan (1396-77) ; cette fois, Timour en finit avec le champion mongol, l'homme de l'Etat laïque ; il conquiert la Russie, traque son rival jusqu'en Sibérie (1399), à Tioumen, où il est assassiné. Le Kiptchak est démembré, et la puissance mongole brisée à jamais dans le dernier des quatre empires issus de la division de celui de Djengis Khan. En Perse, le dernier des Houlagides, Ilkhans, a dû marier sa fille à Pir Méhémed, petit-fils préféré de Timour. Ce dernier, dans l'intervalle de ses deux grandes campagnes de Russie, avait, par la « guerre de Cinq ans », terminé la conquête de l'Iran, où les vaincus de la veille avaient repris les armes ; le mozafféride Chah-Mansour était rentré à Chiraz ; il fut défait et tué par Timour, et tous les princes mozafférides égorgés ; les Transoxianais s'avancèrent jusqu'à la cité religieuse de Kerbela, à Bagdad, qui se soumit; la forte place deTekrik, sur le Tigre, fit une résistance désespérée, close

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