IV. Droit commercial. — Lettre de voiture {V. Lettre
BiBL. : V. les art. Transport et Voirie.
VOITURE (Vincent), littérateur français, né à Amiens en 1594, mort en 1648. Il reçut une éducation achevée, à Paris, et dès sa jeunesse se fit une petite réputation par des poésies latines et des stances adressées à Gaston d'Orléans qui devint son bienfaiteur. Il devint un des oracles de l'hôtel de Rambouillet et fut nommé introducteur des ambassadeurs près Gaston d'Orléans qu'il suivit en Lorraine, à Bruxelles, en Languedoc. Après la réconciliation de Monsieur avec la cour (1633), Voiture rentra en grâce par une jolie lettre sur la prise de Corbie aux Espagnols. En 1638, il alla annoncer à Florence la naissance du fils de Louis Xlït, devint maître d'hôtel du roi et fut comblé de grâces. 11 possédait au plus haut degré le bel esprit de l'époque, le goût des louanges et l'art de la quintessence : Richelieu et Anne d'Autriche n'échappèrent pas à sa séduction; le moindre de ses mots, de ses quatrains, était célébré par la société dont il était l'idole. Une querelle célèbre divisa les esprits entre le
sonnet à'Uranie et celui de Job, dus l'un à Voiture, l'autre à Benserade ; la médiocrité de ces fadeurs excitait jusqu'à l'enthousiasme de Boileau et il est malaisé aujourd'hui d'en comprendre la raison. Les OEuvres de Voiture ont été publiées après sa mort (1650) ; elles corn* prennent des poésies et des lettres, que distinguent les pointes itaUennes, l'affectation et la recherche. Voiture sut donner un tour littéraire au jargon des ruelles ; l'agrément de ses lettres ne s'est pas évaporé comme celui de ses vers ; cependant, à défaut de naturel, ceux-ci ont de la [grâce et parfois une gaieté malicieuse ; on lui doit d'avoir introduit dans la poésie française les romances à l'espagnole. C'est un joli écrivain à qui on ne saurait refuser une petite place dans l'histoire de la littérature française
VOITURIER (Dr. corn.) (V. Transport [Contrat de], t. XXI, p. 307, et Lettre de voiture, t. XXII, p. 118).
VOIVODE. Titre polonais (V. Woïvode).
VOIVRE (La). Ch.-l. de cant. de la Haute-Saône, arr. de Lure, cant. de Faucogney ; 504 hab.
VOIVRE (La). Corn, du dép. des Vosges, arr. et cant. de Saint-Dié ; 532 hab.
VOIVRES. Com. du dép. de la Sarthe, arr. du Mans, cant. de La Suze-sur-Sarthe; 553 hab. Stat. de chem.'deïer.
VOIVRES. Gom. du dép. des Vosges, arr. d'Épinal, cant. de Bains; 590 hab.
VOIX. I. Physiologie et Pathologie. — La voix consiste dans la production des sons grâce à un appareil vibratoire spécialement adapté à ce but : le larynx. Mais si tous les animaux supérieurs possèdent un larynx, c'est dans l'espèce humaine que le fonctionnement de cet appareil atteint la perfection, beaucoup plus par l'intervention du système nerveux si différencié, que par une modification locale de l'appareil phonateur. On trouvera aux mots Larynx, Phonation, Son, etc., tous les renseignements nécessaires à propos du mécanisme de l'émission des sons, et nous ne parlerons ici que de quelques particularités de la voix humaine. On peut distinguer trois modalités de la voix : le cri, la parole, le chant. Le cri ne comporte pas d'articulation vraie, alors que la parole est la voix articulée. Dans la parole à voix haute, les cordes vocales entrent en vibrations, alors que dans la parole à voix basse, presque tout le mécanisme phonateur se fait dans la cavité buccale, le rôle des cordes vocales devenant très effacé.
