TIMOUR
par un massacre général ; le Kurdistan, Diarbekr, l'Arménie, la Géorgie furent soumis.
Après la seconde campagne de Russie et l'écrasement des musulmans du Kiptchak, le dévot émir de Samarcande revient à la croisade contre l'infidèle ; il se jette sur l'Inde (1398). Il dévaste Moultan, écrase l'empire des Gourides de Dehli, massacre dans leur capitale plus de 100.000 captifs, pille et ramène avec ses troupes chargées de butin, des architectes et des savants dans sa capitale, Samarcande (mai 1399). Les exactions de son fils aîné, Miran Chah, à qui il avait confié le gouvernement de l'Azerbeïdjan, provoquent une révolte ; Ahmed l'ilkhanien est rentré à Bagdad, les chrétiens de Géorgie n'obéissent plus. Timour reparaît, saccage Bagdad. Une querelle de frontières le met aux prises avec l'autre conquérant turc, le sultan ottoman Bayezid Ildérim, l'Eclair. Celui-ci soutient le Turcoman Yousouf, du clan du Mouton Noir ; auprès de Timour accourent les Seldjoukides, les princes dépossédés de l'Asie Mineure. Bayezid expulse d'Erzendjan le prince Taherten, investi par Timour, renvoie avec outrages les ambassadeurs de ce dernier. Timour accourt, enlève Si vas, passe au fil de l'épée les 100.000 habitants, fait enterrer vifs les chrétiens, tuer Ertogroul, le fils de Bayezid (1400). Puis il se tourne contre les mamelouks d'Egypte, les écrase près d'Alep (1400), puis à Damas (1401), prend et pille ces villes et les autres places de Syrie, noie dans le sang une insurrection de Bagdad ; après quoi, il rétablit Taherten à Erzendjan, et par Si vas se dirige sur Angora ; le 20 juil. 1402 s'y livre la grande bataille entre les deux champions de la foi islamique, le Turc métissé de l'Occident et celui du vrai Turkestan. Bayezid fut battu et pris ; Timour le traita honorablement et aurait peut-être fini par le relâcher s'il n'était mort de chagrin. Le vainqueur restaura les émirs seldjoukides, installa sur l'Euphrate Kara-Youlouk, fondateur de la dynastie du Moulon Blanc, enleva Smyrne aux chevaliers de Rhodes, reçut l'hommage des Génois de Chios et de Lesbos et reprit la route de Samarcande ; il est resté populaire dans les légendes de l'Asie Mineure. Dans sa capitale, il reçut les félicitations des rois européens et une ambassade de Henri lïl d'Espagne, représenté par Gonzalès Clavijo. Il marchait contre la Chine lorsque la maladie l'arrêta.
Timour était de taille moyenne, élancé, la tête grosse, le front haut, le teint blanc et le visage coloré, larges épaules, bien membre, d'une rare vigueur, chevalier éprouvé, très brave, sachant commander. Il était dévot musulman et féroce à l'égal des anciens Mongols . Il se peut que ses conseillers religieux aient rêvé de restaurer à son profit le khalifat, dont le centre eût été placé près des tombeaux des martyrs Hussein et Hassan, à Bokhara ou Samarcande ; mais ce projet n'eut pas de suite. Timour a surtout détruit ; il a achevé la ruine do l'empire de Djagataï qu'il a remplacé, il est vrai ; mais il a détruit, sans le remplacer, celui du Kiptchak et par là préparé la grandeur de la Russie affranchie de ses dominateurs mongols; il a achevé la ruine des grandes cités perses et failli arrêter à ses débuts la fortune des Osmanlis ; enfin, en inculquant le fanatisme musulman aux Turcs de la Transoxiane, ces grands intermédiaires de l'Asie centrale, il les a brouillés à jamais avec leurs cousins de la MongoUe et des Marches de Chine ; il a rompu la tradition chinoise et celle des vieux empires turcs pour lui substituer le régime de la religion d'Etat et de la théocratie ; la pseudo-renaissance du xv® siècle fut en Transoxiane un véritable recul, une époque de scolastique et de rhétorique. Il faut pour compléter le tableau rappeler les fastueuses constructions de Timour et de ses successeurs, leurs grands travaux publics et la floraison de la littérature turque. — Timour eut pour successeur son fils Chah-Roukh (f 1416), puis le fils de celui-ci, Oulougbeg, protecteur des artistes, assassiné par son fils Abdul-Latif (1449). Le plus illustre des Timourides fut Baber
TIMOUR — TINDJA
du Ferghana (4482-1534), conquérant de ÏInde (V. ce mot). Au milieu du xvi® siècle, les Turcs du steppe septentrional, les Euzbegs, supplantèrent en Transoxiane (Mavrannahar) les Timourides. E. Blochet.
