VOILE — VOILIER
aussi, sur les grands voiliers modernes, par la vapeur, et permettant de les établir, de les carguer, de prendre des ris. Les deux dernières de ces opérations sont les plus délicates. On les trouvera décrites aux art. Cârgue et Ris.
Malgré les progrès de la mécanique maritime, on n'a pu encore déterminer d*une façon précise les meilleures proportions et la meilleure coupe qu'il convient d'adopter pour les différentes parties de la voilure d'un bâtiment. Il existe, au contraire, en ce qui concerne la disposition à donner à celle-ci par rapport au vent, suivant les circonstances de la marche et le résultat qu'on veut obtenir, un certain nombre de règles bien établies et à peu près universellement admises, dont l'ensemble constitue la théorie de la manœuvre des navires et qui se traduisent pratiquement par ce qu'on appelle les allures : plus près, largue j grand-largue, vent-arrière (V. Allure). La position du centre de voilure ou centre vélique est aussi un élément important de la manœuvre : d'elle dépendent, en effet, non seulement la stabilité sous voiles du bâtimenl, mais aussi la facilité des mouvements d'évolution. Pour la connaître, on cherche le centre de gravité de chaque voile considérée, dans un but de'simplification, comme plane et comme invariablement orientée dans le plan vertical passant par la quille du navire, puis on prend les moments des actions particulières par rapport à deux axes coordonnés de ce plan vertical et on obtient, avec une approximation suffisante, les distances /i et c^ du centre de voilure à ces deux axes, qui sont généralement, l'un l'horizontale de flottaison, l'autre la verticale passant par le milieu de l'axe longitudinal de celle-ci. Apparaît-il que le centre de voilure doive être abaissé : on supprime des voiles hautes ; a-t-il besoin d'être élevé : on en établit ; a~t-il besoin d'être porté vers l'avant : on supprime des voiles à l'arrière, etc. Il a été dressé, d'ailleurs, des tables qui abrègent considérablement, pour les cas les plus ordinaires, les calculs, et même il existe entre la surface totale des voiles et celle du parallélogramme circonscrit à la ligne de flottaison en charge un rapport qui est constant pour chaque espèce de navire et dont la connaissance peut dispenser du calcul de la voilure.