Le chant est la voix modulée permettant de donner l'échelle des tons entre deux intervalles variables avec les individus. Les voix d'homme dépassent rarement deux octaves, les voix de femme ont une course plus étendue, les limites extrêmes étant le mi^ (163 vibrations) et le c?6>3 (2.1d2 vibrations). Il y a lieu de signaler encore les expressions de voix ou registre de poitrine, de tète ou de fausset. Ces appellations viennent de ce qu'en apparence, pour le registre de poitrine, la voix est pleine, avec résonnance des parois thoraciques, tandis que dans la voix de tête ce sont les parties supérieures de l'appareil vocal qui entreraient surtout en vibration. D'après Mandle, dans la voix de tête ou de fausset, une partie seulement des cordes vocales vibrent, alors que dans la voix de poitrine les cordes vocales vibrent dans toute leur longueur. Pour Lehfeldt ces deux voix s'expliquent, non par des différences de longueur, mais par les régions différentes entrant en vibration ; dans le registre de poitrine, la corde vibre dans toute son épaisseur ; dans le registre de tête, le bord libre de la corde seule entre en vibration : les chanteurs utiHsent encore la voix mixte, qui forme la transition entre les deux registres précédents.
Les troubles de la voix sont de deux ordres : les uns résident dans une perturbation de l'appareil phonateur : ulcération, destruction, œdème des cordes vocales ; les autres proviennent du système nerveux, et ici encore il y a lieu de distinguer les troubles purement moteurs, pro-
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voqués par la paralysie des divers nerfs qui concourent à la phonation : laryngés, facial, pneumogastriques, hypogloses, et les troubles d'origine centrale, déterminés par des lésions des centres présidant au langage articulé. A côté de Taphonie pure, produite par des lésions périphériques, locales ou nerveuses, il faut citer l'aphasie caractérisée par la perte de la mémoire de l'articulation des mots (V. Aphasie). J.-P. Langlois.
II. Musique. — La voix humaine peut être considérée comme un instrument de musique, et, à ce titre, sinon comme le plus parfait de tous au triple point de vue de l'agilité, de la puissance et de l'étendue, du moins comme le plus simple et aussi le plus expressif. La beauté de timbre que possède une voix flexible et sonore, la facilité d'en nuancer l'intensité ou de la colorer par certains artifices d'exécution sont déjà des ressources précieuses. Mais sa supériorité principale sur tous les autres instruments artificiellement inventés, c'est la faculté qu'elle seule possède de joindre la parole au chant et d'ajouter de la sorte un élément rationnel à sa puissance émotionnelle. Indissolublement unis par l'habitude et la nature, le sens du texte chanté, exprimé par les paroles, et la signification expressive de la mélodie, se renforcent et s'expliquent mutuellement. Et cette étroite adaptation de l'une àl'autre, fondée sur des rapports dont les lois précises ne sont qu'à peine soupçonnées, demeure assez persistante, pour qu'il nous soit devenu presque impossible de ne point chercher une signification, au moins générale, à une phrase musicale entendue seule. L'étude de la production de la voix dans les organes vocaux ne sera point abordée ici : elle est du ressort de l'anatomie et de la physiologie. Il suffira de parler pour l'instant des voix en tant qu'instruments musicaux, de leurs diverses variétés, de leur étendue, de leur mécanisme. Pour l'emploi qu'on en fait dans l'art, il faudra se reporter à divers articles où il en a été question (V, notamment Chant, Opéra, Musique religieuse, Air, Récitatif, etc.).
Tout le monde, peut-on dire, possède une voix quelconque, forte ou faible, sonore ou sourde, agréable ou discordante, étendue ou restreinte. Il va de soi que pour être effectivement apte à l'usage musical, il faut au moins que les voix offrent des qualités moyennes ; mais on ne saurait trop dire dans quelques larges limites l'exercice et les études bien comprises peuvent transformer des voix moins qu'ordinaires. Sans doute, pour ce qui regarde la beauté et la force du timbre, l'art demeure souvent impuissant : au contraire, pour l'étendue, la souplesse et l'égalité, une bonne méthode produit des effets merveilleux. Personne ne le conteste, au moins pour les deux dernières de ces qualités. Quant à l'étendue, il suffira de faire réflexion que certaines voix, dont les compositeurs se sont privés de nos jours dans leurs partitions, ont pour ainsi dire disparu. Telle la haute-contre d'homme et surtout le contralto féminin véritable. Sans doute on ne transformera pas, par un exercice assidu, un chanteur doué d'une voix de basse en ténor supportable. Mais il n'en est pas moins certain que l'on peut faire gagner à une voix quelconque une portée considérable, soit dans le haut, soit dans le grave par un travail approprié et suivi.