BiBL. : Langlès, Instituts politiques et militaires de Tamerlan, trad. du persan; Paris, 1787. — Ibn Arabchah, Hist. du grand Tamerlan, trad. Vattier ; Paris, 1658. — Cherif-ed-din, Hist. de Timour-beg^ trad. par Petis de La Croix, 1722, 4 vol. — Mémoires dit sultan Baber, trad. de Courteille; Paris, 1871. — Cahun, au t. III deVHist. générale de Lavisse et Rambaud. — Howorth, History of the Mongols ; Londres, 1876-80, t. II et III. — Vambéry, Gesch. Transoxaniens ; Stuttgart, 1872.
TIMPF ou TYMPFE. Monnaie polonaise d'argent d'une valeur de 48 deniers, à l'effigie royale (en buste). Elle fut créée en 4665 et prit le nom du directeur de la Monnaie, André Tympfe. Les électeurs de Saxe, rois de Pologne, en ont frappé beaucoup ; les électeurs de Brandebourg, rois de Prusse, également, pour l'usage de leurs sujets polonais et lithuaniens.
TIN A M OU (Ornith.). Genre d'Oiseaux que l'on plaçait autrefois dans l'ordre des Gallinacés, mais que les recherches modernes ont montré comme se rapprochant beaucoup des Ratitœ (Autruches), surtout par la forme du crâne et du bassin. D'après la classification de Fiirbringer (V. Oiseaux), ils forment, dans ce groupe, un sous-ordre à part sous le nom de Crypturt, et sont caractérisés par un bec long, grêle, droit ou un peu recourbé, les ailes très courtes, des tarses robustes avec le doigt postérieur nul ou rudimentaire. Les genres Crypturus (Tinamou), Pihynchotus, Nothura et Eiidromia ^^rennent place ici. Tous habitent l'Amérique méridionale, du Mexique à la Patagonie, et semblent y remplacer nos Perdrix
Tinamou roux [Rynchotus rufescens).
et nos Cailles dont les habitants du pays leur donnent le nom. Ils vivent et nichent par terre, perchant rarement, courant avec vélocité ; leur vol est pesant, court et bruyant. Ils ne vont pas en compagnie, mais isolément, se nourrissant d'insectes, de larves et de vers plutôt que de graines. Les petits, presque au sortir de l'œuf, se séparent et courent de côté et d'autre sans s'inquiéter de leur mère. Le genre Tinamou a pour type le Tataupa (Crypturus tataiipa) du Brésil et du Paraguay, remplacé à la Guyane par le Cr. cinereus. Le genre Rynchotus a pour type le Rk. rufescens, de la taille d'une Poule, à plumage roux, toutes les plumes rayées de brun, qui habite le S. du Brésil et la République Argentine, où on la désigne plus spécialement sous le nom de Perdrix. Les autres genres comprennent des espèces plus petites, comparables à la Caille. La chair de tous ces oiseaux est excellente, et le Rynchotus rufescens est l'espèce que l'on essaie actuellement d'acclimater et de domestiquer, en France, sous le nom de Tinamou roux. Ces Oiseaux lâchés dans un enclos de quelques 20 à 30 m. de diamètre, garni
d'herbes et de buissons, se nourrissent de vers de terre qu'ils déterrent avec leur bec. Le mâle, à l'époque des amours, a un sifflement très pur et très mélodieux : tiu — tu-di-du, en appuyant sur la première syllabe. Le mâle construit le nid dans un endroit caché par de l'herl e ou des buissons. C'est une simple dépression du sol où la femelle dépose de 5 à 8 œufs d'un beau violet luisant, qu'elle pond de deux jours en deux jours. Le mâle seul couve à la manière des Nandous (V. ce mot). L'éclosion a lieu le vingtième ou le vingt et unième jour. La femelle ne s'en occupe jamais, cherche un autre mâle et bientôt fait une nouvelle ponte. Les petits sont couverts d'un duvet brun, hérissé comme des poils. Le mâle les promène dès qu'ils sont secs, les abrite sous son corps, leur apprend à saisir les insectes. Dès qu'ils ont la moitié de leur taille, ils vont chacun de leur côté, et le mâle cherche une nouvelle compagne. Les jeunes se reproduisent dès l'âge d'un an ; ils sont très familiers et accourent quand on leur donne des œufs de fourmis, des vers ou des graines. Si l'enclos est suffisamment garni d'herbes et de buissons, ils supportent très bien toutes les intempéries du climat : c'est seulement quand il gèle qu'il convient de les rentrer dans un bâtiment à l'abri du froid. Cette espèce est très prohfique et deviendra d'un bon rapport par la vente des œufs et des jeunes qui atteignent toute leur taille dans le courant du premier été et dont la chair est excellente. E. Trouessart.
TINCA (Ichtyol.) (V. Tanche).
TINCAR ou ATTINKAR (Alchim.). Fondant vitreux ou soudure, synonyme du borax des alchimistes latins (carbonate de soude ou analogue) : mot qui ne doit nullement être identifié avec le borax des modernes. M. B.
TINCEY-et-Ponïrekeau. Corn, du dép. de la Haute- Saône, arr. dcGray, cant. deDampierre-sur-Salon; 492 hab.
TINCHEBRAY. Ch.-l. de cant. du dép. de l'Orne, arr. de Domfront, sur le Noireau ; 4.599 hab. (2.774 aggl.). Stat. de chem. de fer. Ruines d'une église des xiii^ et xiv<^ siècles ; jolie église du xvu^ dans le faubourg du Moutier. Il ne reste rien du château bâti au x« siècle par les comtes de Mortain et près duquel fut battu en 4400 le duc Robert de Normandie (V. ce mot). Tinchebray est une ville industrielle, fabriquant de la métallurgie, de la serrurerie, de la quincaillerie, des peignes, des boutons, du papier, etc.
TINCOURT-Boucly. Com. du dép. de la Somme, arr. dePéronne, cant. de Roisel ; 735 hab. Stat. du chem. de fer du N. Exploit, de phosphates. Château du xvm« siècle.
TINCQUES. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. d'Aubigny ; 734 hab. Stat. de chem. de fer.
TINDAL (Matthieu), déiste anglais, né à Beer-Ferres (Devonshire) en 4657, mort en 4733, considéré par Voltaire comme un des plus ardents défenseurs de la religion naturelle. Fils d'un pasteur du Devonshire, il étudia le droit à Oxford; partisan de Jacques II, il se fit catholique et combattit pour la cause du roi ; après 4688, il attaqua dans ses écrits celui qu'il avait d'abord soutenu, et, dès l'avènement de Guillaume III, qui le pensionna, il redevint protestant. -- Dans ses écrits, il s'est attaché à prouver que le christianisme est aussi ancien que la création et que l'Eglise est une institution d'Etat. C'est la thèse qu'il soutint, en particulier, dans son livre : Christianity as old as the Création, or the gospel a repuhlication of the religion of nature (Londres, 4730; la seconde partie de cet ouvrage, parue en 4750, est tenue pour inauthentique). Une partie de cet ouvrage a été traduite par d'Holbach et figure dans le Recueil philosophique (Londres, 4770, 2 vol. in-42). C. Sciimidt.
BiRL. : Lechler, Geschichte des enqlischen Deismus: Stuttgart, 1841.
TINDJA. Fleuve de Tunisie, qni déverse dans le lac de Bizerte les eaux du lac d'Ichkeul (V. Bizerte et Tunisie). Il a 4 kil. de long et continue l'oued Djoumin, rivière de Mateur (70 kil.) qui alimente le lac Ichkeul.