Théoriquement, on enseigne dans l'école qu'il existe quatre sortes de voix : le soprano ou dessus ; le contralto ou haute-contre ; le ténor ou taille ; la basse. On leur assigne respectivement l'étendue moyenne ci-contre en ayant soin d'observer que des voix exceptionnelles les excè-
en a été longtemps de même partout. Quand en Allemagne et en Italie l'usage confia aux femmes cette seconde partie des chœurs, le contralto fut nécessairement écrit moins bas, vu la rareté des voix féminines timbrées au-dessous du la. Ce qui s'explique d'ailleurs par ce fait qu'aucun air de soliste, aucun rôle d'opéra ne réclamait des notes aussi graves : bien au contraire, puisque les rôles de contralti dans les opéras en sont venus peu à peu à exiger des voix montant au moins de temps en temps jusqu'au sol, au la ou au si bémol aigus du soprano.
Cette classification n'a vraiment sa raison d'être que pour les exercices de composition vocale usités dans l'école, don,tla plupart sont écrits à quatre voix et en dehors de toute nécessité d'exécution. Il est difficile dans la pratique de trouver assez de voix graves de femmes pour la seconde partie, ou des voix d'hommes suffisamment aiguës pour les remplacer. Si l'on veut utiliser toutes les variétés de voix cultivées que l'on rencontre parmi les chanteurs, il faut de toute nécessité de nouvelles subdivisions. On aura ainsi : i^ le soprano suraigu qui pourra. atteindre jusqu'au sol au-dessus des portées (avec trois lignes supplémentaires, clef de sol) ; 2^ le soprano proprement dit, du si bémol grsiYG à Vut aigu ; 3° le mezzosoprano, deux octaves de la en la ; ¥ le contralto (femijie) de fa grave à la aigu ; 5° le l^*" ténor de ré à ut ou si bémol ; 6^ le 2® ténor, à'ut à sol\ 7^ le baryton, de la à sol ; 8^ la basse chantante de sol à fa ; 9° la basse de mi bémol grave à mi. Si l'on ajoute qu'il existe en Russie des basses qui atteignent jusqu'au contre la bémol (on en trouverait partout si les chanteurs avaient intérêt à s'exercer dans ce diapason inusité), on pourra dresser ce tableau général de l'étendue des voix :
Femmes
Hommes
^zz
Mais tout ceci suppose que les voix ont été cultivées. A l'état naturel, elles ont beaucoup moins d'étendue, et l'on peut dire que les personnes qui n'ont aucune éducation musicale, les peuples primitifs ou barbares, ne dépassent guère une octave en chantant. Dans presque tous les cas, les hommes et les femmes se tiennent respectivement au diapason :
Il n'est donc pas absolument exact de dire que les voix de femmes sont à l'octave des voix d'hommes : la différence est tout au plus d'une quinte ou d'une sixte. Et même pour les voix cultivées, on remarquera que les femmes douées de voix graves montent toujours beaucoup plus haut que les voix de basses correspondantes, et descendent aussi moins bas ; elles sont aussi toujours plus étendues, p. excédant toujours deux
dent souvent tant au grave qu'à l'aigu.
Les deux premières ^voix appartiennent, dit- on, aux enfants, aux femmes ou aux castrats ; les deux dernières sont les voix d'hommes.*Il faut observer toutefois que le contralto ou haute-contre a toujours été en France confié à des voix d'hommes dans les limites de fa à ut et qu'il
octaves que les hommes atteignent à peine et rarement.
" La raison de cette dif-
est que les voix de femmes, par leur timbre rendent moins perceptible la différence des
férence
propre,
deux principales manières dont la voix peut être émise ;
à savoir : la voix de poitrine, où les cordes vocales
vibrent dans toute leur étendue, et la voix de tête ou
fausset, où elles sont contractées de telle sorte que la moi-