TINDOUL - TINOS
TINDOUL DE LA Vayssière. Gouffre naturel du dép. de TAveyron, à dO kil. au N. de Rodez, sur le Causse de Concoures ou du Comtal. C'est un grand trou béant à pic dans la glèbe inculte, à peine boisée. Par 575 m. d'alt. , il mesure 93 m. de circonférence. Profond de 60 m., dont 38 absolument verticaux, il fut visité, pour la première fois, vers 1785, par Camus, professeur au collège de Kodez, exploré en 1890 par Quintin, en 1891-92, par Gaupiîlat, qui démontrèrent que la rivière souterraine du fond est celle qui ressort à Salles-la-Source. Un escalier en fer fut posé, mais les bergers le détruisirent.
BiDL. : Martel, les Abîmes, 1894.
TINE (Techn.). On désigne sous le nom de Une les récipients de forme quelconque servant au transport de Peau, du lait, des produits des vendanges. On nomme également ainsi les tonneaux ouverts à un bout servant à recevoir les minerais d'extraction dans les mines, les tonneaux malaxeurs ou broyeurs utilisés dans certaines industries, telles que la céramique, la briqueterie, la fabrication des mortiers, etc.
TINEA (Zool.) (V. Teigne).
TINEL (Edgar), musicien belge contemporain, né à Sinay (Flandre orientale) le 28 mars 1854. Il entra en 1863 au Conservatoire de Bruxelles, obtint le prix de Rome en 1877, fut directeur de l'Ecole de musique religieuse de Malines (1881), et, en 1897, professeur de contrepoint et fugue au Conservatoire de musique de Bruxelles. Comme compositeur, il s'est fait connaître, d'abord par quelques compositions symphoniques et lyriques, dont les principales sont : les Trou Chevaliers^ ballade pour chant solo, chœur et orchestre (op. 19), Roses des blés (op. 20), Trois tableaux symphoniques inspirés par la tragédie Polyeucte, de Corneille (op. 21), et un certain nombre de compositions pour piano, orgue, chant solo et chœurs. Mais ce qui contribua le plus à sa renommée, ce fut son oratorio : Franziskus {Saint François, op. 36) (1890). Un autre ouvrage de môme nature, Godoleva (Sainte Godelive) (op. 43), exécuté en 1897, a retrouvé du succès.
TIN-ERKOUK. District du Gourara (Sahara algérien), à l'extrémité S. du Grand Erg; il comprend quinze ksour, dont le principal est Tabelkoza.
TINETTE, (Hygiène) (V. Vidange).
TIN6-HAÏ-TcHi-Li-T0NG. Ville de la province de Tche- Kiang, capitale de l'archipel Chousan, à 60 kil. N.-E. de Ning-po-fou ; environ 36.000 hab. Cette ville, fort bien abritée, est célèbre par ses industries de chanvres et de fibres. Son port, profond et sûr, est difficile d'accès (V. Chousan, t. Xï, p. 253).
TINGHERT. Plateau du Sahara algérien, à TE. du Tadémait, des deux côtés de la vallée de l'Igharghar; il s'étend au N. du massif Iloggar, du Tidikelt à Ghadamès.
TINGIS (Entom.). Genre d'Hémiptères Hétéroptères, de la famille des Tingides, caractérisé par un corps aplati, l'écusson recouvert par le prolongement du corselet en angle aigu, les élytres d'une transparence vitrée et réticulés, avec un renflement vésiculeux sur le disque et les côtés dilatés en feuilles, la tête offrant 5 épines, les antennes fines à 4 articles, le dernier renflé en bouton, le rostre couché dans un sillon atteignant l'extrémité du mésosternum, les pattes assez courtes et grêles. Les Tingis vivent sur différents végétaux de l'Europe, déterminant parfois des déformations ou sortes de galles. Type : T.pyri Fab., Insecte connu sous le nom de Tigre et commun sur le dessous des feuilles du poirier dont il suce le parenchyme.
TIN6ITANE. Ancienne province romaine (V. Mauré- TANiE et Maroc).
TINGRY. Corn, du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Boulogne, cant. de Samer; 309 hab.
TINGUIANES. Peuplade des Philippines (V. ce mot, t. XXVI, p. 682).
TINIAN. Une des îles Mariannes (V. ce mot). grande encyclopédie. — XXXI.
TINKAL(AIchim.) (V. Tincar).
TIN NE (Alexandrine), voyageuse hollandaise, née à La Haye le 17 oct. 1839, assassinée à Birguiz (Fezzan) le l®"" août 1869. Appartenant à une famille riche et attachée à la cour de la reine des Pays-Bas, elle chercha dans les voyages une diversion à des chagrins intimes et entreprit en 1859, accompagnée de sa mère et de salante, la baronne de Capellen, l'exploration de la région des sources du Nil. La relation de ce voyage a été rédigée par J.-A. Tinne, frère consanguin d' Alexandrine, sous le titre de Geographical notes of expéditions in Central-Africa, by three Dutch Ladies (Liverpool, 1864, in-8. V. aussi Petermann, Geographische Mittheilungen, XV). Une deuxième expédition, entreprise en janv. 1802, dans la Nubie et le Soudan, se poursuivit avec succès : le bruit s'était répandu, on ne sait comment, dans les peuplades du désert que la voyageuse était la fille du sultan de Constantinople, et la jeune Hollandaise fut partout accueillie avec les plus grands honneurs. Elle accompagna ensuite, en 1863, la mission scientifique de Heuglin et Steudner au fleuve des Gazelles; cette expédition fut désastreuse; la majeure partie des hommes d'escorte, puis Steudner et M""^ Tinne mère, périrent. On regagna Khartoum avec les plus grandes diflicultés (29 mars 1864). La baronne de Capellen avait également succombé dans l'intervalle. Alexandrine visita alors en détail le bassin de la Méditerranée, le Sahara algérien, et organisa ensuite une caravane qui devait partir de Tripoh, passer à Mourzouk, Kouka, et atteindre le Nil par le Ouadai, le Darfor et le Kordofan. C'est au cours de ce voyage que l'intrépide Hollandaise fut assassinée par des Touareg.
BiHL. : Le Tour du monde, 1871, pp. 566 et siiiv.
TIN GDI (Sébastien), poète hongrois, né vers 1505, mort en 1557. Les Chroniques de Tinodi, surnommé le Joueur de luth (lantos), sont des documents historiques de grande importance. Après avoir combattu vaillamment contre les Turcs, Tinodi alla de château en château, chantant ses mélopées dont les sujets sont tirés de l'histoire contemporaine. On le trouvait partout où la vie nationale se manifestait, dans les assemblées politiques, au quartier général de l'armée, au milieu des batailles, uniquement préoccupé de recueillir des faits précis pour ses poèmes. Le poète, ayant noté lui-même les airs de ses poésies, nous a conservé ainsi les plus anciens monuments de la musique hongroise. — La meilleure édition de ses Œuvres complètes est celle d'Aron Szilâdy, formant le t. Ill du Piecueil de poètes anciens (Régi magyar koltok tara) édité par l'Académie hongroise (1882).
TINNEH ou DENÉ-DiNDJiÉ (Hynaï, Thnaïna, Kenaï). Famille de peuplades Peaux-Rouges du Canada, désignées aussi sous l'appellation à'Athabascas, parles Russes sous celle de Kolchisses, par les Anglais sous celle de Chipeway (V. Amérique du Nord et Canada). On comprend dans ce groupe : les Chipeway ou Chippeouais proprement dits, entre les lacs Athabasca et de l'Esclave ; les Dogrib ou Esclaves, à TE. du Mackenzie et au N. du lac de l'Esclave; les Lièvres (Hare-indians), sur le Mackenzie inférieur; les tribus de la Coppermine, à l'E. du grand lac de l'Esclave; les Couteaux-Jaunes (Yellow-Knives), au N.-E. du lac et à l'E. des Dogrib. — On y rattache également les tribus suivantes, plus distinctes par leurs mœurs et leurs langues : Digothi ou Loucheux, à l'embouchure du Mackenzie; Kutschin, qui vivent à l'O. du Mackenzie inférieur; Beaver, au N. de la rivière de la Paix, entre 56 et 59*' lat. N. ; Strongbow, montagnards qui vivaient au S. des précédents; Sarcee ou Sussie, chasseurs des sources de l' Athabasca; Tahkali ou Indiens des Carrières, qui vivent dans les Montagnes Rocheuses, à l'O. de la crête et jusque vers la chaîne côtière, entre 52** et 56« lat. N.
TINOS ou TENUS (Ile). L'une des Cyclades, au S.-E. de l'île d'Andros; 201 kil. q.; 12.300 hab. (un tiers catholiques). C'est une montagne de granité, micaschiste,